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Au Campus des «jeunes populaires», c'est un peu l'ambiance «springbreak» des
universités américaines. On se lâche. La nuit dernière, on pouvait admirer
Nadine Morano se déchaîner aux platines et Xavier Bertrand se déhancher comme c'est
pas permis. « Ils se mettent minables parce
qu'ils rentrent en bus au village WWF », observe Anne, en serrant son blouson rouge. Cette
année, la secouriste de la Croix Rouge a été chargée par le préfet de
Charente Maritime de veiller sur les jeunes populaires. Alors avec son équipe, elle joue les
nounous et ramasse les étudiantes à serre-tête et les gros durs en polo de rugby qui
tombent comme des mouches dès minuit… « Vendredi, on en a soigné 7. Cette
nuit, une vingtaine… ».
Il faut dire qu'il n'était pas 20h quand les premières bouteilles de vin ont
commencé à tourner sur les tables du dîner. Le bar, lui, n'a pas désempli
jusqu'à la fermeture du site, à 3h du matin. Etudiants en écoles de commerce, jeunes
actifs… la réputation des « jeunes pop » n'est plus à faire. En
matière d'éthylisme, ils ont une longueur d'avance sur leurs camarades du MJS.
Sylvain et ses copains, bordelais, ont quitté les pulls qu'ils avaient jeté sur leurs
épaules. La température monte dans la tente-disco, qui jouxte le bar. Aux platines, les
yeux bleus de Michaël Canitrot, le DJ de l'UMP, font chavirer les filles. Du coup, il leur
passe « du son qu'on entend plus que sur NRJ », se plaint un jeune agent immobilier, qui
regrette que les DJ estampillés UMP, comme martin Solveig ou Bob Sinclar, soient trop cher
pour les organisateurs du Campus 2008.
Xavier Bertrand se déchaîne
Nadine Morano s'en fiche. Elle est copine avec le DJ qui la laisse se déchaîner aux
platines et lui prête son casque. Amincie, déguisée en boule à facettes
(débardeur à paillettes réchauffé d'un boléro brillant), la ministre a
encore fait des ravages. Au point que son collègue du gouvernement, Xavier Bertrand et le
porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefèvre, n'ont pas pu résister à l'envie
de la rejoindre sur la piste. A minuit trente, les trois visages « les plus funky de l'UMP
» (dixit Nico, 22 ans, de Nantes) se déhanchent, bras en l'air et regards langoureux, sur
fond de « Nadine ! Nadine ! ».
L'exercice, pour Xavier Bertrand, tourne court : il attrape une attachée de presse et se lance
dans un rock d'un autre âge. « On danse parce qu'il faut en profiter. On ne sera pas aux
responsabilités toute notre vie, il ne faut pas cesser de s'amuser. On est plus longtemps
ancien ministre que ministre », rigole-t-il en s'exfiltrant, poursuivi par Nadine Morano, qui
regrette « de ne pas avoir le temps de sortir ».
Seul Frédéric Lefèvre, en veste kaki, se tortille toujours sur Pulp fiction. Il ira
ensuite faire un tour au Rancho, avec les copains de Fabien de San Nicolas, l'ancien boss des
« jeunes pop », qui entamera demain sa nouvelle carrière de secrétaire
national. Ce matin, pour tous, le réveil a été dur. Derrière François
Fillon, qui vantait leur dynamisme lors du discours de clôture du Campus, les « jeunes
pop » alignés avaient les paupières lourdes et la bouche
pâteuse…
Par Juan qui range les dernières performances de Nicolas Sarkozy dans les catégories:
Agitation, fanfaronnades, impréparation, incompétence, impulsion et démesure.
70 semaines
déjà depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la
République.
70 semaines et Nicolas Sarkozy s'est révélé exemplaire de ce qu'il est, de ce qu'il
fait.
Quand Nicolas Sarkozy négocie avec Poutine
Il serait facile, aisé, discutable d'attribuer au président français l'échec de
la crise russo-géorgienne: la Géorgie attaque (défensivement ?) son gros voisin
russe, un 7 août. Ce dernier riposte par salves, d'abord en envahissant l'encombrant voisin,
puis en reconnaissant la déclaration d'indépendance des séparatistes pro-russes de
deux provinces géorgiennes. Depuis le 1er jour de cette crise, la réaction de Nicolas
Sarkozy est conforme au personnage: rapide, impulsive, maladroite. Ainsi, le lendemain de l'attaque
géorgienne, il se fait photographier avec un Poutine souriant embrassant son propre fils
Louis. Il se précipite le 12 août à Moscou pour claironner la conclusion d'un accord
de paix devant les caméras de télévision. Mais on apprend 4 jours plus tard qu'il
avait cédé l'occupation russe du territoire géorgien, à l'exception des zones
urbaines. Le couple Medvedev-Poutine continue sa provocation. Sarkozy convoque alors un Conseil
Européen extra-ordinaire, lundi dernier, pour convaincre les plus réticents de laisser
deux mois supplémentaires à la Russie pour se retirer totalement de Géorgie. Les
autres chefs d'Etat acceptent, mais à condition de venir avec l'agité président
français lundi prochain à Moscou pour porter ces doléances.
Agitation et fanfaronades ? Après le drame afghan, certains commentateurs y vu une
"présidentialisation" accélérée de Nicolas Sarkozy (n'est-ce pas Christophe
Barbier ?). "70 semaines après une élection, c'est pas trop tôt !" pourrait-on
s'exclamer si l'on croyait à l'argument...
Quand Nicolas Sarkozy veut casser la gauche.
Il y a 10 jours, on a cru retrouver l'habile politicien, apte à cliver le paysage politique,
dérouter la droite en prenant la gauche à défaut. Il annonce "sa" réforme
sociale, le Revenu de Solidarité Active. Mais les critiques contre les failles du RSA se
préparent, de la trappe à précarité au prétexte social d'une politique
difficile. La "majorité présidentielle" (*) s'énerve, et attaque . Puis le coup de
grâce arrive : François Fillon avoue que la nouvelle taxe sur certains revenus du capital
ne concernera que les classes moyennes, bouclier fiscal oblige. Martin Hirsch avait d'autres
idées. Et Christine "Lagaffe" Lagarde crache le morceau en début de semaine
(Réformer l'ISF ? «C'est une possibilité. On en débattra sans doute pendant la
discussion budgétaire»), aussitôt contre-dite par son propre premier ministre. Vous
souvenez-nous de mesures majeures, prometteuses de consensus national, aussi rapidement
sabotées ?
Impréparation ou incompétence ? L'équipe au pouvoir ne sait-elle plus que
transformer l'or en plomb ?
Quand Sarkozy laisse parler ses pulsions
La foudre du ridicule a frappé la Sarkofrance le week-end dernier. Enervé, nous dit-on,
que l'un des leaders nationalistes corses, Jean-Guy Talamoni, ait pu fouler le jardin de son ami
acteur Christian Clavier, Nicolas Sarkozy a fait limoger le coordinateur des forces de police en
Corse. Un blogueur nous conseille d'attendre d'en savoir davantage avant de crier au scandale. Il y
a un an, l'attentat à la roquette contre une gendarmerie n'avait pas déclenché une
telle ire présidentielle. Le gazon de Clavier vaut il plus qu'un poste de gendarmes ?
"Arrêtez de faire du cinéma" a demandé Michèle Alliot-Marie aux journalistes
à la sortie du Conseil des Ministres mercredi 3 septembre. Elle a raison. Son président
devrait nous sortir de ce film de série B. Il s'est trouvé tout de même un
journaliste inconvenant pour lui demander, à Damas lors de sa visite syrienne, sa position sur
l'affaire: "Je n'ai pas besoin (d'intervenir) parce que j'ai un ministre de l'Intérieur qui a
fait son travail." Merci Michèle Alliot-Marie ! Ecouter Luc Chatel, le porte-parole du
gouvernement qui s'est doté d'un nouveau blog personnel, est également un
délice.
Moins drôle, mais tout aussi ridicule, un manifestant qui brandissait une pancarte "casse-toi
pov' con", l'insulte prononcée par le Président lui-même à l'encontre d'un
visiteur du Salon de l'Agriculture en février dernier, est poursuivi pour "offense au chef de
l'Etat." Il va comparaître le 23 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de
Laval.
Impulsion et démesure ? La Sarkofrance est inégale, fortes contre les faibles,
indulgentes avec les puissants.
Quand Sarkozy veut rebondir à Damas
Le voyage en Syrie du président français était prévu de longue date. Il
était l'une des contre-parties accordées par Nicolas Sarkozy à la normalisation de
la Syrie. Sarkozy souhaite décrocher Bachar El Assad de son allié iranien, et replacer la
France au cœur du processus de paix au Proche Orient. Très concrètement, cette
échappée syrienne lui permet de sortir d'un bourbier "corsico-bling bling." Pourtant, ce
voyage suscite des interrogrations. Sarkozy fait cavalier seul. En pleine présidence
française de l'Union européenne, il n'est à Damas qu'au nom de la France, (et non
pas de l'Europe). Ensuite, cette "real-politik" produit elle des résultats ? On l'a vu avec la
Russie. 15 mois de réchauffement des relations avec Poutine n'ont servi à rien dans le
conflit géorgien. De surcroît, pourquoi la Syrie ferait-elle la paix avec Israël et
se priverait-elle de son allié iranien ? Les États-Unis ont maintenu la Syrie dans leur
liste des Etats terroristes. Et la Syrie elle-même souhaite se doter de l'arme nucléaire.
Enfin, pourquoi donc Sarkozy parle-t-il si rarement des droits de l'homme et des libertés
publiques avec ces dictatures ?
Agitation, fanfaronades, impréparation, incompétence, impulsion et démesure ?
Suis-je dans l'offense au chef de l'Etat, l'anti-sarkozysme primaire ou le constat de mes
concitoyens sur une présidence essoufflée ?
Post-Scriptum : au fait, c'est confirmé. La récession menace. Fillon espère une
croissance du PIB d'au moins 1%... Espérons que Christine Lagarde ait été mise au
courant cette fois-ci. En début de semaine, elle expliquait encore que le gouvernement faisait
"tout pour que la croissance soit d'au moins 2,5%".
Ami Sarkozyste, où es-tu ?
(*) Curieux concept que celui-ci, utilisé à gauche comme à droite. L'expression
permet au président en place, même au plus profond des trous d'impopularité, de
rappeler qu'un jour lointain il a été majoritaire dans l'opinion.
Du dessin «de bon goût» au dessin «gentil» il n'y a qu'un tout petit
pas... qui mène au Figaro pour lequel Serge Dassault (expert reconnu en art humoristique)
était à la recherche d'un «dessinateur gentil» pour succéder à
l'interminable Faizant.
D'ailleurs, si je ne m'abuse, ce Zak est un des dessinateurs d'humour régulièrement
publiés par Le Point… pas vraiment un titre connu pour sa virulence anarchiste et son
goût de la provoc de gauche.
De toute évidence, ce dessin se moque bien plus des valeurs de notre monde occidental et de
son système médiatique que de la France et de ses soldats.
Ce parallèle médailles/médailles n'a qu'un défaut, celui d'illustrer une
association d'idées déjà communément répandue, sur des forums, des blogs,
des zincs de comptoirs, des commentaires entre potes etc. C'est le téléscopage des gros
matraquages médiatiques de l'été qui veut ça.
Depuis des mois, et surtout pendant 3 semaines, on n'a entendu parler partout que de ces foutues
médailles olympiques… alors, fatalement, à la vue de la moindre breloque, c'est le
rapprochement réflexe.
Ce dessin n'a pas un ton rigolard, ni outrancier… il met en parallèle 2
événements quasi-concomitants : une soi-disant célébration de la fraternisation
des peuples cachant plus mal que jamais propagandes nationalistes et lâchetés
diplomatiques, et une prétendue lutte vertueuse des forces de l'axe du bien occidental contre
le terrorisme avec sa propagande, ses compromissions avec la corruption et innombrables
(plutôt «innombrées») victimes collatérales.
L'obscénité est dans la réalité, pas dans le dessin.
Cette quincaillerie honorifique pour rembourser aux familles la chair de leurs enfants, qui
s'étaient sûrement engagés pour «servir et défendre leur pays» et se
sont retrouvés otages de l'allégeance du pire des présidents français au plus
pitoyable des dirigeants états-uniens. Voilà, ça c'est abject.
Quand on voit par ailleurs à qui Sarkozy balance de la légion d'honneur à tout bout
de champs, ça fait plus que relativiser cet «honneur» qui est fait à ces
pauvres gamins sacrifiés et à leurs proches !
Il est vraiment bien ce dessin de si «mauvais goût»… on peut y trouver tant de
niveaux de lecture et d'interprétation…
L'article sur les conséquences politiques de la grossesse de Rachida Dati a provoqué
près de 230 réactions de Mariannautes curieux, amusés ou agacés. Difficile
après ça de dire que la grossesse de Rachida Dati vous laisse de
marbre… La grossesse de Rachida Dati
provoque des réactions paradoxales résumées par Sylvie 75 : «Certes on s'en
fout… mais puisqu'on en parle, qui est le père ?»
L'article de Stéphanie Marteau sur le nouvel état de la ministre de la Justice a
suscité la polémique… jusque dans son titre ! Tant qu'à faire dans le jeu de
mot, Kiosk nous invite à y aller franchement et suggère : «Enceinte, Rachida Dati va
perdre les sceaux.» Cet article a été le plus lu de la semaine. Il portait sur les
conséquences politiques probables de la grossesse de la ministre mais la discussion s'est
rapidement déportée vers un sujet relevant de sa vie privée : l'identité du
père de l'enfant.
La seule info qui vous intéresse ?
«La seule info qui intéresse – l'heureux papa – vous ne la fournissez pas
!», nous reproche Héléna. Torché a pourtant raison de réplquer:
«c'est pas nos affaires». Il n'empêche que les hypothèses les plus farfelues ne
font pas peur aux commentateurs.
Pour les Mariannautes qui ont le goût de ce genre d'investigation, le secrétaire d'Etat
aux Sports, Bernard Laporte, serait le candidat le plus probable à la paternité du
bébé de Dati. «Ne cherchez plus le papa !», s'exclame Antonin Laroche avant de
rappeler une vidéo tournée pendant la garden party de l'Elysée (voir ci-dessous)
où Rachida Dati, apparemment un peu grise, s'appuyait avec insistance sur l'ancien
entraîneur du Quinze de France.
«Si l'enfant est petit, nerveux, a des tics et qu'il saute partout, faudra pas se demander qui
est le père !», plaisante taist qui, comme beaucoup d'autres, verrait dans la grossesse
de Dati le fait du Prince. Concombre masqué semble sûr de lui : «Désolé
pour vos fantasmes, mais Sarkozy n'est pas le père. Le bruit court que ce serait Henri
Proglio, le PDG de Veolia.» Pas besoin d'être informé pour reprendre toutes les
rumeurs qui courent...
Rachida Dati à la Garden party de l'Elysée : essoufflée, elle aussi
? Et le congé maternité dans tout ça ?
Heureusement, d'autre Mariannautes sont un peu plus sérieux : «si elle voulait tomber
enceinte, c'était maintenant ou jamais», juge Marie qui imagine déjà son
«super congés maternité» lui permettant d'éviter un humiliant limogeage.
Certains se réjouissent de son départ des affaires comme Darti pour qui «on n'a
jamais eu une ministre aussi incompétente», rejoignant ainsi pas mal d'autres
Mariannautes dont Emilie du Châteler qui en vient à souhaiter une grossesse de Christine
Lagarde, Nadine Morano…
Malgré tout, beaucoup regrettent déjà Rachida Dati et s'inquiète de son
successeur possible : «Devedjian c'est le mec qui voulait dans les hauts seines nettoyer les
écuries d'Augias ? Demande Atholo. Puis qui a, quelques jours après, loué la gestion
par son prédécesseur notre cher Président ?»
Certains y voient néanmoins un peu d'espoir, «ce non-événement reste un heureux
événement» juge Claudy. Ambitieuse jusqu'à écoeurer les Mariannautes,
Rachida Dati a peut-être du bon à tirer de son expérience de mère : «que
cet enfant lui apprenne la douceur», souhaite Gérard. Mieux vaut ça que de briguer
la succession de Jean Sarkozy à la présidence des Hauts-de-Seine en 2030 !
Philippe Bilger démontre pourquoi la sanction de Dominique Rossi, accusé de ne pas avoir
assez protégé la villa de Christian Clavier, est inquiétante. Elle révèle
une privatisation du pouvoir présidentiel et risque de tétaniser l'administration.
A mon tour
d'offrir modestement un éclairage sur l'affaire de Christian Clavier ou la sanction de
Dominique Rossi, ancien coordonnateur des forces de sécurité en Corse. On a le droit de
choisir selon qu'on privilégie le sort de l'acteur ou le rôle de l'Etat. Ce n'est pas une
polémique née de rien. Pas seulement parce que les médias y ont attaché de
l'importance, mais surtout parce qu'elle se rapporte à une certaine conception de l'Etat de
droit. A ce titre, un magistrat, même non syndiqué, est tout à fait fondé
à s'y intéresser.
Ce n'est pas parce que Dominique Rossi affirme qu'il n'a commis aucune faute en l'occurrence, qu'il
faut le croire. Beaucoup, cependant, à l'exception d'affidés critiques par obligation,
n'ont pas hésité à venir à son soutien, soulignant son action remarquable comme
responsable de la sécurité dans l'île, succès validé par les statistiques.
On se demande ce qui se serait produit s'il avait usé, au moment crucial, d'une tactique
conflictuelle avec des conséquences probablement désastreuses. Lui aurait été
imputé, alors, un excès d'énergie contrairement à la mollesse dont on lui fait
grief aujourd'hui (site du Nouvel Obs).
Tétaniser les hautes administrations
Tout cela pourrait donner l'impression de Clochemerle en Corse si le mouvement indépendantiste
n'était pas à prendre au sérieux et si le limogeage de Dominique Rossi ne risquait
pas de tétaniser encore plus les hautes administrations, qui ne brillent pas structurellement
par leur audace. Elles risquent de se terrer encore davantage, où qu'elles exercent, sous
l'emprise angoissante d'un pouvoir sanctionnant même les meilleurs. Sachant que la
médiocrité ne constitue pas un obstacle insurmontable pour les promotions, il y aurait de
ce fait un étrange chassé-croisé dans la répartition des fonctions.
On lit que le président de la République aurait déclaré à son ami acteur
qu'il n'y avait aucune raison que celui-ci pâtisse de leur amitié. J'espère
également que Christian Clavier, à la suite de ces diverses péripéties dont il
n'est nullement responsable, ne subira pas un discrédit artistique, perdant des spectateurs
lassés par ce jeu devenu politique. A ce sujet, comment peut-on entendre sans rire des
ministres que la liberté d'expression n'étouffe pas dans l'espace du Pouvoir venir
souligner que le citoyen Clavier doit avoir autant de droits que les autres ? Comme si le
problème était là. N'empêche qu'il est très rare de voir d'autorité
l'appareil de l'Etat se déclencher, comme pour cette intrusion corse, avec une enquête et
une sanction administrative immédiate alors qu'aucune plainte n'a été
déposée et sans véritable préjudice (Le Parisien). D'une certaine manière,
Christian Clavier, qui n'en peut mais, se retrouve titulaire de plus de droits que le citoyen
ordinaire !
Personnalisation du pouvoir présidentiel
Force est d'admettre qu'en dépit des remous qui vont vite s'apaiser, une tradition
française semble considérer qu'une certaine forme de personnalisation du pouvoir
présidentiel - une privatisation de l'autorité régalienne -, non seulement n'est pas
incompatible avec la majesté républicaine mais en fournit la preuve la plus ostensible et
presque la plus légitime. Faire beaucoup pour ses amis n'est pas le signe d'un Etat qui
s'égare mais d'un Etat qui sait y faire. Il me semble que le président Sarkozy a
introduit une nouveauté dans ce processus. C'est que là où ses
prédécesseurs agissaient en douce ou au contraire se vantaient d'une superbe ingratitude,
lui n'hésite pas à afficher, à proclamer, à incarner sa capacité de
bienfaisance personnelle. Il en est fier, comme d'une marque de son statut, quand les autres se
voulaient en général plus discrets. Sans doute le président, qui sent l'humus
populaire, a-t-il perçu qu'à tort ou à raison, rien de nocif ne pourrait lui advenir
sur ce plan. Son épouse - qui habituellement prend garde à l'analyse qui peut être
faite de ses propos - a traité avec une relative désinvolture "le mélange des
genres" qu'elle admettait avoir pratiqué à deux reprises. Comme si cette double atteinte
était dérisoire et ne concernait pas la bonne qualité démocratique à
laquelle elle attache du prix, à l'évidence.
Je ne suis pas sûr que l'exigence d'une éthique publique et d'un pouvoir estimé
parce qu'estimable soit si peu partagée qu'on le dit. Au contraire, beaucoup reconnaissent
à juste titre qu'il n'est pas de petites entorses à la morale républicaine et que le
propre d'un Etat de droit, d'une démocratie exemplaire, c'est précisément de ne
jamais prêter au moindre soupçon, à la moindre équivoque. Au fond, l'Etat de
droit est l'Etat de la pleine lumière, quand les rumeurs, les insinuations ou les supputations
fausses ou avérées font le lit d'une République dégradée. Ils sont
nombreux, aussi, les citoyens qui ne sont pas prêts, au prétexte d'un soutien politique
inconditionnel, à abandonner l'espérance de valeurs et de principes qui les rendraient
fiers de leur pays, quels que soient ses habits partisans du moment. L'exigence d'une éthique
publique n'est pas jetée comme une illusion, comme un rêve impossible. Elle ne cède
pas sous le poids des conjonctures opportunistes. Elle demeure, sentinelle ou nostalgie. Elle tient
ferme.
François Fillon, dont on peut régulièrement constater la rigueur et l'absence de
démagogie, a déclaré au Figaro à propos de la mutation de Dominique Rossi : "Le
Gouvernement décide des nominations de fonctionnaires et ne rend pas de comptes sur ces
questions". Le Premier ministre n'use pas d'un ton aussi sec et définitif par hasard. C'est
moins le constat d'une approbation que l'envie de s'éloigner au plus vite d'un débat
douteux. S'il est évident que personne ne peut discuter une mutation qui relève de
l'autorité publique, le citoyen a le droit de penser qu'un Etat, au moins symboliquement, a
toujours à rendre des comptes. Nous avons encore en tête le slogan fort du candidat
Nicolas Sarkozy venant proclamer la nécessité d'un "Etat irréprochable",
entraînant avec lui, sur ce thème rebattu mais auquel il avait su redonner du lustre, une
majorité de citoyens.
Faut-il considérer que les beaux concepts des campagnes se dégradent forcément en
réalités présidentielles ? Un Etat qui a le devoir d'être irréprochable
accepte par là même d'être soumis aux reproches de ceux qui le jugeraient à
l'aune des faits et des décisions. Au-dessus de l'autarcie impérieuse des décrets
politiques, domine, toujours, le besoin de justice, le désir d'un pouvoir mesuré. Dans
ces conditions, le Gouvernement fait ce qu'il veut de Dominique Rossi mais l'esprit public n'en
pense pas moins. La légalité n'empêche pas d'interroger le coeur de la décision
: s'agit-il de l'initiative d'un Etat irréprochable ?
Depuis le début de cette polémique, je songe à la femme de César. Celui-ci,
pour la sauvegarde de son honneur, n'avait même pas supporté qu'elle puisse être
soupçonnée. C'était aux temps antiques.
Nadine Morano et Christian Estrosi dansent collé-serré, Valérie Pécresse et
Roger Karoutchi font voiture commune, Rachida Dati et Nathalie Kosciusko-Morizet font
copine-copine: l'UMP est à l'heure du "Aimez vous les uns les autres". Royan aux antipodes de La
Rochelle… Voilà comment, face caméra, les dirigeants de l'UMP « vendent »
leur université d'été. Cette année, le « campus 2008» organisé
par les « jeunes populaires » (« l'université, c'est pour les profs »
explique Patrick Devedjian, le secrétaire général du mouvement) se déroule sous
le signe de l'unité. Des tentes où s'agglutinent les militants de base aux salles
vidéo où les chefs du parti enchaînent les interviews, tout, au stade d'honneur de
Royan, n'est plus que « cohésion » et « solidarité ».
« Tout le contraire de ce qu'on fait les socialistes la semaine dernière, ironise Didier
Quentin, édile de la cité balnéaire où Sarkozy, petit, passait ses vacances.
Entre eux, c'était tellement horrible qu'ils ne sont même pas descendus dans les
mêmes hôtels ! ». « C'est vrai que c'est plus facile pour nous, décrypte
Devedjian, hurlant pour couvrir « Relax », le tube de Mika choisi comme hymne du campus.
Nous avons un leader, Nicolas Sarkozy, et un projet fortement engagé, avec 60 lois de
réformes. Ce qui unit les gens, c'est l'action, or le PS est dans l'opposition. Les troupes au
bivouac ont tendance à faire n'importe quoi ».
Du coup, à la demande de Nicolas Sarkozy, tout le monde donne de sa personne pour mettre en
scène cette belle complicité. Hier, en fin d'après-midi, Valérie Pécresse
et Roger Karoutchi, rivaux dans la course à l'investiture pour la tête de liste des
régionales en Ile de France sont arrivés ensemble de Paris. Cinq heures de route en
tête à tête, et pas la moindre trace de tensions sur leur visage souriant lorsqu'ils
sont descendus de voiture… « Ca demande des efforts, l'unité », vanne un
militant. Devant tant de complicité, à peine ose-t-on demander qui a conduit.
Réponse de la ministre de l'Enseignement supérieur : « Roger n'a pas le permis
»…
La soirée ne faisait que commencer. Au palais des Congrès, à 19h, c'était
à Rachida Dati et Nathalie Kosciusko-Morizet d'assurer le show devant les militants de
Charente-Maritime médusés. Sur l'estrade, les deux nouvelles meilleures copines du
gouvernement – elles ne se quittent plus, se donnent du « je t'appelle ce soir » en
se raccompagnant à leur voiture de fonction - ont présenté un petit numéro qui
a bluffé Eric Besson, toujours pas remis le lendemain de leur « entrée très
théâtrale ». « On s'est organisé pour que nos discours soient
articulés, explique NKM. On les as écrit de façon a pouvoir se répondre, se
couper, rebondir. Ca faisait longtemps qu'on avait envie de travailler ensemble ». Un beau
symbole de cohésion gouvernementale, d'autant plus surprenante qu'on ne savait pas les deux
ministres si complices. « Notre amitié date du mois de juillet, reconnaît NKM,
moulée dans une veste en cuir verte. On a le même style direct, on s'entend bien »,
tente-t-elle devant quelques journalistes incrédules. « Enfin, ça ne veut pas dire
qu'on passe notre temps à faire des cafés de filles ! », précise-t-elle.
D'ailleurs, les deux chouchoutes du président ont prévu des déplacements ensemble
pour le mois de septembre.
Bal tragique à Royan
La mise en scène de la consigne présidentielle – piquée à
Ségolène Royal, il est vrai - « aimez-vous les uns les autres » a parfois
donné lieu à des scènes d'anthologie. Alors que la nuit était déjà
bien avancée, les militants les plus fêtards, rassemblés sous la tente «
boîte de nuit », ont sortis leurs téléphones portables pour immortaliser Nadine
Morano et Christian Estrosi dansant collé-serré, seuls au monde. Les deux ministres, en
nage, n'ont pas quitté la piste avant deux heure du matin. A l'aube, les vidéos du duo
s'échangeaient déjà d'un portable à l'autre… Depuis cette nuit, les
tee-shirts customisés « Morano. What else ? » (reprenant le slogan d'une marque de
café) s'arrachent.
Ce matin, les candidats à la candidature pour les régionales en Ile de France,
Valérie Pécresse, Yves Jégo et Roger Karoutchi ont fait un nouvel effort
d'unité en déjeunant ensemble.
Seulement voilà. A trop en faire, ministres et cadres de l'UMP attisent les soupçons. La
guerre que se livrent sourdement Brice Hortefeux et Patrick Devedjian pour la tête du parti
fait toujours rage, bien que Nicolas Sarkozy ait renouvelé sa confiance à ce dernier lors
de leur voyage en Syrie la semaine dernière. Gérard Larcher et Jean-Pierre Raffarin se
disputent toujours la présidence du Sénat. Hervé Mariton, député de la
Drôme, n'hésite pas à casser l'ambiance : « Il y a une vraie unité pour
débattre sur le fond. Ca ne veut pas dire "Silence dans les rangs !" La question du
financement du RSA doit être posée lors du débat parlementaire» qui aura lieu
en session extraordinaire fin septembre. Bref… Il n'en faut pas beaucoup pour que
l'unité de façade se craquelle.
Exclusif : Rachida Dati a préparé un plan com en béton pour faire accepter la
nouvelle de sa grossesse à un président de la République sous pression. Sa coach
nous dévoile sa stratégie de communication.
Retrouvez chaque semaine la chronique d'Édouard Husson, historien de l'Allemagne
contemporaine. Vendredi 29 août 2008 Sur un site internet
qui se réclame de la tradition de la gauche antifasciste des années 1960/1970 (www.scharf-links.de), Kai Ehlers propose une analyse
très équilibrée de la politique russe, soulignant la convergence entre le chef
d'Etat en retraite Gorbatchev et le gouvernement russe durant la crise géorgienne. Il rappelle
que la politique russe poursuit désormais deux objectifs: avènement d'un monde
multipolaire; substitution, en Eurasie, du multilatéralisme à la militarisation
américaine des relations internationales.
Gorbatchev avait fait confiance à l'OTAN, qui a rompu sa parole, de ne pas étendre
l'alliance au-delà de la frontière allemande; Eltsine a essayé de limiter la
poussée atlantiste vers l'Est en entrant dans un partenariat OTAN-Russie; la guerre du Kosovo
ayant montré l'attitude réelle des Occidentaux, Poutine s'est rapproché de la Chine,
puis de l'Inde; il a fait émerger le BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine); comme Gorbatchev et
Eltsine avant lui, il a d'abord subi, au lendemain du 11 septembre, une poussée
américaine en Eurasie, attendant son heure pour réaffirmer les intérêts de la
Russie, ceux-ci étant inséparables d'une diplomatie active en Asie ainsi qu'au Proche- et
Moyen-Orient.
Selon Kai Ehlers, la dénonciation, par Poutine, de la militarisation des relations
internationales par les Etats-Unis, lors de la Conférence sur la Sécurité de Munich
de février 2007 (www.mid.ru 10.2.07), a
été un véritable choc pour les Américains et pourrait être l'une des
causes des encouragements à la Géorgie ces derniers mois. L'auteur conseille de relire le
discours prononcé par Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russes le 12
février 2008 à Genève, dans le cadre de la Conférence Gunnar Myrdal
(www.mid.ru, 12.2.08), vigoureux plaidoyer pour un monde multipolaire et désarmé en
même temps que réaffirmation tranquille des intérêts russes, maintenant que le
pays a les moyens de les faire entendre.
www.scharf-links.de rappelle aussi que la pauvreté augmente en Allemagne. Pour un chiffre de
12% de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté en 1998, on atteint 18% en 2005.
Le différentiel entre l'Allemagne de l'Ouest et l'ancienne RDA est frappant: à l'ouest,
on est passé de 11 à 17%; à l'est de 15 à 22% (et même 26% en 2007). Les
10% les plus riches possèdent 56% de la richesse du pays; les 50% les moins riches seulement
2%. Le nombre de familles ayant des enfants que l'on peut classer comme pauvres est passé en
dix ans de 10 à 20%. On sait que les gouvernements allemands successifs, depuis une quinzaine
d'années se sont beaucoup plus systématiquement coulés dans la logique de la
mondialisation que les gouvernements francais des mêmes années; il y a eu peu de filets
mis en place pour les victimes des délocalisations. Résultat, l'Allemagne a le plus fort
taux (14%) de chômeurs de l'OCDE dans la catégorie des peu ou non qualifiés. Or la
part de la population sans diplôme ou qualification de fins d'études augmente en
même temps que la pauvreté: ils sont 16% en 2007, en augmentation constante depuis dix
ans.
Lundi 1er septembre 2008 Madame Merkel n'aimait pas Sakachvili, qui avait
traité avec beaucoup de désinvolture des juristes allemands contribuant à la
construction d'un système juridique moderne en Géorgie. Mais lorsqu'elle s'est
retrouvée, à la mi-août, face au président russe, sa russophobie s'est
réveillée. Peut-être la déception de voir le « libéral »
Medvedev défendre le même point de vue que Vladimir Poutine jouait-il un rôle.
Mais chez le chancelier, il y a une russophobie fondamentale, que certains diront de dimensions
psychanalytique : Angela aurait grandi en République Fédérale d'Allemagne si son
père n'avait pas décidé, en 1953, de quitter Hambourg pour aller s'installer en RDA.
Madame Merkel voit encore aujourd'hui dans la Russie la puissance soviétique qui imposait son
joug à l'Est de l'Allemagne où elle n'avait pas choisi de vivre. Toute à sa
colère contre Medvedev, le chancelier a soudain trouvé Sakachvili sympathique ;
lorsqu'elle a expliqué à Tbilissi que la Géorgie serait un jour dans l'OTAN, elle ne
pensait qu'à atteindre cette Russie qu'elle déteste.
Pendant une semaine environ, Madame Merkel a essayé d'imposer un cours anti-russe mais elle
n'y est pas arrivée et la montée en puissance de Franz Steinmeier, ancien chef de cabinet
de Gerhard Schröder, actuel ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier, ces
derniers jours, à la veille de la réunion de l'Union européenne aujourd'hui, pour
annoncer une désescalade de la rhétorique vis-à-vis de Moscou, semble indiquer que
Madame Merkel a dû, une nouvelle fois depuis son arrivée à la chancellerie, mettre
dans sa poche le drapeau de l'Internationale atlantiste.
Non seulement les entreprises allemandes refuseraient une russophobie peu propice à leurs
affaires mais une majorité russophile se dégage progressivement dans les milieux
dirigeants allemands. Elle est timide mais:
1. Les Américains ont été trop visiblement derrière l'opération
géorgienne et ils brouillent l'image de protecteur de la paix que les Allemands leur ont
longtemps attribuée. C'est un phénomène que l'on observait déjà en
2002-2003, en moins développé. Bush aura contribué à détacher les
Allemands de leur puissance tutélaire. En plus, on a peur, exactement comme en 2003, d'un
renforcement de l'instabilité économique dans le monde dans le cas d'un conflit
majeur.
2. En Russie et en Asie centrale, Allemands et Américains sont rivaux économiques. Etre
du côté russe ou, en tout cas, ne pas être du côté américain, aidera
à conquérir des marchés.
3. Pour des raisons historiques, les dirigeants politiques allemands ne veulent pas d'affrontement
avec la Russie. Deux guerres mondiales, deux guerres contre la Russie, deux destructions de
l'Allemagne. Les plus conservateurs se disent qu'il faut avoir une politique bismarckienne,
d'entente avec la Russie ; le SPD se réfère à Willy Brandt. Tous, sauf une
minorité idéologisée sur le modèle de Madame Merkel, se voient comme
intermédiaires entre la Russie et l'Occident. Monsieur Steinmeier et ses collaborateurs ont
travaillé d'arrache-pied à une position commune de l'UE, dont nous verrons le
résultat ce soir.
Mardi 2 septembre 2008 Il n'y avait donc effectivement aucun suspense. L'Union
européenne a enrobé une attitude de fait favorable à Moscou dans des rodomontades
post-atlantistes. Le vieux Marché Commun des Six a pesé plus lourd que la Grande-Bretagne
et les anciens pays du bloc de l'Est pour emporter la décision.
Il reste à expliquer que Sarkozy ait quitté l'Internationale atlantiste, de fait. Un sens
des rapports de force qui l'amène à voir les glissements de puissance aujourd'hui dans le
monde ? La conscience que les troupes françaises enlisées en Afghanistan auront
peut-être besoin d'une aide russe, un jour, pour procéder à une évacuation
réussie ? Le désir d'être présent sur les marchés énergétiques
de l'Eurasie ? La peur d'une aggravation de la crise monétaire, financière et
économique actuelle ? La peur d'une guerre contre l'Iran, dont la Géorgie aurait
été l'une des bases logistiques ? La vanité personnelle (le « plan
Sarkozy-Medvedev ») ?
Avant de comprendre les motifs, constatons que la France et l'Allemagne, alors même que leurs
gouvernants respectifs étaient ou restent bien plus atlantistes que leurs
prédécesseurs immédiats, se retrouvent dans la situation de 2002/2003, d'opposition
(quelque peu timorée) à la politique américaine. Mais cette fois, alors que nous
n'avons plus à disposition la fougue rhétorique de Dominique de Villepin ni celle de
Gerhard Schröder, les parties les plus atlantistes de l'Europe ont eu le dessous.
Mercredi 3 septembre 2008 Personne n'en parle mais le pape prépare un voyage
en Russie. Et le Vatican pèse sur la politique allemande. L'attitude de l'Italie, engagée
fortement dans la recherche d'une « solution diplomatique » est un autre signe qui ne
trompe pas. Le voyage de Benoît XVI en Russie se prépare depuis l'élection du
successeur de Jean-Paul II. Le pape bavarois, le patriarche Alexis et Vladimir Poutine
correspondent en allemand !
Jeudi 4 septembre 2008 Le service scientifique du Bundestag publie un document sur
la question des réserves d'or de la Bundesbank. Après avoir rappelé les ventes d'or
dans les années 2000 (50 tonnes environ) ainsi que les diverses propositions faites par les
partis politiques (CDU, FDP, SPD) pour utiliser le produit de la vente : monter des fondations ou
combler le déficit des finances publiques, le document indique un net infléchissement de
l'attitude de la Bundesbank avec l'arrivée d'Axel Weber à sa tête au milieu de la
décennie.
L'accent est à nouveau mis sur l'indépendance de la Bundesbank (refus de renflouer les
caisses de l'Etat). Surtout, le document témoigne de plaidoyers toujours plus nombreux pour
garder les réserves intactes en cas de coup dur (guerre, inflation, montée des prix de
l'énergie, effondrement du dollar). Ce document n'a certainement pas été publié
par hasard. Et comme, depuis vingt ans, le monde marche sur la tête, c'est sur le site d'un
député de Die Linke (www.axeltroost.de) que j'en ai pris connaissance (tandis que les
libéraux du FDP sont parmi les plus virulents partisans de ventes d'or au nom de la rigueur
budgétaire, bien loin de John Locke et de ses Considérations sur la monnaie de 1691).
Brigade confidentielle à ses débuts, les Fatals Flatteurs sont devenus un commando
d’élite de la flagornerie médiatique, redouté sur tous les supports. Ses
terrains de combat : les forums du Nouvel obs, les chats de Libé, les questions sur les
matinales de France Inter... « Tout flatteur vit aux dépens de celui
qui l'écoute ». Déjà La Fontaine, en son temps, mettait en garde ses
contemporains contre la crédulité vaniteuse dans la fable du Corbeau et du Renard. Si la
leçon est toujours valable, elle n'a pas été retenue par tout le monde. La brigade
des Fatals Flatteurs en fait la démonstration régulièrement.
Qui sont les Fatals Flatteurs ? Nul ne sait vraiment. Une bande de joyeux lurons qui gravite autour
de la galaxie Acrimed, Plan B, Monde Diplo et
qui s'amuse à squatter les chats, forums et autres lieux de discussion sur le Net.
Véritables snipers de la flatterie, ils repèrent leurs cibles dont ils connaissent la
sensibilité toute particulière à la flagornerie : philosophes (les « nouveaux
» surtout…), patrons de presse (les « anciens » souvent), ou encore les
incontournables figures médiatiques que certains journalistes comme Guillaume Durand
qualifient rapidement d'intellectuels (Alain Minc, Jacques Attali et leurs émules.
Un exemple avec le chat de Claude Perdriel, propriétaire du Nouvel Observateur:
- « Le Nouvel Observateur a-t-il les moyens de rester un îlot de liberté,
d´indépendance et de regard critique sur le monde, à partir des valeurs
des Lumières, et avec une exigence intellectuelle et d´écriture
singulière?
Réponse : Pas facile, mais avec le talent de nos rédacteurs et l´aide
de nos lecteurs nous allons y arriver ».
- « Si j´ai bien compris Denis Olivennes est le successeur de Claude
Perdriel. Qui va être la personne qui va remplacer Jean Daniel (enfin, s´il
y a quelqu´un capable de remplacer Jean Daniel)?
Réponse : Personne ne remplacera jamais Jean Daniel qui est unique et qui, heureusement,
continue à nous accompagner. Denis prend la direction rédactionnelle de la publication
».
Depuis lors, la brigade des fatals flatteurs sévit tous azimuts: Nicolas Demorand, qui officie
le matin sur France-Inter, est une cible de choix. Certaines émissions de radios ouvertes aux
auditeurs semblent également faire les frais des Fatals Flatteurs ou d'une brigade formée
à la même école. Bref, les Fatals Flatteurs ont fait des petits. Ainsi des
innombrables émissions de sport sur les radios généralistes. De plus en plus
fréquemment, des auditeurs interviennent, s'interrogeant par exemple sur la saison qu'ils
jugent « absolument exceptionnelle » de tel ou tel joueur (connu pour avoir fait une
saison absolument calamiteuse). Et nos journalistes sportifs de référence, jamais assez
courageux pour prendre les auditeurs à revers, d'abonder dans leur sens.
Le Nobel à BHL !
Au cours du mois d'août, Libération a publié une tribune d'André Glucksmann et
Bernard Henri-Lévy sur la Géorgie la semaine dernière, puis lundi une réponse
d'Alain Minc. Les trois contributeurs ont été la cible des Fatals Flatteurs. Jean Paul
réclame que le Nobel soit décerné à BHL : « BHL est la parfaite
synthèse de Zola, Sartre et Althusser. Il rayonne sur la philo, le théâtre, la
littérature, le cinéma et la géo-politique. Il serait justice que le Prix Nobel de
littérature (ou de la paix) lui soit enfin décerné. Je souhaite que les lecteurs de
Libé se mobilisent pour cela! ».
De son côté, Norbert, qui se dit ébloui par l'intelligence fulgurante d'Alain Minc,
en arrive à se demander, si ce n'est pas Spinoza qui a lu Minc : « Alain Minc est un
laboratoire d'idées à lui tout seul. Aux Pays Bas, il nous fait souvent penser à
notre illustre Spinoza. On se demande parfois si ce n'est pas Spinoza qui a lu Minc ».
Marianne2.fr n'échappe pas à la brigade Marianne2.fr
a également reçu les honneurs des Fatals flatteurs lors d'un article sur le nouvel
éditorialiste d'Europe 1, Claude Askolovitch. Dans un commentaire, Luis Andres Sanzot nous
relatait ainsi la fascinante expérience vécue par sa tante Audrey : « D'habitude, je
suis plutôt un esprit rationnel. Néanmoins, comme vous parlez de Monsieur Claude
Askolovitch, je voudrais vous faire part d'une étrange anecdote qui concerne ce journaliste
d'exception. Il y a trois mois de cela, je me suis rendu à Lourdes avec ma tante Audrey. La
soeur aînée de mon père souffre d'une douloureuse infection du nerf phrénique
depuis de nombreuses années, douleur qui lui pourrit la vie. N'y tenant plus, cette femme
très pieuse a décidé de faire le voyage jusqu'à Lourdes (nous habitons en
banlieue de Lille). Elle s'y trouvait depuis deux jours lorsqu'elle a croisé Monsieur Claude
Askolovitch. Reconnaissant le talentueux journaliste, elle n'a pas hésité à
l'interpeller (« Vous avez bien fait, avec ce Monsieur Siné, c'est un malhonnête!
») afin de lui serrer la main. Aussitôt, ses douleurs ont disparu. De sa part, je
voudrais donc ici exprimer sa gratitude éternelle à l'adresse de Monsieur Askolovitch. Je
constate également que le bon Dieu a su le récompenser au travers de cette légitime
promotion ».
Amen.
Au sommaire : La droite la plus bête du monde : Ils critiquent Sarkozy quand il a raison, avec
le Medef, elle défend les riches quoi qu'il arrive, elle hait les ministres d'ouverture, elle
méprise la culture ; Exclusif : Corruption chez les magistrats ; Corse : La République
des copains Ce numéro sera en
vente en kiosques à partir du samedi 6 août au matin jusqu'au vendredi 12 septembre
inclus, au prix de 2,50 euros. Vous pouvez également acheter la version numérique
sur le site de Relay (PC) ou sur celui du Kiosque.fr (PC, Mac et Linux)
dès vendredi 5 août à 16h.
François Fillon, lui aussi, a fait sa rentrée des classes. C'est bien connu, les premiers
jours d'école sont parfois stressants. Alors, histoire de détendre l'atmosphère, on
dit n'importe quoi à ses petits camarades. La preuve par l'image avec un court extrait du
"Petit journal" de Yann Barthès...
Pierre Moscovici, qui avait cru être en bonne position pour décrocher le poste de futur
premier secrétaire du PS, semble traverser une période délicate. Les tractations
n'avancent guère au sein de la mouvance des reconstructeurs. Pierre Moscovici serait sur le point de
«craquer»... C'est, en tout cas, l'analyse que font les amis de Laurent Fabius après
les déclarations du député du Doubs, hier, sur Canal Plus. Si le député du
Doubs, soutenu par les barons régionaux de la Ligne Claire, a redit sa volonté de briguer
le poste de premier secrétaire, il a ajouté, alors qu'on lui demandait s'il resterait
candidat «quoi qu'il arrive», qu'il était hostile «i[aux candidatures à la
direction du PS "quoi qu'il arrive"»]i… Des mots qui sonnent doux aux oreilles des
reconstructeurs, qui croient deviner que Mosco vient de faire un pas vers la reddition.
«i[Ma colère est retombée»]i, confirme l'intéressé, la voix
fatiguée. Pourtant, son tête à tête avec Martine Aubry, prévu pour mardi
dernier, n'a toujours pas eu lieu. «Tout le monde a trouvé que vu les déclarations
de Pierre ces derniers jours, il valait mieux laisser un peu retomber la température»,
explique Claude Bartolone, l'un des artisans de l'arrivée de Fabius au sein du groupe des
reconstructeurs.
La question du périmètre du rassemblement n'est toujours pas tranchée. La maire de
Lille le veut le plus large possible. Elle a passé une heure hier soir avec Benoît Hamon,
chef de file du NPS. Pour sa part, Moscovici conditionne l'alliance à une ligne politique
commune. Sur ce point, l'ancien secrétaire d'Etat de Lionel Jospin n'est toujours pas
prêt à lâcher : «Martine et moi, c'était la meilleure voie. Il faut y
revenir», insiste-t-il. Il a quand même vu Bertrand Delanoë lundi, histoire de
prouver que «le jeu reste ouvert». Car selon lui, 90% des militants de la contribution
«Besoin de gauche», dont il est le premier signataire, sont hostiles aux reconstructeurs
et à l'alliance avec Fabius.
Le gouvernement serait en train d’étudier la mise en place de péages urbains
«sur la base du volontariat». Mais le moment semble mal choisi. Les automobilistes ont
l'impression d'être pressurés par le prix de l'essence. Et les élus des grandes
villes sont loin d'être chauds. Les partisans du péage
urbain doivent s'en mordre les doigts. Ce serpent de mer typiquement français refait surface
au pire moment : à l'heure où l'engouement autour du Grenelle de l'environnement est
sérieusement retombé, à l'heure aussi où les Français ont le sentiment
plus que jamais d'être des vaches à lait. C'est le quotidien
Les Echos qui l'annonce dans son édition
d'aujourd'hui : le gouvernement serait en train de plancher «sur le fait d'autoriser les
villes qui le souhaitent à mettre un péage urbain».
Mais si l'opinion est sans doute moins prête aujourd'hui qu'hier à accepter l'idée
de devoir payer pour gagner les centres-villes, le quotidien économique nous rappelle aussi
que la plupart des élus font… barrage aux péages ! À Bordeaux, Toulouse et
Rennes ? On préfère miser sur le tramway et les parkings-relais installés à la
périphérie. À Marseille ? L'équipe de Jean-Claude Gaudin dégaine aussi la
carte du tramway tandis que la communauté urbaine, aux mains de l'opposition socialiste, se
targue de réduire de 20 centimes les titres de transport qui seront tout de même de 1,50
euro à partir de l'année prochaine. A Paris - où, selon Les Echos, ce dispositif
pourrait attirer dans les caisses de la ville près de 75 millions d'euros - et à Lyon,
Bertrand Delanöe et Gérard Collomb y restent farouchement opposés. Enfin, à
Lille, personne ne semble d'accord sur la question.
Une opinion publique pas prête, des élus réticents, par conviction ou pour ne pas
déplaire à leurs électeurs, toutes les conditions semblent remplies pour que le
péage urbain reste à l'état de serpent de mer.
François Fillon a décidé de rencontrer individuellement ses quinze ministres afin de
leur donner leur premier «bulletin» semestriel. Cet exercice d'évaluation ne semble
pas très douloureux. Xavier Darcos, mais aussi Christine Lagarde et Hervé Morin assurent
avoir été chaudement félicités. «Je ne dis pas ça pour me vanter,
mais la maison Éducation nationale fonctionne bien, elle est efficace», s'est
rengorgé Xavier Darcos, ce matin, sur France Inter. Pas vantard pour un sou, le ministre est
quand même content de lui. La rentrée s'est, selon lui, «très bien
passée» dans des «conditions presque meilleures que l'an dernier». Les quelques
petits incidents qui ont pu avoir lieu ne sont «que de petits détails»,
assure-t-il.
Je vais bien, tout va bien...
Quid de la suppression des postes, qui fait tant parler dans les académies ? «Il y a un
meilleur encadrement pédagogique cette rentrée qu'à la rentrée dernière
(...). La plupart des postes supprimés ont été convertis en heures
supplémentaires". Pour le ministre de l'Education nationale, cette réforme s'est bien
passée, et n'exigera que «quelques a