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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
1 days and 11 hours ago
Deuxième LP d'un trio parisien encore méconnu mais qui mérite qu'on s'y
attarde, Ainsi fond creuse sa voie entre influences anglo-saxonnes et tradition
hexagonale. Résultat : un bel ensemble de morceaux de styles variés,
agencées entre eux selon une logique propre à tous les véritables albums,
celle du parcours.
Le disque s'ouvre avec Première classe, titre d'une grande efficacité,
limite obsédant, qui ne surprendra pas les habitués du rock français. Des
riffs de guitare en cascade, superposés les uns aux autres portent un couplet, un
refrain... une belle chanson sur un amour impossible. Le morceau trouve son pendant sur la
dernière plage avec Corinnes, titre plus sombre, où derrière les
mots "bistrot", "mégot", etc. plane l'ombre d'un Miossec, fondu dans un
univers purement rock.
Entre ces deux pôles, le groupe se promène, d'influences pop-folk minimalistes
(Peter Pan, Non conforme) en décharges d'électricité
(Dernière à Paris). Avec, sur Correspondances, un hommage
très métropolitain aux vieilles chansons de zinc qui ont fait la réputation
de la capitale française. Parmi les tours de force de l'album, on retiendra A.I.,
soudaine envolée lyrique, portée par une ambiance électro et des
chÅ“urs pop très originaux : un peu indie, un peu hippie... En somme assez
ovnis.
Grâce à son riche panel instrumental (glockenspiels, melodicas, mellotrons...) et
à des compositions toutes en nuances qui dévoilent leur complexité petit
à petit, Ainsi fond ne lasse pas. Au contraire, il impose son originalité,
son univers dégagé des courants et des statues des commandeurs qui plombent trop
souvent le rock hexagonal.
En dernière instance, on s'attardera sur les textes. Nassib, chanteur, guitariste et
parolier (David s'occupe de la batterie, Natan de la basse et, en gros, de tout le reste)
s'avère une plume affutée et délicate, maniant les mots tendres comme les
coups de gueule. Préférant, sur un titre écolo comme
L'épouvantail, les images et les impressions, aux leçons de morale. Jouant
avec le vocabulaire amoureux pour en tirer des leçons désabusées sans
être plombantes (Etonnamment). Témoignant à son tour pour une
génération qui a bien du mal à grandir et à abandonner ses
rêves, fussent-ils des chimères...
Que dire de plus à part : dépêchez-vous d'écouter ce disque. Il vient
de sortir...

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
1 days and 11 hours ago
De l'intérieur, la demeure est somptueuse, avec un mobilier bourgeois au goût
très sûr puisque de style rococo postsoixantuitard. Chaussé de Charentaises
indémodables, l'homme vautré dans un vieux fauteuil en cuir tape du pied en
écoutant un album des Pink Floyd ; n'importe lequel pourvu qu'il contienne au moins un
solo de Dave Gilmour. Ah, les solos de Dave Gilmour ! Pendant ce temps, sa femme s'affaire
à la cuisine, tandis que les enfants révisent en silence leur catéchisme.
Dans ce pavillon de lotissement, il ne fait aucun doute pour la maisonnée que Jésus
reviendra et que le chef de famille est un rockeur, un vrai. Alors bien sûr, cet
homme est un fervent lecteur de Rock&Folk, un grand magazine puisque même
N.M.E. semble reprendre la formule : piocher ostensiblement des groupes
présentés par les grandes maisons de disques, en dire autant de bien que d'encarts
publicitaires vendus, faire passer des écrivains ratés pour des critiques cultes,
et descendre n'importe quelle institution n'ayant plus à faire ses preuves afin de faire
croire à son lectorat ovin qu'il tient entre ses mains La
Référenceâ„¢. Veux-tu avoir la vie facile ? Reste
toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui.
(...)
>>>
Suite de l'éditorial

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
2 days and 11 hours ago
Demander à un fan d'écrire une chronique sur l'album de « son » dernier
groupe, c'est un peu comme demander à un Italien de dire qu'il n'aime pas les pâtes.
Même si c'est le cas, il ne vous l'avouera jamais. A moins qu'on ne vienne vous envoyer un
mail avec comme objet « Défi ». Sur ce coup-là, j'ai l'impression de
m'être faite avoir. Faut que je perde l'esprit de compétition musicale, moi. Ou
pas...
Arid, groupe gantois, révélé en 1999 avec Little things of Venom,
nous revient avec son quatrième opus, deux ans après un All things come in to
waves qui m'avait laissée totalement accro.
Je vous plante le contexte : samedi 27 février, je cours ventre à terre chez mon
disquaire préféré, limite second chez-moi depuis près de quinze ans.
L'album est là ! Le pire, c'est je sais pertinemment bien que je ne saurai pas
l'écouter avant le lendemain pour cause de planning chargé. Ouais, tu parles !
Lorsque je rentre enfin dans mon « Home Sweet Home », il est trois heures du mat' et
je ne résiste pas. Résultat : le soleil pointe à l'horizon et je l'ai
déjà passé trois fois. C'est vous dire.
A la première écoute, je n'ai évidemment pas pu m'empêcher, comme bon
nombre de fans, de rapprocher Something brighter du son de Keane. De la
même façon, Lock and chain aurait tout aussi bien pu être chanté par le
regretté Jeff Buckley. D'autres bonnes surprises ne demandent qu'à
être découvertes : si Custom gold et son entraînante rythmique
donnant envie de taper du pied, la mélodie de All that's here is all that's left
devrait rentrer sans problème en tête tant musique et voix sont en harmonie l'une
avec l'autre.
La seule inquiétude, c'est que si Come on, premier single, est un très bon
morceau, il ne reflète pas forcément l'esprit musical général de
l'album. Un novice d'Arid qui entendrait le morceau risquerait donc d'être fort surpris de
découvrir les autres pistes dès la première écoute.
La plus belle surprise est sans aucun conteste la plage qui clôture l'album, petit bijou
musical comme je les aime : on commence léger, juste le synthé et la voix de Jasper
Steverlinck et puis la mélodie va crescendo, rejointe d'abord par la batterie de Steven
Van Havere et ensuite par la guitare de David Du Pré. Fan-tas-ti-que. Sincèrement,
à la première écoute, j'en ai chialé de bonheur. Parce que
c'était beau. Et parce que c'était déjà fini. Car là
réside une des faiblesses de cet album : comme son prédécesseur, il est
VRAIMENT trop court. Mais bon, c'est vrai qu'à tout bien considérer, je
préfère passer trente-neuf minutes de bonheur que de me dire que la moitié
des chansons est tout juste bonne à jeter
Donc finalement, l'émancipation (forcée ?) du groupe par rapport à sa maison
de disque après la sortie du second album et la prise en main de sa propre musique lui
réussit plutôt bien. Les choses s'étaient déjà amorcées
lors du précédent album et se confirment ici. Mieux encore, il me semble que le
groupe a évolué mélodiquement encore un peu plus. Il y a fort à
parier que le soutien de Luc Weytjens, producteur-claviériste-ingénieur du son qui
a par le passé travaillé avec Zap Mama et K's
Choice, a dû jouer dans cette évolution. Le fait que le groupe ait
passé pas mal de temps en pré-production en investissant un centre culturel pour
préparer les chansons avant l'enregistrement studio doit également avoir eu une
incidence.
Au final, le titre a beau vouloir dire « Sous les lumières de la rue froide »
(qui perd sacrément de son charme lorsqu'il est traduit), l'album m'a laissée tout
sauf froide. Quand à l'écoute d'un morceau, tu sens un frisson te parcourir
l'échine et atteindre le bout de tes doigts, tu sais que ça touche le
cÅ“ur. Oui, j'aime la voix de Jasper qui jamais ne m'a déçue. Oui,
j'aime entendre les riffs de guitare de David et oui, j'aime taper des mains sur les cuisses au
son de la batterie de Steven. Alors oui, j'aime musicalement ces trois-là et je suis fan
d'Arid. Et tant pis si ça ne plait pas. Que celui qui n'a lui-même jamais
été séduit de la sorte par un groupe me jette Under the cold street
lights à la figure. Amen.

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
3 days and 11 hours ago
The Offspring a commencé bas sur l'échelle musicale, vraiment bas. Et si l'on
oublie un instant qu'ils ont bercé les années collège de ma
génération, il faut avouer la franche absence d'intérêt de leurs deux
premiers disques. Notamment celui-ci que l'on a souvent qualifié de grosse merde.
Attiré par l'odeur, je m'y suis remis récemment, pensant me taper des barres en
écoutant du vide. Après une petite cure enceintes à fond, The Offspring
à ses débuts ne vaut pas vraiment tout les tombereaux de purin versés sur
leurs gueules. Il y avait comme une étincelle là-dedans... Un petit déclic.
Entendons-nous bien, je ne considère pas ce groupe comme essentiel au domaine musical, ils
sont secondaires sur pas mal de plans et en premier lieu au niveau de la composition. Ce qui rend
la popularité de The Offspring aussi incompatible avec son talent, c'est qu'ils sont
tombés au bon moment dans les oreilles des teenagers. Avec leur punk à roulettes
calibré pile-poil pour les années 90, ils sont parvenus à coups de riffs
simples et de refrains automatiques à faire exploser l'acnée de millions de gosses,
dont moi...
À partir de Smash, ils ont
viré plus accessibles encore, matraquant leurs courts petits succès à la
radio, payant ainsi leur grosse dette à MTV. Mais nous n'allons pas aller voir aujourd'hui
du côté de leurs heures de gloire. On va se rapprocher doucement des débuts,
avec un chanteur complètement faux, des musiciens en pleine puberté et une
production que l'on qualifiera avec mansuétude de "brute". Penser que ces mioches ont
cherché à ranimer la flamme du punk historique serait exagéré. Ce
premier album s'apparente simplement à un gentil petit machin fait par de gentils
garnements, tout ça avec de petits moyens.
Le niveau général est donc faible (envoyez-vous le solo de guitare de
Elders...), ce qui pour une première oeuvre n'est pas forcément
criticable, du moins peut-on le tolérer. Dexter Holland y chante parfaitement mal et ne
semble pas pouvoir faire mieux. Mais bien que mauvais, le groupe avait alors une belle
énergie. Et bien que plié en quatre à l'écoute du disque, on trouve
tout de même quelques moments plutôt sympathiques.
Entre autres la petite introduction acoustique de Out on patrol, ou la très
correcte Crossroads et sa ligne de guitare pas miteuse. Titres courts et globalement
dotés d'une belle énergie qui masque l'inexpérience des musiciens. La
production au niveau des égouts associée aux éléments
précités est dans le ton de ce qui rend The Offspring non pas miraculeux mais
plutôt cohérent dans sa ligne de conduite. Soit jeune et con, rapide et
pressé, baclé mais honnête.
Dans une soirée totalement dédiée à la déconne et avec des
invités aux aptitudes musicales proches du néant, vous pouvez vous offrir un petit
succès critique avec cette ébauche boutonneuse. Curieusement, l'évolution
d'avec les gros tubes des années 90 n'est pas flagrante, Dexter chante mieux certes, le
niveau musical a progressé, mais globalement The Offspring en reste à offrir une
musique assez basique et efficace. A l'image des Ramones, des Dead
Kennedys ou des Stooges (trois crans en dessous sur l'échelle de
la gloire quand même), les keupons à roulettes de The Offspring s'éclataient
bien en 1989. Et ça s'entend toujours plus de vingt ans après.
En dernière plage, le groupe a inséré une chanson intitulée "Kill the
President", chose qui ne manquera pas de choquer le présentateur Wally George en 1989.

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
4 days and 22 hours ago
Cet article s'adresse particulièrement à ceux qui sont déjà acquis
à la cause de Peter Gabriel. Pour ceux qui voudraient découvrir un génie, un
conseil : ne pas commencer par cette galette.
Pour ma part, j'ai grandi avec la musique de cet homme dans les oreilles. Et cet album,
après quarante ans de carrière, arrive encore à me surprendre et à me
faire pleurer. Cet album est en effet très délicat et je suis une fille !
Donc, je réitère ma question : comment a-t-il pu ?
Quelques ingrédients de la recette de Gabriel pour Scratch my back :
Prendre quelques chansons plus ou moins connues d'artistes plus ou moins
connus : de Neil Young à des références plus
récentes comme Regina Spektor, Radiohead ou les
Magnetic Fields.
Avoir le culot de virer tout ce qui caractérise le rock'n roll :
guitares, batterie, etc. et les remplacer par un orchestre symphonique, arrangé par Bob
Ezrin (qui avait déjà produit son premier album solo en 1976, et un certain
Berlin de Lou Reed).
Ajouter la magie d'une voix.
Le résultat : un chef-d'Å“uvre, une relecture extrêmement personnelle et
très érudite de chaque morceau.
L'ouverture tant attendue (Heroes de David Bowie, quand même...)
reste cela dit un peu poussive. Comme s'il l'avait fait exprès ! Comme s'il avait voulu se
préserver pour mieux se donner sur le reste du disque. C'est la première chanson
que l'on a pu trouver sur internet - et c'est sûr que la surprise était au
rendez-vous - mais dès qu'on maîtrise mieux l'album, on ne peut que commencer
directement par le deuxième morceau : The boy in the bubble de Paul
Simon, dépouillé de ses arrangements sud-africains pour devenir une
fabuleuse balade au piano.
Je ne parlerai pas de l'album chanson par chanson car il s'agit bien d'un bloc : poignant,
magique et enivrant. Ressort quand même du lot le magnifique My body is a cage
(déniché chez Arcade Fire), avec en son centre un
déchaînement délirant de virtuosité orchestrale. De toute
beauté...
Un second volet, intitulé I'll scratch yours est censé
complété Scratch my back. Ce sera au tour des artistes choisis par Peter
Gabriel sur Scratch my back de reprendre à leur façon ses propres
chansons. En attendant, le maître prépare une tournée titanesque pour le
printemps : un orchestre symphonique de cinquante-quatre musiciens l'accompagnera pour une
première partie dédiée à l'album, que j'imagine déjà
interprété dans l'ordre et en intégralité. Une seconde partie, avec
ou sans orchestre, sera dédiée à ses propres chansons.

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
5 days and 19 hours ago
Je l'avoue, j'ai failli vraiment m'enthousiasmer pour cet album. A tel point que, curieux, j'ai
essayé d'acheter une place sur eBay pour leur récent concert sold-out à
l'AB, mais j'ai perdu l'enchère en dernière minute. Du coup, j'avais même
envisagé d'aller trainer devant la salle une heure avant le gig pour essayer d'acheter un
billet le double de son prix aux Marocains qui font les cent pas sur le trottoir... C'est dire !
Heureusement, le mauvais temps, ce lundi là, m'en a finalement dissuadé. Je dis
« heureusement » car, une fois l'enthousiasme des premières écoutes
passé, le soufflé retombe bien vite. Aujourd'hui, en mars 2010, Contra me
rappelle surtout pourquoi j'aime les Talking Heads et les Clash.
Si vous avez manqué un épisode sachez qu'il s'agit déjà du
deuxième album de ce groupe de jeunes bourgeois new-yorkais, deux ans après un opus
sans titre qui avait rencontré un très joli succès, particulièrement
aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Et celui-ci, sorti en janvier, fait mieux encore, du moins
si l'on croit les charts, puisqu'il s'est classé en tête du Billboard
américain dès sa sortie. Comme Lady Gaga, en somme. Epoustouflant,
non ? Mouais. Chez nous, la mayonnaise prend nettement moins bien et Vampire Weekend reste un
groupe réservé, en gros, aux initiés qui suivent l'actualité
indie-rock de près. Plutôt les Flamands, donc. Par une question de culture (les
Flamands sont plus orientés rock que les Wallons, il suffit de voir le nombre de
festivals qu'ils organisent...), mais aussi parce que les ondes radios FM néerlandophones
ne sont pas polluées par tout ce que la variété et la pop française
comptent de déchets style Indochine et autres horreurs encore plus
atroces.
Vampire Weekend est une entité bicéphale formée d'un chanteur juif et d'un
compositeur arabe (les deux autres musiciens ne font que garnir) qui piquent des idées un
peu partout. Surtout chez les Talking Heads (même si c'est un petit peu
moins flagrant sur Contra que sur le précédent), mais aussi à
XTC, à Paul Simon pour le côté world et
à la période jamaïquaine des Clash. Les Clash qui ont
d'ailleurs inspiré ici jusqu'au titre du disque, puisque Contra est un titre
choisi en clin d'Å“il à leur triple-album Sandinista ! (les contras
étaient, au Nicaragua, des militants de droite opposés aux sandinistes marxistes).
Ezra Koenig, le parolier, fait aussi l'une ou l'autre allusion aux textes de Joe Strummer dans
certaines de ses chansons, parait-il, mais who cares ?
Hormis Cousins (le single qui m'avait excité comme un gosse !), un titre vraiment
exaltant qu'on jurerait échappé des sessions de More songs about
buildings and food, Contra n'est qu'une succession de chansonnettes oscillant
entre le « Mouais, c'est sympa », le « Pffff ! » et le
« On ne passerait pas tout de suite à la chanson suivante ? ». Car
ils ont beau essayer de faire sonner leur album un peu africain, un peu sud-américain, un
peu pop, un peu world, un peu expérimental, le tout à la fois, avec leurs marimbas,
leurs synthés à la « Eno aurait sûrement fait
comme ça, Rostam », leurs rythmiques syncopées et leurs mélodies
finaudes, Vampire Weekend n'a pas inventé l'eau chaude.
Au bout de 36 minutes à peine, le disque s'achève. On se dit « Ah, ce
n'était que ça ? » et on retourne bien vite écouter les groupes
auxquels ces jeunots rendent maladroitement hommage.
Moralité : tant de hype pour si peu, c'est à vous dégoûter
d'encore lire Pitchfork et le NME...
PS : Mais où ai-je encore rangé Remain in
light ?

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
7 days ago
A l'entamme du millénaire, surfant sur la vague plus vraiment déferlante de la
musique dite celtique engendrée par Manau, un rassemblement de farfelus se mit en
tête de concurrencer la foire aux bestiaux de Lorient. Le cadre un village de Wallonie
profonde appartenant soit aux Fagnes, soit aux Ardennes en fonction de la provenance de celui qui
interroge, Anthines. Lors de cette première édition, l'organisation n'hésita
pas à user de ses relations et convia un groupe de rock breton à clôturer en
apothéose la soirée du samedi, à savoir E.V. Ils répondront
présent encore pour les deux éditions suivantes, récurrence facilement
compréhensible lorsqu'une fois dans votre vie vous avez la chance de vivre une prestation
de ces bardes déments.
Mar Plij est un album de fin de contrat en forme de pied de nez, et pourtant il est bien
nécessaire dans la discographie de ces Nantais afin de permettre aux malchanceux de
goûter, de loin certes, à l'ambiance surchauffée régnant lors des
prestations scéniques des énergumènes. C'est aussi l'album de la
relève de Harri (frère de Jari) décédé d'une leucémie
quelque temps auparavant par Christophe Rossini (Tof pour les intimes). Le line-up ne bougera
plus sur les albums suivant, il est vrai qu'il n'y en eu plus des masses. Composé du Fakir
et Gweltaz pour la partie bretonne et Jari pour le côté finlandais. Si les
influences sont surtout bretonnes, il arrive qu'un brin de finnois s'insère de temps
à autres.
Leur musique est d'une simplicité exemplaire, un rock de base mais efficace. A ces
caractéristiques viennent s'ajouter les instruments nécessaires à donner le
son du pays de la crêpe (pas celle de plages), la bombarde et l'accordéon. Pour
réaliser la set-list, ils n'ont pas hésité à piocher
allègrement dans leur discographie intégrale (à savoir trois pièces)
antérieure, ce qui nous donne une sorte de "best of" public.
On navigue entre traditionnel et rock bien carré. La reprise de An alarc'h
pourrait passer pour sacrilège auprès des puristes s'étant trop abreuver
à la pompe Stivell ou Tri Yann. Leur version aurait pu
dans un monde meilleur décrocher la première place des charts mondiaux et
multiculturels. Cover qui se situe bien au-delà de toute les reprises rapo-celtiques du
trio aux même origines et déjà précité (La tribu de
Dana est grandement inspirée/plagiée plus que réelle reprise de Tri
Martolod). Ni a sell ouzh an heol m'a toujours fait penser à du
Nirvana en kilt. Lorsque Fakir se déchaîne à
l'accordéon et Gweltaz à la bombarde à l'entame d'Ihala, les
meubles du salon se mettent à bouger et vous vous prenez à esquisser les pas d'une
petite gavotte. On se sent une folle envie de s'adonner à du Hair Guitar à
l'écoute de Kan bale a.r.b.
Ces ingrédients définissent au mieux E.V., une énergie pure, une envie de
faire la fête dès qu'ils présentent leur faciès sur la scène.
En kilt et chaussure militaire, jamais ils n'économisent leurs efforts que pour faire
bouger le public. Ils l'interpellent sans cesse, le font participer, danser, le poussent dans un
chaudron survolté. Que ce soit une salle comble ou presque vide, un chapiteau, un podium
de la foire au boudin, le concert sera emprunt de folie. J'ai assisté à l'un des
leur dans une salle de même pas 80 personnes, ce fut un haut fourneau deux heures durant.
Il est inquiétant que depuis plus de cinq ans ils n'aient plus sortis quoique ce soit, que
leur site internet ne soit plus accessible et qu'il n'y ait plus eu de connexion sur la page
MySpace depuis juin 2009. Je ne trouve plus de nouvelles les concernant et c'est bien dommage
car, s'il venait à disparaître, ce serait un pan important de l'identité du
rock breton qui s'écroulerait, même si la relève est loin d'être
inexistante.

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
8 days and 18 hours ago
Hermanos Inglesos, ce sont bien des frères, comme le nom l'indique, mais ils n'ont rien
d'espagnol. Ils s'appellent Didier et Cédric Engels et sont issus de la scène
gantoise. Après s'être fait remarquer comme DJ's, notamment au Culture Club, tout
s'enchaîne : ils remixent dEUS, commencent à produire leurs propres tracks, tournent
un peu partout en clubs et en festivals, sympathisent avec Tiga et décrochent une
signature chez PIAS. The wander of you, qui sort le 29 mars, est leur premier album.
Et même si on peut parfois lui reprocher certaines longueurs, cet opus est l'une des toutes
bonnes surprises belges de ce premier trimestre de l'année. L'on peut dire qu'il s'ouvre
en beauté avec Wanderland, un titre electro/house un peu chill qui n'invente
rien, ne révolutionne rien, mais donne une irrésistible envie de se
trémousser sur la piste, et c'est bien là l'essentiel. Et le soufflé ne
retombe pas dès la seconde plage, comme c'est malheureusement trop souvent le cas des
disques qui démarrent pied au plancher. Au contraire, les tueries s'enchaînent,
l'intensité monte de titre en titre... Ca bastonne vraiment sévère
dès la troisième plage, Snapshot, une collaboration avec le duo
punk/electro Nid & Sancy. Ca ne se calme pas avec Mastermind, le
single du moment, qui évoque gentiment Mr. Oizo avec ses sonorités
aiguës gueulardes semblables au chant des oiseaux (ceux d'Hitchcock, qui seraient
coincés dans une volière exiguë) ; chaud devant !
Forts de leur expérience de DJ's, les frères Engels savent comment s'y prendre pour
faire exploser un dancefloor : tout au long de l'album, les basses sont calibrées
juste comme il faut, les beats virevoltent. Et puis, ce qui ne gâche rien, il y a
de vraies mélodies. Oh, elles ne sont pas toutes originales, certes. Certaines mesures de
Qwistax semblent décalquées sur America is waiting de
David Byrne & Brian Eno, mais on nous rétorquera sans doute qu'il
s'agit d'une pure coïncidence...
Sur d'autres titres, comme Dunno, on relève des influences rock dans le choix des
sons et la manière dont le morceau est construit. On pense alors au Sexor de
Tiga ou à aux compositions les plus electroclash de DJ
Hell. Que de des bonnes références, en somme. Efficaces.
Bien sûr, cela reste malgré tout de l'electro, un genre dans lequel cela fait
longtemps qu'il n'y a plus guère de réelles innovations. Ainsi, à
l'écoute de The wander of you, on pensera encore tour à tour à
Compuphonic, Digitalism et Vitalic, entre
autres. Il n'en demeure pas moins que c'est rudement bien fichu, très bien produit
(peut-être même trop bien, tant certaines séquences auraient peut-être
gagné à être moins "propres") et - c'est le plus important - toujours
foutrement dansant.
Les frères Dewaele ne sont plus les deux seuls frangins terribles de Gand, qu'on se le
dise.

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
10 days and 2 hours ago
La folk, l'indie-pop acoustique à la Elliott Smith, Bon Iver, Sufjan Stevens et consorts,
en général, ça ne me parle pas beaucoup. Allez savoir pourquoi, je me suis
pourtant laissé séduire par cet album d'un groupe belge au nom improbable (l'ours
qui n'était pas, késako ?), apparemment tiré du titre d'un livre pour
enfants.
Originaire de Louvain, The Bear That Wasn't est à la base le projet solo d'un musicien,
Nils Verresen. Seul à la guitare, ou accompagné de quelques discrètes
orchestrations, ce singulier auteur-compositeur brabançon nous emmène à pas
feutrés dans un monde de douceur et de rêveries. En douze chansons aux titres aussi
étonnants que The little witch and the brave boy are going to Venus, The
exciting adventures of a bad bet, a bad alliteration and Mister Consequence, ou encore
Next stop : Disneyland !, le chanteur séduit par la délicatesse de son
timbre, par la simplicité de ses accords et par la finesse de ses ritournelles.
Nils s'est fait remarquer, en Flandre, avec un concept original de tournée « chez
l'habitant ». En échange du couvert et de l'hébergement pour la nuit, il
donne un petit concert privé, avec à chaque fois pour uniques spectateurs son
hôte du soir et quelques convives. Quelle meilleure manière d'aller à la
rencontre de son public et, à son contact, de faire murir, soir après soir, les
chansons de son répertoire ? Cette tournée (de 365 dates en tout !), entamée
en 2009, se poursuit cette année.
L'enregistrement de l'album a été pensé selon cette approche
résolument intimiste, cette conception simple, directe et sans artifices de la musique.
Loin de l'agitation, du bruit et du stress de la ville, The Bear That Wasn't nous propose une
petite heure de recueillement, de légèreté, de poésie et de joie
communicative ; une tendre excursion champêtre qui nous colle un sourire béat sur le
visage sans qu'on ne puisse trop expliquer pourquoi. Si ce n'est le plaisir que procure un peu de
douceur dans un monde de brutes.
Tout ici n'est que dépouillement, il n'y a point d'électricité, pas de soli
flamboyants et encore moins de bidouillages de producteurs. Chaque titre aurait été
enregistré en une ou deux prises à peine que cela ne nous étonnerait
d'ailleurs pas (à part sans doute pour les cuivres de Your huckleberry friends).
Il y a un vrai sentiment de fraîcheur et une charmante spontanéité qui se
dégagent d'un Fizzy good (Make feel nice), d'un Sour apple ou d'un
Winterwandering - trois de mes titres préférés de cette
galette.
Comme certains vieux Dylan, And so it is morning dew est un ces disques
à écouter au coin du feu, lors de longues soirées d'hiver à la
campagne, un verre d'excellent bourbon à portée de main. Les fans de
Grandaddy devraient y trouver leur compte. Ceux de Gravenhurst
encore davantage. Les inconditionnels de Bright Eyes risquent bien
d'apprécier également. Pour les ambiances et la sensibilité.
Alors, avec The Bear That Wasn't, la Belgique aurait-elle trouvé son Nick Talbot ? Ou son
Conor Oberst ? Même si cela peut paraître prématuré, j'ai envie de
répondre que oui. Nils Verresen semble taillé dans le même bois que ces
songwriters. Il ne lui manque sans doute qu'un véritable tube (ce qu'on ne trouve
pas encore sur cet album) pour lui permettre de s'exporter bien au-delà de nos
frontières.

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Pop-Rock.com, le site de la pop et du rock des années 80 à nos jours -
11 days and 11 hours ago
J'ai toujours trouvé que l'innovation comme critère d'évaluation d'une
musique, c'est un peu ridicule. Les cris au génie, ça s'entend assez
régulièrement, mais j'ai tendance à me méfier. Quels sont alors les
critères valables ? Je crois en une vision artistique bien définie et une
identité propre. Je cherche des émotions qui me font évoluer. Ne vous
inquiétez pas, je vais tout de suite venir à Etron.
Je pense aux disques qui m'ont touché les derniers mois, et j'essaie de découvrir
les qualités qu'ils ont en commun. Que ce soit Fascinoma de Jon
Hassell, Tauhid de Pharoah Sanders, Night life de
Thin Lizzy, The road de Nick Cave & Warren Ellis
ou A world of nerds d'Etron, je réalise que le point qu'ils ont en commun, c'est
que, après les avoir écoutés plusieurs fois, j'ai changé. La
différence pour mes proches est, certes, imperceptible, mais je sais que le changement a
eu lieu.
Etron m'a donné ce que je n'attendais pas, ou plutôt, ce que j'ignorais attendre.
A world of nerds est un disque que nombre d'artistes oublient de réaliser, un
disque qui parvient à capter l'attention de l'auditeur du début à la fin. Ce
ne sont pas des musiciens imbus de leur virtuosité, car aucune note n'est ici superflue.
Moi qui ai écouté des milliers d'heures de musique et assisté à bien
des concerts, je ne parviens pas à me lasser de la façon dont se courtisent la
basse de Billy Jr. et la guitare de Suzy Cumshot. Je me retrouve à constater que c'est
chouette que le rock'n'roll trouve encore à raconter, à inventer. Dans la
configuration présente, Sakata, la boite à rythme, est la seule à se
contenter de faire son boulot, de fournir son lot de rythmes fiables, constants et monotones, ce
qui n'est pas grave, car il se produit trop de choses pour que l'auditeur ne soit pas
comblé. Et puis, Sakata, c'est l'élément de stabilité, le point
d'accroche pour ses deux comparses adeptes du free-wheeling musical. Ecoutez d'ailleurs le
morceau Handicap sur A world of nerds, un exemple de l'art d'obtenir plus en
faisant moins.
Un élément que j'ai toujours aimé chez Etron est le chant. Ce chant va du
chuchotement au hurlement, du parlando aux pleurs, sans qu'à aucun moment, je ne commence
à douter du sérieux des propos adoptés. Il n'y a pas d'overacting
chez Etron, et ceci n'est pas une mince prestation, vu l'absurdité apparente de leurs
textes qui ne leur rend pas la tâche facile. Je vous livre d'ailleurs ici mon extrait
favori, qui vaut tous les Here we are now, entertain us et les Despite all the rage
I feel like a rat in a cage du monde :
‘En allant à Charleroi,
En passant par Waterloo,
Puis Braine-l'Alleud
J'voudrais aller à Braine La Louvière
Need a body now – Nation, burn !'
Etron possède un talent important : la composition. Simple ou compliqué, le morceau
est toujours accessible. C'est bien simple, Steve Albini, qui a produit leur disque, ne s'y est
pas trompé.
Maintenant, il ne manque plus que vous...

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