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On dit Frédéric
Lefebvre présenti pour être le futur secrétaire d'état à
l'économie numérique :
30 secondes pour nous prouver lui-même qu'il ne sera certainement pas nommé pour ses
compétences en matière d'économie numérique, c'est édifiant. Si cette
vidéo ne vous suffit pas, voici une retranscription d'une de ses récentes interventions
devant l'Assemblée nationale :
« L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des
victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour
que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à
l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il
d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes
artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de
créateurs ruinés par le pillage de leurs Å“uvres ? Il est
temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler
ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. [...] La
mafia s’est toujours développée là ou l’État était absent ; de
même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés
et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs,
les racistes et les voleurs y ont fait leur nid. »
(Et il paraît que c'est la Gauche qui a le monopole de la régulation pavlovienne,
laissez-moi rire !)
Un Perroquet conseille
l’Intérieur — selon Backchich.info, Frédéric
Lefebvre est un lobbyiste œuvrant pour les casinos et le tabac, entre autres
intérêts, et est resté actionnaire du cabinet de lobbying Perroquet
Institutionnel Communication alors qu'il émargeait également (ainsi que plusieurs de
ses associés ou collègues) au ministère de l'intérieur quand Nicolas
Sarkozy occupait la Place Beauvau.
L'Express :
Lefebvre secrétaire d'Etat à l'économie numérique? "Une mauvaise
blague" — « "Lorsqu'on entend ses propos à l'Assemblée
nationale, lors du débat sur le paquet audiovisuel [...] on pense que c'est un fou qui a
prononcé ces mots", explique le frère de la secrétaire d'Etat à
l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. » Même ses "amis" politiques trouvent la
plaisanterie de mauvais goût.
Un
lobbyiste bientôt au gouvernement ? — Frédéric Couchet
développe très bien le jeu de chaises musicales qui se trame : André Santini
(l'apprenti-sorcier du vote électronique à Issy-les-Moulineaux) a été
nommé secrétaire d'Etat pour permettre à M. Lefebvre de devenir
député. Mais pas de bol, André Santini aurait semble-t-il besoin de retrouver
rapidement son immunité parlementaire en récupérant son poste de
député (comme le lui permet une loi récente et opportune). Il faut donc sauver
le soldat Lefebvre. Et comme Eric Besson, qui était pourtant l'homme de la situation, est
appelé à d'autres fonctions, le secrétariat d'état à l'économie
numérique serait donc la seule roue de secours disponible. Où l'on apprend
également que M. Lefebvre a été actif dans le passage en force de l'amendement
dit « Vivendi Universal » pendant le vote de la loi DADVSI.
Et encore une preuve à charge qu'en matière de politique française le copinage
passe toujours avant la compétence, il n'y a aucune rupture à attendre de notre nouveau
président.
Il y a pratiquement deux ans, Michel de
Guilhermier lançait Inspirational Stores avec Ladurée, en
écrivant « Je vais faire du macaron Ladurée le symbole de ma nouvelle vie
! »
Vous allez me dire que je suis long à la détente, mais alors qu'aujourd'hui je
m'apprêtais à tester le concept macaron livré en gants blancs pour souhaiter
la nouvelle année à une équipe chez un client à l'autre bout du monde
parisien, voici que je tombe sur
ça : « Notre Boutique en Ligne est fermée pour une durée
indéterminée. » Et laduree-boutique.com redirige sur laduree.fr. Plus la
moindre trace de Ladurée dans les marques partenaires d'Inspirational
Stores. No luck either chez Michel, comme il dirait lui-même en franglais,
où la marque n'apparaît même pas dans son nuage de tags.
Que s'est-il passé, Michel, vous avez divorcé ?
L'un des aspects de la transparence, plus ou moins voulue, d'internet, c'est qu'on peut y noter
aussi ce genre d'événement. Ou le silence qui l'entoure, propice à
conjectures...
En attendant, moi qui voulait faire un cadeau pour demain lundi, je manque d'inspiration
maintenant !
Il y a pratiquement deux ans, Michel de
Guilhermier lançait Inspirational Stores avec Ladurée, en
écrivant « Je vais faire du macaron Ladurée le symbole de ma nouvelle vie
! »
Vous allez me dire que je suis long à la détente, mais alors qu'aujourd'hui je
m'apprêtais à tester le concept macaron livré en gants blancs pour souhaiter
la nouvelle année à une équipe chez un client à l'autre bout du monde
parisien, voici que je tombe sur
ça : « Notre Boutique en Ligne est fermée pour une durée
indéterminée. » Et laduree-boutique.com redirige sur laduree.fr. Plus la
moindre trace de Ladurée dans les marques partenaires d'Inspirational
Stores. No luck either chez Michel, comme il dirait lui-même en franglais,
où la marque n'apparaît même pas dans son nuage de tags.
Que s'est-il passé, Michel, vous avez divorcé ?
L'un des aspects de la transparence, plus ou moins voulue, d'internet, c'est qu'on peut y noter
aussi ce genre d'événement. Ou le silence qui l'entoure, propice à
conjectures...
En attendant, moi qui voulait faire un cadeau pour demain lundi, je manque d'inspiration
maintenant !
Ça sent le cadeau empoisonné de bonne année pour Jacques et Gaston de
la part de Nicolas (en 2009, ce sera au tour de Dominique ;-p). Admirez la différence de
traitement de la même information entre l'AFP qui nous parle des
comptes présumés de Jacques Chirac sous l'angle du secret défense, et
les Nouvelles Calédoniennes qui ne parlent que d'«affaires politico-financières dont
la publication pouvait nuire à M. Flosse » et qui circonscrivent la perspective
à Tahiti uniquement.
En cadeau de fin d'année, je vous offre ces deux perles qui parleront sûrement à
celles et ceux qui ont eu à gérer des projets un peu complexes dans notre belle
société de l'information.
Ensuite, le petit secret que tous les chefs de projet de France et de Navarre ne veulent pas que
vous connaissiez, la seule vraie méthode de conduite de projet réellement
appliquée en entreprise : la
R.A.C.H.E.
Comme je l'ai dit à Paris Web 2008 dans ma présentation
sur les bonnes pratiques web, en matière de conduite de projet de redesign web la
dictature éclairée donne de bien meilleurs résultats que l'habituel
simulacre de démocratie qu'on voit dans les entreprises, où les concessions faites
à chacun (et tout le monde a un avis sur le design) conduisent
systématiquement à une créature de Frankenstein.
Si vous embauchez un ou plusieurs designers professionnels, ils sont les plus qualifiés
pour créer le design qui convient, tandis que vous êtes les plus
qualifiés pour savoir et leur expliquer ce qu'est le métier de l'entreprise. Mais
si votre patron ou sa secrétaire interfèrent dans la partie design, alors faites
leur comprendre que soit ils laissent les pros travailler dans les meilleures conditions sur ce
sur quoi on les a embauchés, soit ils confient le redesign au fils (à la fille,
à la secrétaire, à la maîtresse, rayez les mentions inutiles...) du
patron. Mais les deux options sont mutuellement exclusives.
Je note avec intérêt plusieurs choses sur le billet sus-cité, qui montrent
l'état d'esprit des spécialistes TIC des grandes mairies de France :
« Après la déception des élections pour l’assemblée
des français de l’étranger, l’utilisation du vote par internet pour les
élections prud’homales (à Paris uniquement) avait valeur de test pour un mode
de vote qui suscite toujours beaucoup de réticence eu égard au manque de
fiabilité du procédé. » — ils notent deux
échecs, sont conscients de l'hostilité des électeurs et de la
faillibilité du procédé (en plus de souligner
les dysfonctionnements qui ont eu lieu).
« le vote par internet [...] n’est en tout cas pas le remède miracle
à l’abstention vanté par les fournisseurs de solutions de vote
électronique » — Ils ne sont pas dupes de l'intérêt
commercial des vendeurs de "solutions".
« On soulignera une fois de plus que la technologie n’est pas, en soi, une
solution au problème de l’abstention. L’implantation de bureaux de vote dans
les entreprises, le rapprochement de l’urne physique et de l’électeur,
s’est de fait révélé beaucoup plus efficace dans ce domaine [...]
» — Une conclusion frappée au coin du Gros Bon
Sensâ„¢, qu'on espère voir appliquer partout dans nos mairies sous la
forme de bulletins papier et d'urnes transparentes !
J'ai reçu cette surprenante facture par email ce matin, de la poissonnerie Arseneau
à Nigadoo au Nouveau Brunswick à l'attention du Parc du Futuroscope à
Poitiers (cliquez sur l'image pour l'agrandir) :
Alors nous avons :
15 seaux de harengs marinés de 3lb (1,36 kg) pour 172,50 $ CAN
des frais de transport / expédition pour 857,50 $ CAN
un certificat sanitaire pour 150 $ CAN
Le tout facturé 1130 $ CAN, mais si je compte bien ça fait plutôt 1180$, soit
708,63€ au cours du jour. Ce qui nous met le hareng canadien à
34,74€ le kg (et quelques kg de CO2 pour le transport qui représente 5
fois le prix de la marchandise).
Elle en pense quoi la présidente du Poitou-Charente, qui finance ce bazar sur fonds
publics ? Il pue le hareng local ?
(P.S. Dis-nous Laurent, il vaut quoi le hareng mariné
canadien ?)
Reçu ça ce matin sur un réseau social (du 1.0 mais les plus vieux du monde,
ceux qui fonctionnent :p), livré brut de fonderie :
tu sais quoi, franchement faut que je te dis la verite, presentement je suis en
deplacement chez le pere constantin a cotonou au Benin,il est mon pere adoptif
et en meme temps qu'il est gay, cest bien lui qui m'a initie a la vie
gay,âinsi
depuis 4ans deja je vis avec le statut d'homme gay, et je regrette pas vue que
je m'y plais bien , tout ce que je recherche a present cest de pouvoir
m'eloigner
de lui et etre avec un homme mur et plein d'affection qui me donnera le vrai
amour, en plus je suis actif et tres viril, jai un penis de 21cm et peu poilu
et
jaime bien dominer, je sais pas pourquoi tu m'attires chaque fois je regarde
ta
photo, sans doute que tu es le mec ideal pour moi alors jaimerais que dans ton
prochain message que tu me dises un peu sur toi, ton nom et prenom et ce que
tu penses de nous deux, sache que je suis aneanti par ton charme et que tu as
tout pour plaire, je suis pas frequent sur le net cest bien pour cela je te
communique mon numero 00 2 33 2 4 189 44 52 ainsi tu pourras me faire un
bipe des que tu es connecte sur le net ainsi je viendrai causer directement
avec
toi si tu le desires, merci tresor et agreable moment a toi
Pour des raisons bassement financières, et contrairement à mes deux grands
frères, mes parents m'ont placé dans l'enseignement public après la
maternelle. Avec le recul, j'ai l'impression d'avoir loupé quelque chose.
Les calédoniens n'en n'ont probablement pas conscience comme l'ex parisien que je suis,
mais rien que de ne pas entendre parler ici de Carlito et Carlita quinze fois par jour, ça
me fait des vacances. Mes vacances seront hélas interrompues en 2009.
Je vous parie un pack de Number One à boire sur la plage de votre choix à
Nouméa que ça va être un bordel sans nom. Et puis j'adore ce genre de petite
démonstration de muscles (faciaux, uniquement) dont notre cher président est
coutumier :
« Il faut approfondir le travail avec les partenaires sociaux pour construire les bases
d’un dialogue social durable. Il n’est plus question de tolérer que, sous
prétexte de lutte pseudosyndicale, certains se livrent à des comportements qui
bafouent l’ordre républicain. »
Mais qui est responsable de la non application de certaines décisions de justice, par
exemple de laisser en liberté quelqu'un condamné à la prison (en
l'occurrence le responsable syndical clairement visé dans cette petite phrase), si ce
n'est l'Etat ? Du Sarkozy pur jus, grand diseur, petit faiseur...
Attention, râle de vieux con 1.0 qui a connu le Minitel et mêmes des trucs mous et
poulpeux qu'on collait sur le combiné du téléphone avant l'arrivée
des modems intégrés, et dont la vitesse dépassaient parfois quelques
centaines de bauds[1] pour les plus chanceux d'entre
nous. Je me souviens même du jour où pour la première fois j'ai vu de la
couleur sur un écran. Certes, ça restait quand même un écran
monochrome, mais sépia. Sépia, merde, la classe !
L'avènement d'internet dans nos vies (enfin plutôt dans la vie du commun des
mortels, parce que pour moi ça commence à faire plusieurs baux) a multiplié
nos moyens d'échange en diminuant l'effort nécessaire et en abaissant certaines
barrières physiques (la distance notamment). Après tout, j'habite de l'autre
côté du globe par rapport à Paris, et je travaille quasi quotidiennement avec
la métropole grâce à internet. Et avec quoi dans ma trousse à outil ?
Principalement : un ordinateur portable, l'e-mail, tout ce qu'on peut faire avec un navigateur
web et un peu de Skype. L'e-mail, dont on dit tant de mal, reste de très loin le
premier outil de travail de cette trousse.
L'e-mail, le courriel si vous préférez, souffre de pleins de problèmes. Le
spam d'abord, 85% du volume d'e-mails circulant en ce moment est composé de spam. D'image
ensuite, du moins chez les geeks et les consultants 2.0. L'e-mail, rendez-vous compte ma bonne
dame, c'est vieux comme mes robes ! Une techno basée sur des standards qui datent des
années 70, ça ne peut qu'être complètement obsolète, n'est-ce
pas ?
Et pourtant. Posez-vous la question de la place de l'e-mail dans votre travail.
J'observe avec intérêt des gens comme Stowe
Boyd qui en 2007 professait qu'il est OK de ne pas répondre aux e-mails renouer avec la
pratique de la newsletter avec /Message , ou les réflexions des uns et des autres sur
la revanche de l'e-mail avec Robert Scoble se plaignant de recevoir des
contacts business via Twitter qui n'est pas un outil de travail aussi pratique. Belle
découverte ! Je parie qu'à LeWeb 09, Robert va nous apprendre qu'aucune technologie
web 2.0 (ni 3.0) ne multiplie le nombre d'heures que nous avons dans la journée.
Et c'est précisément le truc qui commence à me courir sur le haricot, de
voir que de plus en plus de mes contacts passent un temps fou sur Twitter, Fesse-bouc et tout ce
que le web 2.0 a produit pour projeter à la face du monde son « statut » du
lever au coucher du soleil mieux que n'importe quel rapport de police, alors qu'ils ne
répondent pas à mes e-emails. Eh, les mecs, je vous vois moi aussi.
Peut-être est-ce le syndrome loin des yeux, loin du coeur. Ou le décalage horaire.
Après tout pendant ma journée la plupart d'entre vous dorment, et quand je peux
avoir quelqu'un en direct live, il y en a toujours un de nous deux qui prend son
petit-déjeuner. Mais quand même, vous avez oublié comment ça marche
l'e-mail ou quoi ?
Alors aujourd'hui je vais essayer le carpet bombing 2.0 pour faire une petite
expérience, et ma première victime sera mon ex-futur associé Joël Ronez :
Un petit coup de SMS via Skype sur ses quatorze téléphones portables
Taggage sauvage delicious (j'essaye de lui
suggérer le lien via delicious mais j'ai l'impression qu'ils ont supprimé cette
fonction)
Top chrono, j'attends la réponse de l'homme 2.0 toujours en ligne mais
perpétuellement injoignable...
Tremblez, les autres.
Note : [1] Une unité de mesure de vitesse
équivalente, pour vous donner une idée, à la vitesse de l'escargot au galop.
Etre chanceux à l'époque, c'était avoir un modem qui allait à 300
bauds. (Note à Xavier Niel, j'attends toujours la fibre optique dans mon immeuble, c'est
lent ! ;-p)
Mon homme et moi avons la
haine. Sauf que je pense que quelqu'un qui est assez minable pour voler un être vivant
ne peut pas s'en occuper correctement, et ça, ça me fout les boules pour la
chienne.
L'autre truc qui me déprime, c'est que je fais le pari que, dans ce cas précis, le
côté toute petite île où tout le monde connaît tout le monde ne
va strictement rien nous apporter pour retrouver la bestiole. Peut être suis-je trop
pessimiste, ou que la rage m'aveugle, détrompez-moi. Si vous voyez une petit chienne
labrador de trois mois, couleur beige, yeux dorés, environ 8 kg et qui répond au
nom de Canelle, faites-nous signe immédiatement.
Les geeks du Caillou j'ai besoin de votre aide. C'est moi ou bien notre joli câble Gondwana-1 il est
pété ? Tout le traffic depuis mon ISP (MLS) passe par la Nouvelle Zélande,
et pour rejoindre l'Australie c'est carrément le grand voyage jusqu'à San Francisco
! Ça expliquerait le net ralentissement que je constate depuis quelques jours,
mais je ne vois rien sur le site de l'OPT ni celui de MLS.
La plupart des clients sont de bons clients, et certains sont d'excellents clients. Mais certains
boulots ne se dérouleront jamais correctement. Voici quelques indicateurs qu'un projet
pourrait aller dans le mur. Garantie : tous ces incidents sont du vécu.
Le client demande qui a fait le design de votre site web.
Le client vous fait faire le tour du propriétaire, vous présentant à
tous ses employés. Puis, derrière portes fermées, vous dit : « Si vous
faites du mauvais boulot avec ce site web, je devrai licencier ces gens. »
Le client met six mois à répondre à votre proposition, mais ne change
pas sa date de livraison.
Au début de la réunion de prise de connaissance, le client vous apprend que son
entreprise vient d'être rachetée.
Le client, qui fabrique des poupées russes, exige de savoir combien de sites de
poupées russes vous avez conçu.
A la réunion à laquelle vous vous êtes rendus par vos propres moyens, le
client vous informe qu'il n'a pas de budget en soi, mais est ouvert à un «
échange de services ».
Le client ne peut formuler le moindre besoin utilisateur. Il est également incapable
de formuler une stratégie business, une stratégie online, une raison pour le site
d'exister, un but ou une métrique pour améliorer le site. Malgré tout cela,
le client a conçu ses propres gabarits détaillés.
Alors que la réunion de prise de connaissance est sur le point de se terminer, le type
en bout de table, qui n'a pas pipé mot depuis une heure et 55 minutes, ouvre soudainement
la bouche.
En se penchant ostensiblement en avant, le client vous dit qu'il sait que son site «
craint » et admet assez franchement qu'il ne sait pas quoi faire. Il vous demande comment
vous aborderiez ce problème. Alors que vous commencez à répondre, il se met
à parcourir ses messages sur son Blackberry.
Le client annonce qu'il est un « visionnaire » et qu'il ne sera pas
impliqué dans la « minutie » du design du site. Il déclare que son
employé, le contact client, aura « tout pouvoir » pour approuver chaque
livrable.
A la veille de la livraison, le « visionnaire » précédemment non
impliqué, envoie des dessins de son idée d'à quoi le site doit ressembler.
Ces dessins n'ont rien à voir avec les recherches utilisateurs que vous avez
menées, ni avec les recommandations approuvées, ni avec les gabarits
approuvés, ni avec le design final approuvé, ni avec le design des pages
supplémentaires approuvé, ni avec les gabarits HTML approuvés que vous
êtes en train d'intégrer dans le système de gestion de contenu.
Votre client favori, avec qui vous avez toujours bien travaillé, a un nouveau patron.
Le client veut « du web 2.0 » mais est incapable d'articuler la moindre
stratégie business ou but utilisateur.
Peu avant la livraison, l'entreprise vire votre client. Un assistant surchargé prend
la relève. Le nouveau site n'est jamais lancé. Deux ans plus tard, une nouvelle
personne qui a repris le job de votre client vous envoie un courriel pour vous inviter à
refaire le design du site web.
Le client envoie un appel d'offre de 40 pages, incluant une série de diagrammes
approuvés en comité et faits sous Microsoft Art.
Le client vous dit avoir conduit une étude ergonomique avec sa femme.
Le client démarre la première réunion par un grand numéro pour
vous dire que vous êtes l'expert. Vous êtes aux commandes, dit-il : il s'en remettra
à vous en toutes choses, parce que vous comprenez le web et lui non. (Croyez-en l'oncle
Jeffrey : ce gars va micro-manager chaque cheveux de la tête de ce projet.)
Alors que la version approuvée et épurée de l'« application web de
réseau social » est sur le point de sortir, un mec du marketing jusqu'ici non
impliqué commence à vous dire à vous, à votre client et au patron de
votre client que le look minimaliste « ne me bluffe pas ». Une discussion sur ce que
les utilisateurs du site âgés de 18 ans veulent, supporté par un travail de
recherche, n'entame pas la détermination de l'homme de marketing de 52 ans d'exiger une
refonte totale du design, pourtant approuvé, plus adaptée à sa propre
sensibilité esthétique.
Alors que le travail d'intégration est pratiquement terminé, le client repense
l'architecture.
Le client veut le meilleur. Après lui avoir dit combien le meilleur coûte, il
demande si vous pouvez faire un prix. Vous révisez la proposition à la baisse mais,
sans révéler de budget ou donner la moindre indication de ce qui serait viable pour
lui, le client vous demande de réduire encore. Après 40 heures d'allers-retours en
négociations, le client vous demande si vous pouvez juste faire le design de la page
d'accueil sur Photoshop.
NdA : je confirme le vécu de tout ça, et je ne peux m'empêcher de faire
un parallèle avec ma
dernière présentation à Paris Web 2008, qui montre les travers de
l'autre côté du miroir, côté client. Pour l'anecdote, j'ai
réussi à convaincre Jeffrey Zeldman et Douglas Bowman de travailler sur le redesign d'un gros site
en prenant bien soin d'éviter à peu près la moitié de la liste
ci-dessus :p, sinon je savais d'avance qu'ils nous auraient envoyés sur les roses.
Travailler avec des freelances de ce calibre est un pur bonheur, et certains seraient surpris de
constater que c'est souvent moins cher que les grosses agences, encore faut-il les convaincre que
votre projet vaut le coup et que vous les laisserez vous donner le meilleur
d'eux-mêmes.
« Je vous laisse cinq minutes, pas une de plus. Pendant cinq minutes, vous bloquez la
circulation, vous faites une ronde puisque c’est ce que vous voulez faire, vous chantez, vous
criez, vous distribuez vos tracts. Cinq minutes pas plus, sinon ça deviendra l’affaire
des CRS. Cinq minutes, c’est mieux que rien, votre manif n’est pas autorisée.
Cinq minutes pendant lesquelles on va vous foutre la paix, mais on ne sera pas loin. Mais dans cinq
minutes, il vous faudra libérer le carrefour. Une seule seconde en plus, ce n’est pas
négociable. Ça vous va ? » Elles se sont regardées, et ont
acquiescé en souriant. Une petite brune à grosses lunettes m’a tendu la paume
de sa main et j’ai tapé dedans. « Tope là. - Tope là. Allez, go,
top chrono. » Elles sont reparties en courant et en hurlant, et en quelques secondes une
grande ronde sautillant entre des slogans s’est formée au milieu du carrefour, et
toutes les voitures se sont arrêtées et se sont mises à klaxonner. Cinq minutes
plus tard, la rue avait déjà oublié les infirmières. Et moi
j’essayais de retrouver les mots d’une phrase dont l’idée
s’était répandue entre les infirmières, nous, et les voitures
bloquées sur cette immense intersection. Une phrase de flic, entendue il y a longtemps, et
qui exprimait que l’ordre public se trouvait quelque part entre un désordre
acceptable et l’ordre insupportable.
Ce samedi 6 décembre sera la journée mondiale contre le changement climatique. Les
parisiens ont prévu une « Parade climatique » (en laine polaire
j'espère ;-p) à 14h Place du Châtelet. Nous ici, on va fêter notre
prochain titre de champion du monde de CO2, pas moins !
Grâce à la « clairvoyance » de nos chers gouvernants, qui ont
refusé de signer le protocole de Kyoto, le Caillou va bientôt être doté
de trois nouvelles centrales
à charbon qui émettront bientôt la bagatelle de 36 tonnes de
dioxyde de carbone (CO2) par an et par habitant selon Ensemble Pour la
Planète (22 tonnes / an / h selon la Pravda le service communication institutionnel les
Nouvelles). Par comparaison, un ménage français a une empreinte carbone
de 16,4 tonnes de CO2 par an (contre 20 tonnes / an pour un américain). Nous ferons donc mieux que les
américains (puisqu'on vous dit qu'on est les plus forts ici, même pas peur de la
crise) ! Heureusement que la Nouvelle-Calédonie ne ressort pas bien sur cette carte, ça ferait
tâche (quoique ce sera assez raccord avec nos voisins australiens).
L'association Ensemble Pour la Planète nous invite
à fêter cette bonne nouvelle samedi 6 décembre à 9h en face de
l'immeuble du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, parking baie de la Moselle. Leurs
revendications sont :
L'application du protocole de Kyoto en Nouvelle-Calédonie
La mise en place d'une taxe CO2 sur les énergies fossiles. (Cette taxe sera
destinée à favoriser les énergies renouvelables du territoire)
Pour ma part, je n'ai pas besoin de boule de cristal pour savoir ce que fera le gouvernement :
rien. La seule source de revenu local étant le nickel, ils continueront à jouer aux
pieds nickelés. Et comme nous sommes dans une vraie république bananière,
Harold Martin ira probablement manger quelques brochettes sur le stand EPLP samedi, histoire de
prendre l'air et s'amuser un peu ;-).