Les neurones miroirs sont très connus des
scientifiques, un peu moins du public. Des milliers de références, pourtant,
à son sujet dans le moteur de recherche sur Google. Explication du langage par le copiage,
des capacités d'apprentissage des langues, tout naturellement. Et si on se lançait
aller dans des extrapolations multiples au travers de ce miroir qui serait plus adapté
à la vision d'aujourd'hui?
Que se cache-t-il derrière ces fameux neurones facétieux et narcissiques?
Wikipedia dit: "Les neurones miroirs désignent une
catégorie de neurones du cerveau qui
présentent une activité aussi bien lorsqu'un individu (humain ou animal)
exécute une action que lorsqu'il observe un autre individu (en particulier de son
espèce) exécuter la même action, d'où le terme miroir.".
L'expression vue par le côté scientifique désignerait certains acteurs
neuronaux d'un être vivant animal ou humain qui chercherait sa manière de se
conduire en la copiant sur celle qu'un comparse du même ordre.
Cette vision flash s'est creusée une entré dans sa mémoire pour ne plus en
sortir et pour être reproduite à la moindre réaction comme ce serait le cas
pour une référence. Une sorte de réflex programmé serait donc
à la base de certaines de nos actions et réactions. L'animal a toujours
cherché de prendre une action au moindre coût. C'est inclus dans ses gènes.
Les neurosciences cognitives donnent à ces neurones une capacité qui
répondrait à la vie sociale en groupe par l'imitation et l'empathie. Cette
découverte date de 1990 et est attribuée à l'équipe du chercheur
Giacomo Rizzolati, de la
faculté de médecine de Parme. Ces neurones trouveraient leur place dans le cortex
pré moteur ou dans le lobule pariétal inférieur des singes et
créerait un lien direct entre action et observation. Comme l'homme n'a
que très peu de différence avec les singes, il était normal qu'il soit aussi
sujet à cette volonté de "singer" ses semblables. Il serait même plus
évolués chez les hommes en général comparé aux autres
primates. La neurobiologues, les anthropologues s'y intéresse car les rôles de ces
neurones se retrouvent dans l'empathie et l'autisme.
Contrairement aux singes, parler est aussi programmé dans la génétique. Une
matière blanche faciliterait la communication avec l'apprentissage par imitation dans les
processus affectifs. Platon est un des premiers penseurs qui a analysé le
phénomène de l'imitation (qu'il nomme mimesis) mais n'en reste pas moins,
fort éloigné de cette interdépendance vitale entre congénères.
L'enfant, chez Piaget, ne commence qu'à imiter autrui que vers l'âge d'un an. Mais,
dans les années 1980, Meltzoff et Moore
vérifièrent ce qu'ils avaient trouvé en 1977, que mêmes des enfants
dont la moyenne d'âge était de 32 heures étaient parfaitement capables
d'apprendre par imitation.
Le gène "Fox
P2" donnerait de génération en génération le langage aux hommes.
Il y aurait une aire de Wernicke qui
serait, dans la partie gauche du cerveau (plus rapide que la droite), le domaine de la
compréhension associée à une zone de Broca qui produirait le langage.
Naturellement, on pense à l'apprentissage des langues, plus ou moins aisé, pour
trouver sa raison et son utilité.
J'introduis ici un commentaire d'un de mes lecteurs auquel j'ai répondu que j'étais
très intéressé: "Pour la société, je travaille à ce
que les mots, soient compris dans tous les langages, à faire des pontages, et à
encourager les dialogues. Je me suis donc joint à l'Institut Transcultura -
créé par Umberto Eco et
Alain Le Pichon, un
anthropologue français, dont le but est de construire des ponts, partout, dans le
monde.".
Les langues ont de plus en plus d'importance dans un monde qui s'est rétrécit avec
les contacts mondialisés. Même avec des racines de la même origine,
indo-europénnes, par exemple, l'apprentissage demande déjà beaucoup
d'investissements personnels. Dans le cas contraire, le courage et le motivation ne suffisent pas
nécessairement à faire le pas. En consultant les objectifs de cet Institut
Transcultura, c'est bien de cela qu'il s'agit. Une approche globale avec l'aide de
l'anthropologie réciproque d'après l'annonce. Cette approche devrait permettre de
créer un interface en passant par le langage des gestes si besoin avec une
méthodologie transculturelle pour rapprocher des chinois très
éloignées comme le chinois, l'indien, le malien et les langues de racines
indo-européennes.
Les langues, par l'intermédiaire de la voix, se pratiquent dans des octaves et
fréquences souvent différentes. Le français se réfugierait dans les
fréquence basses souvent limitées à 2000 Hz. D'autres langues comme le russe
plafonnerait vers les 8000 Hz. Répertoire de sons et d'octaves plus riche? Toujours est-il
que la facilité de l'approche des langues trouverait son origine dans la capacité
de capter ces sons sur une gamme étendue. Un polyglotte, déjà
intégré dans toute la gamme, aurait dès lors plus facile pour se
familiariser avec des langues supplémentaires. Par un seul phénomène
d'addition et de soustraction, il s'en suivrait un enrichissement cérébral à
moindre coût personnel pour communiquer et se faire comprendre de plus de monde. Pas
d'intelligence dans le processus. Un "copier coller" qui aurait le plus
d'élasticité en bas âge, d'ailleurs.
Pour le côté scientifique, tous ces processus seraient dont de simples copiages de
ses semblables à marier avec le passé des expériences, de l'histoire
racontée et pas nécessairement par une morale propre. Passons à la partie
pratique de tous les jours quitte à l'agrémenter par l'humour.
Le mot "singer", encore une fois, revient à l'esprit. Ce ne serait pas un mal si cette
action était précédée d'un traitement de contrôle, d'un
raisonnement avec une parfaite reconnaissance de l'aboutissement et de ce qu'implique une
décision de cet ordre. Les dangers de l'imitation existent avec intention ou non. La
justice fait une différence importante dans le cas d'un homicide avec ou sans intention de
donner la mort. Si on s'est souvent posé la question de savoir si l'exposition de l'enfant
à la violence médiatisé influence son comportement, chez l'adulte, il en est
de même. L'homme est un "animal" grégaire. Est-ce que le
téléspectateur va imiter les représentations de violence à la
télévision? On a pu constater - par exemple - que des jeux d'ordinateurs violents
n'incitent pas nécessairement à la violence. Ces jeux peuvent même avoir des
effets 'cathartiques' : au lieu de frapper la petite sÅ“ur ou le petit frère
c'est sur des ennemis virtuels que le joueur se défoule.
L'imitation n'est pas ce qui communique la violence, mais peut
générer celle-ci. Pour deux bambins, l'envie de prendre le même objet peut
générer le conflit par la frustration d'un des deux. Même chose pour les
adultes. L'imitation par l'homme pourrait être des sources de rivalité et
destruction. Un seul calcul du "pas vu, pas pris" peut rassurer de passer ou non à l'acte.
Là, on commence à toucher à l'anthropologie et à la philosophie de
même. Plus prosaïquement, il y a des phénomènes qui ressortent encore
plus insidieusement sans s'en rendre compte.
La partie "préparatoire" à la réflexion est souvent, prise en défaut,
écourtée au maximum dans le feu de l'action. On tombe, alors, sans même s'en
rendre compte, dans l'illicite sous le couvert et la protection d'un préalable et
d'habitudes. prises par d'autres ou par soi-même. Les faits du quotidien passent alors du
simple au compliqué, du banal au dangereux en se suivant et se ressemblant.
Pour réagir aux événement, combien de personnes ne se réfugient pas
derrière la constatation d'un état que l'on sait être contraire au bon droit?
Pour justifier le fait que l'on s'est garé le long d'un trottoir avec une plaque indiquant
de stationner, par exemple? Observer un jour si vous en avez le temps un trottoir vide avec
interdiction de stationner bien visible qui, tout à coup, perd de sa "virginité"
par une voiture immédiatement suivie d'une foule avec la couche protectrice de la
précédente. Du véritable pain bénit pour le policier. Il n'aura
qu'à attendre et prendre le temps de noter les infractions une à une sans avoir
à chercher bien loin pour faire sa journée.
Plus grave dans l'action de brûler les feux rouges pour suivre un utilisateur de la route
précédent. Dans ce cas, la seule différence sera, pour le contrôleur
du fait, un résultat encore plus juteux.
Dernièrement, l'expérience de Milgram de
1960, déjà apportée au cinéma dans "I comme Icare", était
réactualisée sous forme d'un jeu télévisuel appelé "Le jeu
de la mort" (sera diffusé le 17 mars sur France2). La télé
réalité devait démontrer que n'importe qui devenait un bourreau,
malgré une pédagogie anti-autoritaire, le fait de pousser l'autonomie individuelle.
comme cela a été étudié et analyser. Dans un environnement
médiatisé, les candidats perdaient, une nouvelle fois, leur personnalité et
leur sens critique. Repliés, cette fois encore, par l'autorité de
référence, bien sûr, mais aussi la mise dans un contexte particulier de la
télé de tous les jours. Celle-ci apporte encore autre chose comme conclusion
à ce qui poussent les individus à outrepasser ce qui, normalement, ils
devraient réprouver. Cet autre environnement, comme catalyseur à cette perte de
contrôle morale de soi: le public. Seul contre tous, l'examinateur? Seul, contre ou avec
tous pour copier les réactions de ses semblables. Plus seul face dans le confinement
d'une place avec une machine devant soi, mais avec un public de mèche avec les
organisateurs (opération répétée avec plusieurs candidats, cela ne
pouvait en être autrement), et qui poussait le candidat à continuer
l'expérience tout en assurant l'impunité.
Tout est affaire de neurones, avec effet miroir ou non.
Imiter son semblable au mieux de sa forme, pour en faire un adepte aux produits, "comme" tout le
monde, la pub en a très bien compris l'intérêt.
"Les neurones miroirs, une
découverte monumentale mais ignorée" comme le disait un autre rédacteur.
Dans un domaine très différent, on peut observer, à petite dose, ce que
l’on dénomme là de « Copy-Paste ».
Dans l’entreprise, ce n'est pas nécessairement une question d'expérience,
mais copier y est devenu monnaie courante et cela, à tous les niveaux, sans même
parler de plagiat. On copie pour vivre ou pour éviter de mourir, aussi. Ce n'est pas
à proprement parler de l'espionnage, cela ne fait que prolonger la vie de ce que l'on vend
ou pourrait vendre. Une obligation de ne pas réinventer la roue, aussi. Dès lors,
on copie tout: musiques, écrits, attitudes...
La presse copie sur les agences de presse, Internet, reprend le flambeau et reprend les
mêmes informations de la presse à son compte en espérant qu'une "invention",
qu'une analyse citoyenne y vienne se greffer pour compléter les idées pour les
rajeunir. Là, aussi, on retrouve des dénonciateurs, des corbeaux nouveaux styles,
qui n'ont pas d'autres véritables solution en stock pour faire ressortir l'erreur.
Aller de l’avant avec les acquis et son histoire, il n'y a pas vraiment de problème.
Rien de mauvais dans le concept. Cela fait partie de l’expérience. Évoluer,
révolutionner, c'est gagner ou, souvent, se tromper.
Le seul souci, le seul prérequis est d’assurer le lien analytique entre le
passé et ce présent éphémère qui devrait générer
au progrès global dans le futur. Est-ce profitable et réutilisable tel quel dans le
processus qui nous incombe aujourd’hui ?
La vie dans l’entreprise et très certainement ailleurs, est un jeu de Lego donc
chaque bloc doit trouver sa place dans l’édifice de la Société.
Il s’agit d’évolution comme le fait la nature mais à une échelle
de temps variable et souvent plus longue. Pour mesurer les faits, il faudrait instituer une sorte
d'échelle de Richter de toutes les secousses "humaines". La nature, si elle avait sa
technique d’évolution, n’avait pas l’intelligence qui devrait occuper
l’édifice frontal. Beaucoup plus d’erreurs sont bien sûr
l’explication du temps qu’elle a dû s’imposer pour arriver à une
situation plus ou moins stable. L’homme sera, peut-être bien, une erreur en
lui-même vis-à-vis de sa subsistance, mais cela est, certainement, un sujet
débattu de multiples fois, ailleurs.
Les Anglo-Saxons ont le pompon du changement volontaire et parfois, légèrement,
incompréhensible de ce côté de l’Atlantique. Les stratégies sont
testées toutes dans un ordre qui paraît aléatoire et il n’est pas rare
de constater une politique qui prend l’Est comme cible et qui l’année
d’après change de direction et s’en va vers l’Ouest.
« A l’Ouest rien de nouveau » n’est qu’un film et bien
loin de la réalité vraie aujourd'hui. Plus prosaïquement, on s'approche dans
ce cas, de la Loi de Gowin qui s'appuie
sur l'hypothèse selon laquelle une discussion qui dure peut amener à remplacer des
arguments par des analogies extrêmes. Cela tendrait de montrer que l'impossible
s'approcherait du possible dans un infini de plus en plus rapproché.
Prendre le temps de consolider ses acquis, on n'y pense plus vraiment pour suivre cette
évolution qui se présente comme une révolution perpétuelle dans un
temps limité. Nous arrivons parfois à de la nausée dans cette
débauches de nouveautés vraies ou fausses.
Le marketing pour des raisons commerciales imposent de trouver en permanence des solutions
futuristes pour déstabiliser la concurrence.
La philosophie s'y
intéresse.
Je le lisais très
justement : « Le système des neurones-miroirs apparaît ainsi
décisif pour l’émergence comme objet d’étude de ce terrain
d’expérience commune où s’enracine notre capacité d’agir
non seulement comme des sujets individuels, mais aussi et surtout comme des sujets sociaux. Cela
montre combien les liens qui nous unissent aux autres sont profondément enracinés
et, donc, à quel point il peut être bizarre de concevoir un moi sans un
nous.»
Copieurs ou copiés avec des neurones miroirs ou de l’autre côté de
celui-ci, cela reste certainement un choix philosophique qui résidait derrière tout
cela. Alors, une conclusion? Maudis neurones, maudis miroir?
- Montre moi comment tu es, je te dirai si j'aime te copier ou non.
L’enfoiré,
Citations:
-
"Les vices de la cour ont commencé la Révolution, les vices du peuple
l'achèveront.", Rivarol
-
"Il est impossible de prescrire, d'introduire ou d'inculquer des goûts.", Ilya
Ehrenbourg
-
"L'histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de
copies.", Alexis de Tocquevill