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Lors de la suite de la 10eme
journée de D1, mercredi, le leader montpelliérain a dominé au petit trot
Saint-Raphaël (30-26) et compte désormais trois points d'avance sur Chambéry,
qui reçoit Tremblay dimanche pour clore ce dixième acte. Succès
précieux d'Ivry à Nîmes (28-27) et match nul entre Créteil et Paris
(26-26).
Paris -- Inaugurées en mai par la visite controversée de la gouverneure
générale, Michaëlle Jean, à La Rochelle, les festivités du 400e
anniversaire de Québec en France se sont achevées hier sur un ton plus consensuel.
Pour clore la multitude d'événements qui se sont déroulés un peu
partout dans l'Hexagone, l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin et la
Délégation générale du Québec avaient un peu moins de 200
personnes au petit cinéma Le Balzac, près des Champs-Élysées. En plus
des discours habituels, les invités ont eu droit à une avant-première du
nouveau film de Robert Ménard, Le Bonheur de Pierre, une comédie un peu lourde
mettant en vedette Pierre Richard et Rémi Girard. a
href=http://www.ledevoir.com/2008/12/03/220441.htmlSuite/a
A qui appartiennent les données publiques ? Et comment faire pour les réexploiter
dès lors qu’il est interdit de s’en resservir sur des plateformes commerciales ?
La question s’est crûment posée, ces dernières semaines, à
l’occasion d’un concours lancé en Grande-Bretagne, lorsque l’on s’en
aperçu que les gagnants n’avaient pas le droit de réutiliser les données que
le gouvernement leur avait proposé de réutiliser, et donc de mettre en oeuvre les
projets pour lesquels ils avaient été primés.
Souvenez-vous,
en 2006, le quotidien britannique The Guardian lançait une campagne,
Rendez-nous les joyaux de la Couronne, et un site dédié, Free
Our Data, pour que les données publiques puissent être utilisées par les
contribuables qui les ont, in fine, payées.
En réponse, le gouvernement mettait en place une commission, la
Power of Information Taskforce, pour améliorer le partage des données, et leurs
exploitations. En 2008, il lançait également un concours, Show
Us A Better Way (Montrez-nous une meilleure voie) pour récompenser les meilleurs projets
de réutilisation des données publiques, comme
nous vous l’expliquions en septembre. .
Les organisateurs avaient pris,
comme exemples, FixMyStreet,
un service proposant aux internautes de rapporter les incivilités, dégâts,
graffitis et autres problèmes à l’échelle locale, Rate your
prison, qui permet aux familles et proches de détenus d’évaluer
l’état des prisons britanniques, FarmSubsidy,
qui tente de répertorier la répartition des subventions agricoles européennes,
ainsi qu’un outil de cartographie de la criminalité (voir
cette présentation).
Les cinq projets
récompensés (sur plus de
450 postulants) n’ont finalement rien à voir avec cette fibre sécuritaire ou
de sousveillance, préférant tenter de repondre à des problèmes plus
prosaïques.
Le premier prix
revient ainsi à un
projet de site web proposant de répertorier, à partir de son code postal, ce que
les autorités du cru proposent de recycler, ou pas, comment, et qui contacter pour cela (les
collectivités locales britanniques n’ont pas toutes les mêmes capacités et
offres de recyclage).
Les organisateurs ont par ailleurs décidé d’aider au développement
d’une interface de programmation (API) répertoriant les
travaux routiers, les
ressources juridiques libres, les projets financés par l’argent public (Where
does my money go ?), les services ciblant les “baby-boomers” (Oldienet),
les écoles
ou encore les
épaves se trouvant sur les côtes britanniques.
Quand l’administration parodie les Monty Python
Le Guardian
souligne cela dit que ces projets se confronteront à un obstacle de taille : les
données issues d’Ordnance
Survey, l’agence de cartographie britannique, ne peuvent en effet être
utilisées avec des services tels que Google Maps, pour cause de respect des licences
légales…
Les
conditions d’utilisation d’OpenSpace, l’API qu’elle a rendue publique
en phase beta, précisent ainsi qu’il est interdit d’afficher des Google Ads sur
ses données, ainsi que de créer des widgets pour Facebook, MySpace et autres sites
sociaux commerciaux.
Alors que le Guardian
ironisait sur le fait de cartographier la liste des toilettes publiques, ou encore celle de
la criminalité (une
promesse du ministère de l’intérieur), constituerait en soi un
“crime“, la polémique enflait après que le Sunday Times ait révélé qu’il était question de privatiser
les agences en charge des données publiques…
A défaut de clore la polémique, l’Ordnance Survey vient de
mettre à jour sa licence : si elle continue d’interdire la réutilisation de
ses données par des tierces parties, elles pourront par contre y mettre les leurs… ce
qui ne rassure pas pour franchement Free Our Data, qui ne voit pas non plus pourquoi la licence,
qui d’emblée a décidé de ne pas jouer la carte de
l’interopérabilité, ne pourrait pas, de nouveau, être modifiée.
La petite carte qui monte, qui monte…
Pendant que les Britanniques guerroient pour savoir s’il convient de privatiser les
données publiques pour mieux les exploiter, ou, au contraire, les libérer en tant que
“biens communs“, certains en profitent déjà pour économiser
les deniers publics, d’autre pour améliorer, bénévolement, les services
publics.
Aux Etats-Unis, le concours Apps
for Democracy (des outils pour la démocratie) a permis la réalisation de 47 mashups
en 30 jours. Le bureau des technologies du district de Washington DC, qui voulait
inciter les gens à réutiliser son catalogue
de données publiques, a calculé qu’en suivant la procédure habituelle, il
eut fallu attendre deux ans pour parvenir à un tel résultat. Signe que les
mentalités y sont moins frileuses qu’ailleurs, le concours devait initialement
s’appeler
Hack the District…
Mais le projet le plus
intéressant a sans conteste été créé, il y a quatre ans, au Royaume-Uni,
en réaction, précisément, à la licence restrictive de l’Ordnance
Survey. OpenStreetMap
(OSM) a pour objectif de dresser une carte mondiale, sous licence “libre”, et donc
librement éditable, à la manière de Wikipedia.
Fort de 75 000 contributeurs, le projet
avance à grands pas, d’autant qu’il permet également de
qualifier la carte c’est-à-dire d’y indiquer les emplacements de parkings,
de sites publics ou privés, etc. On y trouve ainsi près de 70 000 parkings, 18 000
écoles, 13 000 boîtes aux lettres, 11 000 restaurants, 7 000 cabines
téléphoniques, 6 000 points de recyclage… et quelques
centaines d’autres fonctionnalités ou projets dérivés, telle cette
cartographie des pistes
cyclables.
Last but not least, les données d’OSM seraient
aussi fiables que celles de l’Ordnance Survey pour ce qui est du territoire
britannique, et incomparablement plus pertinentes, en comparaison à Google, Microsoft
Virtual Earth ou Yahoo, pour ce qui est de la
ville de Bagdad :
La question de savoir à qui appartiennent les données publiques n’est pas
prête d’être tranchée, et soulève de nombreuses
autres questions (qui régule quoi, quid de l’infobésite géographique ?).
Il y en aura toujours pour qui Wikipedia est et sera moins fiable qu’une encyclopédie
“propriétaire“, et d’autres pour estimer que toute donnée
doit (ou peut) être rentabilisée, d’autant que celles qui sont publiques
permettent de gagner de l’argent à peu de frais (voir, par exemple, l’argumentaire
économique du prestataire de service d’Apps for Democracy, qui prétend avoir
obtenu un retour sur investissement de 4 000 %). Mais tout le monde ne
pense pas que ce type d’information peut être rentabilisée.
Mais pendant ce temps-là, de petites mains continueront à documenter OpenStreetMap,
à en développer des services, mashups, usages… Et de même que les
encyclopédies “propriétaires” se mettent toutes peu ou prou à
suivre le modèle Wikipedia, il y a fort à parier que les outils de cartographie ne
seront jamais tant utilisés, et améliorés, que s’ils sont
“libres“. Ce qui serait un juste retour des choses, pour un service public.
On notera à ce titre que le site Change.gov,
le site web participatif créé par Barack Obama au lendemain de son élection afin
de favoriser la démocratie participative, vient d’embrasser
la licence Creative Commons By, “la plus libre des licences Creative
Commons” d’après Lawrence Lessig. Ce dernier vient d’ailleurs de
lancer open-government.us
afin d’aider son administration à favoriser cette transition, et de promouvoir trois
idées fortes :
- les contenus publiés par le gouvernement doivent l’être sous licence libre
afin d’en favoriser le partage, la citation, le “remix” et la
redistribution,
- aucune barrière technologique, telle que l’impossibilité de
télécharger les vidéos postées sur Youtube, ne devrait s’y opposer,
- la diffusion de ces contenus doit rester neutre, de sorte qu’ils soient accessibles
à tout le monde en même temps, dans un format non propriétaire.
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