Autant commencer par asséner une vérité
qui n’est en rien une nouveauté et ne surprendra personne. Nous sommes tous
différents, avec nos cultures, nos valeurs, nos attentes et si on peut avoir un semblant
d’uniformité au niveau local, la diversité de notre monde nous revient en
pleine figure dès lors que, et c’est le cas de plus en plus de personne, on
évolue dans un monde globalisé.
De la même manière une idée, une tendance, un concept véhiculent
également une partie de la culture de ceux qui l’ont créé. Que
l’on parle de choses aussi diverses que le jazz, la gastronomie, la démocratie, le
basketball….ils ont traversé les frontières emprunts des valeurs de leurs
créateurs et ont, avec le temps, réussi à s’implanter en se teintant
de couleur locale, en se laissant revisiter par les locaux pour devenir acceptable au regard de
leur identité.
Une des caractéristiques de l’entreprise 2.0 est d’être fortement
empreinte de pensée positive, quelque chose qui nous est relativement étranger et
dont, même si on essaie de nous sensibiliser l’occasion pendant nos
études, on ne prend la mesure qu’en aller se frotter à des cultures
différentes, notamment nord-américaine.
Sans rentrer dans les détails disons qu’une culture qui promeut certaines valeurs,
où l’on pense toujours qu’on pourra améliorer les choses demain, que
partant de là tout doit être vu comme une opportunité, où le travail
et la réussite professionnelle sont vus comme des moyens de s’épanouir
personnellement porte en elle certains gênes qui ne sont pas neutres. Cela
génère notamment une capacité à explorer la nouveauté,
à s’engager avec les autres, qui devient intéressante lorsqu’on explore
n’importe champ inconnu, et plus encore par rapport aux sujets qui sont les notres.
Je vous renvoie à cet
article qui exprime la chose plus clairement et dont je cite toutefois un extrait :
Successful people act as though they have accomplished or are enjoying something. Soon it becomes
a reality. Successful people often find themselves in situations where risk and uncertainty is
hanging over them and if they were to take on a negative mindset then failure would rear its ugly
head. Instead high achievers embrace risk and uncertainty in difficult situations and keep a
positive outlook. Nine times out of 10 usually end up with the results that they had in mind all
along.
Positive attitude is extremely important, as it encourages individuals to approach each day, and
each problem, with a bright outlook. In a team environment, a positive attitude encourages a team
to work together with individual styles and personalities. Positive attitude is not only about
choosing to have a good outlook through good times and bad, but also about learning to love what
you do. I have observed that outstanding business people are successful because they deeply love
their work.
Quant à wikipedia, on y apprend que :
Pour le Positive Psychology Center, les vertus et forces morales mises en avant
sont : amour et travail, courage, compassion, résilience,
créativité, curiosité, integrité, connaissance de soi,
modération, contrôle de soi, sagesse/
Les valeurs collectives et idéaux sociaux sont : justice,
responsibilité, civisme, parentalité, soutien, éthique professionnelle,
leadership, esprit d’équipe au travail, projet et tolérance..
Je ne peux m’empêcher de penser que non seulement les logiques comportementales
portées par l’entreprise 2.0 se retrouvent ici dans une certaine mesure mais,
surtout, que tout ce qui touche au déploiement, à l’adoption diront certains,
repose souvent et essentiellement sur ce type de ressort.
Je ne peux pas, non plus, m’empêcher de constater que, pour dire les choses
abruptement, et bien chez nous ça n’est pas l’inverse mais presque. Pas mieux,
pas pire, mais différent. Stricte séparation entre vie personnelle et
professionnelle, le travail vu comme une contrainte et pas une source
d’épanouissement, une grande méfiance par rapport à l’entreprise
et toute tentative d’”avaler” l’individu et de trop l’enfermer dans
le groupe… Je force un peu le trait mais on en est pas loin…
Une fois ce constat fait, quelles conclusion en tirer ?
Inutile de disserter la capacité d’un certain nombre de pays à inventer ce
concept. Après tout il est là, maintenant la seule question est de
l’implémenter d’une manière intelligente (c’est à dire ne
pas “socialiser” pour le plaisir mais travailler la performance au travers de la
socialisation).
Par contre c’est au niveau méthodologique qu’il nous faut être
inventifs. Ou tout au moins lucides.
L’essentiel des “best practices” nous parvenant d’outre atlantique ont
une caractéristique : avec de la passion, en mettant ses tripes sur la table, en y
croyant, on finit par convaincre et entrainer les autres dans une dynamique collective.
Transposez le message tel quel ici et vous vous rendrez compte que construire un projet sur des
valeurs et notions telles que la passion, l’évangélisation,
l’adoption…cela ne passe pas aussi facilement. La notion même
d’adoption
peut laisser pantois au pays de Descartes de par son coté justement peu rationnel. Et on comprend pourquoi la notion
d’évangéliste ne trouve pas sa place dans nos entreprises, le mot ne faisant
pas partie du champ lexical de l’entreprise.
Cela ne veut pas dire que cela ne marche pas, cela veut dire que quelque chose de plus rationnel
et en phase avec le public à qui on s’adresse est à mettre en place. En
démarrant sur l’intérêt plus que sur la passion, sur
l’enrichissement du travail individuel avant de projeter des logiques collectives, bref en
prenant en compte qu’on a affaire à une population qui analyse, discute,
débat, contredit et argumente par nature devant toute proposition, peu importe
l’autorité dont elle émane.
Remarquez que ça n’est pas une spécificité locale. J’ai
l’exemple d’une discussion se passant dans une grande entreprise que je
nommerai….X. Des personnes en charge de
l’”évangélistation” partagent leurs bonnes pratiques. Des nord
américains d’un coté, des sud européens de l’autre. D’un
coté de l’envie, de la passion, de la conviction, une recherche forte de
l’appartenance et du collectif. De l’autre : focus sur les tâches personnelles
et prise du compte de la volonté de maitriser son engagement “social” chez les
collaborateurs. La meilleure méthode ? Match nul. Simplement chacun a un
“public” qui réagit à des stimuli différents (et la preuve
s’il en est que la culture nationale primera toujours sur la culture d’entreprise).
Alors oui, toutes ces choses fonctionneront dans des pays comme les nôtres où
l’on aime analyser et disséquer tout ce que l’entreprise nous propose pour
décider is on va jouer le jeu ou non. Ca sera plus analytique que “fun”, plus
rationnel que créatif, mais cela passera. Après tout le pays qui a donné
naissance à Descartes et inspiré les rationalistes du 17e siècle ne peut se
renier.
Nous disions donc que le besoin de
sens et d’alignement….je vous laisse finir la phrase.
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