Article publié le 13/03/2010
Depuis une dizaine d'années, Google étend ses tentacules dans tous les domaines de
l'informatique. Tout a commencé avec un moteur de recherche, puis les services se sont
multipliés : hébergement de vidéos, d'images, e-mail, cartographie du monde,
actualités, édition de documents en ligne, chat, réseau social, navigateur
et maintenant systèmes d'exploitation (Android pour smartphones et bientôt Chrome
OS). Si des alternatives viables existent pour tous ces domaines, le moteur de recherche reste,
de loin, le
plus utilisé. Fautes d'alternatives ? Pas sûr...
Avant de commencer, une question s'impose : pourquoi se passer de Google si il fonctionne
très bien ? Tout est question de monopole et de contrôle de l'information. A l'heure
actuelle, 85 % des recherches se fait via Google. Il ne faut pas chercher loin avant d'entrevoir
les dérives que cela peut entraîner : si Google supprime une page de ses
résultats, celle-ci disparaît aux yeux de 85 % de la population. Ceci constitue un
contrôle potentiel de l'information suffisamment dangereux pour remettre en cause le
monopole du géant de Mountain View.
Les autres poids lourds
En concurrence directe avec Google, plusieurs essayent de se faire un nom sur le marché.
Tout d'abord, Yahoo, qui essaie tant bien que mal
d'empiéter sur les plates-bandes de Google. Yahoo propose un package assez complet :
moteur de recherche assez performant, e-mail, actualités, hébergement d'images...
Le concurrent direct, mais avec un gros point faible : Yahoo ne propose rien de bien original
face au géant.
Récemment, Microsoft a laissé tombé son MSN search totalement ignoré
de tous par Bing, étroitement lié aux services
déjà existants comme Hotmail. Là encore, rien de nouveau sous le soleil qui
mérite l'attention...
Parmi les autres concurrents, Exalead a, pendant un
temps, attiré l'attention de par ses innovations technologiques, mais le succès n'a
jamais été au rendez-vous.
Le seul intérêt de ces moteurs est de présenter leurs résultats dans
un ordre différent de celui de Google, ce qui est déjà un avantage.
Les moteurs « caritatifs »
Basés sur les moteurs de recherche cités ci-dessus, ces moteurs ont pour but
d'aider des associations grâce aux bénéfices générés par
la publicité. Hooseek, Doona, Veosearch ou encore
Ecosia permettent de sélectionner des associations qui
recevront une certaine somme à chacune de vos utilisations.
A noter, un gros point noir : il est souvent nécessaire de créer un compte de
manière à « choisir les associations qui seront rétribuées
». Il faut être conscient que cela signifie la création d'un profil
utilisateur qui en dira long sur vos centres d'intérêt.
Les moteurs qui préservent l'anonymat
La politique de traitement des données utilisateurs de Google a déjà
été pointée du doigt : grâce à l'utilisation de cookies ou d'un
compte iGoogle, le géant peut dresser un profil de chaque utilisateur et, entre autres,
proposer de la publicité ciblée.
C'est dans un esprit totalement opposé que des moteurs respectueux de la vie privée
sont apparus. Tout d'abord, Ixquick, qui non seulement
propose une version sécurisée de son moteur de recherche (https), mais ne conserve
aucuns adresse IP (ce qui est certifié par de jolis logos dont je n'ai aucune idée
de la validité réelle). Ixquick agit également comme un méta-moteur :
il consulte plusieurs moteurs de recherche et compile les résultats.
Ensuite, Yauba, qui dans le même esprit ne conserve
aucune trace des utilisateurs. Yauba possède également un avantage
intéressant, celui de compiler les résultats de recherche par source : sites web,
blogs, actualités, vidéos. Finalement, il intègre un proxy qui permet de
visiter anonymement les résultats de recherche.
Notez qu'au niveau anonymat, le fait d'avoir une adresse IP dynamique et d'effacer les cookies
à chaque session (sélectionner « Conserver les cookies jusqu'à la
fermeture de Firefox », dans l'onglet « Vie privée » de Firefox) permet
déjà un anonymat relatif, ou du moins évite de créer un profil
utilisateur dans n'importe quel moteur de recherche. A moins de faire des recherches sur des
sujets pas très nets, c'est souvent largement suffisant.
Les moteurs P2P
Pour aller plus loin dans la décentralisation des recherches, il existes des moteurs de
recherche fonctionnant sur le principe du P2P. Ceci permet d'échapper à
toute forme de filtrage éventuel.
YaCy (sous licence GPL) est un moteur de recherche fonctionnant
sur ce principe : chaque personne installe son client, et la recherche va se faire en
interrogeant les autres clients connectés. Il dispose également de son propre
« web crawler », c'est-à-dire qu'il peut indexer des liens à partir
d'un page de référence. Je dois avouer que je n'ai pas été vraiment
convaincu... Il semble que la recherche ne tienne pas compte de la langue, et du coup on se
retrouve avec des résultats plutôt inexploitables. Je m'y suis peut-être mal
pris, remarquez...
À mi-chemin entre le moteur P2P est le méta-moteur, Seeks est un moteur de recherche libre (AGPL) dont le but
est de garder en cache les recherches d'un groupe de personne ayant les mêmes centres
d'intérêt. En pratique, on l'installe sur un serveur, et à chaque
requête Seeks va (i) chercher dans son cache les éventuelles recherches similaires
et (ii) rapatrier les résultats des grands moteurs de recherche (Google, Yahoo, Bing et
Cuil). Il dispose également d'une option de « clustering », qui est
censée regrouper les résultats selon leur contenu (et ainsi les classer selon les
homonymies). Le projet est encore un peu jeune et pas exempt de bugs, mais je dois avouer que je
suis fan. A terme, Seeks permettra aux utilisateurs de classer les résultats, et les
noeuds Seeks pourront communiquer pour partager leur index.
Des nœuds
publics ont été mis en place, notamment sur le site principal ainsi qu'un autre accessible en connexion
sécurisée. Pour ajouter Seeks dans la barre de recherche Firefox, copiez ce fichier dans le
dossier ~/.mozilla/firefox/xxxxxxxx.default/searchplugins (créez searchplugins si
nécessaire). Il n'est, pour le moment, pas possible de faire une recherche d'images via
Seeks.
Dans le prochain article, nous verrons comment installer son propre nœud Seeks.
Billet original de Marty.Votez pour cet article sur le Planet Libre.