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S’il y a bien un secteur où Shure a perdu de sa superbe,
c’est celui de l’entrée de gamme. Le problème n’est pas que leurs
écouteurs soient moins bons qu’avant, mais tout simplement que la concurrence a
explosé, et propose d’excellent produit dès la cinquantaine d’euros. Le
haut de gamme est toujours, à défaut d’être forcément meilleur,
considéré comme une valeur sure.
On est ainsi en droit d’avoir des craintes pour ce modèle SE115m+
proposé autour de 130 euros, qui est la version kit mains-libres et
télécommande Apple du SE115, disponible à présent autours de 70-80
euros en moyenne. Mais avant porter un jugement autant le tester, car nous n’en avons pas
eu l’occasion avec le SE115 dans le passé. Naufrage ou retour en grâce ?
Réponse dans notre test !
En effet, Mozilla met le pied au plancher pour améliorer Firefox à courte
échéance, en se focalisant sur deux points : performance et
stabilité. Un certain nombre d'initiatives sont en cours à ce
titre, et la version 3.7 Alpha 2 le démontre à travers ses notes de version.
Le progrès le plus important en terme de stabilité tient au
"Out of Process Plug-ins", autrement le fait que les plug-ins (dont Flash)
— qui sont probablement la source la plus importante d'instabilité de
Firefox — sont maintenant dans un processus séparés.
Bénéfice concret pour l'utilisateur : en cas de plantage d'un plug-in
(vidéo ou animation Flash), votre Firefox ne plante plus.
OCZ présente sa nouvelle série de SSD 2.5 pouces baptisée Onyx qui cible
l’entrée de gamme. Le SSD OCZ Onyx, pour l’instant annoncé en version 32
Go, fonctionne au format SATA II (3 Gb/s), intègre des puces mémoire flash NAND MLC
(Multi-Level Cell) et se destine principalement aux Netbooks et PC portables. Doté
d’une mémoire cache de [...]
Franchement, au départ, ce
n'était pas gagné. Auteurs, à quelques semaines d'intervalles, de deux albums
précieux et déjà largement défendus ici, JP Nataf ("Clair") et Arnaud
Fleurent-Didier ("La Reproduction") avaient, en ce début 2010, des plannings compliqués
à croiser. Mais la Blogo a insisté, et a finalement réuni les deux artistes le 4
mars dernier dans un studio du XXe arrondissement de Paris. Pas pour un duo : pour un entretien
croisé. A nos yeux (à nos oreilles ?), ces deux univers esthétiques a priori
éloignés défendaient, sûrement inconsciemment, une cause commune : faire
''sonner'' le français dans des morceaux de pop music. Nous considérons que les
auteurs-compositeurs à avoir gagné ce combat-là appartiennent à l'élite
resserrée de la nation. Qu'entendre des chansons si réussies dans la langue de Gainsbourg
et Brassens constitue encore un privilège rare. Entre la poésie de Nataf ("Dieu dis lui
toi qu'elle me nuit tant elle luit, tant elle lui sourit") et le parlé-chanté de
Fleurent-Didier ("C'est vrai, ne nous voilons pas la face, c'est trop salé, c'est
dégueulasse"), il y a ce fil rouge : un besoin viscéral de s'approprier la musique des
mots. Vous trouverez dans cette conversation des discussions de garagiste sur la technique
d'écriture et la façon dont les chansons viennent, des échanges sincères et
tranchés sur leur sensibilité artistique, des réflexions touchantes sur l'essence
même de leur démarche et la place de la musique dans leur vie. Ceci est un grand
débat sur l'identité musicale. Sans débordement, sinon dans le nombre de signes,
désolé.
(Reportage photographique : Bertrand Degove) JP Nataf est en concert à La Cigale
à Paris le 15 mars et à Bruxelles le 17, Arnaud Fleurent-Didier
jouera à Rouen le 3 avril, à Rennes le 8 et sera au Printemps de Bourges le 17.
JPN : Le français n'a pas tous les atouts, de prime abord, pour être
une langue dont tu fais un instrument de musique. Il y a beaucoup de consonnes. Pas d'accent
tonique. Avec ses « cre », ses « tre », ses « fre », ce n'est pas
très chantant. Quand on le parle, ce n'est pas très excitant à écouter par
rapport à d'autres langues latines. Maintenant, c'est notre langue... J'ai surtout
l'impression que si tu prends tous les trucs réussis dans la chanson française, les
étalons, Brel, Brassens, Ferré, tout ça, ce sont des gens qui étaient d'abord
de très bons musiciens et arrangeurs. Ce qui peut donner l'impression que la langue n'est
pas très bien servie en ce moment, c'est qu'il y a de moins en moins de musiciens dans les
gens qu'on entend. Il y en a : Delerm, Barbara Carlotti, etc. Mais l'époque est plus au story telling.
On préfère un mec qui a truc à raconter et auquel on s'attache. Après, il
peut faire du ping-pong, un disque, un film : OK, on aime bien le mec. C'est la place des
musiciens qui s'est un peu diluée. Ça n'embête pas les gens d'écouter,
à la radio, des morceaux avec deux accords, toujours le même arrangement... Et les gens
rachètent tous l'intégrale des Beatles.
AFD : Moi j'ai un problème avec la chanson française : je ne
suis pas sûr d'aimer ça. Mais je ne sais pas faire autre chose... Je suis assez d'accord
avec JP. C'est très facile de raconter quelque chose en français. Très simple : tu
prends une forte personnalité, une belle voix, quelque chose à dire de rigolo, et ça
fait un beau morceau. Mais ce ne sera pas nécessairement musical. Moi je suis attaché
à la chanson quand elle provoque des émotions. Je n'ai pas ce rapport-là avec la
chanson anglo-saxonne. Je peux trouver ça stylé, ça me fera taper du pied, mais
ça ne me procurera pas la même émotion qu'une chanson française, italienne,
brésilienne... Je distingue plus la chanson anglo-saxonne et la chanson latine.
Écrire en français est-il pour vous une évidence absolue ? Ou pourriez-vous
vous exprimer en musique avec des instrumentaux, de l'anglais, ou que sais-je ? AFD : Quand il s'agit de poser ma voix, c'est du français. Les chansons
viennent la plupart du temps avec le texte et la musique en même temps. D'autres fois, ce sont
des stocks d'instrumentaux sur lesquels je mets des bouts de cahier. Ça ne peut se
faire qu'en français. J'ai toujours cette envie de mini-sincérité, de
mini-vérité. Même si ce n'est pas un gage de bon morceau, il faudra que ce soit en
français. Je n'ai jamais eu l'idée de m'exprimer différemment.
JPN : Moi c'est pareil. Quand j'ai commencé, le rock français
n'existait pas. Il y avait Little Bob, Téléphone mais rien qui donne envie de relever
ce gant-là. Effectivement, j'avais pas mal de groupes de copains fans de rock 60's, de
vraies chapelles, pour lesquels il était naturel de chanter en anglais. Moi j'avais
l'impression d'être un magma d'influences qui partaient dans tous les sens. Quand j'avais
quinze ans, ce que j'écoutais était à 95% anglo-saxon, mais ce qui me touchait,
c'était ce quelque chose de sincère que je ne comprenais pas par le sens, mais par
l'interprétation. Si quelque chose de gracieux vient me chercher dans ce qu'exprime
le type-là, Joe Strummer par exemple, s'il a l'air de jouer sa vie, pour exprimer ça,
sa tristesse, sa joie, il n'y a que sa propre langue. Il n'y a qu'en français que je sais
choisir le mot qui convient, avec tout ce que ça implique derrière. S'il me manque deux
syllabes, j'ai un choix vaste comme c'est pas possible. Et choisir un mot est un acte qui
m'engage vraiment, c'est peut-être le moment où je m'engage le plus. Je ne me vois pas
faire ça en anglais, à moins d'avoir grandi aux États-Unis et lu les bouquins.
Quand on écrit une phrase, il y a des dominos derrière. On sait d'où ça
vient. On sait pourquoi on l'a dit comme ça. Quelqu'un l'avait peut-être déjà
dit avant et on avait bien aimé, donc on ne le dira pas pareil. Ou quelqu'un l'a dit
très très mal. Je suis autant influencé par les trucs que je trouve affreux que
pas les trucs que j'adore. Ce sont des choix, des bifurcations. J'aimerais sonner comme les
Supremes mais c'est difficile. Je sais en revanche quand je n'ai pas envie de sonner comme Mickey
3D ou Miossec. Ça ne veut pas dire que je ne les aime pas, mais ce n'est pas assez de
la musique pour moi. J'ai vu des concerts de Miossec. Je me suis dit : « Oh, il y a un
vrai personnage ». Mais je serais incapable d'apprendre une de ses chansons à la
guitare pour mon plaisir alors que je peux le faire avec une chanson de Joe Dassin.
AFD : On en revient au rapport amour-haine avec la chanson française, c'est
hyper délicat.
Cette langue, que vous manipulez, vous diriez que c'est un outil qui vous sert à
faire passer des émotions essentiellement musicales, ou – si on emploie
les grands mots – diriez-vous que vous ressentez un véritable amour de la
langue, de sa littérature, etc ?
AFD : Pour moi, le français est la langue de la littérature.
L'allemand, la langue de la philo. L'anglais, celle de la musique peut-être. Pour des
conneries de clichés.
JPN : J'utilise le français au-delà de mon rapport à la
littérature. La littérature est un volet que je peux ouvrir ou fermer mais il n'est pas
plus important que le cinéma, la langue orale, la langue des journalistes, la langue des pubs
de quand j'étais petit, des chansons qu'on aime ou pas, des commentateurs de foot, des mots
croisés. La langue dans ce qu'elle a d'usuel m'intéresse. La langue littéraire, non.
Quand j'ai des paroles, je vois des images, de tel ou tel réalisateur. J'utilise des mots qui
me renvoient à de la poésie peut-être, mais pas à Balzac. À cause de la
culture des grands auteurs, il y a trop de déférence au français. Pour pas mal de
gens, il y a une seule manière de raconter une histoire dans une chanson de 3 minutes 30, avec
un personnage éclairé toujours de la même façon, un début, une fin...
AFD : C'est mon cas, je suis prisonnier de ça : la narrativité.
JPN : Oui mais tu le sublimes d'une certaine manière. Avec Arnaud, on voit
où on est : quelqu'un va raconter quelque chose. Et ça se nuance avec tous les moments
de grâce musicaux qui arrivent, les contrepoints, les changements de registre. Ce n'est pas
une litanie où Arnaud Fleurent-Didier chante ses états d'âme. Il y a des
chÅ“urs, des cordes, plein de choses qui nous amènent ici ou là. J'entends
moins de littérature dans ce que tu fais que du cinéma, clairement. Tes chansons sont
des films, que j'aime plus ou moins, mais j'ai la même sensation qu'au cinéma.
AFD : Et avec tes morceaux ?
JPN : Pas forcément, ou alors ce sera un autre cinéma. Mais oui, il y
a quelque chose de pictural ou même de théâtral, puisque je convoque un personnage
pour venir chanter mes mélodies.
AFD : Tu les mets en image facilement ?
JPN : Souvent, je commence à écrire, je découvre que je suis
quelqu'un, et je me rends compte c'est mon ex-femme, mon père... Alors j'assume ce
personnage. Il n'y a pas du tout de tentation auteuriste. Je parlais avec Delerm il y a quelques
mois. Il me disait : « Je m'y remets, là. Je suis à la maison, je tourne en
rond et je cherche des sujets de chanson. » « Ah oui, comment ? ». « Je
traîne, j'écoute la radio... » Moi, quand je cherche des trucs, je suis
forcément sur ma guitare. En période de composition, j'ai ma guitare, je ne peux pas
regarder la télé ou écouter la radio en même temps. Je cherche, et c'est la
chanson qui vient me chercher. Chez toi, le fil est plus narratif. C'est Arnaud qui prend la
parole avec la volonté de sincérité dont tu parlais tout à l'heure. Il n'y a
pas de ronds de jambe.
Et c'est aussi une écriture plus « orale »...
AFD : Oui mais ça peut avoir un rapport avec la littérature
aussi. Pour moi, la littérature va loin. En ce moment je suis très amoureux de
Céline, et c'est ça : beaucoup de parlé chanté.
Céline n'enregistrait pas d'albums...
AFD : Il a chanté !
JPN : Il a chanté ?
AFD : Tu peux le trouver, peut-être sur Youtube. Bon c'est pas terrible...
(sourires)
JPN : La littérature peut me rester comme une scansion : juste une phrase
d'un poème. J'adore le théâtre de Lagarce par exemple.
AFD : Et ça t'influence dans tes chansons ?
JPN : Oui, mais il faut que ça passe par l'oral à un moment. Il faut
que je l'aie entendue. Si je lis un texte, un beau texte, une langue très bien écrite,
c'est un très bel exercice, je m'abandonne à cette chose mais je ne vais rien en
retirer. Mais la langue dite, une poésie, à pleine voix, les allitérations, les
sons, ça peut rester pour une chanson...
AFD : J'ai eu le même truc sur le texte de Perec : Un homme qui
dort. C'est parce que je l'ai entendu à la radio que j'ai réussi à terminer
"France Culture". J'avais fait cette chanson, mais elle était bizarre. Et quand j'ai entendu
la voix de Ludmila Mikaël, ça m'a rassuré. Dans le film, que j'ai fait passer au
MK2 Quai-de-Seine récemment, elle interprète ce texte, elle le lit, avec un phrasé
très neutre. Je me suis dit : « Waouw, c'est trop mon projet ». J'ai
même piqué des mots, des citations. C'est parce que j'ai entendu cette façon
hypnotique de réciter ça que ça m'a donné envie de musique là-dessus.
La première version de "France Culture" n'était pas mélodique, je le
déclamais déjà. Mais je n'étais pas sûr de moi et j'ai mis du temps
à organiser de vagues couplets refrains, pour que ça rentre dans les cases. Quand j'ai
découvert l'oralité du texte de Perec, j'ai fini le morceau en dix minutes.
C'était rassurant, plus qu'inspirant. J'ai lu le texte de Perec après. C'est
fantastique, c'est une source d'inspiration pour beaucoup de gens. Mais il faut vraiment entendre
Sami Frey interpréter Je me souviens, ou Ludmila Mikaël faire sonner ces mots
pour en retirer une influence.
JPN : Pour moi, ce qui définit le style d'un écrivain, c'est qu'il
s'adresse à l'inconscient, aux tripes, qu'il inspire des images. Ça peut se
faire par la musique des mots. Je suis plus sensible à la littérature qui donne des
couleurs, des impressions. J'ai le même rapport avec mes chansons : je propose quelque chose
d'un peu flou et les gens vont se l'accaparer par la droite ou la gauche.
AFD : Pas Balzac, pas un cadre...
JPN : C'est un autre voyage pour moi. Chez certains auteurs qui ne font pas de
poésie, la poésie est là quand même. Si on joue avec les mots, les phrases,
la longueur des phrases, on est dans le rythme, on est dans la musique.
Autre chose sur la « musique des mots » : l'un et l'autre, me
semble-t-il, vous aimez développer une chanson sur une idée phonétique. L'exemple
le plus frappant, c'est "Rock Critic", d'Arnaud. À l'écouter, on se dit que c'est
forcément un jeu, cette chanson où « Magic », « Inrocks »,
« artistique », « Rock critic » se répondent. Aurais-tu
raconté cette histoire sans ce point de départ purement phonétique ?
AFD : C'est le mélange des deux.
JPN : Si on joue de la musique, ils est hors de question de ne pas s'amuser avec
les mots aussi. On joue. Une chanson est un triple dialogue à l'intérieur de soi. Il y a
d'abord un type qui trouve un rythme à la guitare. Ensuite il appelle le chanteur, qui
essaie de chanter sur ces accords. Il a ses réflexions : « Ah, mais c'est bien mais
trop bas pour moi ». OK... Et si ensuite ça ressemble à une chanson, les deux
types disent à l'auteur : « Eh, radine toi, ponds-nous un truc ».
L'auteur vient en troisième. Et lui, il est chiant : « Pas si vite, j'ai besoin de
temps. »
AFD : « Je suis en vacances ! »
JPN : Je commence souvent la chanson en yaourt. Dès que je passe au
français, on bascule très très vite dans autre chose. En français, on ne se
permet pas d'écrire les choses comme les Beatles ou Prince. L'auteur, il arrive avec tout
son bagage, en disant : « Ah oui mais attention, j'ai lu tout ça... »
D'un coup, il y a une exigence de ne pas dire les choses lourdement, de trouver une certaine
grâce. Ça devient un truc très important. On ne se sent pas autorisé
à écrire un truc tout pourri même si ça sonne.
AFD : Tu n'as jamais fait un truc : « Ça sonne, c'est
rigolo, je garde ? »
JPN : Oh, ça vient mais cela a été longtemps une lutte terrible.
J'ai eu des premiers jets que je ré-auscultais pendant des mois jusqu'à ce que
quelqu'un me dise que le point de départ était très bien. On ne se donne pas trop
cette liberté-là, c'est vrai. Catherine Ringer le fait très bien. "C'est comme
ça" est un tube imparable. Le texte est imbittable du début à la fin et pourtant
on attrape des tonnes de phrases jouissives. Ça suffit pour faire une chanson pop.
Et sur la question initiale, sur l'idée que le jeu de mots, le signifiant, est au
moins aussi important que le signifié ?
AFD : Je suis assez d'accord sur le constat. Complétement, même. Mais
je ne peux pas dire que c'est aussi important, sinon je suis foutu puisque j'ai fait "France
Culture" et que ce n'est pas ça du tout. Une bonne chanson – c'est Brel
qui disait ça – c'est une bonne idée de musique, une bonne idée
de texte, et une idée qu'on n'attendait pas. Je trouve ça pas mal. En tout cas, quand
je fais des chansons, c'est ce qui se passe, c'est que je me suis surpris. Une bonne idée de
texte peut être dans la phonétique, c'est généralement bon signe. Mais il
faut aussi le sens, le propos.
JPN : Il y a un point d'équilibre
à trouver où on n'est frustré ni par la musique ni par le texte. Il n'y a pas
besoin d'une richesse phonétique parfaite si la musique dit déjà
énormément de choses. Quand on travaille, on est dans un rapport. On ne veut pas que le
texte et la musique et le reste soient le mieux possible. On veut que la chanson soit le mieux
possible. Parfois, un texte qui swingue trop va gêner car la guitare dit déjà tous
ces trucs. Ce sont les oreilles qui ont le final cut. "Plus de sucre" a été
enregistrée live dans cette pièce. Je venais avec un brouillon de chanson le matin, on
se donnait la journée pour la finir. C'était mon premier album, je marchais sur des
Å“ufs. Puis très vite, au bout de quatre ou cinq jours, les musiciens se sont mis
à me dire : « Mais ce que tu chantais, là, la première fois, c'était
bien ». Ils ne savaient pas de quoi je parlais, mais ils avaient chopé un truc ou
deux et l'attendaient. Moi : « Oui, j'ai changé, c'était too much. »
« Mais non c'était beau. » Et ils étaient tous d'accord.
AFD : Une bonne expérience ?
JPN : Oui, elle m'a décomplexé sur le fait d'aller vite. Depuis, je
change le texte au fur et à mesure jusqu'à l'enregistrement. Si je bute sur le
même mot pendant trois prises, je le change au dernier moment. Ça modifie un peu
le sens, mais...
Le français mis en musique se prête particulièrement bien au talk over. On
pense à Gainsbourg, ou à d'autres comme Arnaud, au hasard... Comment mesure-t-on que ce
texte sera clamé en talk over et que tel autre mérite une mélodie ?
AFD : Je fonctionne un peu pareil que JP, sauf que je travaille davantage seul.
Je suis devant un micro, je tente des trucs. Et la question ne se pose pas. Le texte n'est pas
écrit noir sur blanc pour une mélodie ou pour un talk over. Il y a beaucoup trop de
parlé sur ce disque, OK désolé, c'est un défaut. Mais j'aime bien, ça
fonctionne, c'est une facilité. Il y a des chÅ“urs, un changement de registre qui
me procure une émotion. "France Culture", qui est seulement parlée, est vaguement
chantée à un moment : « On m'a pas donné de coup, on m'a sans doute
aimé beaucoup. » C'est venu d'un trait. Si j'avais réfléchi, cela aurait
été trop compliqué. Quand je la chante en live, si je ne suis pas dans le bon
mood, si je veux faire sonner les blagues du texte, c'est nul. Si je me dis : « reste
down », ce n'est pas bon non plus. C'est venu comme ça. Je ne sais pas pourquoi.
Mais je le garde.
Si on regarde vos livrets de loin, on se rend compte que les textes sont longs : les
phrases sont longues, il y a beaucoup de couplets... Il y a une exception chez chacun de vous :
"Clair" pour JP et "Mai 68" pour Arnaud. Le français a-t-il une mécanique qui appelle
des phrases longues ?
JPN : Chez moi, c'est un défaut de chanteur. J'aime bien chanter. Mes
musiciens me reprochent de sauter des mesures. Mais c'est comme ça : je m'emmerde, je
chante... J'aime le fait d'être un instrument. Un moment important, pour moi consiste à
déterminer la hauteur à laquelle je vais chanter. Avant "Ovale lune", sur le premier
album, je n'avais jamais chanté aussi grave. Je faisais plein de maquettes comme ça du
temps des Inno mais on ne gardait pas. Ce n'était pas le registre.
Or, chanter si grave, c'est venu par hasard. La musique était venue au piano, la
mélodie était trop grave pour moi mais je ne sais pas transposer. Alors ça a
inspiré à l'auteur un personnage sombre. Le cadre, c'est la première fulgurance, le
moment magique où la chanson arrive. La difficulté du métier, selon moi, est de ne
pas abîmer ça. Si on a un magnéto sur soi, c'est génial. L'enjeu, c'est de
valider cette émotion-là. Est-ce que je la travaille ou pas ? Il faut être vigilant
tout le temps. Discuter avec la chanson. « Mais qu'est ce qu'elle me demande ? »
C'est comme un bébé : « Mais qu'est-ce qu'il veut me dire ? Il a faim, pas faim
? » Sur le dernier album, on a publié tout simplement des maquettes. "Monkey" a
été enregistrée ici en quatre heures, sans me poser de questions. J'ai passé
trois ans à me dire : « ça, je le referai ». On a tout refait, et
finalement on est revenu à la maquette. Techniquement, il y avait du souffle. On en a
rajouté pour que ça tienne debout. Ce moment-là, ce n'est pas possible de
l'expliquer, et je n'en ai pas envie car ça me tient en vie.
AFD : C'est très juste.
J'allais vous demander si vous aviez des anecdotes croustillantes à raconter sur ces
textes que vous avez passé des heures à faire rentrer dans la musique, mais à vous
écouter...
JPN : Je ne me sens pas concerné. Je ne l'ai fait que pour les autres. Chez
moi, c'est la musique d'abord. Je n'ai jamais écrit de texte, je ne suis pas auteur, je n'ai
absolument rien à dire.
AFD :(Rires) C'est bon ça. Attention, ça il va le mettre en
exergue !
Et toi Arnaud, qui mets en musique des scènes, des choses plus identifiables dans le
récit ?
AFD : À part "France Culture", où j'avais des pages de cahier, ce
n'est pas écrit au départ. Pour "France Culture", il fallait chercher la musique qui
irait avec. J'en avais. Mais ce n'est pas vraiment une chanson. Moi, c'est plutôt des stocks
de musique, et des envies de mots qui viennent ou pas.
Si je vous demande de me parler de grandes références, sur la mise en musique
du français, vous auriez envie de me parler de qui ?
AFD : Moi je veux bien parler de quelqu'un que je n'aime pas trop mais qui fait
bien sonner le français : Gainsbourg. Je ne suis pas passionné par ce qu'il fait, je ne
réécoute jamais. Mais quand j'entends le truc je me dis : « ah ouais, ça
sonne ». Mais ce n'est pas ma passion. Je préfère JP Nataf. Ce que Gainsbourg
s'emploie à faire comme un malade, faire sonner le français, au final ça ne
m'intéresse pas des masses.
JPN : Chez moi , avec Gainsbourg, l'émotion est purement musicale. Le
placement d'une syllabe, le jeu sur les onomatopées. "Comic Strip" est du très
très haut de gamme sur la façon de rendre le français musical. Je suis très
admiratif du côté malin de la chose. Mais ce que ça véhicule ne me touche pas
non plus de façon dingue, ça ne me remonte pas en tête dans des situations de la
vie. Ceux qui me touchent, moi, ce sont Brassens, Dick Annegarn, Mathieu Boogaerts.
Ça, ça me parcourt l'échine. Même des trucs que j'ai écoutés
2000 fois, comme "Sacré géranium", "Pauvre Martin", ou l'album Michel. Il y a
tout : une exigence musicale phénoménale, un naturel dans le swing, des mélodies
qu'on n'attrape pas par paquet de six, un rapport à l'instrument, un dialogue. Ce sont des
choses qui me bouleversent, l'exemple de ce que je voudrais à peine approcher. Leur musique
est une boule. Tout se tient et on ne se pose(...)
Le HTC Desire, smartphone Android haut de gamme présenté il y a quelques semaines au
Mobile World Congress, s'apprête à débarquer en France. Détails de
l'offre exclusive Orange.
Zalman vient d'officialiser son nouveau ventirad GPU d'entrée de gamme, le VF770. Il prendra
la suite du vieillissant VF-700, qui a maintenant plus de deux ans. Ce nouveau dispositif dispose
d'une base en aluminium à la finition miroir, et d'ailettes en Aluminium de 0.4 mm
d'épaisseur. Il mesure 150 x 85 x 31 mm et ne pèse que 160 grs.
Après avoir complété sa gamme en apportant successivement des processeurs
quadruples cores à prix un peu plus bas, et des processeurs double cœurs avec
graphique intégré, Intel s'intéresse de nouveau au très haut de gamme
avec le premier processeur 6 cœurs, gravé en prime en 32 nanomètres.
Selon le site ZDNet, les Mac
Pro devraient recevoir leur mise à jour annuelle mardi prochain, le 16 mars. Les nouvelles
tours devraient intégrer des Core i7-980X, des processeurs très haut de gamme tout
juste présentés par Intel, équipés de 6 cœurs tournant à
3,33 GHz (avec un TurboBoost à 3,6 GHz). Ainsi, le prochain fleuron d'Apple devrait
être équipé de 12 cœurs.
Bien que le site n'ait pas d'information sur les futurs MacBook Pro, ne pas annoncer leur
révision tout en mettant à jour les Mac Pro serait une catastrophe pour l'image
d'Apple, qui a déjà beaucoup de retard par rapport à sa concurrence. Toutes
les autres machines sont d'ailleurs susceptibles d'être revues, même si certaines,
comme le Mac mini, devraient rester au catalogue un peu plus longtemps.
L'Apple Store américain fermera ses portes demain, vendredi 12 mars, pour
la mise en vente de l'iPad. Afin de ne pas brouiller son message publicitaire, Apple ne devrait
logiquement pas faire d'autre annonce à ce moment-là.
Depuis hier, de nombreuses rumeurs sont apparues pour un renouvellement potentiel des Mac Pro chez
Apple. Ces machines sont particulières pour la pomme puisqu'elles représentent le
haut de gamme de la firme.
Après 59Hardware (cf.
cette news), c'est au tour de Clubic de nous donner son avis sur le nouveau processeur phare de
chez Intel : le Core i7 980X. Premier modèle à 6 coeurs de la marque, celui-ci
propose entre autres la gravure en 32nm, une première dans le segment du haut de gamme chez
Intel. Mais que vaut-il en pratique ?
Intel profite du mois de mars, et donc de l'arrivée du printemps, pour faire éclore
un nouveau bourgeon dans sa gamme de micro-processeurs. Et pas n'importe lequel puisque le
processeur qui nous intéresse aujourd'hui est une nouvelle référence haut de
gamme dans la lignée des Core i7 Extreme Edition. Alors que la gamme Core i7 a largement
évoluée ses derniers mois avec l'arrivée des Lynnfield puis la sortie des Core
i3 et Core i5 grâce aux processeurs Clarkdale, Intel avait quelque peu laissé de
côté le haut de gamme. Accéder au
dossier
Alcatel se positionne désormais sur l'entrée de gamme comme nous le montre l'exemple
One Touch Chrome, un terminal design proposé à moins de 100 euros, sans engagement.
Détails.
La caméra Flip est conçu pour les néophytes qui veulent s'aventurer dans le
monde de l'enregistrement vidéo numérique, et selon la rumeur, Cisco lancera une
nouvelle caméra Flip, mais les spécifications ne sont pas connues. On aimerait voir
plus de nouvelles fonctionnalités dans la gamme Flip, car c'est un peu trop basique,
même pour un appareil entrée de gamme.
Allez ! On aura suffisamment teasé comme ça : après le comparo avec le P3 et celui avec le S9 de Cowon, vous aurez enfin droit ce soir au
test complet (plus que complet !) du Samsung M1 !
A première vue le M1 inaugure une nouvelle gamme de baladeurs. Pourtant dans les faits, ce
n’est ni plus ni moins le successeur du P3 et du P2. Il aurait pu s’appeler P4 si
vous préférez. Mais le nommer M1 permet de donner un air de nouveauté et
surtout, de continuer à vendre le P3 en parallèle. Un peu comme pour les Q2 et
R’PLAY, ce qui n’aurait pas été possible s’il s’appelait
P4. Cela clarifié, il est temps de voir ce qu’il apporte de plus que le P3, question
cruciale vu la différence de tarif. Sur le papier en tout cas il se veut encore plus haut
de gamme et partage nombre de caractéristiques avec son concurrent chez Cowon, le S9 voire
avec le Zune HD concernant le chipset nVidia Tegra. Le M1 existe en deux versions en
Corée: l’une normale et l’autre avec un tuner TV DMB mais dans le reste du
monde, il est uniquement vendu en version normale pour une capacité variant entre 8 et
32Go. En France il est seulement disponible en version 8Go pour un tarif moyen de
220-230€. C’est cette version que nous allons tester.
InFocus revient aujourd'hui sur le devant de la scène en proposant son
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