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img src=http://www.pop-rock.com/IMG/arton2151.jpg alt= align='right' width=180 height=180
style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /p class=spip Là où les
réalisations des années 60 avec les Mothers baignaient dans un marigot de folk, de
rock psychédélique et de doo-wop, i class=spipJoe's Garage/i affirme sans peine, en
1979, son ancrage aux années 70. On notera à cette occasion une nouvelle
démonstration de l'esprit de contradiction de Zappa : parfaitement au fait de
l'arrivée du punk mais jugeant sans doute que la simplicité de ce dernier n'offrait
guère de possibilités ludiques, Zappa a préféré concevoir i
class=spipJoe's garage/i sur le mode de l'opéra-rock, genre alors installé depuis une
dizaine d'années mais au premier rang des concepts à abattre pour la nouvelle
génération de musiciens. Ce format à contre-courant fait en tout cas de i
class=spipJoe's garage/i l'une des réalisations les plus ambitieuses de Zappa, ne serait-ce
que par son ampleur, puisqu'il s'agit d'une Å“uvre en trois parties sortie à
l'origine sur deux vinyls, puis sur un double CD./p p class=spipEn dépit de ses proportions
imposantes, i class=spipJoe's garage/i reprend la plupart des éléments qui
caractérisent l'Å“uvre de Frank Zappa, tant au niveau du procédé
d'écriture des morceaux que du pastiche musical et de la critique sociale planquée
derrière l'habituel fatras d'élucubrations surréalistes. Ainsi, toutes les
parties de guitare, à une exception près, sont toujours conçues selon le
fameux principe de xénochronie, à savoir la réutilisation et le
réarrangement d'ancien matériel, non spécifiquement conçu pour le
morceau concerné. Au sein du personnel pléthorique dont Zappa s'est entouré
cette fois, on notera également la présence de quelques futures pointures, comme
Warrenn Cucurullo, futur guitariste de strong class=spipDuran Duran/strong ( !) ou Vinnie Colaiuta,
l'un des batteurs de studio les plus respectés des trente dernières années
(actuellement sous-employé chez strong class=spipMegadeth/strong). La parodie musicale est
elle aussi de sortie. Sorti durant les derniers mois des années 70, i class=spipJoe's
garage/i se propose de revisiter la décennie écoulée d'un point de vue
musical. Au hasard des plages, on dégottera ainsi une sympathique petite ballade rock FM
basée sur trois accords (i class=spipJoe's garage/i) mais aussi du reggae (i
class=spipLucille messed my mind up/i), du funk (l'extraordinaire i class=spipKeep it greasey/i),
ou encore du disco, avec i class=spipStick it out/i, une pièce complètement
barrée en allemand de cuisine. Il est toujours aussi surprenant que Zappa, tout en se
moquant joyeusement des modes passagères, parvienne à en livrer des exemples aussi
convaincants. Les pièces funk et disco par exemple, auraient pu être de
véritables hits dans leur créneau respectif, s'ils n'avaient pas été
composés dans cet esprit définitivement parodique./p p class=spipTriturations
techniques complexe, comédie musicale... et l'engagement dans tout ça ? Rassurez vous
: incorrigible plaisantin, Zappa ne se prive pas une fois de plus d'égratigner certains
aspects de la société américaine, qu'il s'agisse du phénomène
des groupies, de l'obsession US pour le sexe ou des sectes (et plus particulièrement
l'église de scientologie). Le cÅ“ur de sa critique se dirige néanmoins
contre la censure artistique sous toutes ses formes, un sujet plutôt actuel en 1979 - la
révolution islamique iranienne venait d'interdire la musique la même année -
voire même prémonitoire : cinq ans plus tard, le PMRC (Parents Music Ressource Center)
serait fondé à l'instigation de Tipper Gore afin de lutter contre les i
class=spipExplicit lyrics/i contenues dans la musique rock ; et Zappa n'aurait de cesse de lutter
contre cette association, allant même jusqu'à témoigner au Congrès en
faveur du premier amendement./p p class=spipPoussant la logique de l'objet de ses critiques
jusqu'à l'absurde, i class=spipJoe's Garage/i est ironiquement présenté comme
une œuvre de propagande par le i class=spipCentral Scrutinizer/i, la voix
désincarnée qui intervient tout au long de l'album. Dans une société
fictive ayant inventé le principe de criminalisation totale comme vecteur
d'égalité entre les individus, la mise hors-la-loi de la musique est perçue
comme l'ultime moyen d'amener vers la norme ceux qui sont trop paresseux ou trop honnêtes
pour commettre un véritable crime. i class=spipJoe's Garage/i présente, à
titre d'édification des masses, la descente aux enfers de Joe, laborieux musicien amateur,
afin de préserver les générations futures de l'influence pernicieuse de la
musique. Sa passion réprimée par la loi, Joe tentera par tous les moyens de trouver
un palliatif. Entre libations de tour-bus et concours de t-shirt mouillés avec des groupies
catholiques perverses, drague et saillies cathartiques avec des robots de fabrication allemande
recommandés par l'église de l'i class=spipAppliantologie/i, et partouzes
homosexuelles dirigées par l'aumônier de la prison où il finira par
échouer, Joe finira par se réfugier dans sa tête, seul espace de liberté
subsistant... avant de sombrer définitivement dans la folie face à l'inanité
de ce processus créateur : le tragi-comique au service d'une cause importante, comme souvent
chez Zappa en somme, mais développé au travers d'un scénario plus complexe
qu'à l'accoutumée./p p class=spipSi i class=spipJoe's garage/i est
indéniablement une Å“uvre riche, souvent drôle et sarcastique, qui
déploie à nouveau un bel éventail des multiples talents de Frank Zappa, il
n'est pourtant pas exempt de défauts, la plupart étant inévitablement dus
à sa nature d'album-concept/opéra-rock. Le premier disque comprend principalement des
compositions au - relatif - format pop, souvent très réussies (i class=spipCatholic
girls/i) et renouent avec cet humour potache, absurde et très porté sur la chose
(voir par exemple i class=spipWhy does it hurts when I pee ?/i). Au contraire, le second disque est
centré autour de compositions notablement plus longues, souvent plus atmosphériques
que ludiques, dans lesquelles l'amateur du genre décèlera de multiples clins
d'Å“il au rock progressif (notamment ce remarquable, bien qu'assez difficile à
appréhender, i class=spipPackard goose/i). i class=spipWatermelon in easter day/i, qui
symbolise l'ultime réverie musicale du protagoniste principal, témoigne en outre de
la très haute compétence de Zappa en tant que guitariste, à travers une longue
envolée onirique qui n'a rien à envier aux plus belles heures de strong
class=spipPink Floyd/strong. Il s'agit par ailleurs du seul solo de guitare expressément
conçu pour l'album. En digestif, i class=spipA little green Rosetta/i renoue avec les
fameuses comptines débiles dont Zappa aimait parsemer ses Å“uvres une
décennie plus tôt. Après un nombre conséquent d'écoutes - une
seule ne suffira pas à s'immerger correctement dans cet univers imaginé par le
génie moustachu, il est évident que i class=spipJoe's garage/i surprend par son
concept délicieusement tordu, séduit par sa grande richesse musicale et
possède les atouts pour convaincre le plus grand nombre, à savoir un formalisme plus
grand que d'autres albums de Zappa et des délires sonores généralement sous
contrôle./p p class=spipS'il se montre certainement plus digeste que les patchworks sonores
sans queue ni tête réalisés avec les Mothers, i class=spipJoe's garage/i ne
parvient pas à éviter certaines longueurs inhérentes à sa nature
d'opéra-rock. Si certaines compositions sont tout simplement brillantes, d'autres trouvent
malheureusement leur place dans le cliché de la chanson scénaristiquement obligatoire
et artistiquement dispensable. Ces lourdeurs occasionnelles ne prennent cependant jamais le pas sur
les nombreuses qualités de cet album étonnant, parfois touché par le
génie et, surtout, très accessible au profane qui souhaiterait poser le pied dans
l'univers de Zappa sans pour autant y sombrer corps et âme./p

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