Shangols -
1 days and 18 hours ago
p style=text-align: justify;Bien bel et curieux objet cinématographique que cette oeuvre du
cubain T.G. Alea. Mêlant images darchives et journal intime, le film narre les aventures du
gars Sergio, au tout début de la révolution cubaine. Bien quune large place soit
faite à certains événements quot;historiquesquot; comme lépisode de la
baie des cochons, cet intellectuel bourgeois continue de mener sa vie presque comme si de rien
nétait, alors que ses parents et sa femme ont quitté Cuba pour les Etats-Unis.
Même sil ne cautionne point le départ de ses proches, il pose un regard assez
laconique et ironique sur le monde quil entoure (aussi bien sur les intellos que sur le peuple
prorévolutionnaire) faisant de ce film un troublant compte-rendu de cette période
charnière./p p style=text-align: center;a target=_blank
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src=http://storage.canalblog.com/14/40/110219/33215445_p.jpg alt=subdesarrollo //a/p p
style=text-align: justify;Sergio regarde la ville (et la vie) à travers son
télescope, autrement dit par le petit bout de la lorgnette. Vivant de rentes, et nayant pas
grand-chose apparemment à branler, on suit le véritable périple existentiel de
cet homme dans les rues cubaines et dans son appart. Il se souvient des engueulades avec sa femme,
fantasme sur sa bonne protestante lorsquelle lui raconte son baptême, se souvient dune blonde
Allemande qui croyait en son talent (à lépoque où il voulait devenir
écrivain - projet avorté, comme si tout finalement lui échappait) et rencontre
enfin une très jeune femme (17 ans, oups) quil amène dans son lit. Jeune femme
insouciante, il tente son quot;éducationquot;, lamenant dans des musées dart moderne
ou dans la maison dHemingwa; mais cette dernière sen fout comme de sa première
chemise. Il fait le commentaire suivant en lévoquant - et explicite ainsi le titre ce qui
est bien urbain: quot;Elle ne sattache à rien (pardonnez mon cubain pour la trad): cest un
des signes du sous-développement; Elena, comme les autres femmes cubaines, est incapable de
sattacher à quelque chose, daccumuler de lexpérience, de se développerquot;...
Tout cela est un peu dur ma foi, mais derrière ses certitudes, son esprit critique (il se
barre nonchalamment dune réunion qui rassemble des littérateurs) notre homme a du mal
lui-même à analyser sa propre petite existence et le monde en mutation qui lentoure.
Il ne voit dailleurs pas le coup venir lorsque la mimi Elena laccuse de lavoir violer et le
mène au tribunal. Cet événement semble lui faire enfin prendre conscience du
monde alentour; cela coïncide en plus avec lincident des missiles (le summum de la guerre
froide, maybe) et après les discours de Kennedy et de Castro (remonté le bougre!), on
assiste à une conclusion qui ma curieusement fait penser à la séquence finale
de emLEclipse/em dAntonioni - même musique, même image blafarde, même sentiment
de malaise.../p p style=text-align: center;a target=_blank
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src=http://storage.canalblog.com/77/46/110219/33215470_p.jpg alt=na5 //a/p p style=text-align:
justify;Si le film est puissamment ancré dans un contexte historique, le cheminement
personnel de cet homme donne une véritable profondeur à cette oeuvre, une sorte de
complexité difficile parfois à cerner - cet homme paraît souvent un peu
enfermé dans sa bulle mais demeure également attachant par le regard subjectif quil
pose sur le monde autour de lui. Une véritable aventure quot;cinématographiquequot;
(linfluence de la Nouvelle Vague semble évident) et humaine. T.G. Alea réussit un
film qui, du même coup, par beaucoup daspects - sur la forme et dans le fond -, mérite
de rester en mémoire.nbsp; nbsp; /p p style=text-align: center;a target=_blank
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