Depuis mes aventures télévisuelles et radiophoniques, j’ai reçu une
tonne (le mot est faible) de courriels, de téléphones et de messages de sympathies,
d’admiration, mais aussi de douleurs et de souffrances diverses. J’ai pleuré
quelquefois en les lisant et dans twitter, un copain me disais « tu n’as pas peur de
devenir la psy de service? ». Il a bien raison, je ne suis pas psy, j’ai beaucoup de
difficulté avec l’écoute compatissante et ce n’est pas ma tasse de
thé. Moi mon trip c’est le Web. Voilà. Je ne veux pas non plus devenir la
trans de service des médias et j’ai refusé maintes demandes
d’entrevues, de reportages et de topo sur ma condition. D’être la porte-parole
des transsexuelles ça ne paie pas, mais d’être la pro du Web me fait
très bien vivre merci. Tout ça pour dire qu’il existe très peu de
ressources pour aider les trans, leur parent et les gens qui sont confrontés avec cette
condition difficile et encore malheureusement peu connue, mais je le répète, vous
pouvez contacter la ligne d’écoute de l’association des transsexuels (elles) du Québec, y
faire un don et pousser dans l’cul de votre député pour qu’enfin des
ressources psychologiques, psychiatriques, médicales et.al., soient mis à la
disposition des gens qui sont aux prises avec ça. Tout ça pour vous dire que je
vous partage (avec la permission de l’auteure qui préfère rester anonyme) ce
message Facebook qui témoigne tristement de ce que peut engendrer le manque de ressources
flagrant pour aider les gens qui n’ont pas la chance de faire du fric comme moi. Quelle
tristesse et quel scandale silencieux et souterrains.
Je vous ai vue pour la première fois à Tout le monde en parle et croyez-moi vous
mettez un baume sur ma plaie béante de Mai 2008.
Une étape de ma vie s’est terminée le 5 mai dernier par le
décès de mon ex-conjoint et père de mes enfants.
Ma fille a trouvé chez lui, dans une grande chambre, je parlerais de grand placard
qu’il n’a jamais voulu partager, la deuxième vie de son père et elle me
l’a appris en même temps.
Mon ex que j’ai connu, aimé, marié, donné 2 enfants, divorcé
etc. pendant les dernière 30 années de ma vie était, comme vous, un
trans-sexuel non assumé qui vivait sa double vie en cachette depuis son enfance.
J’ai passé par l’étape de la colère, du déni, du
‘qui suis-je’ pour l’avoir aimé; j’en suis maintenant à
l’étape d’essayer de comprendre. Ma vie me lance des ‘flash’ des
retours en arrière où je vois ce que je n’ai pas vu avant.
J’essaie de me reconstruire présentement; je dois vivre aussi pour mes enfants dont
un fils autiste que j’adore.
Je crois que le hasard n’existe pas, qu’il y a des rencontres qui nous changent une
vie; je vous remercie pour votre franchise et consulterai votre site régulièrement
pour y prendre du courage et aussi comprendre sans juger. Le DSM-IX je le connais, mon fils
étant autiste et à la 7ième semaine de grossesse, une grave malformation au
niveau de l’intestin a laissé de grandes séquelles (omphalocèle
géant) et je crois que son cerveau aussi a été endommagé; y a-t-il un
lien génétique, je ne le sais pas mais je débuterai des recherches
bientôt.
Merci de me lire et si vous pouvez être aussi sereine, je crois que moi aussi j’y
parviendrai.
Merci de votre mot touchant. Avec votre permission, j’aimerais le reprendre dans l’un
de mes blogues et je pourrais enlever votre nom pour ne pas trahir votre secret. Je pense
qu’il peut aider d’autres personnes. Qu’en pensez-vous?
oui, j’accepte. ça fait partie de ma ‘thérapie’ de pouvoir
l’envoyer sur le Web en incognito.
Je vous remercie et je crois qu’à partir d’aujourd’hui, je vais
recommencer à m’aimer en tant que femme.
vous devriez parce que ce qui est arrivé n’est pas de votre faute ou de celle de
votre ex conjoint. c’est un coup de sort avec lequel des gens ont plus de chance de pouvoir
composer que d’autres. Voilà tout. Personnellement j’ai profondément
aimé les femmes avec qui j’ai été et j’ADORE ma conjointe
actuelle, malgré ma condition… Si j’étais morte, ce n’aurait
certainement pas été de sa faute
