Multitudes Web -
8 hours and 29 minutes ago
div class='rss_texte'h3 class=spipPeau neuve/h3 p class=spipPour sa 34ème livraison,
Multitudes fait peau neuve. Après la maquette dessinée par Aris Papathéodorou
prolongée par Nadège Mazars (les 10 premiers numéros), et celle de Jean-Marie
Courant (numéros 10 à 24) prolongée par Myriam Barchechat, c'est donc à
un nouveau graphiste que nous faisons appel. Un remerciement particulier va ici à Jean-Marie
Courant (Regular) qui a autorisé la prolongation de sa maquette pendant deux ans. Le temps
pour la revue d'organiser un appel d'offre dans les règles de l'art auprès de cinq
graphistes [a href=http://multitudes.samizdat.net/#nb1 name=nh1 id=nh1 class=spip_note title='[1]
Cinq équipes candidates : Dasein, Sur un nuage, Anne Denastas (...)' 1/a]. Une
sélection finale entre trois finalistes, a permis de choisir l'équipe de
Frédéric Bortolotti du Studio Labomatic. Bienvenu à ce graphiste dont le
travail peut être vu sur le site de Labomatic (http://www.labomatic.org/). L'exercice est
difficile, car la maquette de Regular est un petit chef d'œuvre qu'on suit
désormais à la trace dans d'autres revues./p p class=spipSans renoncer à sa
sobriété, sans céder aux sirènes du magazine, sans revenir sur sa
volonté d'offrir des textes solides (y compris longs) sur des sujets difficiles, Multitudes
dans sa troisième maquette est très légèrement plus large, avec une
couverture en quadrichromie et un intérieur en bichromie. Nous nous éloignons un peu
du livre, car si ce type de présentation austère sied bien à des
numéros spéciaux, l'ambition de Multitudes est d'être une revue trimestrielle,
de caractère généraliste. Nous sommes ravis que des numéros soient
vendus et distribués à la commande comme un livre, mais c'est une relation plus
fréquente avec le lecteur que nous recherchons et dont il existe un besoin puissant dans le
siècle. Les principes qui ont guidé la maquette ont été les suivants :
1) Augmenter la lisibilité immédiate : a. Le sommaire réintègre la
quatrième de couverture. En revanche, la première de couverture concentre toutes les
indications techniques comme précédemment. L'image de couverture, toujours en rapport
avec icônes, est partiellement occultée pour inviter à sa redécouverte
quand on déplie le rabat. b. Le principe d'un changement de couleur à chaque
numéro (sauf pour icônes qui reste sur fond blanc), qui permet de les
différencier, est étendu de la couverture aux pages intérieurres. c. Un usage
plus important du corps gras et de la taille des titres. 2) Une identification plus forte des
rubriques, de sorte que lecteur sache immédiatement où il se trouve. a. Une plus
forte différenciation des rubriques (en tête / majeure / mineure) par l'usage de la
couleur dans les intertitres, les notes, le nombre de colonnes (simple colonne sur l'en tête,
deux colonnes sur majeure et mineure), par des sommaires intermédiaires, par un filet pris
dans la reliure (de la couleur du numéro pour la majeure, blanc pour la mineure). Les textes
en trois colonnes sont réservés aux rubriques informatives (biolines et
résumés). b. La rubrique icônes dont l'importance et le succès ne sont
plus à présenter ici est aisément repérable puisqu'elle demeure sur
fond blanc (reproduction de clichés oblige) quelle que soit la couleur de fond du
numéro. Son sommaire est annoncé en amorce de chaque numéro, après l'en
tête./p p class=spip3) Un rythme et une variété plus forts qu'auparavant. On
picore dans un livre, choisissant au hasard d'une page un passage soigneusement camouflé
dans l'uniformité de la maquette (aux belles pages des chapitres près). On feuillette
une revue en se laissant guider par le rythme qu'a su lui imprimer la maquette et sa direction
artistique, comme par les diverses rubriques qui forment contraste. Nous avons voulu une vraie
revue, au plein sens du terme, y compris comme objet./p h3 class=spipUn essai à
transformer/h3 p class=spipUn dernier mot technique : une rubrique nouvelle, Dissonance,
juxtaposant sur la page de gauche et de droite, des points de vue contrastés n'a pas encore
été introduite. Cette 34e livraison de Multitudes est un essai. Certaines innovations
devront faire leur preuve pour vaincre les résistances d'une partie du comité de
rédaction qui tient à ne pas sacrifier l'esprit et la rigueur de la revue à
des impératifs mcluhaniens de communication, de lisibilité, de clarté qui sont
rabâchés partout usque ad nauseam. Nous invitons les lecteurs à réagir
à cette nouvelle maquette sur le site http://multitudes.samizdat.net Certes, le prix de
Multitudes passe de 12 à 15 euros, mais le tarif des abonnements, lui, ne bouge pas.
L'expérience de la baisse que nous avons opérée lors du changement d'imprimeur
nous a montré que le seuil déclencheur devrait se situer nettement en dessous de 10
euros, ce qui est proprement impossible tant que le tirage ne dépasse pas les 5000
exemplaires. Nous faisons déjà un effort sans équivalent pour les revues de
même type en mettant les numéros disponibles gratuitement en ligne au bout d'un an.
Dans la situation compliquée sur le plan commercial des revues de sciences humaines, de
l'édition savante (c'est-à-dire qui ne se contente pas de vendre des savonnettes) en
général, avec des subventions publiques qui ne sont pas des béquilles
éternelles, il est vital que Multitude conquière un lectorat stable d'abonnés
et d'acheteurs nettement plus importants qu'actuellement (environ 700 à 800 exemplaires en
moyenne dont 350 abonnés). L'écho rencontré par la revue et sa
réputation valent mieux. La situation lamentable de la politique à gauche, la
vulgarité de la culture à droite, demandent un brassage des générations
autour d'une volonté farouche, intraitable de qualité intellectuelle tout court, sans
phrase. Une nette augmentation de l'audience de la revue est possible à travers les canaux
très diversifiés désormais de sa distribution (pay per page sur le site de
Cairn, abonnements et vente au numéro par Dif'Pop', distribution en librairie par les Belles
Lettres, sans compter bien sûr l'accès gratuit en ligne aux numéros). Dans nos
cartons, un beau projet est en train de mûrir : celui de faire Multitudes International en
langue anglaise, car la taille du lectorat français est très étroite. Mais
n'anticipons pas. Cet effort de renouvellement touche aussi, parallèlement, le site Internet
de la revue, qui permet de consulter gratuitement la collection complète des numéros.
Il répond au principe d'une harmonisation tant avec la version papier qu'avec la version en
ligne d'icônes mise en place pour la Documenta 12 (2007)./p h3 class=spipMaquette de nos
envies/h3 p class=spipNous savons bien toutefois qu'une revue n'est pas simplement une belle
maquette. Il faut avoir envie de continuer après 34 numéros (plus un numéro
hors série), c'est-à-dire 8 000 pages plus tard ! Yves Citton dit, à la suite
de ce prière d'insérer de la nouvelle maquette, nos envies de Multitudes en vie./p h3
class=spipENVIE DE PENSER/h3 p class=spipChercher comment ça résiste ? Comment faire
que ça résiste mieux ? Surtout : comment faire de la résistance une force
d'affirmation ? Comment faire exploser les fausses alternatives où l'on enferme nos choix
(marché ou État, liberté ou égalité, libéralisme ou
anti-libéralisme, peuple ou multitude, Coke ou Pepsi) ? Penser pour déjouer les
paradigmes, pour dérouter le binaire, pour fragmenter le molaire (pour attaquer ses propres
certitudes passées). Penser pour tracer des diagonales, pour transversaliser. Penser pour
inventer : pour découvrir du nouveau, pour frayer de l'inédit, pour imaginer de
l'inouï. Lancer des idées (folles), insérer des germes
(incontrôlés), diffuser des virus (de problématisation). Proposer : un revenu
garanti, universel et inconditionnel ; l'hypothèse d'une nouvelle grande transformation du
capitalisme (cognitif) ; un redéploiement radical de l'écologie politique ; un
devenir-postmédiatique de la communication ; une subversion du travail par l'intermittence ;
une reconfiguration de l'agir urbain ; une politique des métropoles ; un agir par le canular
(hoax) ; mille tournants extradisciplinaires des pratiques artistiques ; dix mille renaissances des
réseaux autochtones - des bricolages et des court-circuitages par multitudes
interposées./p h3 class=spipENVIE DE FAIRE DU BRUIT ET DE PENSER ENSEMBLE/h3 p
class=spipFaire une revue pour écrire ensemble, pour se lire ensemble, pour (faire)
découvrir des plumes et des pensées du dehors, proches et lointaines. Se donner tous
les trois mois le temps de la réflexion. Construire des thématiques
récurrentes, les revisiter pour les préciser et les ajuster. Construire une
communauté de lecture (au-delà du comité de lecture), donc de lecteurs, de
vecteurs d'informations et de changements. Nourrir la revue de ses lecteurs. Nourrir la revue de
ses lectures d'une multitude hétérogène d'auteurs-lecteurs antérieurs
(Deleuze et Guattari, Foucault, Simondon, Cavell, Marx, Tarde, Virno, Althusser, Deligny, Negri,
Diderot, Whitehead, Spinoza, liste in progress). Lire pour rebondir. Donner à penser pour
mieux (ap)prendre à réfléchir. Favoriser l'émergence d'un intellect
collectif en animant un espace d'entre-lectures (intel-lectif) et de lectures-avec (col-lectif).
Savoir que l'intelligence ne peut émaner que d'une multitude./p h3 class=spipENVIE DE
CONTINUER/h3 p class=spipContinuer Multitudes, qui persévère dans l'être depuis
l'an 2000, et qui continuait Futur antérieur (1990-1998). Continuer les déplacements
multiples qui nourrissent cette persévérance : de l'opéraïsme italien au
nomadisme parisien et à la connexion planétaire. Continuer à faire circuler
des articles, des dossiers, des écritures à travers un comité de
rédaction disséminé du Japon au Brésil, en passant par la Hollande,
l'Angleterre, la Réunion, les USA ou l'Australie. Continuer à ne pas renier les
joies, les espoirs, les exigences, les forces et les grandes transformations qui ont
émergé dans les années soixante. Continuer à effectuer le grand (et
lent) renversement qui, depuis La Boétie et Spinoza, révèle et déplace
la réalité du pouvoir dans la puissance de la multitude./p h3 class=spipENVIE
D'ÊTRE ACCESSIBLE/h3 p class=spipEnvie de se connecter plus facilement aux lecteurs.
Construire davantage de ponts, mieux baliser l'espace de lecture : mettre la mine à ciel
ouvert. Se donner un peu plus d'air. Continuer à pisser contre le majoritaire, mais lui
faire voir aussi qu'il découvre aujourd'hui les évidences dont nous partions il y a
10, 20 ou 30 ans pour lancer notre réflexion (menaces environnementales globales,
insoutenabilité du productivisme, problèmes et richesses du multiculturalisme,
centralité de l'économie de la connaissance). Dès lors que l'époque
vient (lentement) à nous (sans encore le savoir), faire un effort pour casser quelques murs,
ouvrir quelques portes, planter une ou deux flèches. S'obstiner dans le pari (sans illusion)
d'une revue minoritaire par et pour la multitude./p h3 class=spipENVIE D'EXPÉRIMENTER/h3 p
class=spipGarder un gros dossier de cent pages en guise de majeure, un ou deux dossiers clandestins
passés sous le déguisement de mineures. Envie de recadrer le propos par de nouvelles
rubriques. Envie de mieux marquer le rôle central joué dans nos analyses par les
politiques expérimentales : ce qui résiste partout, ce sont des expériences
nouvelles du politique, des bricolages, des montages pratiques, des agencements concrets,
improvisés sur le terrain, qui sont les têtes chercheuses de la pensée
politique. Faire voguer un navire en eaux internationales pour décriminaliser l'avortement
au large de législations oppressives ; pirater des adresses Web pour court-circuiter les
flux d'information ; plaquer les taux et coût d'incarcération sur la cartographie
urbaine pour faire apparaître l'absurde richesse des quartiers pauvres ; mener
l'enquête avec les intermittents et précaires (plutôt que sur eux) pour
renouveler notre pensée du travail et de l'art. C'est dans le dialogue entre les livres et
ces pratiques expérimentales que se forgent les mouvements politiques d'aujourd'hui, et les
transformations sociales de demain. Nous sommes à leur écoute depuis le début
; nous voulons mieux faire percevoir leur puissance et leur multitude./p h3 class=spipENVIE DE
CASSER LES CLICHÉS/h3 p class=spipContinuer à déphaser le ronron des images en
y injectant la surprise des icônes. Proposer un espace d'intervention aux artistes qui
fraient aujourd'hui les sensibilités d'après-demain. Décadrer les regards,
désorienter les goûts, déjouer les attentes. Donner en excès ce que nul
ni rien ne peut (encore) comprendre : le donner à voir. Catalyser l'éclatement des
avant-gardes désormais disséminées en multitudes./p h3 class=spipENVIE DE
DISSONER/h3 p class=spipEnvie de se donner une rubrique où l'on ne soit pas d'accord avec
soi-même. Savoir que le geste politique consiste moins en la position qu'on prend qu'en
l'invention d'un territoire sur lequel cette position et son antagoniste prennent un nouveau sens.
Ouvrir des territoires et laisser les positions y déployer leurs dissonances. Se pousser
à l'écoute des voix contradictoires et hétérogènes qui parlent
en nous, qui tendent notre réflexion et qui fertilisent toute pensée
singulière des discordances de la multitude./p h3 class=spipENVIE DE RIRE/h3 p
class=spipEnvie de moquer ceux qui se foutent de nous. Rire et faire rire de ceux qui se prennent
au sérieux. À commencer (doucement) par soi. (Ça ne rigole pas fort
dans Multitudes : envie de changer ?) Pratiquer le canular anti-systémique et le rire
matérialiste (après les avoir théorisés). Devenir-hoax. Règle :
un article sur 20 serait désormais un faux. À chacun de se moquer de tout, en
suspectant l'authentique aussi bien que l'imposteur. Faire de la théorie comme on fait le
carnaval : en laissant le dernier mot aux cris du peuple et aux rires de la multitude./p h3
class=spipENVIE DE RADICALITÉ/h3 p class=spipQuand on voit les mines tristes ou sinistres
que se donne la gauche , forte envie de se réclamer de l'insulte gauchiste ! Mais inventer
un gauchisme fédérateur et généreux (plutôt que jaloux et
sectaire). Un gauchisme qui casse les vitrines des concepts pour aller embrasser les mannequins et
leur insuffler un peu de vie. Un gauchisme tendance Pygmalion : amoureux de sa création,
mais plus amoureux encore de la création et de son partage. Contre une gauche ancrée
dans ses jalousies majoritaires, envie d'une radicalité par essence minoritaire, mais
capable et avide de (se) donner des racines disséminables à tous les vents -
rhizomes, disaient-ils. Envie d'une radicalité qui se définisse par ce qu'elle inclut
plutôt que par ceux qu'elle rejette - parce que l'opposition s'enferme dans le deux d'hier,
alors que les possibilités d'avenir n'émergent que comme multitudes./p h3
class=spipENVIES À PARTAGER/h3 p class=spipMultitudes toujours en vie - malgré la
mort de tant de bonnes revues, malgré la diffusion gratuite en ligne, malgré le
besoin constant de nouveaux abonnés, de nouveaux lieux de diffusion ? Toujours en vie ! (Un
peu grâce à la diffusion gratuite en ligne, justement.) Et avec toujours plus d'envies
de faire multitudes avec toujours plus de gens. Toujours plus d'envies à partager. Et
à faire partager. À tous les chacun dont grouillent les multitudes./p/div hr / div
class='rss_notes'p class=spip_note[a href=http://multitudes.samizdat.net/#nh1 name=nb1
class=spip_note title=Notes 11/a] Cinq équipes candidates : Dasein, Sur un nuage, Anne
Denastas Myriam Barchechat, Marc Touitou et Labomatic. Les trois dernières ont
été départagées au second tour./p/div

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