Après les bourrelets et le garde du corps du président effacés par
Paris-Match, c'est Rachida Dati qui a fait l'objet d'une attention prévenante de la part du
Figaro. Le journal a fait disparaître de la main de la garde des Sceaux une bague d'une
valeur de 15.000 euros.

En son temps, le
Président Mao exigeait d’apparaître flamboyant dans chacune des
représentations que l’on faisait de lui: rajeuni, amaigri, dents blanchies etc.
En démocratie, la pratique qui consiste à retoucher l’image des
représentants du pouvoir est devenue, elle aussi, obligatoire. A ceci près, que,
circonstance aggravante, nos médias dits « libres » ne répondent pas
directement à une injonction du pouvoir suprême. Ils anticipent, le plus souvent, ses
exigences présumées animés par la crainte de froisser l'ego de l'un ou de
l'autre.
Sarko débarrassé de ses bourrelets
Déjà
l’Express avait dévoilé en août 2007 comment
Paris Match avait « gommé » les bourrelets du président à
peine élu, devançant ainsi les desiderata du souverain.
A l’époque,
Le Parisien avait révélé que cette «
opération de retouche esthétique » avait été effectuée
« sous l’autorité du directeur de la rédaction de Paris-Match,
Olivier Royant ».
La troisième
jambe de Sarkozy
Depuis, l’hebdomadaire d’Arnaud Lagardère s’est fait une
spécialité de la retouche de l’image présidentielle. En septembre 2008,
c’est le site
purepeople.com qui dévoilait qu’un
garde du corps présidentiel avait été effacé d’une photo. Manque
de chance, l’infographiste avait oublié de gommer une jambe du bodyguard affublant
ainsi Sarkozy d’un troisième membre.
A l’époque, la société des journalistes de
Paris Match
s’était offusquée de ces méthodes :
«
l'altération des photos déforme la réalité et doit être, en ce
sens, strictement interdite. Seules les techniques traditionnelles de cadrage, de
réajustement des contrastes, des échelles de couleurs, sont
tolérées».
Le photographe « officiel » du couple présidentiel, auteur dudit cliché,
s’était défendu en expliquant que
« depuis l'avènement du
numérique, les photos (...) sont évidemment retouchées, on rend nos photos
plus esthétiques».
Du retour de
l'autocensure
La dernière opération en date est encore d’une autre nature. Plus politique.
Pointée du doigt par des magistrats et sommée dans une lettre de présenter des
«excuses publiques», la garde des Sceaux a répondu aux critiques dans
une interview au journal.
Le service photo du
Figaro n’a pas retouché le physique de Rachida Dati
mais a fait disparaître d’une photo de la garde des Sceaux une bague d’une valeur
de 15.000 euros.
C’est
L’Express qui a révélé jeudi
l’information .
«On assume », répond la rédactrice en
chef du service photo du
Figaro. « On ne voulait pas que la bague soit
l’objet de la polémique ». Un succès retentissant.
Le
Figaro admettant, par là même, qu’en cas de conflits sociaux, le journal
n’entend pas polluer la communication gouvernementale quitte à manipuler des images.
Une forme d’autocensure qui échappe de moins en moins à l'oeil attentif des
journalistes, blogueurs ou simples internautes.
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