“Quand je signais mes mails avec mon identifiant et mon mot de passe, ce
n’était pas seulement de la provocation : ma sécurité est basée
sur le fait que je sauvegarde mes données, pas sur un secret qui risquerait – si je
le croyais protégé – de m’être préjudiciable.”
– Laurent Chemla
Pionnier de l’internet et auteur des “Confessions d’un voleur“, livre
incontournable (et téléchargeable gratuitement) pour qui veut comprendre les
valeurs (et l’histoire) de l’internet tel qu’il s’est
développé dans les années 90, Laurent Chemla a une conception somme toute
particulière de la vie privée.
A l’instar de tous les professionnels de la sécurité informatique, il sait
que la première chose à faire, pour se protéger, est de sauvegarder
régulièrement ses données, sur un support externe, que c’est le
meilleur moyen de résister, et survivre, à un plantage, un piratage, une saisie ou
le crash d’un ordinateur : ce qui a -souvent- le plus de valeur, ce n’est pas le
matériel, mais les données qui y sont stockées.
Les professionnels de la sécurité savent également qu’il se trouvera
toujours quelqu’un de plus compétent qu’eux, disposant de plus de moyens ou de
temps, et qu’aucun système n’est sécurisable à 100%. On sait,
d’autre part, que la sécurité des logiciels libres -dont le code source est
librement consultable- est a priori plus fiable que celle des logiciels propriétaires,
dont le code est un “secret“.
D’une part, parce que personne ne peut vérifier que ne s’y trouve en fait une
faille de sécurité, voire une porte dérobée ou un cheval de Troie.
D’autre part, parce qu’on ne peut pas faire confiance à quelque chose de
“secret” : un secret peut être découvert, extorqué,
contourné, et somme toute préjudiciable, comme le résumait Laurent Chemla,
“parce qu’alors je ferais confiance à ce mot de passe et que
j’agirais donc comme s’il était impossible à craquer, ce qui serait
toujours faux“.
A rebours de la sécurité par
l’obscurité, qui postule que le système est d’autant plus
sécurisé que l’attaquant ne connaît pas dans le détail le
fonctionnement du système, le principe de Kerckhoffs prône
ainsi, et a contrario, la transparence, au motif que seule la clé doit rester
secrète, et que la serrure sera d’autant plus sécurisée que son
mécanisme peut être vérifier, et valider, par les pairs.
S’inspirant des postures de John
Brunner qui, dans Sur l’onde de choc, livre
“pré-cyber-punk” publié en 1974, prophétisait que la
liberté passerait par le fait que tout sur tout soit rendu public, et de Bill Thompson,
éditorialiste à la BBC qui en appelle à un “nouveau
Siècle des Lumières” basé sur la libre circulation et le
partage des données, Laurent Chemla estime même que “le meilleur moyen de
protéger l’individu, c’est que tout soit public” :
“Il faut en finir avec la notion de vie privée. Il faut en finir avec la notion
d’information confidentielle ou secrète. L’information veut être libre,
et elle le sera.”
D’une part, parce que cela permettrait de déborder ceux qui font profession de nous
surveiller de torrents de données quasi impossible à endiguer, ce que l’on a
vu, par exemple, avec les attentats du 11 septembre 2001, qui auraient
peut-être pu être évités si seulement les services de renseignement
américain avaient réussi à analyser correctement les données qui,
pourtant, étaient à leur disposition.
Mais, et surtout, cela aurait également pour effet que “les
surveillants seraient eux aussi surveillés, ce qui détruit tout le modèle
économique des sociétés qui font leur beurre des données personnelles
qu’elles “possèdent”. Tous les pouvoirs basés sur le secret ou la
détention d’information confidentielle seraient réduits à
néant. Mais est-ce si grave ? Et quels sont-ils, ces pouvoirs, en fait ?”
:
“Aucun régime totalitaire ne survivrait dans une transparence totale. Pas de
corruption possible, pas de secret défense, pas de mot de passe. Au final, seuls ceux qui
voudront exercer un quelconque pouvoir (politique, médiatique…) seraient
surveillés par tous.
Tout le monde saurait que je couche avec la femme du voisin ? La société n’a
qu’à s’adapter à ce fait nouveau et au final ça
n’intéresserait plus personne (à part le voisin) passé l’attrait
de la nouveauté. Parce que ça ne servirait à rien de vouloir
découvrir ce que ne cache pas son voisin.”
La vie privée des uns commence là où elle confirme celle des autres
A contrario, Lawrence Lessig, fondateur du Centre pour l’internet et la
société à l’école de droit de Stanford, et grand
défenseur des libertés sur le Net, estime pour sa part que le rêve d’une
société transparente est aussi celui d’une société totalitaire,
et que la transparence fragilise plus la démocratie qu’elle ne la renforce :
“Comment pourrait-on être contre la transparence ? Ses vertus et son utilité
publique semblent si évidentes. Pourtant, je m’inquiète de plus en plus
d’une erreur au fondement même de cette bonté incontestée. Nous ne
sommes pas suffisamment critiques sur où et comment la transparence fonctionne, ni sur les
risques de confusion, voire pire, qu’elle entraîne.
Je crains que le succès inévitable de ce mouvement – s’il
est mené seul, sans aucune sensibilité à la complexité de
l’idée d’une disponibilité parfaite de l’information
– ne finisse par inspirer, non des réformes, mais le
dégoût. Le “mouvement de la transparence nue”, comme je l’appelle,
n’inspire pas le changement. Il va tout simplement faire disparaître toute confiance
dans notre système politique.”
Dans la philosophie des Lumières, “la liberté des uns
s’arrête là où commence celle des autres“. Ce qui, reformulé positivement, peut
également s’entendre comme “la liberté des uns commence là
où elle confirme celle des autres“. Se pourrait-il que, de même,
“la vie privée des uns commence là où elle confirme celle des
autres” ?
Ainsi,
si Jeff Jarvis a fait le choix de révéler son cancer de la prostate, estimant
qu’il avait plus à y gagner qu’à y perdre, il n’en a pas moins
mis des limites à l’exposition de sa vie privée, et il ne parle pas, par
exemple, de sa sexualité : sa femme pourrait ne pas apprécier.
Si la vie privée se définit par le contrôle que l’on a sur ses
données personnelles, et l’exposition (ou non) de son intimité, pour lui, il
s’agit aussi, d’abord et avant tout, de ne pas non plus révéler
d’informations attentatoires à la vie privée de quelqu’un
d’autre.
Cette limite vaut non seulement pour ceux qui décident de rendre publique une partie de
leur vie privée, mais également pour ceux qui en prennent connaissance. Ainsi, une
chose est de mettre en ligne, pour ses “amis“, des photos de soi dans une
posture qui pourrait potentiellement déplaire à sa maman, une autre est de se la
voir reprocher par son employeur… Néanmoins, il y a fort à parier que cette
situation tende à se banaliser.
La vie privée n’est pas morte
A la toute récente conférence SXSW, la sociologue et ethnographe du
numérique danah boyd rappelle
ainsi que “ce n’est pas parce que quelque chose est “public” que
l’on a pour autant envie que d’autres le rendent encore plus
“public” :
“Il existe une grosse différence entre quelque chose qui peut être
publiquement accessible et quelque chose qui fait l’objet d’une publicité.
Faire de la publicité à quelque chose qui, certes public, n’était
guère visible peut s’apparenter à une violation de la vie privée.
Il est facile de penser que “public” et “privé” sont deux choses
binaires et bien séparées. Certaines estiment que tout ce qui n’est pas
“public” est “privé”. Mais cette opposition ne suffit pas à
comprendre ce que nous entendons par “vie privée”.
Lorsque l’on s’exprime dans un hall, ou un bar, on s’exprime
en public, mais on attend des autres personnes présentes qu’elles ne
s’immiscent pas dans la conversation. Dès lors, on peut parler, en privé,
dans un espace public.
Les murs ont peut-être des oreilles, mais c’est tout de même très rare.
A contrario, dans les espaces et salons virtuels, les murs ont toujours des oreilles, mais
également des micros. Et ce que l’on y a partagé, raconté, est
indexé, archivé, répliqué, et peut même parfois être
retrouvé via des moteurs de recherche…”
danah boyd prend également grand soin de rappeler que tout le monde n’a pas
forcément, ni vocation, ni intérêt, ni facilité particulière,
à aborder sereinement le fait de devenir une personnalité publique : certains ne
savent pas forcément s’exprimer facilement en public, d’autres
préfèrent rester cachées ou anonymes (de peur de leur ex-mari, agresseur,
etc.).
D’autres, enfin, du fait même de leur statut de personnalité publique
“IRL” (in real life), peuvent paradoxalement être incités
à ne pas avoir de vie publique sur le Net, ou alors sous un autre nom. Quid, par exemple,
des enseignants ? Peuvent-ils risquer d’évoquer sur le Net leur “vie
privée“, croyances politiques ou religieuses, vacances ? Quid de leurs blogs,
MySpace, ou Facebook ? Jusqu’où peuvent-ils ne pas être
“que” les professeurs de vos enfants ?
“D’autres nouveaux outils vont venir compliquer les frontières de ce qui
est public et de ce qui est privé, de ce que nous avons à y perdre ou à y
gagner, rappelle danah boyd. La vie privée, pas plus que la vie publique,
n’est en passe de disparaître, mais la technologie va continuer à en brouiller
les cartes :
“Le désir de vie privée n’a rien à voir avec le fait que nous
aurions des choses à cacher, mais avec le fait que nous voulons garder le contrôle
de nos données. Souvent, la vie privée n’a rien à voir avec le fait de
se cacher, mais, au contraire, de créer des espaces où nous pouvons nous
libérer, où exercer nos libertés. Et chercher à avoir encore plus de
vie publique ne signifie aucunement renoncer à contrôler sa vie privée.
Quel que soit le nombre de fois où vous entendrez un dirigeant, mâle, blanc et
hétérosexuel d’une entreprise technologique pronostiquer la mort de la vie
privée, rappelez-vous que “Privacy Is Not Dead” (la vie privée
n’est pas morte). La vie privée, c’est le fait de pouvoir contrôler
comment l’information circule, et comprendre les paramètres sociaux de sorte
à pouvoir se comporter de manière appropriée.”
Une ère de la transparence, du pardon et de la résilience
Amy Bruckman, qui étudie l’influence
des réseaux sociaux sur l’éducation, estime que la façon
décomplexée qu’ont les jeunes de s’exposer en ligne, d’en rire ou
de s’en moquer, ne peut finalement qu’inciter les citoyens à plus de
tolérance, d’incompréhension et, in fine, de respect du “droit
à l’oubli“… sauf à
imaginer que la quasi-totalité des “natifs du numérique”
puisse être de facto écartée des postes de pouvoirs, en attendant que la
génération d’après ait appris à écarter tout risque
d’être ainsi ridiculisé. Une perspective peu probable tout de
même…
Cette alternative a le mérite de poser les termes du débat : il nous
revient, collectivement, de décider si nous voulons aller vers plus de tolérance,
vers une société de sousveillance décomplexée où tout le monde
a le droit d’observer tout le monde (dans le respect de ce que l’on a
décidé de rendre public, ou pas), ou bien si nous voulons d’un monde encore
plus sécuritaire, coincé, une société de surveillance et de suspicion
qui ne connaîtrait pas le pardon, et qui opposerait ceux qui auraient le droit nous
surveiller, et de nous sanctionner, et ceux qui n’auraient que le droit de se taire.
En tout état de cause, et dans la mesure où les données seront de plus en
plus nombreuses, et facilement accessibles, dans la mesure où nous serons, dans le
même temps, de plus en plus interconnectés, il sera probablement de plus en plus
facile de retrouver la trace de certaines de nos erreurs (de jeunesse, ou pas), même si
celles-ci sont ensevelies sous des volumes toujours plus grands de données.
Reste que, et c’est probablement plus important, l’internet est un espace public, un
vecteur de socialisation, et nous n’y faisons pas tant d’erreurs que cela,
d’autant que celles des autres nous servent aussi d’exemples à ne pas suivre.
Sans forcément connaître la nétiquette, qui définit les
règles du savoir-vivre sur l’internet, tout internaute apprend ainsi rapidement
qu’IL NE SERT À RIEN DE CRIER SUR LES GENS en leur écrivant en majuscule, et
qu’il est généralement contre-productif de s’énerver (sauf
à vouloir gagner un point Godwin),
que les insultes ou les menaces peuvent vite vous êtes reprochés, etc.
Si les moteurs de recherche n’oublient rien, les êtres humains, si, ne serait-ce que
parce qu’ils apprennent à faire avec. Citant David
Weinberger, Jeff Jarvis estime ainsi qu’”une ère de la
transparence doit aussi être une ère du pardon“. Encore faudrait-il
peut-être plutôt parler, en l’espèce, de résilience, à
savoir la capacité qu’ont les êtres humains de faire face à un choc,
d’y résister, et d’apprendre à vivre avec.
Doux rêve, utopique voire fleur bleue ? Pas forcément, dès lors que
l’on estime que ce ne sont pas les ordinateurs, non plus que des tiers ordonnateurs, qui
doivent contrôler les êtres humains, mais que c’est bien aux citoyens
d’être maîtres de leurs données, et destins.
Quand les utilisateurs réclament le contraire de ce que prévoit la loi pour les
protéger
Aux Etats-Unis, certains “libertariens“, hostiles par principe à
toute forme de régulation par l’Etat, qualifient ainsi de “paternalisme de la vie
privée” la propension qu’ont certains à considérer que
les utilisateurs seraient trop bêtes, ou moutons, pour parvenir à protéger
tout seuls leur vie privée sur l’internet, et qu’il faudrait le faire à
leur place. De fait, le débat tourne généralement autour de trois
propositions :
- protéger les gens par la loi, et l’imposer aux prestataires, comme aux
utilisateurs, ce que fait déjà la CNIL, par exemple,
- donner aux gens la possibilité de “paramétrer” les
“préférences” des logiciels et services web qu’ils
utilisent, ce que font les “services du web 2.0,
- faire pression, en tant que consommateurs, pour que les éditeurs ne nous mettent pas
“à poil sur le Net” à l’insu de notre plein gré,
ce que font les utilisateurs avertis de ces questions.
De récents travaux de recherche révèlent une quatrième voie, en
s’intéressant à la façon qu’ont les internautes, non pas tant de
parler de ce qu’ils entendent par “vie privée” (ce qui renvoie,
forcément, au “paradoxe de la vie privée“), mais aux moult
manières qu’ils ont, concrètement, de la protéger.
En l’espèce, on découvre que le problème relève moins de la
notion de “vie privée” que de celle de dignité, et que la
solution a moins trait aux “cases à cocher“, non plus qu’aux
interdits érigés par la loi, qu’aux nouvelles formes de socialisation et de
rapports humains que génèrent l’internet.
C’est en tout cas la thèse de deux professeurs de droit, Avner Levin, du
Privacy & Cyber Crime
Institute, et Patricia
Sánchez Abril, de la School of Business Administration de Miami, dans un article
intitulé “Two
Notions of Privacy Online” (deux notions de la vie privée en ligne).
Après avoir interrogé 2500 utilisateurs des réseaux sociaux de 18 à
24 ans sur leurs perceptions et pratiques de la vie privée en ligne, ils en sont
arrivés à la conclusion que la perception que l’on se fait d’ordinaire
de la vie privée est erronée, et que ni la législation, ni les mesures
d’autorégulation, non plus que les conditions générales
d’utilisation ou les chartes de protection de la vie privée des réseaux (ou silos)
sociaux, ne répondent à leurs attentes, en tant qu’utilisateurs, non plus
qu’à leurs pratiques, en tant qu’internautes.
Alors que l’objet même des réseaux sociaux est de faciliter les interactions
sociales, le “contrôle” des informations qui y sont stockées,
et donc de sa vie privée, n’y sont généralement perçue que sous
le seul angle des données sensibles qu’il conviendrait de sécuriser.
Or, les utilisateurs ne sont pas des administrations, non plus que des entreprises
privées. Et si l’on attend effectivement des responsables des fichiers clients,
sociaux ou policiers que les données qu’ils contrôlent ne soient pas
interconnectées, ou utilisées en-dehors du cadre de ce pour quoi elles ont
été collectées, a contrario, nos données n’acquièrent
jamais autant de valeur, dans les réseaux sociaux, que lorsqu’elles
génèrent du lien social, et des interactions…
Comme le résument les deux chercheurs, “les individus qui se socialisent en
ligne attendent de leurs réseaux qu’ils améliorent et non qu’ils
entravent leur vie sociale“. Dit autrement : leur présence, sur ces
réseaux, a d’autant plus de valeur que les données qu’ils y publient
sont lues, commentées et partagées par d’autres utilisateurs. Manière,
non seulement de renforcer les liens avec leur communauté, mais également
d’entrer en contact et de partager des informations avec de nouveaux
“amis” potentiels.
Or, l’approche juridique de la protection de la vie privée va
précisément à l’encontre de l’interconnexion et du croisement
des fichiers… On est au coeur du “paradoxe de la vie privée“.
La vie privée ne se résume pas à des cases à cocher
Les “paramètres” et “préférences“,
en terme de confidentialité, sont-ils à même de répondre positivement
à ce paradoxe ? On peut en douter.
Facebook proposait ainsi, jusqu’à ce que, en décembre 2009, ce réseau
social modifie son approche de la “privacy“, 7 façons de
contrôler “qui peut vous trouver dans une recherche, ce qu’ils peuvent voir
et comment ils peuvent vous contacter“, 10 façons de contrôler la
rediffusion de ce que vous publiez sur les murs de vos amis, 16 façons de contrôler
qui peut voir les informations de sa page de profil, et 22 façons de contrôler ce
que les autres utilisateurs peuvent voir via les applications ayant accès à votre
profil... soit quelque 55 cases à cocher ou menus déroulants censés nous
aider à protéger notre vie privée...
Depuis, Facebook propose 12 menus déroulants permettant de définir qui peut
accéder à son “profil” (”Tout le monde / Amis et
leurs amis : Amis uniquement / Personnaliser” -s’ensuit un long menu
déroulant permettant d’inclure ou d’exclure tels ou tels de ses
“amis“), et les différentes pages qui le composent :
. A propos de moi
. Informations personnelles
. Date de naissance
. Opinions politiques et religieuses
. Famille et relations (situation amoureuse, sexe qui vous intéresse et relations que vous
recherchez)
. Formation et emploi
. Photos et vidéos dans lesquelles vous avez été identifié(e)
. Albums photos
. Mes publications
. Autoriser mes amis à publier sur mon mur
. Publications de mes amis
. Commentaires sur les publications
Histoire de parfaire le tableau, rajoutons-y 9 façons de paramétrer la
confidentialité de ses coordonnées (”Pseudonyme de messagerie(...)