La
Fondation Mac Arthur vient de livrer les résultats d’une imposante étude
qualitative sur la pratique des nouveaux médias par les jeunes. Ce
projet de recherche sur la jeunesse numérique a rassemblé sur 3 ans plus de 28
chercheurs et s’est intéressé aux pratiques de plus de 800 jeunes.
Selon
les conclusions de l’étude
Vivre et apprendre avec les nouveaux médias, le temps que les adolescents et les
jeunes adultes passent en ligne, sur MySpace ou sur leur messagerie instantanée,
n’est pas une perte de temps, mais leur permet de grandir, de mûrir. “En
passant du temps en ligne, les jeunes acquièrent des savoir-faire sociaux et techniques
qui leur sont nécessaires pour participer à la société
contemporaine”,
explique au New York Times la sociologue Mizuko Ito qui a dirigé
l’étude (blog).
“Ils apprennent à s’entendre avec les autres, à gérer leur
identité publique, à créer des pages web.” Pour Mizuko Ito, les
dangers de l’internet sont surestimés. “Il y a beaucoup de désarroi
sur ce que font les jeunes en ligne. La plupart du temps, ils se socialisent avec leurs amis ou
avec d’autres jeunes qu’ils ont rencontrés à l’école, en
vacances ou au sport.”
Typologie des pratiques des jeunes
Interviewée longuement (seconde
et
troisième partie) avec d’autres auteurs de l’étude sur le blog
d’Henry Jenkins (directeur du programme d’études comparée des
médias au MIT), Mimi Ito explique que l’apport principal de l’étude a
été de comprendre comment différents types de pratiques étaient
reliés les uns aux autres. “Ce qui distingue les pratiques médiatiques
des jeunes repose sur la différence entre ce que nous avons appelé les pratiques
conduites par l’amitié et les pratiques organisées autour de centres
d’intérêt. La participation axée sur l’amitié correspond
à ce que la plupart des jeunes font en ligne : passer du temps avec leurs amis,
s’amuser, flirter et se comparer par l’intermédiaire des sites sociaux comme
MySpace ou Facebook. La participation axée sur les centres d’intérêt,
elle, renvoie à des pratiques plus créatives ou plus technophiles, où les
jeunes se connectent en ligne avec d’autres autour de passions ou
d’intérêts partagés tels que les jeux ou la production
créative.”
En plus de ces participations axées sur l’amitié ou les centres
d’intérêt, “nous avons également identifié trois types
de participation et d’apprentissage”, explique
Haether Horst, anthropologue à l’université de Californie :
-
“Hanging out” (passer du bon temps ensemble), en utilisant des outils
comme la messagerie instantanée, Facebook ou MySpace pour retrouver et discuter avec ses
amis ;
-
“Messing out” (surfer, se frotter à l’extérieur),
chercher de l’information, bricoler avec des moyens expérimentaux ou naviguer au
hasard ;
-
“Geeking out” (bidouiller), ou se plonger en profondeur dans un domaine
d’intérêt ou de connaissance spécialisé.
“Ce qui est important à propos de cette typologie est qu’il ne
s’agit pas de classer les jeunes comme ayant une identité unique ou un ensemble
d’activités bien déterminé. Mais d’identifier clairement
différentes façons dont ils peuvent participer à la culture
médiatique. (…) La diversité des pratiques reflète les
différentes motivations, les niveaux d’engagement et d’intensité dans
l’emploi de ces nouveaux médias”, explique Mimi Ito. Les jeunes utilisent
la messagerie instantanée et le téléphone mobile pour se coordonner avec
leurs amis, mais aussi des capacités techniques pointues pour télécharger
des films ou encore, trouver des tutoriels pour apprendre à bidouiller leur ordinateur.
L’étude insiste longuement sur le fait que les jeunes utilisent l’internet
pour se socialiser entre eux. Comme le dit la chercheuse danah boyd, “il est essentiel
pour les adultes de se rendre compte que ces sites fonctionnent essentiellement pour renforcer
des connexions préexistantes, en utilisant les technologies comme moyen de
médiation. La mobilité des jeunes est fortement restreinte, et les technologies
sont un moyen pour eux de sortir du cadre de l’école. Les sites sociaux sont devenus
des moyens d’agrandir leur espace. Le fait qu’ils puissent être utilisés
par les jeunes pour se connecter avec des gens qu’ils ne connaissent pas ne signifie pas
qu’ils le fassent. En mettant l’accent sur les risques, les adultes ont perdu le
contact avec les avantages que ces sites offrent à la jeunesse.”
Tout à fait, renchérit
Christo Sims, étudiant à l’école d’information de Berkeley,
la plupart des pratiques observées montrent que les jeunes utilisent les sites sociaux
pour compléter leurs relations sociales hors ligne plutôt que pour se faire de
nouveaux amis à l’autre bout du monde. “Cela dit, il y a bien sûr eu
des cas où les jeunes ont développé des relations en ligne qui
s’étendaient au-delà de l’école, de leur quartier ou de leurs
groupes d’activités. Les jeunes les plus marginalisés (comme les homosexuels,
les minorités ethniques ou les immigrants) dans leurs univers locaux et sociaux vont plus
souvent en ligne à la recherche d’amitié ou
d’intimité.” Les pratiques axées sur les centres
d’intérêt produisent plus souvent des interactions avec des gens
au-delà de leur région ou des groupes sociaux auxquels les jeunes appartiennent.
“Quand dans ces cas-là des amitiés se développent, elles
ressemblent à des relations entre correspondants, partageant des impressions sur ce
à quoi la vie ressemble dans leurs villes respectives, discutant des défis ou des
problèmes à être adolescents.” Des interactions qui ressemblent
plutôt à une auto-exploration ou à un jeu sur l’identité.
Encadré
Traduction de la synthèse de l’étude (p. 1-3) “Vivre et apprendre avec
les nouveaux médias” (.pdf)
Les sites de réseau social, les jeux en ligne, les sites de partage vidéo, les
gadgets comme les iPod et les téléphones mobiles, sont désormais les
accessoires de la culture des jeunes. Ils ont tellement imprégné la vie des jeunes
qu’il est difficile de croire qu’ils n’existent que depuis une décennie.
Aujourd’hui, comme c’était d’ailleurs le cas hier pour leurs
prédécesseurs, les jeunes arrivent à l’âge de la lutte pour
l’autonomie et l’identité, mais ils le font au milieu de nouveaux modes de
communication, de nouvelles formes d’amitié, de jeu et d’auto-expression.
(…) L’étude a été motivée par deux principales questions
de recherche : comment les nouveaux médias s’intègrent-ils dans les pratiques
et les agendas des jeunes ? Et comment ces pratiques modifient-elles la dynamique des
négociations, des alphabétisations, de l’apprentissage et de la connaissance
des jeunes ?
L’extension des liens d’amitié et des
intérêts
Les espaces en ligne permettent aux jeunes de se connecter avec leurs pairs par de nouveaux
moyens. La plupart des jeunes utilisent les réseaux en ligne pour étendre leurs
relations amicales entre leurs contextes familiers, l’école, les organisations
religieuses, les activités sportives et autres activités locales. Ils peuvent
être always on, en contact constant avec leurs amis par SMS, messagerie
instantanée, téléphone mobile ou connexion internet. Cette présence
continue exige une maintenance et des négociations à travers des communications
privées comme la messagerie instantanée ou les téléphones mobiles et
à travers des communications publiques comme les sites sociaux tels que MySpace ou
Facebook. Avec ces pratiques conduites par l’amitié, les jeunes sont en contact
constant avec des gens qu’ils connaissent déjà dans leur vie réelle.
La majorité des jeunes utilisent les nouveaux médias pour passer du temps avec
leurs amis et étendre leurs liens d’amitié de cette façon.
Un plus petit nombre de jeunes utilisent également leur connexion pour trouver de
l’information ou explorer leurs centres d’intérêt qui vont
au-delà de ce à quoi ils ont accès à l’école ou de ce
qu’ils trouvent dans leur communauté locale. Les groupes en ligne permettent aux
jeunes de se connecter à des pairs qui partagent des centres d’intérêt,
qu’il s’agisse de jeux en ligne, de création littéraire,
d’édition vidéo ou d’autres activités artistiques. Dans ces
réseaux motivés par l’intérêt, les jeunes trouvent de nouveaux
pairs en dehors de leurs communautés locales. Ils peuvent également trouver des
occasions de faire connaitre et diffuser leurs travaux en ligne pour acquérir de nouvelles
formes de visibilité et de réputation.
Auto-apprentissage et apprentissage par les pairs
Que se soit dans les activités motivées par l’amitié ou les centres
d’intérêt, les jeunes créent et naviguent entre de nouvelles formes
d’expression et de nouvelles règles de comportement social. Durant ces processus,
ils acquièrent diverses formes de techniques et de compétences en explorant de
nouveaux centres d’intérêt, en bricolant et en jouant avec de nouvelles formes
de médias. Souvent, ils commencent avec une requête sur Google ou se cachent dans
des salles de tchat pour en savoir plus sur le sujet qui les intéresse. Par essai-erreur,
ils ajoutent de nouvelles compétences à leur répertoire, comme de savoir
créer une vidéo ou personnaliser un jeu ou leur page MySpace. Les adolescents
partagent ensuite leurs créations et reçoivent des commentaires des autres. Par son
immédiateté et son ampleur, le monde numérique réduit les obstacles
à l’apprentissage autonome.
Contrairement à l’image classique, “bricoler” est un fait hautement
social et engagé, bien que généralement peu partagé par des
amitiés locales. Les jeunes utilisent des connaissances spécialisées
à la fois d’adultes et d’adolescents aux quatre coins du monde, avec
l’objectif d’améliorer leur savoir-faire et d’acquérir de la
réputation auprès de pairs experts. Ce qui rend ces groupes uniques, c’est
que si les adultes y participent, leur âge ne les rend pas automatiquement experts. Le
bricolage, à de nombreux égards, efface les repères traditionnels de statut
et d’autorité.
Les nouveaux médias permettent une liberté et une autonomie que les jeunes ne
retrouvent pas dans leurs salles de classe. Les jeunes se respectent quand ils interagissent en
ligne, et sont plus prompts à apprendre de leurs pairs que des adultes. Leurs efforts sont
surtout appliqués à eux-mêmes, et les résultats apparaissent surtout
via l’exploration, ce qui contraste avec l’apprentissage scolaire qui est
orienté vers des buts et des objectifs bien définis.
Implications pour les éducateurs, les parents et les décideurs
Les nouveaux médias ont modifié la façon dont les jeunes se socialisent et
apprennent. Ce qui soulève une série de questions que les éducateurs, les
parents et les décideurs devraient prendre en considération.
Les nouveaux médias sociaux et de divertissement sont utilisés comme des
lieux d’apprentissage. Contrairement à la perception qu’en ont les
adultes, tout en s’amusant sur l’internet, les jeunes apprennent les bases de
compétences sociales et technologiques dont ils ont besoin pour participer pleinement
à la société contemporaine. Eriger des barrières à la
participation, c’est priver les jeunes de l’accès à ces formes
d’apprentissages. La participation à l’âge du numérique signifie
plus que d’être capable d’accéder à l’information et
à la culture “sérieuse”. Les jeunes tireraient profit
d’éducateurs plus ouverts à des formes d’expérimentation et
d’exploration sociale qui ne sont généralement pas caractéristiques
des établissements d’enseignement.
Reconnaître des distinctions importantes dans la culture et
l’alphabétisation de la jeunesse. Les participations en ligne axées
sur l’amitié et les centres d’intérêt ont de nombreuses
connotations sociales. Par exemple, alors que les activités conduites par
l’amitié sont centrées sur une culture de pairs, la participation adulte est
mieux accueillie dans des formes d’apprentissage plus bricolées. En outre, le
contenu, les façons de relayer et les compétences qui valorisent les jeunes sont
très variables selon les types de groupes sociaux qui leur sont associés. La
diversité de ces formes d’alphabétisation numérique signifie
qu’il est difficile de développer une série de points de repère
normalisés pour mesurer les niveaux de compétences et les techniques
d’alphabétisation aux nouveaux médias.
Capitaliser sur l’apprentissage par les pairs. En utilisant les nouveaux
médias, les jeunes apprennent souvent de leurs pairs, plutôt que par des professeurs
ou des adultes. Les notions d’autorité et d’expertise sont ouvertes. Cet
apprentissage, fondamentalement différent de l’enseignement traditionnel, est
souvent vu négativement par les adultes comme une “pression sociale”.
Pourtant, les adultes peuvent encore avoir énormément d’influence dans la
mise en place d’objectifs d’apprentissage, particulièrement du
côté de l’exploration de centres d’intérêt, où les
adultes ont conservé un rôle de modèle et de pair plus
expérimentés.
Un nouveau rôle pour l’éducation ? Les formes de
participation de la jeunesse dans ce monde en réseau suggèrent de nouvelles
façons de penser le rôle de l’éducation. Qu’est-ce que cela
signifie vraiment d’exploiter le potentiel des possibilités d’apprentissage
offertes par les ressources en ligne et les réseaux ? Plutôt que de supposer que
l’éducation sert principalement à préparer les jeunes à leurs
carrières futures, pourrait-on la penser comme un processus destiné à guider
la participation des jeunes à la vie publique de façon plus générale
? (…)
Les jeunes sont-ils vraiment des “digital natives” ?
Peut-on parler de “digital natives” pour décrire ces jeunes nés avec
les technologies numériques ?,
interroge encore Henry Jenkins. Le terme permet de souligner la relation forte que les jeunes
ont avec les technologies, explique Rebecca Herr Stephenson de l’Institut de
recherche sur les humanités de l’université de Californie,
“mais la plupart des étudiants que j’ai observés et
interrogés pour ma part n’ont pas nécessairement un ordinateur, un
accès internet ou un équipement vidéo à disposition en
permanence.” En revanche, ils utilisent souvent leur créativité et les
technologies pour trouver de l’information, s’exprimer ou communiquer avec leurs
amis, comme ceux qui transforment un appareil photo numérique en lecteur mp3.
L’avantage du terme de “digital natives”, explique danah boyd, même
s’il est ambigu, c’est qu’il valorise l’engagement des adolescents avec
les médias numériques et montre qu’ils ne sont ni muets, ni incapables.
Pourtant, par le “renforcement des distinctions entre les générations,
nous renforçons la ségrégation endémique fondée sur
l’âge qui sévit dans notre société. Beaucoup des
difficultés sociales et civiques que nous connaissons découlent de la
manière que nous avons séparé les gens (notamment) en fonction de
l’âge.”
Souvent, les parents veulent structurer le temps passé en ligne de leurs enfants. Mais
comme le montrent certains résultats de l’étude, les expériences les
plus productives naissent souvent quand les jeunes utilisent l’ordinateur d’une
manière non structurée, quand ils passent du bon temps ou naviguent au hasard.
“Il est important de noter que l’engagement productif ne correspond pas seulement
aux apprentissages traditionnels ou à l’alphabétisation
technique”, rappelle danah boyd. “En tant que société, nous
n’avons jamais consacré beaucoup de temps à examiner la façon dont les
jeunes apprennent à être compétents socialement, comment ils apprennent
à faire sens des normes culturelles et à développer les contrats sociaux, ou
la façon dont ils apprennent à lire les réactions des autres et à
agir en conséquence. Nous attendons des jeunes qu’ils soient polis et
tolérants, qu’ils respectent les sentiments des autres, et qu’ils se
comportent de façon appropriée dans des situations différentes. C’est
tout ce que nous leur apprenons. Et on ne le leur apprend pas seulement en leur disant comment se
comporter. Ils ont besoin d’expérimenter socialement, d’interagir avec des
pairs, à faire des erreurs et à ajuster leur comportement.(…) Même les
pratiques avilissantes ou dégradantes qui ont lieux en ligne sont extrêmement
productives.”
Pour autant,
les auteurs de l’étude ne portent pas un regard fasciné sur l’apport
des technologies à cette génération. Pas plus qu’à
l’inverse ils n’assassinent ces natifs du numérique, contrairement aux propos
sans nuances de Mark Bauerlein, auteur de
The Dumbest Generation (La génération la plus bête). “Pour
de nombreux jeunes, y compris certains de ceux que nous avons interrogés et
observés dans le Digital Youth Project, l’internet est une grande vague de jeux en
flash enveloppé de bannières publicitaires, de sites web pleins
d’informations inexactes et de sociétés qui cherchent à se faire de
l’argent sur le dos des jeunes”, explique Rebecca Herr. “Cependant,
contrairement à Bauerlein, je ne pense pas que ce soit la faute des enfants. Je pense que
c’est de notre faute, parce que les adultes (parents, éducateurs, décideurs,
médias…) ne font pas d’efforts pour comprendre l’internet du point de
vue des jeunes”, et leur apprendre à mieux évaluer ce qu’ils
rencontrent en ligne. “La critique de Bauerlein n’est pas nouvelle et on
l’entend fréquemment dans les propos des parents et des enseignants quand ils
évoquent les façons d’écrire en SMS ou quand ils regrettent les
activités que les jeunes abandonnent au profit des jeux vidéos ou du surf sur le
web.” “Il est tentant de blâmer les médias ou les nouvelles
technologies pour expliquer les problèmes culturels ou sociaux que l’on
rencontre”, explique encore Mimi Ito. “Mais la recherche a montré que
les choses sont beaucoup plus complexes que cela, et utiliser les médias comme un
bouc-émissaire occulte quelques importantes conséquences sous-jacentes. Une
nouvelle technologie se développe hors de nos normes et de nos pratiques. Le fait que de
nombreux jeunes ne fassent pas partie du type de culture que décrit Bauerlein n’est
pas un problème causé seulement pas la technologie, mais est beaucoup plus
profondément ancré que cela dans les différences sociales et culturelles
existantes. Si les jeunes font des choses en ligne qui semblent improductives ou
problématiques, nous ne pensons pas que la réponse soit de bannir leur
média. Au contraire. Nous pensons qu’il est important d’examiner et
d’essayer de transformer les problèmes sociaux sous-jacents que ce soit la
commercialisation d’espace en ligne, l’absence de liens entre enfants et professeurs,
ou le fait que la connaissance théorique ne semble pas pertinente à de nombreux
enfants.”
La participation des plus jeunes n’est pas homogène : recouvre-t-elle les fractures
sociales, culturelles et économiques de la société ? Quel rôle jouent
les différences de classes sociales dans l’usage qu’ont les jeunes de ces
plateformes ?
Alors que de plus en plus les jeunes de toutes les classes sociales aux États-Unis ont la
chance d’avoir accès à ces nouveaux médias, force est de constater que
la nature et la qualité de cet accès est encore très variable, explique
Lisa
Tripp, enseignante en communication au Collège d’information de
l’université d’Etat de Floride. De nombreux jeunes provenant des classes
pauvres ou ouvrières ne doivent compter que sur l’école pour avoir
accès à l’internet et aux outils de production numériques. Reste
qu’à l’école l’utilisation de ces médias n’est pas
la même : elle est souvent conduite par l’enseignant et elle exclue souvent
l’accès aux sites sociaux, à la messagerie instantanée, et aux outils
qu’utilisent les jeunes générations. “Pour eux, ce peut être
un défi de trouver le temps, le lieu et les ressources pour faire une expérience
plus ouverte de ces médias, et pour s’engager dans les pratiques que la jeunesse
trouve la plus riche de sens”. De plus, chez les plus pauvres, les pratiques sociales
liées à l’ordinateur sont moins bien acceptées par les familles, qui
souhaitent que leurs enfants utilisent l’ordinateur de la manière la plus efficace
possible.
Pourquoi les activités des plus jeunes glissent-elles en ligne ?
L’étude insiste longuement sur le fait que les jeunes utilisent les nouveaux
médias pour faire des choses qu’ils faisaient auparavant hors ligne.
“Pourquoi les activités des plus jeunes glissent-elles en ligne(...)