Les frimas de l’Automne tout juste naissant tapaient à mes carreaux comme des
prédicateurs enthousiastes venu me sermonner. Alors que je me levais tout juste,
affligé d’un manque d’entrain tout à fait typique d’un samedi
matin, je me mis donc en quête d’un substitue à la chaleur
maternelle et douce de ma couette au touché de satin (bien qu’elle fut 100%
acrylique). Devant mon placard, une vision d’horreur : pile de t-shirt
froissés, chemises brinquebalantes sur des cintres, pantalons usés, des pulls aux
couleurs ternes, et sans doute beaucoup de choses qui ne m’allaient plus... Il
y’avait quelque chose de pourri au royaume de Flashou.
J’ai eut alors une illumination : moi qui pendant des années
était totalement réfractaire à l’idée d’avoir des
vêtements pour d’autres raisons que celles utilitaires de ne pas avoir froid et de ne
pas aller cul nu chemin faisant, il m’apparût évident que je devais avoir une
garde robe.
Première étape, tel un Deus Irae, purifier ce monde par les flammes et
l’épée !
Les tas de tissu roulés en boule autour de moi et que j’appelais sans honte
«Â mes fringues » me regardèrent avec
inquiétude. Et ils avaient raison ! Une rage sans pareil m’envahi et
c’est trépignant et hurlant que je pris un énorme sac poubelle afin de bannir
les vêtements qui ne faisaient pas parti du peuple élu. Un fond de remord
m’incita quant même à leur donner une chance en leur offrant une
deuxième vie auprès d’Emmaüs.
La bataille fini, les quelques survivants remerciaient leurs dieux de figurer encore dans les
étagères. Sur le champ de bataille, les décombres encore fumant de ce qui
fut ma penderie étaient sans équivoque : seul un plan Marshall allait
pouvoir me sortir de cette situation...
C’est difficile pour un homme de se faire une garde robe digne de ce nom. En tout cas moi
j’ai du mal. C’est quelque chose qui ne fait pas parti depuis longtemps de la culture
«Â générale » des garçons (il y’a
toujours eut des mecs hautement portés sur la question, mais si on ne comptait
pas dans leurs rangs, il n’y avait pas d’intermédiaire). Même d’un
point de vue pratique et logistique, je trouve ça extrêmement complexe :
combien de pantalon il faut avoir ? Combien de t-shirt ? On renouvelle
à quel rythme ? C’est que ça ne s’improvise pas ces choses
là ! Et je ne vous parle même pas des choix de matière, couleur,
taille (sa se porte large ou bien slim ?)
J’ai donc commencé depuis peu une quête vestimentaire, et finalement
personnelle. Je considère les vêtements comme ce que je porte pour paraitre, et
aussi définir ce que je voudrais être. Le fait d’avoir une
étagère en ordre, c’est peut être avoir une vue de soi en ordre. Bien
dans ses fringues bien dans sa tête ?
Ps : je vous recommande un site bien sympathique sur la mode «Â pour
homme » Comme un camion (y’a
aussi des trucs beauté... bon là je me sens moins concerné quant
même).