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1 days and 14 hours ago
img src=http://www.pop-rock.com/IMG/arton2195.jpg alt= align='right' width=189 height=189
style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /p class=spip Deep Purple est membre honoraire de
cette fameuse triplette anglaise qui a, en l'espace de dix ans, tout inventé en
matière de hard-rock. En 1969-70, strong class=spipLed Zeppelin/strong a
sévèrement burné le blues de strong class=spipLeadbelly/strong et consorts
pour en extraire les météorites ultimes que l'on connait, et strong class=spipBlack
Sabbath/strong pose les bases du heavy metal (voire du doom, ou encore du stoner ( !), grand
débat d'initiés en perspective) grâce aux neufs doigts experts de Tony Iommy.
La relative mauvaise troisième place sur le podium de Deep Purple peut s'expliquer par une
gestation un peu plus longue que les deux autres compétiteurs, la bande à Ritchie
s'est cherché avant d'atteindre la célébrité désirée, une
gestation difficile, s'achevant avec les années 60. Le groupe anglais joue alors un rock
très imprégné de musique classique, inspiré des strong
class=spipBeatles/strong ou de strong class=spipCream/strong, quelques ingrédients de blues,
des tentatives psychédéliques peu concluantes pour être dans le coup, on reste
dans des compositions moyennes pour un groupe doué mais sans relief particulier. Les
premiers essais discographiques sont d'ailleurs peu passionnants, à peine pourra-t-on noter
i class=spipHush/i, qui n'est pourtant qu'une reprise de Joe South et un remix qui sent la poudre
plein les narines de i class=spipHelp/i des petits gars de Liverpool... Dans les compositions
personnelles, je ne retiens pour ma part que i class=spipWring that neck/i sur le i class=spipBook
of Talyesin/i de 1968. Un titre virtuose qui démontre les compétences
stratosphériques des musiciens. Le chant de Rod Evans est par contre d'une navrante
platitude, le plus gros écueil de ce i class=spipMark I/i./p p class=spipRitchie Blackmore,
guitariste devenu au fil des années le joyeux ménestrel égocentrique que l'on
connait aujourd'hui, (voir sa belle ouvrage actuelle a
href=http://www.pop-rock.com/article.php3?id_article=1463 class=spip_outici/a ou a
href=http://www.pop-rock.com/article.php3?id_article=2150 class=spip_outlà/a) décide
de remiser les champignons au placard et de passer aux choses sérieuses. Il se
débarrasse du chanteur Rod Evans et du bassiste Nick Simper, qu'il juge trop mous, et
embauche la grande gueule, au sens noble du terme je le précise, Ian Gillian et son
compère bassiste Roger Glover. De ce bienheureux changement de line up, va naître le
Deep Purple i class=spipMark II/i. Blackmore veut enfin faire son trou dans le monde naissant du
hard et cet album sera la bombe dont il avait besoin. i class=spipIn Rock/i, c'est avant même
la première écoute, cet artwork, cette parodie du Mont Rushmore, avec les effigies de
pierre de nos cinq hardeux tout jeunots. L'idée, si elle peut paraître un peu
désuète aujourd'hui, était un coup de génie en cette année 1970.
Ce monument de pierre n'est rien de moins que l'un des albums fondateurs de ce que sera le hard
durant les vingt prochaines années, un son violent, sauvage, à la production
puissante, affolant le bon bourgeois d'alors. Cet album est au-delà d'un disque de
hard-rock, il EST le hard-rock, il en est le son, la voix, la folie, servi par des musiciens
insolents de génie, et un chanteur extraordinaire./p p class=spipTout était
réuni pour que Deep Purple mette les deux pieds sur le podium. i class=spipIn Rock/i est
l'album ultime du hard, et i class=spipSpeed king/i en est un parfait concentré de presque
six minutes. Ce brûlot qui naît d'un magma confus de guitares saturées, ce solo
d'orgue classique qui meurt dans un souffle, Ian Paice qui se déchaîne sur ses
fûts, le chant hallucinant de puissance de Gillian. Ça
brûle, ça bout, c'est dévastateur. Qu'a t'on fait de notre petit groupe de rock
à papa des i class=spipsixties/i, les gentils garçons fumeurs de cochonneries sont
devenus de vrais durs, incroyable métamorphose./p p class=spipSi l'orgue de Jon Lord,
(récemment retraité du Pourpre Profond, remplacé par Don Airey) fait beaucoup
dans le son du groupe, c'est surtout par son utilisation très particulière.
Indifféremment manÅ“uvré comme un élément rythmique ou
comme soliste, il amène à des duels d'anthologie avec la guitare virtuose du
troubadour. i class=spipIn Rock/i ne se résume bien entendu pas à i class=spipSpeed
king/i, les sept pièces qui le composent sont toutes fabuleuses. Il serait par exemple bien
maladroit de ne pas parler de i class=spipChild in time/i, ce maître-étalon de la
power-ballade, morceau progressif spectaculaire de dix minutes, avec un Ian Gillian qui prouvera
ici qu'il n'a rien à envier à Robert Plant. A chaque nouveau roulement de batterie,
Gillian chante encore un peu plus haut, un peu plus fort, l'orgue en fond sonore, le rythme qui
s'accélère, vient ce solo de Ritchie somptueux. Puis l'ensemble se conclut par une
cacophonie apocalyptique où Paice massacre sa batterie comme un damné./p p
class=spipi class=spipFlight of the rat/i, la plus rock'n'roll du lot, avec ses partitions d'orgue
superbes. Le creux bourré de soli en plein milieu (typique du rock anglais de ces
années-là, cf. i class=spipWhole lotta love/i de Led Zeppelin) et le long martelage
de fûts en conclusion pourra néanmoins faire fuir les moins ouverts à ce genre
de prouesses. C'est ce que l'on reprochera d'ailleurs par la suite au groupe, de lourdes
démonstrations techniques masturbatoires qui ne peuvent intéresser que les
professionnels de la profession musicale ; le simple auditeur se sentant soit ignoré soit
pris pour un con. De titres en titres, ce qui reste de cet opus, c'est la compétence
sidérante des musiciens et surtout la performance de Ian Gillian. Il dégage une telle
rage, la voix est si puissante, et l'association avec Blackmore si évidente, jamais cet
album n'aurait eu le même impact sans lui, et surtout pas avec son pâle
prédécesseur, Rod Evans. La variété d'influences que l'on retrouve ici,
du classique au blues, du rock au psychédélique, aurait pu faire craindre un
patchwork bouffi, mais il n'en est rien. De par la maîtrise du groupe, toutes ces influences
sont totalement digérées, assemblées, et donnent de fait de pures
merveilles./p p class=spipVoilà donc ce qu'est i class=spipIn Rock/i, une Å“uvre
intemporelle, une consécration, une encyclopédie à lui tout seul, un bouillon
d'émotions qui vous donne irrémédiablement des frissons pas loin de quarante
ans après sa naissance. Si a href=http://www.pop-rock.com/article.php3?id_article=721
class=spip_outMachine head/a est sans conteste le sommet commercial de Deep Purple, i class=spipIn
Rock/i sera à la fois le baptême et le sommet artistique du groupe. Il ne faudrait
jamais hésiter à réouvrir la vieille malle du grenier, et nous remettre
à l'oreille de tels souvenirs, la nostalgie a parfois du bon./p

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