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Le gardien russe Nikolai Khabibulin étant
toujours blessé, le Français Cristobal Huet devrait de nouveau débuter devant
le filet des Chicago Blackhawks, mercredi lors de la réception des Anaheim Ducks. Avec ses
coéquipiers, le Grenoblois tentera de mettre fin à une série de trois
défaites de rang face à San Jose, Los Angeles et... Anaheim. A suivre
également le choc N.Y Rangers - Pittsburgh Penguins.
   L’Apocalypse n’est pas pour demain, mais
très exactement pour ce soir. Elle fera son apparition à 21h précises puis
tous les mercredis et samedis jusqu’au 20 de ce
mois. L’évènement se produira sur Arte. Car ça en est un.
Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, le tandem auquel on doit
déjà les séries Corpus Christi et L’Origine du
christianisme, ont poursuivi sur leur lancée avec ce nouveau documentaire, fruit le plus mûr de leur
vaste projet lancé il y a douze ans. J’ai vu, de mes yeux vu, non la
révélation du Royaume de Dieu à la fin des temps, mais L’Apocalypse puisqu’elle sort parallèlement en un coffret
(Arte vidéo/Archipel 33) de quatre CD, déveoppée en parallèle dans un
livre qu’ils co-signent également Jésus sans Jésus. La christianisation de l’empire romain
(400 pages, 24 euros, Arte éditions/ Seuil). 12 fois 52 minutes sur le petit écran
(demandez le programme !)Â En principe, on ne se remet pas d’une telle
épreuve, surtout qu’on sait le niveau de ce qui est normalement diffusé dans
la lucarne. Là, on en redemande tant c’est intelligent, discret, ouvert. Un
modèle d’anti-spectacle et c’est captivant ! On ne saurait être plus
exigeant, puisqu’ils nous tirent vers le haut, maîtrisant parfaitement l’art de
clarifier la complexité sans la réduire. Ils se sont offert le luxe
suprême : le temps. De lire, de prendre les textes à bras le corps, de
les travailler chacun de son côté pour confronter ensuite leur vision de
l’invention d’une religion. Quitte à se ranger du côté de ceux
que l’exégèse fait rire.
    Fidèles à leur méthode,
désormais une signature car leur manière ne vire pas au procédé, ils
sont allés chercher un peu partout dans le monde, dans les universités et les
instituts, une cinquantaine de professeurs parmi les plus pointus sur la question. Mais
lorsque ceux-ci répondent, ce sont des chercheurs qui apparaissent. Des individus et non
des porte-parole. Didactiques et pédagogiques. Ils ne pontifient pas, affirment à peine, doutent
beaucoup, esquissent des réponses, lancent des hypothèses et proposent de nouvelles
questions. Ainsi raconte-t-on une histoire, avec le suspens inhérent au genre, dans
l’esprit d’une enquête menée par deux autodidactes qui brûlent
d’apprendre et de comprendre ce qui s’est joué là entre la fin du Ier siècle et le début du Vème, sans jamais
flirter avec la démagogie, le racolage ou la facilité. Cela pourrait paraître
austère, il y aura sûrement des mauvais esprits pour évoquer la radio
filmée, et ils auront tort. Car ces personnages qui ne nous sont jamais montrés,
Jean de Patmos et l’empereur Constantin, Justin et Ignace d’Antioche, Marcion et
Théodose, on les voit, on les entend, on croit les toucher. Ils suffit de regarder et
d’écouter ceux qui en savent un peu/beaucoup plus que nous sur l’Apocalypse de
Jean, dernier livre du Nouveau Testament. Nul besoin de forcer notre attention
malgré ce parti pris de minimalisme. Le récit de ces savants qui ne se poussent pas
du col est d’autant plus palpitant qu’on les sent réfléchir à
voix haute tout en cessant de danser sur le fil rouge qui tient ces 624 minutes :
comment et pourquoi l’attente imminente de la fin des temps animant une secte juive de
disciples de Jésus a-t-elle pu aboutir à la religion officielle et exclusive de
l’Empire romain ?
  La méthode brevetée Mordillat&Prieur ? Installer
chaque intervenant sur un fond noir sans décor, des livres parfois ouverts sur une table
tout à côté. Pas de conversation : seules les réponses ont
été conservées. Leurs paroles se succèdent en un gai savoir. De temps
en temps, un gros plan caresse doucement des pages de manuscrits dans les langues les plus
anciennes, s’attardant sur le grain des mots de la Septante et le détail des
enluminures, avec la même sensibilité que s’il s’agissait de paysages.
S’il en est encore après cette série pour croire que l’histoire des
religions relève de la bondieuserie, c’est que leur cas est
désespéré
(”Le fléau de l’eau, dans l’Apocalypse selon Jean, enluminure du
XIIème siècle”; “Papyrus Copte du 4ème siècle contenant
une portion de L’Évangile selon St Jean”; “L’Ange mesurant la
Jérusalem céleste”, détail du vitrail de l’Apocalypse,
cathedrale de Clermont-Ferrand exécuté en 1978 par Alain Makaraviez et Edwige
Walmé)
Version courte dans l’article 10% DES IMPÔTS FRANÇAIS
S’ÉVADENT DANS LES PARADIS FISCAUX Alors que le G20 réunissait les grands pays
à Washington, pour trouver une solution à la crise économique mondiale, une
poignée de militants tentaient de manifester dans la principauté de Monaco, paradis
fiscal aux portes de la France.
Policiers et hélicoptères étaient presque plus nombreux que les manifestants. Ils
répondaient pourtant aux déclarations de Nicolas Sarkozy contre le capitalisme
financier et les méchants paradis fiscaux. Philippe Maréchal, correspondant de
LaTéléLibre dans le Gard avait cassé sa tirelire de Rmiste pour couvrir
l’événement. Les paradis fiscaux dans le monde permettent l’évasion
fiscale de 10% des impots français, soit 50 milliards d’euros! La principauté de
Monaco est classée dans les trois paradis fiscaux européens “non
coopératifs”, avec le Liechtenstein et l’Andorre.
Voici, avec la finesse, la poésie et la radicalité qui caractérise
notre lutin des Cévennes, un reportage très personnel sur cette journée du samedi
15 novembre 2008
John Paul Lepers
L’autoroute déroulait ses trois bandes de part et d’autres d’un muret en
béton. La radio montée toujours d’un cran soulignait comme une voix off les
images de paysages d’une Provence bétonnée, en arrière plan des cimes
enneigées. Tout çà défilait en cinémascope à travers le
pare brise comme dans un road movies. J’allais à Monaco, ayant quitté les
montagnes trois heures plus tôt alors qu’il faisait encore Nuit. J’étais
monté dans ma caisse en ayant à peine pris le temps de gratter le givre sur les vitres
et j’étais parti le bonnet sur la tête comme on part à la pêche
et engoncé dans une veste au dessus d’une polaire. Dans le journal du
matin, la juge Eva Joly décrivait à Stéphane Paoli dans toute la largeur et dans
ses moindres travers le fonctionnement des paradis fiscaux. Je me disais que je n’aimais
déjà pas çà, la notion de paradis, ou plutôt l’espoirÂ
chamallo d’un futur un peu merdique, comme s’imaginer renaissant dans un
endroit sirupeux au milieu des tronches de premier de la classe, mais là, sa description
balançait comme un sac à vomi entre deux vieilles brinquebalées dans un car en
excursion. Elle décrivait comment ces principautés, duchés et autres cailloux aux
noms exotiques s’y prenaient pour sucer et rendre exsangues les économies des pays
africains. Quand même, Je me demandais bien ce que j’allais y foutre à Monaco,
comme si cet élan qui m’avait pris pour y aller, me donnait à présent
l’allure d’un personnage de dessin animé qui continue à courir alors
qu’il a déjà dépassé la falaise.
Correspondant d’une télé sur le web , j’allais jouer au reporter citoyen
pour filmer une manifestation, on dit couvrir chez les pros, d’une poignée de
militants aux portes de la principauté. J’y allais. J’avais dit, je
m’étais dit ; donc j’y allais. Quant on peut, on veut, et quand on veut
c’est qu’on a faim. Et tant qu’à vivre n’importe comment autant
filmer n’importe quoi, et là c’était du lourd. Sur le parking d’une
station d’autoroute je boulotais mon sandwich préparé la veille en zieutant un
gros 4×4 immatriculé au Luxembourg, signe probable que j’abordais les contres
allés du paradis déjà fréquentées dans les parages par ses anges
joufflus et en ray bans. Il y avait aussi des belles petites voitures avec des beaux petits vieux
dedans. Plein de petits vieux bien soignés, bien coiffés et bien habillés avec le
GSM à la ceinture. Déjà aussi de belles voitures avec des dames bien bronzées
qui plairaient à Berlusconi. C’est vrai qu’il faisait extraordinairement doux
pour un mois de déprime et je tombais bonnet et veste. J’avais quitté le mois de
novembre et je n’étais plus qu’à quelques dizaines de minutes de Monte
Carle. Je repartais et je poussais jusqu’au centre de la cité monégasque sans
faire exprès tant la frontière entre la dernière ville limitrophe et la ville du
prince parait inexistante. Tant pis, si la manif était prévue au Cap d’Ail, trop
tard j’y étais et je décidais quand même de me laisser glisser comme les
flux financiers sous les tunnels et de prendre le premier parking qui me trouverait. Ce fut le
dernier qui me trouva, le parking de la digue, après c’est la mer. Quand j’ai
ouvert la portière, je me suis dit qu’on aurait pu manger parterre tellement
çà faisait propre et tellement çà faisait bizarre que çà fasse
aussi propre dans un parking aussi souterrain que bien peint. Mais quand même
c’est une idée con de penser à manger parterre dans un parking, faut être un
blaireau comme moi dans un endroit étonnant comme çà pour penser un truc pareil,
que je me suis dit. Et puis, parking çà fait pas très classe pour ici,
j’aurais plutôt appelé çà un rangement à voitures, comme on dit un
rangement pour couverts en argent. Et je me suis dit que çà allait douiller. Plus loin,
une grosse bagnole dormait sous une housse impeccable et au fond deux voutures un peu luxes
n’arrivaient pas à remplir la cave toute neuve. J’en ressortais avec mon barda,
mon pied de caméra, on Å“il numérique et mon sac à sandwich pain
complet et bouteille d’eau qui fuit et puis mes polaires. Le Soleil plein la gueule, la
mer...les yachts. Putain de Yachts, grands comme des immeubles, lustrés comme des commodes
empire, au milieu d’un port encombré de prétentions et d’un club de voile
remplies de filles qui gloussaient en allant rejoindre l’aventure au-delà des
jetées. Tout autour se dressait une imposante et foisonnante muraille de buildings
coiffés çà et là de palmiers et dépassés de temps à autres de
grues dont je me demandais à quelles constructions elles pouvaient servir vu le manque de
place évident. Je me suis dit qu’il y a des immeubles qui doivent tomber dans
l’eau pour faire de la place aux autres. Une densité incroyable. Allées et venues
sur les quais, de joggers, de nourrices, de chauffeurs, d’une armée de
domestiques montant et descendant les échelles de coupées des somptueux navires,
immatriculées qui, aux Iles Caïmans ou Georges Town, ou bien battant
pavillons britanniques, du Portugal ou de la planète Mars. Du plus gros fer à repasser
au bateau à la Corto Maltèse en passant par un élégant vieux gréement
style « Voiles de St Tropes », tous attendaient leurs riches armateurs, qui d’un
clin d’Å“il, d’un caprice ou d’un coup de fil se prépareraient
bientôt à appareiller ou bien semblant. Des équipages briquaient
coques et ponts, d’autres devisaient au soleil, désÅ“uvrés comme une
glandouille en zone de moyenne altitude. Moi j’en étais une
qui en descendait ce matin et je déambulais, me grattant furieusement la tête et le
reste accessoirement, signe que je feignais de craindre la panne sèche quant à
l’inspiration journalistique. Je pensais à John Paul et à sa classe british avec
deux poils de french touch en reportage et je me trouvais aussi élégant que la voiture
de Colombo. Il était un peu plus de midi et les hirsutes, les manifestants
n’allaient pas pointer leurs pancartes, et leurs savates avant 15 heures trente
au-delà des limites de Monaco. Il fallait donc que je profite d’être dans la
place pour filmer quelques plans, toujours çà de pris. Ce n’était
finalement pas une mauvaise chose que de me trouver sur le rocher monégasque
tant je me disais que la gendarmesque affectée cette après midi au Cap d’ail pour
la manifestation contre les paradis fiscaux auraient pu m’en interdire l’accès.
Moi, j’allais faire le chemin à l’envers et aller à la rencontre des
contestataires qui, je l’avais appris sur le net comme tout le monde, s’étaient
donnés rendez vous de l’autre coté de la frontière. Surement que je
n’étais pas seul à connaître ce détail, je n’allais pas tarder
à m’en rendre compte.
Je quittais le port après une courte ballade sur le bateau bus, électrique de surcroit
et comme moi affecté comme l’était en son temps Escartefigue à
Marseille, entre deux les quais d’un bassin rempli de yachts. J’ai pratiquement
oublié de filmer parce que J’y ai surtout remarqué un couple à l’
accent russe, bronzés comme un lavabo en hiver et qui avait l’air au paradis,
béats, bisous, re béats, Monaco tout autour et on s’en fout. Elle était
plutôt jolie et était habillée très sexe et il était fou amoureux et
plutôt chauve, « vous ne voulez pas descendre pour Monte Carlo ? leur a dit
la dame qui était poète et qui faisait matelot tandis que son mari faisait capitaine en
prose et propulseur d’étrave. Ils ont rigolé et se sont à nouveau
embrassés. Comme moi, ils avaient l’ air un peu cons et ils tenaient à en
profiter. Après ce moment de bonheur, Je suis allé direct au pied de l’escalier
à l’assaut de la résidence du prince Albert. On pouvait entendre la
noria des hélicoptères taxis qui font la navette entre l’aéroport de Nice et
Monaco station, participant de leur mieux au réchauffement durable. Par le chemin des
pêcheurs j’ai longé la mer puis par un escalator j’ai grimpé la
citadelle. Je suis arrivé rincé comme une motion socialiste au pied du musée
océanographique où des canadiens se faisaient pendre en photo devant un yellow
submarine puis plus loin devant une machine à chenilles ayant servi à des lointaines
expéditions polaires et moi je me cherchais un endroit un peu rigolo pour faire un plateau.
C’est important le plateau, c’est la consigne. Je suis passé devant le palais
cher au Commandant Cousteau qui avait vu juste, en déclarant « and it is a great
dommage for the future générations » et puis je suis tombé en arrêt sur
une statue de la pieuvre, un indice de taille pour mon sujet , et puis j’ai admiré la
cathédrale, l’équivalent d’une église chez nous, et puis le Conseil
national, l’équivalent de l’assemblée nationale chez nous et puis je me
suis dit devant la taille des ces bâtiments, ici, l’essentiel est surement ailleurs.
J’ai emprunté de jolies et proprettes petites ruelles commerçantes, ornées
de jolis petits drapeaux monégasques qui ressemblent au drapeau polonais à
l’envers ou aux barrières des passages à niveau quand elles sont relevées.
Je dois dire que je me sentais comme à l’intérieur d’un film de Schreck
où je m’attendais à voir débouler la princesse Fiona poursuivie par le
ballon de la série anglaise des années soixante « le prisonnier ». Tout
m’a amené sur la place, jusqu’à des talons aiguilles sous des jambes fines
et galbées que je poursuivais du regard et que même c’est à ce moment que le
monteur de la télélibre m’a appelé sur mon portable, quand j’ai
relevé la tête, c’était elle, la grande place devant le palais du Prince.
Y’avaient trois policiers habillés comme des grooms qui sifflaient dès
qu’un passant marchait en dehors de là où il est autorisé de marcher
c’est-à-dire on ne sait pas trop. C’est un peu comme au foot quand
tu ne sais pas jouer et que tu es hors jeux. Tu te fais siffler. Tu protestes juste pour la forme
et Tu te tires ailleurs où…je me suis fait sifflé aussi en
trébuchant sur mon pied de caméra…Le policier monégasque siffle beaucoup en
faisant signe que non, c’est surement pour çà qu’il a des grosses joues
toutes roses comme Oui-oui. Comme çà, il a pas l’air méchant mais il prend
son travail au sérieux et on ne sait jamais, y ‘en a peut être
d’autres planqués pas loin derrière. Devant le palais y’a des chaines qui
délimitent une surface de réparation gardée par un goal coiffé d’un
Å“uf de Pâques recouvert d’une feutrine bleue et qui évolue comme sa
pensée dans une étroite guérite et qui n’a pas l’air de
rire. Je feinte, et j’évite de le filmer. En cette saison, peu de
touristes, en dehors des play-mobiles affectés à la sécurité, un
camion de pompiers, rouges comme chez nous, quelques chinois et quelques vieux qui
arpentent la grande place sous le soleil de Bodega. Plus loin, surplombant de 35 mètres le
port de Font Vielle, une batterie d’anciens canons veillent au grain accompagnés
d’une pyramide de boulets soudés ordonnancés dans un élan poétique et
en équilibre consternant. Là, sous l’Å“il interloqués
de trois touristes américains qui faisaient le poids des boulets, je le fais, mon
plateau,…philippe marechal correspondant à…pour …en raison de… Et
là je me dis que si je me dépêche pas, je vais louper la manifestation qui
normalement devrait démarrer dans une demi heure au Cap d’Ail, la commune mitoyenne de
Monaco, site qu’ont choisi les énergumènes pour bloquer symboliquement la route
des flux financiers qui alimentent ces trous noirs de la finance que sont les paradis fiscaux. Je
déboule les escaliers de la cité pour tenter de les trouver au sortir de la ville
princière…plus loin en fait comme on le verra. Il fait de plus en plus chaud sous mes
polaires et je serais bien allé prendre une bière...
…Eh ben non, c’est pas le moment d’une bière. Au dessus de Font vieille,
les remparts, un terre plein, on domine la ville vers l’ouest, j’avais vu sur le
deuxième port où les yachts sont plus modestes, le stade de foot et puis au-delà,
Le Cap d’Ail, la commune française mitoyenne avec le « rocher ». Et
c’est là que je devais aller et retrouver à l’heure la manif sous peine de
transformer mon petit reportage en ballade de Robert dans une cité pour poupées Barbie.
Courses dans les escaliers, retour dans la ville, les belles bagnoles, les décapotables,
tiens, un escalator dans une grotte, arrivée dans un centre commercial pour troglodytes, au
bout, la sortie près du port, re escalator, direction à peu près comme
çà vers le stade….çà serait con d’avoir fait toute cette route et
de louper le sujet de mon déplacement… putain y fait chaud ici…Je demande mon
chemin, personnes n’est d’ici. Je suis nulle part et je cours vers ce qui me semble
être la bonne direction. Escalier à nouveau, j’arrive en haut essoufflé. Je
suis au Cap d’Ail à n’en point douter. La rue, la circulation, ah çà
doit être par là, des flics… Ils m’observent. C’est curieux ce
sentiment d’insécurité quand un gardien de la paix vous observe. Je traverse et
passe devant eux. J’en vois d’autres plus loin. C’est comme un parcours
fléché, en bleu. Mais pas de manifestants à l’horizon. Je poursuis, une
station de bus sur cette route en corniche. La ville est à flanc de la côte, la mer en
bas, la montagne au dessus, faut monter. Encore des gendarmes, par petits groupes,
positionnés tout le long de cette route qui va du Cap D’Ail vers Monaco, çà
fait bien deux kilomètres comme çà. Ya un hélicoptère au dessus qui
semble surveiller. Ah, enfin, ce qui de loin me semble être un manifestant, il a toute une
panoplie de drapeaux. Il attend le bus. Il est pâle. Près de lui, des CRS, des
gendarmes, en panoplie de play mobile, genouillères, brodequins, matraques, regards
martiaux, inamicaux, tendus, soupçonneux, y’en a un qui venu vers moi à
présent, il tripotte mon pied de caméra dissimulé dans un sac en toile, il me
soupçonne de transporter quelque chose de suspect, pour lui c’est sur, y’a un
point qui n’est pas clair, dans ma démarche. Je m’adresse au gars qui attendait
le bus. Il me dit que la manif est regroupée plus haut à deux
kilomètres , car en dépit d’une autorisation de manifester, en fait c’est
impossible ici…je sors ma caméra, pour les premières images, c’est un gars
du syndicat Sud, pas le temps de poser ma première question, les gendarmes arrivent sur
nous… cinq, six, plus…la tête rentrée dans les épaules, pas
gentils…
- votre pièce d’identité…
- vous êtes journaliste ?
- non…
- Vous avez une carte de presse ?
- Je suis reporter citoyen pour La Télélibre..
- Vous n’avez pas le droit de faire des interviews dans la rue comme çà, sans
autorisation, c’est interdit, y a des lois…
Il prend note des infos qu’il lit sur ma carte d’identité…
- Où habitez vous Monsieur Maréchal ?
- Comme c’est indiqué sur ma carte d’identité que vous lisez
Monsieur…
- Attention…
- Valleraugue…Je ne crois pas ce que vous dites, Monsieur, j’ai le droit de
filmer…
Les autres en bleus se rapprochent de moi, un poil oppressant, le gars qui attendait son bus est
tout blanc et je me dis que je suis venu l’emmerder pour rien d’ailleurs ils
contrôlent également son identité…merde, je repense, tout ce chemin peut
être pour rien, faut calmer le jeu, je me connais, faut toujours que j’ouvre ma
gueule…faut calmer le jeu j’ai des images à faire moi…et puis ma petite
caméra…c’est con elle est allumée …mais elle n’enregistre
pas…au moins j’aurais pu avoir un son…
- je vous conseille de ne pas insister, je vous le répète il y a des lois pour ce genre
de choses, rangez votre matériel, vous n’avez pas le droit de filmer…
Un autre gendarme, me dit aussi de ne pas insister, genre j’énerve le chef…Je
commence à ranger mon matos, tandis qu’il me rend ma carte, mais c’est plus fort
que moi, j’aime pas qu’on me demande qui je suis et qu’on ne se présente
pas en retour.
Ca me rappelle l’armée, la marine, les gendarmes maritimes qui prenaient un malin
plaisir à fouiller mon sac, histoire de me faire louper mon train…
- et vous qui êtes vous monsieur le gendarme ?
Il est pas content…
-Vous êtes du Cap d’Ail ?
- monsieur on a été polis avec vous….
- Ah ben moi aussi…y’a pas d’raison… Ah ben dites dont…C’est
mon coté élevé au Bourvil. Sauf que le De Funès du moment est moins
drôle. Je sens que j’énerve, bon, faut pas, y’a mieux à faire…le
bus arrive, je saute dedans, après avoir fait signe au gars du syndicat, on y va…je
suis dedans…entrée en matière, je vais rejoindre la manifestation qui s’est
donnée pour but de fermer symboliquement les portes du paradis fiscal….Tiens, ils
m’ont laissé partir comme çà…
Les gens dans le bus me regardent. Depuis Monaco, J’ai encore Jet set chanté par
Nougaro dans la tête, « Jet set, the people ». Je me dis que c’est nul,
c’est pas grave pour moi, mais c’est juste désagréable et c’est nul.
Tous ces flics. Président Sarkozy fait semblant d’être outré par
les paradis fiscaux et en même temps ses gendarmes sont là à leurs frontières
pour les protéger. Je repense au juge van Ruymbeke qui accusait nos dirigeants
d’hypocrisie et ce matin, Eva Joly …quand même ces flics sont là pour
intimider, empêcher, sont là pour protéger, les riches. Je descends deux stations
plus loin. Les protestataires sont là, à l’orée…d’un bar. Y a un
groupe que je me dis, les autres sont plus loin encore ou bien en retard…ben non y sont
tous là, une petite centaine, à peine…y’a autant de gendarmes,
regroupement, on y va disent ils, les pancartes, les drapeaux, ohé, ohé, les gendarmes
barrent la route et s’opposent à toute progression, y’avait pourtant
autorisation de manifester du préfet disent les frondeurs effrontés. Normalement
aujourd’hui c’était prévu comme çà devant pas mal de paradis
pendant la réunion du G 20. En terrasse, les clients assistent à tout çà
d’un air goguenard, ils n’approuvent pas, faut pas faire de bruit, foutez le camp. Un
autre a le menton sur son demi et regarde le petit défilé, les yeux vides. Y a un
coté pathétique, le nombre des manifestants, l’indifférence
générale, la démesure des forces de police, les enjeux énormes autour des
paradis fiscaux, l’hélicoptère qui tournoie au dessus, la colère digne des
organisateurs…l’énergie de ce petit groupe qui tourne de temps en temps à
la manif de droite, les slogans, un bus qui attend en sens inverse et qui ne peut pas passer, la
joie d’un manifestant qui gueule content, on a réussit, on a fermé la route
mène au paradis…J’interview les organisateurs, quelques participants, y a des
caméras de France 3 et d’autres, des magnétos, des témoignages un gars de
Rue 89 avec sa petite numérique, un clin d’Å“il, sympa, il me file sa
carte, il est journaliste et toi qu’il me dit et ben moi…non plus. Je ne sais pas ce
que je fais là, c’est comme çà depuis que je suis né, je sais pas ce
qu’on fait là, des conneries surement, au milieu de tas de trucs pas justes. Et puis
je reste au milieu, avec eux dans ce petit purgatoire, y’a une femme qui fait un reportage
avec un crayon et un bloc, pour un journal qui s’appelle le Ravi, des crobars, quelques
notes, je trouve çà, classe…les forces de l’ordre tiennent ferme, tentative
de débordement dans une rue adjacente, même scénario, la rue est barrée par
des uniformes. Vient l’idée de se servir du bus comme cheval de Troie. Le chauffeur du
bus refuse, il fera demi tour…Je regarde le pochetron à la terrasse avec son demi,
j’ai soif. Des images par ci, des images par là. Le temps passe. La manifestation
n’ira pas plus loin en dépit de quelques fleurs que des filles tentent d’offrir
aux gendarmes. Y’a un petit groupe de clowns manifestants pour détendre
l’atmosphère en cas de…Et puis c’est fini, ils décrochent et
repartent vers le bar. Le but initial n’est pas atteint. Ils espéraient parcourir sur
deux ou trois kilomètres la rue qui mène jusqu’à l’entrée de
Monaco, c’est pas pour aujourd’hui. Beaucoup repartent, quelques uns restent le temps
d’une bière, je me joins à eux. Ah une bière…On sent un mélange
de plaisir d’être ensemble, de l’avoir fait et une insatisfaction, une
frustration…forcément dit ma voisine de table, des gauchistes dans le coin,
c’est pas gagné, mais normalement on est plus nombreux. C’est le
weekend end, y fait beau, y a des meetings ailleurs. Je prends congé, et je me dirige vers
l’arrêt de bus maintenant que c’est fini les bus vont se repointer, ma caisse
est au milieu du port de Monaco…Je regarde les flics qui sont toujours là. Cà
fait un moment que je joue à Champollion et que je décrypte la pierre de rosette en
forme d’horaire de bus en mal comprenant que je suis…Une jeune femme, belle, classe,
s’approche et dans un superbe accent british, me demande, çà va ? lé bous
y va venir, t’inquiètes pas…elle est néo zed…Tu as vous,
c’est magnifique ici, fait doux, le couicher de soleil, la mer, c’est trop bein ici,
tous les soirs je prends le bous ici…Bon, le voyage retour vers Monaco va être
sympa…
On monte dans le bus, elle me raconte des tas de trucs, qu’elle est venue accompagner son
amoureux et elle me parle en me fixant à 10 centimètres du visage et poursuit comme si
on était copains depuis longtemps, qu’elle aime la mer, que c’est merveilleux
ici, que les gens sont adorables, que c’est une surprise la coupe Louis Vuitton aura lieu
en Nouvelle Zélande, qu’elle aime le rugby et que la France a gagné cette
après midi contre l’équipe du pacific, elle me parle désormais en anglais et
me demande ce(...)
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Every cellular phone network has weak spots in certain parts of town, where access can be spotty.
If youíre constantly dropping calls in these areas, you could simply avoid making calls in
those areas or you could plug the Cell Ranger into your car's cigarette lighter. The idea behind
Cell Ranger is to boost any cellular networkís signals so you can connect and make phone
calls in formerly poor-co...
Every cellular phone network has weak spots in certain parts of town, where access can be spotty.
If youíre constantly dropping calls in these areas, you could simply avoid making calls in
those areas or you could plug the Cell Ranger into your car's cigarette lighter. The idea behind
Cell Ranger is to boost any cellular networkís signals so you can connect and make phone
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Un homme rentre dans une église a Bagdad il cherche a se confesser au prés d'un
prêtre, la sÅ“ur qui la accueillit lui demande de prendre place dans le
Confessionnal, Le prêtre : bonjour mon fils, vous cherchez a confesser un péché
? L'homme : pas exactement un péché mais plutôt une quot;erreur
stratégiquequot;. Le prêtre : les mots n'ont pas d'importance, vous êtes ranger
par les remords et le diable tente de vous faire minimiser vos péchés, allez y je
vous écoute.
MÉTHODES POLICIÈRES INDIGNES Il y a trois jours, un témoignage anonyme
était posté sur le fil de commentaires d’un article de
LaTéléLibre, le post 23, ici
même. Sur LaTéléLibre, une discussion s’engageait sur ces
méthodes policières péremptoires et violentes. Au même moment, notre
confrère de Libération Vittorio de Filippis, ancien directeur de la publication et
journaliste à Libération subissait un traitement dégradant lors
d’une arrestation à son domicile. Depuis, c’est la cacophonie à la
tête de l’Etat, Michelle Alliot-Marie et Rachida Dati justifiant l’arrestation de
Vitorio de Filippis, et Nicolas Sarkozy demadant à travers un communiqué de
l’Elysée, une mission de réflexion visant à définir
«une procédure pénale plus respectueuse des droits et de la dignité
des personnes». Nous publions donc aujourd’huiÂ
l’intégralité des témoignages que nous avons reçu sur ces
interventions policières à l’intérieur de deux établissements
scolaires du Gers. Si la lutte contre l’usage du cannabis dans les collèges et
lycées est une préoccupation légitime de tous les parents, les méthodes
utilisées, et justifiées depuis, par les forces de l’ordre, ne sont pas dignes
de notre démocratie. Première descente de gendarmes à l’école des
métiers d’Auch. 16 gendarmes et 2 maîtres-chien ont fouillé les
élèves.
(Ce témoignage audio reprend le texte que nous avions reçu samedi dernier)
Ecole des Métiers du Gers. Descente musclée de la gendarmerie dans les
classes.
Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu
clos de mon travail 4 gendarmes décidés, accompagnés d’un
maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se
présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les
élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande
comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas,
j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont
choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre
qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement.
Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de
sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur
des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et
là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir
une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on
fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent.
Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une
trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour
compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et
d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi
les jeunes, il y a des mineurs.
Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un
ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte.
Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau.
Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous
bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! »Il y a des
allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme
en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun
évènement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle
descente.
La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le
lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent. Ils m’interrogent une fois
la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction
pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser
rafler et conduire à l’abattoir sans réagir : l’effet surprise laisse
sans voix, l’effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace,
scie les jambes.Ensuite, dans la journée, je m’étonne de ne lire
l’indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au
bout du compte. Certains ont même trouvé l’intervention normale,
d’autres souhaitable.
Je me dis qu’en 50 ans (dont 20 comme prof), je n’ai jamais vu ça. Que les
choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés
subissent l’assaut d’une idéologie dure.
Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal
de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis,
désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant
d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! »
alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant
d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire
des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement. C’est en France, dans une
école, en 2008.
Une autre affaire de “prévention” musclée, est rendue publique,
toujours dans le Gers, mais cette fois au collège de Marciac.
J’ai eu cette semaine un mail concernant une descente de police dans un
lycée du Gers... On a pu entendre aussi le témoignage sur France inter.
J’étais absolument abasourdi par les méthodes utilisées... Mais vous
savez parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur témoignage.... Bref, je
reste interrogateur !
Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé -elle a 13 ans- de
retour du collège de Marciac. Elle me raconte son mercredi au collège...
colère à l’intérieur de moi... révolte... que faire???
J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait
là. Elle a accepté.
Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :
«Â Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous
faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.
Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme
à leur habitude, en suivant les profs.
A peine 10 minutes plus tard - nous étions assis-, deux gendarmes faisaient
déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous
étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde!?? » . Elle
n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte
s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement!!! Il y avait un
monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait!) et un gendarme
très gros.
Le chauve nous a dit: « Nous allons faire entrer un chien! Mettez vos mains sur les
tables, restez droit, ne le regardez pas! Quand il mord, ça pique! »
Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il
mord, ça pique! »
Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien.
Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le
dresseur regardait son chien déjà à l’Å“uvre. Le chien
s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et
arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son
bureau bouche bée.
Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur
a claqué des doigts en disant: « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires!
» Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est
apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite: « Et ton
manteau! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson.
Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac.
Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait
sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une
petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors: nous étions entre deux salles de
classe.
Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille.
Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini,
ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit
vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je
n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui
se faisait fouiller les poches par une gendarme.
Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait
mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes
doublures.
La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les
personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son
entourage. Ils la firent rentrer en classe.
C’était à mon tour! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le
regards des deux autres gendarmes.....
Je décris: Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le
surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe
dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes
ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous
regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme: «Â On
dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien
vérifier! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus
belle! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans
bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains
sur ma culotte! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste
mais ce ne fut pas mon cas!!!!!!
Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je
n’ai rien!!!! »
La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de
sac m’a dit: « tu peux ranger! ».
J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en
classe après avoir donner le nom du village où j’habite.
De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai
répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du
mal à me consacrer au math!
Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe
à coté m’a aussi raconté.
Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même
traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmené
à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes
ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des
fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que
le WE dernier elle a assisté à un concert!
Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.
Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous
a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde.
Une prévention? Avec des chiens? Armés comme aujourd’hui?
Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur
son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.
Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l’air aussi surpris que
nous!
Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même
question: Que se passe t il?
Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été
directement concernés! »
Zoé.D.R
Qu’en pensez vous? Que dois je faire ? Qui parle de violence ?
Il me semble important d’écrire ici que ni personne du collège a juger
important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si
Zoé ne m’en avait pas parlé, je n’en saurais rien. Combien de parents
sont au courant ?
Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont en 4ème
et 3ème.
Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas....