Coulisses de Bruxelles, UE -
2 days and 3 hours ago
pChristine Lagarde s’est livrée, tout à l’heure, à une belle
tentative d’intoxication. Lors de la conférencea
href=http://bruxelles.blogs.liberation.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/12/02/cf4d73168be011dc898811358f84b847.jpg
onclick=window.open(this.href, '_blank',
'width=493,height=277,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0');
return falseimg width=345 height=193 border=0 alt=Cf4d73168be011dc898811358f84b847
title=Cf4d73168be011dc898811358f84b847
src=http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/images/2008/12/02/cf4d73168be011dc898811358f84b847.jpg
style=margin: 0px 0px 5px 5px; float: right; //a de presse clôturant le conseil des ministres
de l’Économie et des Finances (Ecofin) qu’elle préside, elle a froidement
expliqué que la Commission avait décidé de mettre entre parenthèses le
droit de la concurrence en matière d’aide d’État aux banques, ce qui
laisse entendre que Paris a obtenu gain de cause dans son bras de fer avec Bruxelles sur son plan
d’aide aux établissements français. em« Mme Kroes (la commissaire
chargée de la concurrence) a accepté de (...) tenir compte de l’urgence et de
la nécessité de faire passer les impératifs du financement de
l’économie devant les impératifs de règles absolues de droit de la
concurrence ». « Le problème n’est pas aujourd’hui de
s’inquiéter du respect d’une saine concurrence entre les banques, mais de sauver
le système bancaire »/em, décryptait un diplomate européen de haut rang
cité par l’AFP (sans doute un Français...)./p p En ces temps de sauve-qui-peut
général, tous les pays, et pas seulement la France aimeraient bien se
débarrasser de règles jugées trop contraignantes afin de pouvoir aider leurs
entreprises nationales comme ils l’entendent, sans se préoccuper des effets chez leurs
voisins. Le ministre allemand des finances, le social-démocrate Peer Steinbrück,
n’a pas hésité à accuser la Commission d’agir de façon trop
em« bureaucratique »/em : em« il ne faut pas réagir à une telle
crise financière d’une façon aussi bureaucratique »/em, a-t-il
lancé à l’issue de la réunion d’aujourd’hui. Pour rappel,
l’Allemagne n’a jamais aimé la politique de concurrence qui a été
notamment pensée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour briser les Konzern
allemands qui avaient fait la puissance des Reich... Son collègue suédois, le
libéral Anders Borg, n’a pas voulu être en reste en s’en prenant aux
em« légions de bureaucrates » /emqui examinent les aides d’État :em
« nous avons besoins de rétablir les canaux du crédit. La Commission n’a
pas été constructive »/em. À gauche ou à droite, le discours est
donc le même./pblockquoteblockquotepÀ Bruxelles, on prend ces critiques avec
philosophie, les hurlements des politiques étant une constante : em« on a
l’habitude »,/em soupire un fonctionnaire de la Commission, em« les politiques
sont dans le très court terme et refusent de voir les conséquences à long
terme »/em. On se souvient encore des engueulades entre le chancelier Helmut Kohl et le
commissaire à la concurrence Karel van Miert à propos de Volkswagen ou du statut des
caisses d’épargne des Länder... /p/blockquote/blockquotepa
href=http://bruxelles.blogs.liberation.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/12/02/20080930_banque_10.jpg
onclick=window.open(this.href, '_blank',
'width=300,height=418,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0');
return falseimg width=300 height=418 border=0 alt=20080930_banque_10 title=20080930_banque_10
src=http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/images/2008/12/02/20080930_banque_10.jpg
style=margin: 0px 5px 5px 0px; float: left; //a Reste que, cette fois, Christine Lagarde a
été un peu loin dans le em« mensonge »/em, selon le mot d’un
diplomate qui n’en est toujours pas revenu. Car elle a présenté ce qui est en
réalité une communication que la commissaire à la concurrence a faite aux
vingt-sept ministres des Finances ce matin, lors d’un petit-déjeuner, comme le
résultat d’une négociation ayant abouti à la capitulation en rase
campagne de la Commission. Lagarde a même affirmé que les nouvelles lignes directrices
(après celles adoptées le 13 octobre) en matière d’aide
d’État au secteur bancaire seraientem « soumises »/em au Conseil
européen des chefs d’État et de gouvernement des 11 et 12 décembre.
C’est d’autant plus gros que, la Commission, dans l’exercice de ses
compétences en matière de concurrence, agit comme une autorité administrative
indépendante qui n’a de comptes à rendre qu’à la Cour de justice
des communautés européennes !strong Bref, à l’en croire, c’est
à un véritable coup d’État auquel on aurait assisté ce
matin.../strong/p pIl n’en est évidemment rien, a
href=http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/08/757amp;format=HTMLamp;aged=0amp;language=ENamp;guiLanguage=encomme
le montre son discours disponible sur le site de la Commission/a. Elle y explique les raisons et
les principes qui ont conduit la Commission à approuver vingt plans nationaux d’aide
aux banques en deux mois et à émettre des réserves sur d’autres.nbsp;
Son but : em« appliquer les règles sur les aides d’État pour soutenir la
stabilité financière »/em tout en évitant que em« les mesures
nationales n’aggravent la crise en exportant les problèmes vers les autres
États membres »/em. Il n’est donc pas question que la Commission renonce
à assurer le respect d’une concurrence libre et non faussée au sein du
marché unique. La problématique, désormais, a changé de nature a-t-elle
souligné : il ne s’agit plus de sauver des banques menacées de faillites, mais
d’éviter un assèchement du crédit (« credit crunch »).
D’où l’annonce de nouvelles « lignes directrices » (« guide
lines ») afin de guider les États dans le choix de leur plan./p pstrongEn effet,
comment s’assurer que cette aide bénéficiera bien à
l’économie réelle et ne finira pas dans la poche des actionnaires ? Comment
éviter qu’elle fausse la concurrence en permettant aux banques aidées de
proposer des crédits à des taux très bas afin de faire main basse sur le
marché ?/strong Pour Kroes, qui reconnaît que l’exercice est délicat, il
faut d’abord que l’aide de l’État soit justement
rémunérée. Il faut ensuite que des mécanismes soient prévus pour
inciter les banques à rembourser l’État dès que les conditions du
marché seront revenues à la normale, par exemple en demandant une forte
rémunération ou en suspendant le versement des dividendes aux actionnaires. Enfin,
elle veut des engagements fermes des banques que l’économie réelle profitera
bien de ces aides d’État. em« Les aides d’État ne sont pas faites
pour accroitre le profit ou perturber la concurrence »/em, a-t-elle
répété à plusieurs reprises. Bref, la Commission se veut «
pragmatique » et est prête à accepter toutes les solutions qui garantiront que
les contribuables ne seront pas les dindons de la farce./p pC’est pour toutes ces raisons que
la Commission se fait tirer l’oreille pour accepter le plan d’aide à laa
onclick=window.open(this.href, '_blank',
'width=583,height=547,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0');
return false
href=http://bruxelles.blogs.liberation.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/12/02/banques_2.jpgimg
width=233 height=218 border=0
src=http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/images/2008/12/02/banques_2.jpg title=Banques_2
alt=Banques_2 style=margin: 0px 0px 5px 5px; float: right; //a Commerzbank, la seconde banque
privée allemande (8,2 milliards d’euros de recapitalisation et une garantie sur les
nouvelles dettes de 15 milliards d’euros). Neelie Kroes exige ainsi que le versement des
dividendes aux actionnaires soit gelé pour une période supérieure aux deux ans
prévus dans le plan allemand de crainte que l’aide tombe en réalité dans
la poche des actionnaires (ce plan prévoit par ailleurs une rémunération de
l’État d’au moins 10 %). De même, il n’est pas question que la
commissaire à la concurrence accepte le plan français en l’état qui
présente l’inconvénient em« de mettre les banques dans une position
artificiellement avantageuse »/em, comme on le dit à Bruxelles. En marge du Conseil
Ecofin, Lagarde et Kroes ont d’ailleurs continué à négocier. Cette
dernière exige des engagements précis sur le montant des prêts qui seront
accordés à l’économie réelle ainsi qu’une incitation plus
forte des banques à rembourser dès que possible l’aide de l’État,
soit par un gel des dividendes, soit par une augmentation de la rémunération, soit
em« par tout autre mécanisme ». « Par exemple, plus ING, la banque
néerlandaise, versera de dividendes à ses actionnaires, plus la
rémunération de l’État augmentera »/em, explique un fonctionnaire
de la Commission. /pblockquoteblockquotepBref, on est loin, très loin d’une
capitulation comme a voulu le faire croire Christine Lagarde qui semble vouloir faire feu de tout
bois pour sauver son plan. Cette crise montre surtout tout le pragmatisme de la Commission,
contrairement à ce qu’affirment ses détracteurs, et l’extrême
malléabilité des règles de concurrence européenne. Lorsque les
conditions changent, il faut s’adapter./p/blockquote/blockquote

|