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Pratiques et lois Big Brother pour identifier des boucs émissaires... Une attaque contre les
activistes et leurs pratiques... et contre la liberté d'informer et de communiquer... Que se
passe-t-il ? - Nos billets / En Une, précarité, justice, activistes,
img src=IMG/arton637.jpg alt= align=right width=300 height=204
onmouseover=this.src='IMG/artoff637.jpg'
onmouseout=this.src='http://infokiosques.net/IMG/arton637.jpg' class=spip_logos / div
class='rss_chapo'p class=spipPour des milliers de personnes en France, précaires ou
sans-papiers, squatter est un moyen de se loger et d'affirmer une propriété d'usage
face à ceux qui spéculent et accumulent richesses et biens immobiliers.
Au-delà de l'habitat, depuis des siècles, des gens se sont servis d'espaces autonomes
ou de squats, urbains ou ruraux, pour reprendre le contrôle de leur vies. Ces espaces se font
outils, pratiques et moyens pour mener des luttes. Depuis des décennies, les mouvements
squats, en Europe et au-delà, ont contribué à des luttes locales, fourni des
alternatives aux cultures de profits et de consommation. Ils ont montré la
possibilité de s'organiser sans hiérarchies, de créer des réseaux
internationaux d'échange et de solidarité./p p class=spipCes lieux sont de ces rares
espaces ressources permettant des réunions et projets militants, la création et
dissémination de cultures subversives, la mise en place d'échange non-marchands, le
partage des savoirs et l'expérimentation de modes de vie différents, des
débats collectifs, des pratiques de recyclage et d'auto-construction, d'autonomie
alimentaire, d'informatique libre ou de médias indépendants.../p p class=spipDans la
logique sécuritaire actuelle et la criminalisation accrue des mouvements de contestation,
partout en Europe, ces lieux, cruciaux dans une dynamique de résistance globale, sont
menacés. Pourtant, des manifestations qui ont embrasé Copenhague pour protester
contre l'expulsion d'un espace autogéré vieux de vingt ans, en passant par les luttes
des Tanneries, du Koepi, d'Ifanet, de Rozbrat et surtout celles de tous les squats souvent plus
éphémères qui émergent un peu partout, des résistances et
solidarités internationales se construisent./p p class=spipChroniques du pied de biche ouvre
une porte subjective sur les squats et ce qui les traverse./p/div div class='rss_texte'p
class=spipPlus d'une décennie de partages collectifs a fait que je n'imagine plus vivre seul
ou à deux, que je ne saurais plus comment faire sans les boums au petit déjeuner et
les brossages de dents collectifs, les ami-e-s qui sautent d'un poids lourd parti de Barcelone et
frappent à l'improviste, les journées où chacun-e bosse un peu dans son coin
et celles où l'on se rassemble à quinze pour trier la friperie, boucler un journal,
préparer une action ou creuser une canalisation. Je ressens que je ne peux juste plus me
réadapter à certaines clés de voûte de la « normalité
». Je cultive ce plaisir, un peu comme le fait d'avoir ce sentiment de flip et
d'écoeurement qui m'envahit quand j'entre dans un hypermarché. Je crois que squatter
apprend à s'adapter à beaucoup de situations invraisemblables mais parvient aussi
à induire en nous des formes d'hostilité un peu irrémédiables, et c'est
tant mieux./p p class=spipJ'ai appris un temps malléable et des journées
hétéroclites de peinture, de sciure, de terre, de réunions, d'écriture,
de gasoil, de communications câblées, de débats enflammés au
détour d'un repas, d'actions en ville et de balades nocturnes. Je sais qu'entre la
réalité de ma maison et ce que plein de gens imaginent trouver derrière les
murs avec leurs télés-clichés-matelas-crasse-défonce, il y a un
gouffre... Je sais que l'on refuse d'être rentables à leur cauchemar
économique, mais que ça n'empêche pas les supposés « feignants
» et « parasites » d'avoir des journées qui débordent
d'activités, sauf qu'elles ne s'évaluent pas en terme de pertes et profits sonnants
et trébuchants, et que l'on ne comptabilise pas 35 heures, parce qu'il y en a bien plus dans
la semaine et que l'on essaie de vivre chacune d'elles avec passion et sans patron./p p
class=spipSquatter m'a montré que le monde était rempli de poubelles
débordantes de beignets à la framboise, de tomates et de pitchs au chocolat. J'ai
appris à ouvrir les yeux sur les rues et à trouver des chantiers, des usines, des
décharges pleines de matériaux. J'ai appris à percevoir les bâtisses
vides dispersées un peu partout dans la ville et à fantasmer des vies à
l'intérieur./p p class=spipSquatter m'a appris à désirer des salles
bricolées et pleines de guirlandes où pouvaient se croiser des shows comiques
absurdes, des boums, des soirées de récit d'auto-stop, des nuits dont vous êtes
le héros, des karaokés do it yourself, du cinéma expérimental, du
théâtre de propagande et des films de Cassavetes, des festivals de marionnettes, du
turbo folk et des concerts de rock'n'roll, que l'importance est dans la rencontre et l'interaction
entre les personnes sur scène et nous. J'ai aimé me retrouver à planter des
tomates avec des musicien-ne-s argentin-e-s, rester dans le salon à boire des alcools
lointains après avoir fermé la salle et faire des adieux émus à des
inconnu-e-s de la veille lorsque leur van repart pour la prochaine date./p p class=spipJ'ai appris
les chantiers collectifs où l'on peut continuer la nuit à se lire des romans de
poudre et de feu en posant un enduit de chaux sur des murs de paille dans un hangar en béton
ou travailler des heures comme des fourmis sous les spotlights pour dégager au marteau
piqueur des poutres de leur coque de parpaings, et puis s'endormir à quinze dans le salon
sous une couette devant une comédie musicale ou se poser sur les marches de la maison
à siroter du chocolat chaud pour soigner nos courbatures, et contempler le flot sonore des
gens qui se rendent au travail dans leurs petites voitures./p p class=spipJ'ai appris qu'il n'y
avait pas grand chose de plus beau que finir par élire un lieu inconnu et y entrer pour de
bon après en avoir visité maints autres, de casser l'étrangeté des murs
froids, de faire siens des objets jaunis et des vieux papiers peints à fleurs, d'avoir des
amitiés issues de nuits blanches et de risques partagés, de bricolages improbables et
de victoires face à la police. Cette joie de l'irruption collective s'est transmise à
des bureaux, chantiers, magasins, autoroutes, écoles en fonctionnement dont il devenait
possible de suspendre abruptement le cours habituel et les nuisances pour les transformer un temps
en espaces vivables./p p class=spipJ'ai trouvé une poésie renversante à
transformer les histoires et topologies d'espaces rouillés et sortis du temps, à voir
des lampadaires d'anciens abattoirs éclairer la cuisine végétalienne d'une
convergence anticapitaliste, de vieilles maisons bourgeoises abriter des féministes
radicales, une ancienne usine de bikinis accueillir une rave party, contempler le lac Léman
du toit d'un bâtiment banquaire de douze étages où les gens dansent en
contrebas dans des coffres forts ou conspirer à des agitations urbaines dans un
château autour d'une table sculptée et de tableaux de chasse à courre./p p
class=spipJ'ai appris combien l'espace était précieux et à
m'émerveiller de pouvoir faire dans ma maison des parties de cache-cache géant, une
patinoire en hiver ou des soirées frite et cinéma en plein air, et d'avoir un cagibi
assez grand pour y abriter un vieux bateau, des carcasses de voitures, des tonnes d'inventions
ratées et de quoi construire et meubler quelques maisons. Je m'émerveille un peu
moins de ce que le rangement d'un espace, où s'agglomèrent tant d'objets, de projets
et de personnes, soit à ce point un défi quotidien./p p class=spipSquatter m'a appris
à voir la rue et les maisons comme des terrains de jeu et de construction, que l'on pouvait
bâtir une mezzanine au-dessus de la route et y reconstituer minutieusement le radeau de la
méduse en tableau vivant, péter le bitume pour planter des arbres et construire un
square, suspendre une table de banquet avec des poulies à 5 mètres du sol,
transpercer sa maison de bas en haut par un mât avec une vigie de bateau pirate à la
cime, mettre « le bon, la brute et le truand » sur un ghettoblaster et passer
l'après-midi à faire des batailles de fraises et de mangues pourries, construire un
four à pain en terre pour des pizza-parties et créer un village ouvert sur un
quartier au milieu d'une technopole polluée, souder des chaussures à talon en acier,
inventer un système de poêle à bois à double foyer avec un
échaffaudage et des bidons de fuel, fabriquer un moteur qui fonctionne à l'eau ou une
machine à laver à pédales, tourner un film de zombies et attaquer les banques
environnantes au ketchup ou se préparer à l'arrivée de la police en costume de
Maya l'abeille avec un poste qui crache « je voudrais mourir sur scène » de
Dalida./p p class=spipSquatter m'a prouvé que l'on pouvait être mégalo, prendre
méthodiquement à 100 un institut de géographie haut perché un matin de
1er mai, puis dominer la mairie et la préfecture pendant deux jours, se faire expulser sans
autre forme de procès et quand même être ivre de l'avoir vécu. Parfois on
peut aussi rentrer, sans vrais repérages ni grands plans d'ensemble, dans une usine visible
de tout le quartier, pleines de portes et de fenêtres et bien trop poreuse pour être
proprement barricadée, et quand même parvenir à rester./p p class=spipJ'ai
découvert qu'en quelques années, j'avais accumulé un paquet
d'expériences utiles, des fabrications de journaux et de radio pirates, de l'escalade et de
la soudure, des coups de bêche et de clé à molette, de la self défense
et des dossiers juridiques, de la comptabilité et du théâtre de rue, des soins
à base de plante et des premiers secours en manifs, de la bouffe pour cent et des
enquêtes incognito, des camps d'actions et des analyses stratégiques, des caravanes
itinérantes ou l'organisation de rencontres européennes à 2000 km de chez
moi... J'ai appris à participer à faire surgir des fantasmes collectifs dans la
réalité, à étudier les lois de l'argent et de l'État, puis
à les transgresser ou à les contourner. J'ai pris confiance dans le fait que RMI ou
pas, travail salarié ou pas, je n'aurai plus peur d'être « à la rue
», « précaire » et autres épouvantails de la loose sociale. Je sais
que l'on a construit des réseaux qui s'entretiennent et qu'il y aura toujours quelque part
des plans pour faire un peu de thune au besoin, et des refuges et ami-e-s pour démarrer de
nouvelles vies. Je sais aussi que quand on n'a plus peur de ça, c'est déjà
beaucoup plus dur pour eux de vous faire plier ou de vous remettre dans le droit chemin./p p
class=spipSquatter m'a appris à vivre dans des espaces où nous sommes alternativement
4, 20 ou 50 à partager un quotidien et que cela soit variable d'une semaine à
l'autre, à avoir 100 personnes de 20 pays qui dansent sur des tubes disco après trois
jours de réunion marathon, et se retrouver à 6 le lendemain, encore abasourdi-e-s,
dans la même maison./p p class=spipSquatter m'a fait vivre dans des groupes
complètement hétéroclites avec des personnes qui se couchaient à 6
heures du mat' quand d'autres se levaient, certaines qui passaient leurs journées à
gribouiller des tags autour d'une table et d'autres à rédiger des tracts, certaines
qui passaient leur temps à écumer les rues et en ramener des objets en tout genre
pendant que d'autres passaient leur temps un balai à la main et à remplir les
poubelles, certaines qui voulaient squatter pour toujours pendant que d'autres étaient
là pour deux mois, certaines qui ne juraient que par le potager pendant que d'autres
vivaient insomniaques dans des lignes de code informatique, certaines qui se cachaient à
l'autre bout de la maison dès que le mot réunion était lancé pendant
que d'autres voulaient qu'elles durent des heures, certaines qui prenaient les rues au moindre
mouvement social pendant que d'autres pestaient de se retrouver alors seules au petit
déjeuner, certaines qui voulaient parler de relations interpersonnelles et
déconstruire les rapports de pouvoir quand d'autres étaient muettes dès qu'il
ne s'agissait plus de parler de bricolage, certaines qui passaient des heures à
démonter des claviers d'ordinateurs et à en repeindre les touches une par une en rose
pendant que d'autres abattaient des murs, certaines qui ne cuisinaient que de la purée
pendant que d'autres ne pouvaient occuper la cuisine sans se lancer dans des déluges
culinaires et servir les meilleurs falafels de la terre à 3 heures du matin alors que les
trois quarts des gens ont lâché l'affaire et sont partis se coucher. J'ai vécu
combien cette diversité était stimulante mais aussi comme ça faisait du bien
parfois d'arriver à se constituer dans un groupe où les affinités politiques,
les choix de vie, les partages de responsabilités trouvent des formes de cohérence et
de stabilité./p p class=spipJ'ai vu des gens que les squats ont sauvé un temps de
leur quotidien appart-prozac, de boulots de merde ou d'études à mourir d'ennui, de
centres de rétention ou de taules, de relations de merde ou de traumatismes d'enfance. J'ai
constaté aussi combien il était parfois déboussolant de vivre en conflit avec
la société qui nous a formaté et de refuser ses normes, de choisir son temps
et ses activités. J'ai constaté que celles et ceux qui s'y essayaient ne se
retrouvaient pas là par hasard, que ça ne marche pas toujours et qu'il y a trop
d'ami-e-s et de compagnons de luttes perdu-e-s dans des déprimes, des redescentes solitaires
vers la normalité, ou éteint-e-s par la drogue. Je crois aussi qu'il y a toujours un
risque à se fabriquer des bulles parce que c'est dur ensuite de retomber dans le monde,
quand on a connu un peu plus de solidarité, de fièvre ou de douceur./p p
class=spipJ'ai appris à quel point vivre en collectif prenait du temps, pour échanger
avec ses co-squatteur-euse-s et ne pas juste se croiser aux repas, pour soutenir ceux et celles qui
vont mal et accueillir les ami-e-s de passage. Je sais qu'un lieu ouvert c'est des moments
planifiés mais aussi du temps pour ceux et celles qui frappent à la porte sans
prévenir pour visiter, peindre les murs, amener des carcasses de vélo, des bidons
d'huile de friture ou des piles de tracts, pour vous demander un entretien pour leur thèse
de socio, de l'aide pour un pote sans-papiers ou un lieu en procès, pour prendre un
thé ou proposer de venir tourner un clip de hip-hop, et puis pour répondre au
téléphone qui n'arrête pas de sonner et de vous poser des questions
invraisemblables ou de vous envoyer courir à l'autre bout de la maison. Souvent j'en ai
envie mais quelque fois ça me submerge et ça déborde trop sur le reste alors
je m'enferme pour travailler aux heures où tout le monde dort, et quelquefois je prends du
temps pour m'arracher à tout ça et partir tendre le pouce sur l'autoroute./p p
class=spipJ'ai constaté à quel point on ne nous avait pas appris à être
autonome, à nous organiser sans chefs, à ne pas compter sur des mères et
copines pour tenir une maison, à ne pas avoir des manards et d'autres qui pensent et
écrivent pour eux. J'ai vu que tout ça prenait du temps, des errances et des
expérimentations formelles, des coups de gueule et des coups de pied dans le tas, des
tableaux de tâches et des réunions sans fin... et souvent, c'est la merde. Souvent il
y a des gens qui se font écraser quand même, des prises de tête et des rapports
de pouvoir, parfois d'autant plus qu'on a décidé d'y être attentif, de les
décortiquer et de les expulser de nos vies. Et régulièrement, petit à
petit, on arrive quand même à briser certains fatalismes sociaux, à vivre
à travers d'autres réflexes, d'autres formes d'organisation et c'est beau./p p
class=spipJ'ai appris qu'il était possible de vivre des relations plurielles, avec des
groupes ou des individus, sous des formes et régularités différentes, dans
plusieurs villes et lieux, et d'essayer de ne pas trop classer ces amitiés-amours-rencontres
dans des cases formatées. J'aime la diversité des intensités possibles avec
mes co-habitant-e-s d'ici ou mes ami-e-s d'ailleurs et ressentir comme chaque personne devient
belle quand on partage des aventures et des adversités./p p class=spipJ'ai dû me
rendre compte que nos espaces « protégés » n'étaient pas à
l'abri de diverses formes d'abus et de viol, et que le fait de ne pas fermer les yeux comme souvent
ailleurs, de tenter de réagir sans juges ni policiers était une des choses les plus
complexes et douloureuses que l'on puisse affronter collectivement. Et si on ne tente pas de le
faire, tout le reste n'a plus beaucoup de sens./p p class=spipJ'ai compris par à-coups
à quel point cette vie, même anormale, demeurait plus facile pour moi parce que
j'étais un garçon blanc, en bonne santé, héritier d'une histoire
militante et suffisamment peu bousillé par l'existence pour avoir à peu près
confiance dans sa tête et dans son corps./p p class=spipJ'ai vu que l'on avait tôt fait
de s'enfermer dans son ghetto avec ses potes, ses costumes, de regarder les « gens normaux
» avec des sourires entendus, de ne plus sortir de son « zoo alternatif », de ses
sigles « vegans », « black blocs », « crusts », «
anargeeks » et de récréer une culture à certains égards aussi
conservatrice que n'importe quelle autre malgré les couches de vernis contestataire.
Squatter, c'est trop souvent croire faire la révolution entre soi en attendant une
quelconque retraite à la campagne. J'ai heureusement aussi découvert en squattant que
le monde était encore plein de prolos radicaux, de mamies autonomes, de vieux militants
autodidactes, de quinquagénaires enragées et de voisins curieux qui regorgeaient de
savoirs, d'expériences et avec qui il était possible de réparer ses vieux
camions, de renforcer des piquets de grève, d'échanger des graines de courges ou des
recettes de lutte, d'apprendre à coudre ou à abattre des arbres, plein de gens
prêts à donner des poêles à charbon, un tracteur, un labo photo, un
témoignage au tribunal ou des doubles des clés de la maison qu'ils viennent de
quitter./p p class=spipSquatter m'a montré qu'il y avait toujours des camarades pour vous
héberger si vous étiez en rade dans une ville inconnue et qu'il y a cent lieux
où partir apprendre et proposer son aide. J'ai appris qu'il y avait toujours les
matériaux et savoir-faire dont vous avez désespérément besoin sur un
des autres îlots d'un archipel de collectifs et de maisons urbaines ou campagnardes, et que
tout ça peut transiter jusqu'à chez vous par le prochain convoi. J'aime que les
maisons où je vis soient des plates-formes de départ aux quatre pôles vers les
péages les plus proches./p p class=spipSquatter a changé ma vie en tant qu'outil de
résistance politique. Cela m'a confirmé que, pour lutter, il faut aussi créer
des environnements propices à expérimenter d'autres modes de vie et les faire
ressurgir partout ailleurs, que pour passer à l'offensive, il faut disposer de bases
où se retrouver, se préparer et se ressourcer. Squatter m'a montré que l'on
pouvait faire converger utilement en un même lieu des luttes pour les transports gratuits ou
contre les frontières, pour soutenir des travailleurs en grève ou contre la
construction d'une prison, contre l'aseptisation des quartiers ou pour des médias
indépendants, contre les technologies de contrôle ou pour une informatique subversive,
que l'on pouvait soutenir des révoltes au Nigeria et oeuvrer localement à la
destruction du capitalisme ou du patriarcat. Squatter m'a montré que s'acharner sur
certaines de ces luttes pouvait transformer la ville et faire plier les autorités, les faire
sortir de leurs gonds et baver de rage, et m'a offert plein de temps à y consacrer./p p
class=spipSquatter m'a donné foi dans la force des regroupements, sans qu'il soit
nécessaire d'attendre un mouvement de masse. J'ai vu que l'on pouvait débarquer
à trente avec nos brosses à dents à la Lyonnaise des eaux pour obtenir un
contrat, fermer une préfecture en l'attaquant avec des épées en carton, hurler
devant le commissariat pour sortir des potes de garde à vue, balancer des gravats ou du
compost dans les bureaux du maire et finalement obtenir gain de cause parce que l'on n'est plus
seul, que l'on est prêt à revenir et que l'on s'est appris les un-e-s les autres
à leur tenir tête./p p class=spipSquatter m'a prouvé que quand l'époque
s'accélère, que les usines, les facs et les rues sont bloquées, nous
disposions d'une capacité à nous jeter à coeur ouvert dans la bataille avec
des véhicules et des gamelles, des masques et des mots, des matelas et des pieds de biche,
des chaînes et des sonos, et les forces nécessaires pour transmettre des pratiques
d'action et d'organisation éprouvées dans le quotidien./p p class=spipSquatter m'a
montré que la paix est un luxe réservé à certaines personnes qui
bénéficient d'une position sociale accommodante, choisissent de se taire et de fermer
les yeux. Je sais que dans notre cas, se refuser au silence peut nécessiter d'apprendre
à se faire des portes blindées, à dormir d'une oreille, et à courir
avec des extincteurs ou des barres de fer. Je sais que cela nécessite de trier ce que l'on
raconte au téléphone, de se préparer aux risques de perquisitions chez soi et
de s'habituer à ruser la police, les voisins psychopathes et les crétins à
croix gammée qui tirent sur votre maison ou vous sautent dessus au coin d'une rue...
Squatter m'a offert quelques moments cauchemardesques, de tensions extrêmes, de paniques et
de sang sur le palier. Je sais par ailleurs que la création de zones autonomes ouvertes,
sans vigiles ni caméras, autorise des alliances improbables et l'expression d' «
anormalités » autrement réprimées, permet de s'organiser pour
éviter un tas de discriminations et de violences, mais n'empêche pas de devoir
être prêt à virer les relou-e-s des soirées quand ils-elles sont trop
relou-e-s ou que tu as vraiment trop envie d'aller te coucher. Squatter m'a appris à
accueillir et soutenir des inconnu-e-s, mais aussi à ne pas ouvrir à d'autres parce
que ce n'est pas un « hôtel alternatif » et qu'il y a des situations où ce
n'est pas possible. Cela m'a valu de me faire traiter suivant les goûts de « fasciste
», de « paranoïaque », de « petit bourgeois » ou de «
sectaire », quelquefois par des personnes réellement à la rue ou graves
à l'arrache, mais bien souvent aussi par de généreux-ses citoyen-ne-s qui
vivent dans des apparts confortables et sont bien content-e-s de ne pas avoir à se
confronter à la merde des autres, à part dans les livres et les débats de
bistrots. Squatter m'a appris qu'on n'a beau faire, on n'est pas à Disneyland, et que l'on
vit dans un univers hostile à nos pratiques, où nos enclaves « autonomes
» se font vite pourrir de l'intérieur et attaquer de l'extérieur si on ne les
défend pas./p p class=spipJ'ai appris qu'on peut voir sa maison bêtement partir en
fumée en quelques dizaines de minutes après avoir combattu quatre ans pour la garder,
fondre en larmes, relativiser l'importance de tout ça, passer l'été aux aguets
et en action au milieu des décombres et puis reconstruire quand même sur les cendres
parce qu'on a décidé de rester même si on peut tout perdre./p p
class=spipSquatter m'a appris diverses manières d'attendre ou de provoquer. Je me suis
réveillé encore saoul après un nuit de concert et deux heures de sommeil avec
un CRS et des insultes au pied de mon lit et toute notre façade fracassée, et je me
suis juré d'essayer de ne plus jamais revivre ça. Je me suis rendu à un petit
déjeuner avec une soixantaine d'autres personnes dans la rue un matin glacé de
janvier à 6 heures. Puis on a mis des voitures et des meubles en travers de la rue et aussi
du feu et de la musique, au beau milieu des gens qui partaient au boulot ou qui amenaient leurs
gosses à la halte garderie. Nous avions été invité-e-s ce
matin-là parce que les habitant-e-s du lieu voulaient choisir leur moment, leur terrain et
ne pas dépendre de la date choisie par la police. Et quand les camions anti-émeutes
ont fini par se décider à sortir groupés du commissariat, tous les grands axes
de la ville se sont trouvés subitement bloqués par des câbles et des barricades
enflammées, et la police par du goudron et des plumes. J'ai dormi des nuits en
été dans une maison vide, seul sous une remise pleine de gravats sous le toit avec un
baudrier, à suer en attendant la police qui a évidemment préféré
attendre que l'on se lasse et venir quelques semaines plus tard. J'ai dormi dans un hangar à
coté d'un bidon de 200 litres rempli de béton armé dans lequel j'étais
censé cadenasser mon bras si ils arrivaient, mais ils ne sont jamais venus et nous avons
gagné. Et puis un jour je me suis réveillé par une matinée pluvieuse
d'août, après avoir dormi un mois et demi sur les toits, répété
des scènes d'expulsions, fait de cette attente une fête offensive et créative
continue, et pensé qu'ils ne viendraient peut-être plus et que l'on allait continuer
à vivre comme dans un rêve. On savourait des croissants et de nouveaux projets
d'installation aérienne et... ils sont arrivés... à l'heure de l'apéro,
cent policiers courant dans tous les sens et bouclant le quartier, mais cette fois nous avions tenu
l'attente et tou-te-s les habitant-e-s de cette rue squattée étaient posté-e-s
sur les toits, prêt-e-s à les recevoir./p p class=spipSquatter m'a donné
confiance dans les capacités de nos réseaux à s'entraider à une
échelle large : quand des gens débarquent de partout parce que votre maison va mal,
manifestent ensemble contre les magouilles d'un bailleur social lors d'une intersquat francophone
ou se coordonnent dans diverses villes pour(...)
Hier, France 2 a diffusé dans son émission envoyé
spécial, un excellent reportage sur Facebook.
Planète Facebook
Un reportage de Jérémie Drieu et Matthieu Birden
“T’es sur Facebook ?” : une question en forme de cri de ralliement pour la
planète entière… Avec 150 millions d’utilisateurs dans le monde et plus de
4 millions en France, Facebook est devenu un phénomène de société. Ce site de
réseau social permet de créer autour de soi une véritable communauté pour
échanger avec ses amis, retrouver des copains d’enfance, partager des photos, des
potins et bien d’autres choses. En à peine deux ans, le site a révolutionné
la façon de communiquer, comme le téléphone portable ou les mails en leur temps.
Derrière ce succès, un jeune homme, Mark Zuckerberg, devenu milliardaire à 24 ans
et qui a eu cette idée de génie dans sa chambre d’étudiant sur le campus de
la prestigieuse université de Harvard.
Aujourd’hui, même Barack Obama l’a adopté pour faire campagne et devenir le
nouveau président des Etats-unis. Envoyé Spécial s’est créé un
profil sur Facebook pour tenter de comprendre ce qui explique l’engouement autour du site
mais aussi les risques pour la vie privée de chacun.
Ce reportage est maintenant disponibles sur Youtube découpé en 4 parties.
p Pour sa première participation à une épreuve WRC, Sébastien Ogier
n’aura pas tardé à montrer ce dont il était capable en occupant la
tête après trois spéciales. Sébastien Loeb, lui, n’a pas pris de
risques inconsidérés. /pdiv class="feedflare" a
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JERUSALEM - La circoncision traditionnelle chez les juifs, effectuée par des religieux,
augmente les risques d'infection des voies urinaires chez les ...
br / bAuteur:/b a
href='http://www.cinezik.org/forum/profile.php?mode=viewprofileu=3'YuHirà/abr /br /
bPosté le:/b Ven Déc 05, 2008 3:34 pmbr /br / br /br / Alors j'ai vu Two Lovers... br
/ br / Euh que dire... Le film est très bien fait, il y a quasiment tout pour
émouvoir le spectateur, les interprètes sont superbes... Et pourtant je suis
resté de marbre!!!! Le film a glissé sur moi... Est-ce parce que le film est
silencieux la plupart du temps? Je ne sais pas. C'est possible, même si je pesne que le
silence - un risque - est préférable afin de mettre en valeur les dialogues. Mais il
y a aussi quelque chose de vraiment trop convenu dans cette histoire. Cette façon de voir
ces adultes comme des adolescents qui ne voient tout qu'à court terme fait qu'on reste
à la surface des sentiments. Je n'arrive pas à partager les émois du
protagoniste: on ne nous en laisse pas le temps (c'est là que je me rends compte à
quel point les séries ont une longeur d'avance désormais). De plus James Gray
n'exploite pas du tout les troubles bipolaires du héros, dont on sait pourtant à quel
point ceux-ci peuvent perturber une relation amoureuse. Alors certes, on pourrait dire que les
troubles bipolaires expliquent la volatilité amoureuse de J. Phoenix: dans ce cas cela me
paraît une vision très simpliste de cette maladie.br / br / Peut-être
attendais-je trop de ce film après tout.
CM-CIC Securities passe d'achat à conserver sur EDF et réduit son objectif de cours
de 67,20 à 55,60 euros. "Nos ajustements sur les perspectives pour 2009 et après,
couplée à la crainte que le risque politique et sa perception par les observateurs de
Societe : SEGULA - Lieu de travail : Plessis Robinson - Type de contrat : CDI - Salaire : 35 KEuros
- Detail : Dans le cadre de notre fort développement, nous recherchons, pour un de nos
client un ingénieur Qualité Electronique. Au sein de l'équipe
d'ingénierie électronique, il s'agira d'assurer la maitrise de la qualité du
projet de développement d'un système électronique et des bancs de tests
associés : - Vérifier la bonne application des dispositions qualité mise en
?uvre, - Analyser les écarts et conduire les actions correctives nécessaires, -
Participer à l'identification et à la clôture des risques projet, - Animer et
approuver les revues qualité (complétude, clarté, suivi des actions), - Mettre
en ?uvre les commissions de traitement des non conformités (CTNC), assurer le suivi des non
conformités, - Participer aux pré-acceptations et acceptations produit. De formation
ingénieur qualité avec une spécialisation dans les équipements
électroniques, vous disposez d'une expérience dans l'aéronautique. Vous avez
une habilitation Confidentiel Défense ou vous êtes habilitable. Vous avez une bonne
connaissance de l'anglais (rédaction de documents). Vous êtes rigoureux, autonome et
dynamique. Vous disposez d'une aisance orale, écrite et d'un bon relationnel. Nous vous
offrons la possibilité d'intégrer un environnement de travail motivant et très
évolutif au sein d'un groupe en pleine croissance.
Météofrance a lancé aujourd'hui dans un communiqué une mise en garde
contre le risque d'avalanche dans les Alpes françaises, affectées par "un
épisode actif de mauvais temps", et appelé pour cette fin de semaine à la
vigilance "pour toute sortie en montagne"...
Météo France a placé vendredi le Pas-de-Calais en vigilance orange en raison
de risques de crue après les fortes précipitations de la nuit qui ont
entraîné quelques inondations de routes.
Le Pas-de-Calais en vigilance orange
Gustave Flaubert, Un coeur simple, Rome, Portaparole, coll. "Maudit", 2008, 168 p. Prix : 15,00
€eISBN : 978-88-89421-64-2 Présentation de l'éditeur :Le livre : Un
Coeur simple ouvre le recueil de Trois contes, écrits entre 1875 et 77, époque
où Flaubert est harcelé par les tracas financiers de sa nièce adorée,
et risque de perdre sa grande maison de Croisset. Une fois le danger passé il se consacre
à ce récit où il raconte l'histoire d'une servante prête à
sacrifier sa vie aux autres, incapable d'avoir une vie à elle. Jeune elle s'éprend
d'amour pour Théodore qui l'abandonne. Puis elle sera une deuxième mère pour
Paul et Virginie, les deux enfants de Madame Aubain, qui lui causeront de grands chagrins. Elle
aura une grande affection pour son neveu Victor, qui disparaîtra après s'être
embarqué. Un jour sa patronne recevra comme cadeau un perroquet, qu'elle n'aime pas et lui
donna. Félicité sera alors heureuse, au perroquet elle donnera toute son affection
qu'elle croira partagée. L'auteur de la préface : Piero Toffano a fait ses
études à Venise, sous la direction de Francesco Orlando, il a passé la
maitrise de Lettres avec une thèse sur Anatole France. Il a enseigné dans les
Universités d'Urbino et Palermo. Actuellement il est professeur de littérature
française à l'Université d'Urbino. Il a écrit un livre sur La
Rochefoucauld (La figura dell'antitesi nelle massime di La Rochefoucauld, Fasano, Schena 1989,
traduit sous le titre Poétique de la maxime, Orléans, Paradigme 1998), et sur
Flaubert (Un'interpretazione di Salammbô, Padova, Unipress 2000). Il a écrit des
essais sur les mémorialistes français du XVIIe siècle et sur La
Bruyère, Racine, Chateaubriand, Baudelaire, Proust, etc. Il a collaboré avec les
maisons d'éditions Marsilio, Rizzoli, Mondadori et Bulzoni.Le traducteur : Elisabetta
Sibilio, directeur de la collection Maudit, est professeur de Littérature française
à l'Université de Cassino. Spécialiste de la poésie de la seconde
moitié du XIXe siècle, elle a publié des essais sur Lautréamont,
Baudelaire, Laforgue, Rodenbach. Elle a en outre collaboré à la traduction en italien
du Peintre de la vie moderne de Baudelaire, elle a traduit deux des plus importantes comédie
de Musset, et des oeuvres de romanciers contemporains comme Kessel, Fiechter, Boulanger,
Apleboïm, ainsi que divers essais. br [...]
Le Pas-de-Calais est en vigilance orange à cause de risques de crue. Les fortes pluies de la
nuit ont entraîné quelques inondations de routes, indiquent Météo France
et la préfecture...
pour répondre au plaisantin(posté par 82) qui lui s'est contenté d'une courte
phrase br /mardi 2 décembre 2008 Les IUT de Midi-Pyrénées br /Plusieurs
milliers d'étudiants en IUT de Midi-Pyrénées ont manifesté mardi
à Toulouse, Auch et Tarbes pour dénoncer les risques que la loi relative à
l'autonomie des universités (LRU) fait peser selon eux sur leur filière, ont
constaté des journalistes de l'AFP. Les étudiants, qui se sont déjà
mobilisés il y a une semaine avec les responsables des instituts (...)
Alors que les débats sont déjà houleux à l'Assemblée Nationale
au sujet de la réforme de l'audiovisuel public, une nouvelle rumeur risque de semer encore
un peu plus le trouble. Selon le quotidien économique [...]
Déjà bien dans la panade, Midway encourt aujourd'hui le risque d'être mis en
faillite. Un rapport de la SEC, la Security and Exchange Commision, organisme de régulation
du marché américain, dévoile que l'éditeur n'a que 50 jours pour
rembourser les 1(...)img width='1' height='1'
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p class=spip Et si on se faisait une petite émission télé ? Allez, au hasard
(le hasard en ces lieux s'appelle le Capitaine, pointant son index impérieux sur ce qui
mérite qu'on s'y attarde), Zone interdite : le numéro de dimanche soir portait un
titre étrangement long, abstrait et compliqué : « Précarité,
discrimination, logement : douze millions de français en danger »./p p class=spipEn
fait, derrière son côté ramassis de problèmes touchant
énormément de gens divers, le titre, pudique, n'osait pas dire son vrai sujet, qu'on
peut résumer comme suit : plus on est vieux, plus on risque d'être pauvre. Comme
ça faisait deux mots - vieux, et pauvre - que les médias évitent
scrupuleusement, la rédaction a préféré le ramassis compliqué,
nous laissant découvrir peu à peu qu'il ne serait question que des plus de cinquante
ans (parfois un tout petit peu moins, souvent beaucoup beaucoup plus) et de leur difficulté
à trouver les moyens de leur survie./p