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Infos Fabula -
1 days and 2 hours ago
Semiotica 170 1/4 , Berlin/New York, Walter de Gruyter, 2008. Semiotica, Triple special issueVolume
170-1/4 (2008)Le Royaume des signes ou la recherche sémiotique au MarocGuest Editor :
Mohamed BernoussiPrésentationMohamed BernoussiSemiotic research in Morocco : An
InventoryMohamed InfiBarthes ou EcoMohamed BernoussiSémiotique de la réception et
approche sémantique des textesEl Mostapha ChadliLa dimension interprétante de
l'expérience onirique dans la tradition onirocritique musulmaneMehdi KaddouriSocial Context,
Language and Semiosis in Wole SoyinkaAbdallah MalkiReview articleLe Corps comme non-signe dans la
tradition arabo-musulmaneLe dernier numéro de Semiotica offre une matière bien
copieuse pour cette rentrée puisqu'il abrite dans le même volume trois numéros
spéciaux , le premier intitulé Semiotic perspectives on emergence, le second
consacré à la sémiotique en Chine et le troisième à la
sémiotique au Maroc dont on trouvera ici le sommaire et la présentation.
L'intitulé le Royaume des signes ou la recherche sémiotique au Maroc se veut d'abord
un hommage à la pensée de Barthes et à son Empire des signes ; il voudrait
aussi rappeler une réalité souvent négligée par nombre de
sémioticiens, à savoir qu'on ne peut étudier les signes sans
s'intéresser à ceux par qui ces mêmes signes transitent, ici les Marocains en
tant qu'entité historique ou semiosis. L'objet de ce numéro spécial est de
faire écho aux aspects et aux problèmes de la recherche sémiotique au Maroc.
Il tourne autour de quatre axes : le premier constitue une introduction globale, le second concerne
la sémiotique et le patrimoine, le troisième concerne les possibilités
d'application de certains modèles sémiotiques et le quatrième concerne des
projets de synthèse, qui ont pour ambition de s'appuyer sur ce qui a été
déjà entrepris en sémiotique pour construire des modèles d'analyse plus
performants d'une part, et pour installer une sorte de dialogue entre par exemple la
sémiotique de l'Ecole de Paris et les sémiotiques anglo-saxonnes d'autre part . Le
premier axe a pour but d'offrir une synthèse globale de ce domaine à travers deux
études, chacune à sa manière. L'article de Mohamed Infi, qui constitue un
panorama des études sémiotiques entreprises depuis les années soixante,
retrace l'évolution de ce champ depuis l'émulation créée par Roland
Barthes lors d'un séjour académique à l'université de Rabat ; il
constitue le point de départ d'une série de travaux consacrés à la
théorie du sens chez les philosophes arabes ou dans d'autres domaines attenants à la
sémiotique [...]

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Tuxboard - Musique, Clips Vidéos, Images Insolites, Photos, Blind Test, Actus, Humour ! -
1 days and 13 hours ago
L'Equipe de France arrache le match nul en Roumanie 2 buts à 2. 2 buts de Ribery et
notamment Gourcuff qui signe surement le plus beau but que la France n'a pas vu depuis quelques
années. Un but qui fait penser à celui qu'avait mis Zidane lors de sa première
sélection face à la République Tchèque. Vidéo Buts Roumanie
France 2-2 (résumé) La France évite le pire en ramenant le nul grâce
à un superbe duo Ribery-Gourcuff. Les Tricolores sont encore vivants et sont loin
d'être décrochés de la course à la qualification. Pour espérer,
il faudra tout de même se trouver une défense !! Détails des buts : ROUMANIE :
F.Petre 6e, N.Goian 17e FRANCE : F.Ribéry 36e, Y.Gourcuff 69e
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Radio-Canada | Hockey -
1 days and 14 hours ago
Le Slovène Anze Kopitar signe une entente de 7 ans avec les Kings de Los Angeles.
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Open"Source::critere -
1 days and 15 hours ago
Pour le sociologue Immanuel Wallerstein, la crise actuelle signe la fin du capitalisme. D'ici peu,
un nouveau système aura émergé. Sera-t-il plus redistributif ou au contraire
plus violent ' Le champ est ouvert.
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News Reggaefrance.com -
1 days and 15 hours ago
Forte de ses récents succès (dont Keep it to yourself produit par Don Corleon,
actuellement dans les charts) Queen Ifrica vient de signer un...img width='1' height='1'
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chez VP
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Le Monde.fr : A la une -
1 days and 16 hours ago
Pour le sociologue Immanuel Wallerstein, la crise actuelle signe la fin du capitalisme. D'ici peu,
un nouveau système aura émergé. Sera-t-il plus redistributif ou au contraire
plus violent ? Le champ est ouvert.img width='1' height='1'
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Emu Nova | Actualité -
1 days and 16 hours ago
Human Ktulu inaugure cette fournée avec deux jeux sur Amiga : strongLost In Mine/strong est
un bon jeu de réflexion dans lequel on doit s'emparer du contenu de coffres dans chaque
salle d'une mine... en un temps limité et dans des environnements de plus en plus complexes.
Mais strongTotal Carnage (CD32)/strong, lui, est un shmup médiocre et laid.br / br /
Antekrist signe les trois tests suivants. Un beat 'em up pas terrible, copie du premier
épisode, strongBrutal Unleashed : Above the Claw/strong sur 32X. strongBlaster Master
2/strong, un jeu d'action/plates-formes moyen sur Megadrive. Et un bon jeu d'aventure typé
heroic-fantasy sur la même console, strongBlades of Vengeance/strong.br / br / On termine par
davy1 qui nous parle de strongBlue Stinger/strong sur Dreamcast, un jeu d'action peu connu, dans la
lignée d'un Resident Evil mais qui se prend moins au sérieux, et qui mérite
apparemment qu'on s'y intéresse. pa
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infokiosques.net -
1 days and 20 hours ago
Download the attachment
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onmouseover=this.src='IMG/artoff619.jpg'
onmouseout=this.src='http://infokiosques.net/IMG/arton619.jpg' class=spip_logos / div
class='rss_chapo'p class=spipJ'ai trouvé ce bouquin de 1977 dans une boutique Emmaüs,
pour 1 euro. J'ai mis deux jours à le lire. Je n'avais jamais entendu une parole aussi
sincère, sensible, engagée dans le domaine de la psychiatrie. Les auteurs ne se
cachent pas derrière des termes techniques, des concepts qui mettent une distance avec un
monde qui nous est si proche, bien que caché./p p class=spipKarlin et Lainé ont fait
une expérience : un film pour la télé (Antenne 2 à l'époque),
qui va se transformer en 7 heures de films sur La santé mentale des français. Ils ont
eu la chance, années 70 obligent, de pouvoir y développer un discours, de se mettre
en jeu. En parallèle, ils ont écrit ce bouquin, parce qu'il y avait trop à
dire sur toutes les personnes qu'ils ont rencontrées, pendant deux ans. Ils ont
rencontré des fous et des normaux, ils se sont aussi rencontrés eux-même dans
un jeu de va-et-vient entre normalité et folie./p p class=spipKarlin fait des films,
Lainé est psychiatre. Ils ont écrit ce livre (paru aux Editions sociales en 1977) en
utilisant le pronom personnel je, pas pour se disperser et faire un jeu rhétorique, mais
pour se complexifier, se densifier, mettre en avant le commun. C'est intéressant comme
lecture, on peut se reconnaître dans ce je, déjà la somme de deux
pensées, et ouverte à d'autres./p p class=spipCe n'est pas une position de principe,
de trouver du commun dans des vies de fous, de trouver tout fou, ou alors dire que les fous ne sont
pas fous. Cette expérience les a ébranlés, profondément. Les extraits
choisis sont émouvants, ou questionnants. Ils dénoncent et racontent
l'expérience de la rencontre. Ils sont aussi une lecture politique de la
société qui fabrique la folie./p p class=spipIl y est question d'un certain regard,
celui qui transperce les images pré-conçues, qui voit une personne et sa vie avant de
voir qu'elle est étiquetée malade mentale. Ce regard change tout, et m'a donné
envie de partager certains de ces textes, planqués dans un vieux bouquin qu'on ne trouve
plus que par hasard./p p class=spipi class=spipUn têtard dans la mare/i/p/div div
class='rss_texte'hr class=spip / h3 class=spip extrait 1 --- (pp.42-53)/h3 hr class=spip / p
class=spipUne fabrique de papier : le jour où j'y rencontre Antoine, il est un ouvrier parmi
les autres. Rien ne l'en distingue. Ils sont quelques-uns, solidaires, à constituer
l'équipe en poste qui veille auprès d'un monstre agité, soufflant une
humidité irritante, la machine à papier. Comme cela, ils semblent presque inutiles.
Soudain, une lumière vive - la sirène - la vaste feuille de papier que la machine
secrète, se brise. Tous courent, trouvent une place exacte, un rôle nécessaire.
Antoine sait comme les autres les gestes sûrs et précis qu'on attend de lui./p p
class=spipA l'heure du casse-croûte, la machine apprivoisée poursuit sans trêve
sa rotation productrice. Minuit : la fraîcheur de la nuit adoucit l'atmosphère. Pas
question de relâcher la vigilance, mais c'est un moment presque tendre./p p class=spipQui
pourrait dire qu'Antoine souffre, qu'il pleure parfois chez lui, au fond de son jardin ?... Ici
rien n'y paraît. Il est un ouvrier à l'oeuvre au sein d'une équipe. J'aurais pu
dans ce groupe être fasciné par un autre destin./p p class=spipIl est vrai aussi que
certains regards retiennent un instant, comme si l'on se gardait de prononcer une question : i
class=spipQu'y a-t-il de commun entre nous pour qu'un trouble et subtil sentiment de
déjà vu, reconnu, nous interroge au passage ?/i/p p class=spipPlus tard, j'ai revu et
entendu Antoine plusieurs fois, en reprenant les images et le son du film qui conservaient sa
présence. J'ai peu à peu trouvé la réponse./p p class=spipi
class=spipAntoine a mon âge. Son prénom est presque le mien/i. Il est ouvrier d'usine.
Depuis son adolescence, l'histoire de sa vie s'est tracée dans le rapport qu'il a
établi avec une machine, une entreprise, un système qui lui imposent un statut. Il a
tenu à n'être jamais rencontré ailleurs que sur son lieu de travail. i
class=spip Mon père, comme lui/i, a bâti son histoire dans ce même statut. Comme
lui, un destin l'a très tôt, dès les premiers temps de sa vie,
emprisonné dans un drame, une dette, puis, conduit à l'autre aliénation, celle
de l'usine et de l'exploitation./p p class=spipIl ne tient pas au hasard qu'Antoine me soit apparu
comme l'exemple de ce que le raisonnable contient de folie./p p class=spipAntoine est un homme
solide, planté. Mais son visage est grave. Il a la responsabilité de celui qui
témoigne. Victime ou accusateur ? Les phrases se suivent, peu à peu elles se
remplissent de sens, bousculent, précipitent des mots qui soudain éclairent un champ
plus large et dévoilent à travaers une plainte singulière, la
réalité des atteintes qui aliènent les hommes./p p class=spipAntoine n'a trahi
personne. Il s'est conformé aux exigences qui lui assignaient très tôt un
destin. Il est vrai qu'il y avait des risques à prendre d'autres routes que la sienne.
Maintenant, il est tard. Antoine a 46 ans. Il est marié, a deux enfants. Il est i
class=spipconducteur/i d'une énorme machine. Peu de chances existent pour le rendre à
lui-même et à tout ce qu'il i class=spipaurait pu/i devenir./p p class=spipPour
Antoine, il n'est pas facile de parler. Sa voix parfois se brise. S'il parlait, il pourrait bien
retrouver des rêves peuplés de vieux démons dont le temps, en passant, a
estompé l'image et atténué le souvenir. Le destin d'Antoine, c'est comme une
fausse sécurité. Il est fixé, mais au prix de quel sacrifice ? Son
frère aîné Pascal - i class=spipAgnus Dei.../i - a été
donné à une tante maternelle qui souffrait de ne pas avoir d'enfant. Antoine est
né dans le creux de cette absence. Avant de naître, il est l'autre./p p class=spipTout
est tracé depuis lors. L'espoir, un possible inattendu, c'est bon pour ses enfants.
Lui-même n'a plus guère à maîtriser d'images dans lesquelles se cabrerait
le désir. Il dit : i class=spipIl y a quelqu'un d'autre, j'aimerais pouvoir être
quelqu'un d'autre, devenir quelqu'un d'autre, mais devenir, comment faire ?... Il faut suivre son
destin... Comment en sortir de cette vie là ?/i Au village, on dit de lui : i
class=spipC'est un bon ouvrier/i. Il espère qu'on le pense. Il adhère le plus souvent
à la parole qui le décrit conforme au modèle de l'homme bien adapté :
bon fils, bon époux, bon père, bon travailleur. Ainsi s'accentue l'épaisseur
du masque choisi pour mieux cacher l'intensité du renoncement et du sacrifice. Antoine n'a
pas opté pour le voyage de la folie. Il a trouvé une autre place dans ce drame. Il ne
déroge en rien à ce qu'on attend de lui. Il est raisonnable. Pourtant, comme la
folie, son histoire avance en dérobant son propre sens. Son statut d'ouvrier recouvre les
déchirements de son drame personnel. Il peut ansi croire que sa tragédie se limite
à son histoire sociale : une réalité de classe prend le relais d'une
aliénation initiale comme pour la gommer. Une machine à laquelle s'adapter et une loi
à laquelle se soumettre le protègent de tout retour en arrière./p p
class=spipAntoine est né sous un signe négatif. Un vieux monde bâti sur le
sacrifice des désirs humains, lui en renvoie bientôt l'impérieux écho
qui lui affirme son renoncement comme seule possibilité vitale./p p class=spipUn signe
négatif : Tu ne seras pas toi, tu seras ton frère aîné donné
à cette autre femme./p p class=spipAntoine. On se prend à rêver. Les syllabes
se détachent, basculent, se recomposent en un autre sens. Antoine. EN - TOI - NE. Non en
toi./p p class=spipPauvre naissance ! En ce moment où s'arrachait son corps, PRÉSENCE
réelle, à l'image qu'on s'était faite de lui, n'est-ce pas une négation
qui signifiait sa personne et son désir propre ?/p p class=spipLa question, c'est bien celle
de la place et du signe. Sous quel signe cet enfant est-il né ? Quelle est sa place dans le
désir des parents ? Quelle est sa place dans la famille et dans le premier langage à
lui adressé ? Quelle est sa place dans le monde ?/p p class=spipIl n'y a pas là une i
class=spipsuccession/i de questions mais déjà l'ébauche d'une destinée.
Elle va modeler, modifier les images dans lesquelles se forme l'imaginaire, et la
représentation de soi-même dans les rapports au monde et au temps. Elle risque
même d'empêcher de trouver sa place dans le langage et dans l'Histoire, ou de la
réduire à celle d'une existence mutilée./p p class=spipLe désir propre
de l'enfant se trace à partir de ce qui le précède. Il fait de lui une
personne parlante, mais il l'inscrit i class=spipaussi/i dans la vie des hommes et des femmes de
notre temps./p p class=spipAntoine décrit sa vie comme la suite de l'histoire de sa famille
ouvrière. Son grand-père, son père, sa mère, un frère,
lui-même : deux cent vingt années données à l'usine. A 15 ans, son
père le fait entrer comme manÅ“uvre. Depuis, dans son propre temps, se
confondent celui de l'histoire familiale et celui de l'usine./p p class=spipAntoine pense qu'en lui
les moyens n'existent pas pour résister à ces lois : i class=spipIl me manquait
quelque chose, ne pas pouvoir.../i/p p class=spipIl est fasciné par une impossible
identification au frère aîné. Il l'imagine heureux, ailleurs. C'est sa raison
de vivre, sa raison aussi de rester enfermé dans ce rôle de substitut, à
combler la béance ouverte par le départ de Pascal, l'autre : i class=spipJ'aurais
voulu faire des tas de choses que je n'ai pas pu faire... ESSAYER D'ÊTRE COMME MON
FRÈRE QUOI. C'est toujours la question, revenir en arrière. Je n'ai pas pu faire.
J'aurais voulu être intelligent, je n'ai pas pu./i/p p class=spipAntoine ne se révolte
pas. Il se soumet à l'idée qui justifie les écarts de la puissance et tant de
vies gâchées, en invoquant l'intelligence comme un don qui tantôt pourvoit,
tantôt fait défaut. L'idéologie régnante vole au secours d'un autre
questionnement sur la distribution des destins et la négligence des espérances./p p
class=spipA l'école, Antoine peine pour apprendre. On l'abandonne. Il apprend seul à
lire et à écrire. Déjà, il lui semble qu'il lui manque quelque chose.
Pourtant il aime la musique tendre. Il est le préféré de sa mère. Son
père est sévère, parfois violent. A dix ans, il part garder les vaches, la vie
est dure à la maison. Il faut nourrir les parents. Nourrir, réparer, combler les
vides, c'est bien là la i class=spipvocation/i d'Antoine./p h3 class=spip*/h3 p
class=spipTrès tôt, Antoine est angoissé. Il se voit mal parti. Il dit : i
class=spipIl a fallu essayer de vivre, de s'en sortir, mais c'est dur de vivre, pour ma
génération. Les autres gars qui travaillent avec moi à l'usine, ils ont
souffert aussi./i Pour Antoine, les mutilations dont il souffre ne lui sont pas
particulières. Il sait que l'Histoire et le système social le solidarisent avec ses
frères de classe./p p class=spipLe temps du service militaire Antoine échappe
à sa destinée. Dans l'espace d'ailleurs, son identité prend un peu de jeu.
Antoine se libère pour une fois de l'angoisse qui l'étreint. Le désir entre
dans sa vie. Il rencontre une femme qui l'aime. Elle est d'un autre pays : une Autrichienne :
L'Autrichienne, comme il dit. Il est capable d'être aimé, d'aimer, l'aventure est
enfin accessible mais i class=spipailleurs/i, comme un rêve./p p class=spipElle rentre avec
lui au pays. Sa mère, sa soeur ne supportent pas. Son père le menace, couteau sur le
ventre. Affolé, rappelé à l'ordre de son destin, il éloigne la femme de
son amour dans un hôtel à la ville. Le lendemain, il veut la rejoindre, elle est
partie. i class=spipJe ne l'ai jamais revue.../i/p p class=spipParfois, ça lui revient. Les
espoirs perdus s'ajoutent au sentiment pesant de ce destin à ne pas être. Il dit aussi
: i class=spipElle était droguée, sous l'influence d'un banquier./i Peut-être
vaut-il mieux noircir le roman pour se protéger du regret. Il sait pourtant qu'elle
l'aidait, qu'elle appelait sa fuite./p p class=spipLorsqu'il parle du mariage, Antoine ne pense pas
au sien. La première image qui lui apparaît, c'est celle de son frère. Il a
réussi, il a fondé un foyer. Il est heureux. Quand plus tard, Antoine s'est
marié, il n'y avait personne. Ses parents voyaient en son épouse, comme en toute
femme, quelqu'un qui ne leur plaisait pas./p p class=spipQuelle fille pouvait, prenant Antoine,
plaire à ses parents ? Quelle femme aurait pu entrer dans sa vie sans qu'aussitôt ne
resurgisse la souffrance du départ du frère pour l'autre mère ?.../p p
class=spipA faire le bilan, Antoine retrouve l'angoisse qu'il a éprouvée à
être enchaîné à la place d'un autre. La conscience affleure. Il s'en
faudrait de peu qu'il reconnaisse l'origine de son malheur dans ce qui l'a destiné à
protéger sa famille de la violence des grandes blessures./p p class=spipHeureusement, la
machine. i class=spipIl n'y aurait plus rien, s'il n'y avait pas la machine./i L'usine, la faction,
cette humidité, le bruit précipité, heurté, assourdissant, la
poussière, la vibration, cette gigantesque menace adressée aux bras, au corps des
hommes. La machine happe la pâte à bois, puis dans un rapide et tortueux voyage quasi
intestinal, elle la transforme, la digère, la fait. Un ventre gigantesque conduit Antoine et
ses camarades. Un ventre gigantesque conduit par Antoine et ses camarades. A
l'extrémité s'enroulent des espaces blancs d'un papier vierge de toute
écriture, une peau fine sans cesse recréée./p p class=spipLa machine use,
sature. i class=spipDes fois, les jours de repos, on ne sait pas ce qu'on pourrait faire/i. La
machine domine les hommes qui la conduisent, mais elle est la preuve de l'existence d'Antoine. Elle
le sauve : i class=spipHeureusement qu'il y a la machine, autrement, il n'y aurait plus rien,
alors./i../p p class=spipAutrefois, le grammage se touchait à la main. Puis, un appareil
effectua ce contrôle. L'ingénieur vient le matin et consulte d'abord l'écran
électronique. i class=spipIl va le voir à lui, d'abord./i Il n'y a rien à
redire. La machine donne à Antoine la possibilité d'accomplir lui-même son
destin aliéné, d'y être actif comme s'il l'avait choisi./p p class=spipAinsi il
aime son métier, il s'est i class=spipintégré dans la machine./i Il a pris
part à sa mise en place, il s'y est fait autant qu'il l'a faite, ils se sont construits
ensemble. Mais, pour Antoine, hors de la machine, le risque est grand. i class=spipAu dehors...
rien, le vide, le néant./i/p p class=spipAntoine a deux enfants, Blandine et Marie. Elles
sont son espérance. Il donne à ses filles ce qu'il n'a pu avoir. Cela suffira-t-il ?
Il voudrait... i class=spipqu'elles soient heureuses, qu'elles puissent s'amuser/i. Elles font de
la musique et il en est fier. Il respecte leurs désirs profonds. Elles font de la musique et
il en est heureux : il attend d'elles la preuve que son propre destin n'est pas une fatalité
avec laquelle on ne puisse rompre./p p class=spipAntoine a renoncé à terminer les
tests qui lui auraient permis de devenir contremaître. Il a pensé que l'accès
à ces fonctions de maîtrise pourrait le conduire à faire un rapport sur un
accident corporel : du coup il a cessé d'écrire. Alors, il ne regrette pas./p h3
class=spip*/h3 p class=spipEtre l'autre, n'exister que pour réparer son absence, c'est vivre
dans le risque de la mort, être figé, fasciné par le miroir qui fait de lui le
symétrique négatif du frère. C'est aussi être contraint à
consacrer toutes ses forces à nier, demeurer ignorant que c'est l'autre qui le fonde en tant
que sujet aliéné. Le savoir serait détruire le frère, la mère,
lui-même. Antoine, mon frère, i class=spipl'autre/i, n'es-tu pas le plus atteint
puisque le statut d'un tel déni te condamne à un destin linéaire, inexorable
?/p p class=spipC'est une erreur de croire que la folie se repère en termes de scandale. Le
pire scandale est celui qui enferme dans un destin, trop accepté et trop conforme, où
tout s'organise pour éteindre le désir et nier la soumission à une telle
loi./p p class=spipL'aliénation d'Antoine se joue et se réplique sur deux
scènes conniventes. La scène d'une famille blessée où il naît,
attendu, imaginé pour réparer. Les regards se portent sur l'autre, parti, ailleurs,
imaginé pour réparer. Sa place, sa fonction sont désormais assignées
dans cette famille. Il doit devenir l'autre, en se confondant avec lui tout en le niant./p p
class=spipL'autre scène est celle de l'Histoire. Antoine est ouvrier, de nouveau lié
à la machine. En s'attachant à la machine, il prolonge son rôle de constructeur
des parents, de la machine, de lui-même, homme-machine. Il brouille ainsi plus amplement les
cartes de façon à ce qu'on perde la trace de son sacrifice dans la mutilation
sociale. Il peut transporter dans ce rapport-ci ce qui l'a signifié dans son premier statut,
puisqu'il y rencontre une loi aussi dure. Une loi communément partagée./p p
class=spipDans cette double contrainte, le cri d'un homme pourrait n'être pas entendu. La
voix d'Antoine s'éteint parfois. J'ai peine à l'entendre. C'est que l'action
surdéterminée de deux lois oppressives n'est pas facile à vaincre et sait
museler les plus grandes révoltes./p p class=spipi class=spipAntoine doit réparer,
mon père devait expier. Il était par sa mère rendu responsable de la mort
accidentelle d'un jeune frère, alors qu'il avait la tâche de le conduire à
l'école et de veiller sur lui. Je sais mieux maintenant pourquoi j'ai choisi Antoine. Le
destin de mon père est si proche du sien ! J'y retrouve la concordance entre une soumission
au désir d'expiation construit dans son rapport à une mère blessée, et
les nécessités de la classe à laquelle il appartenait. J'y retrouve la
connivence des deux scènes./p p class=spipUne question me vient en évoquant ce qui
dans un destin prend sens de sacrifice : ai-je bien mesuré ce que je dois au sacrifice de
mon père pour avoir pris le droit de transgresser la loi qui fixe des destins
d'exploités aux enfants d'ouvriers ? Et Pascal, saura-t-il jamais ce qu'il doit à
Antoine ?/p p class=spipMon père disait son aliénation. Le combat était pour
lui le moyen d'en maîtriser le sens./i/p p class=spipAntoine pourrait mieux comprendre son
aliénation, s'il participait activement à la vie syndicale qui anime l'usine. Qui
sait ? Ne risquerait-il pas ainsi de dévoiler à ses propres yeux ce qu'il a tant
besoin d'ignorer ? i class=spipJe suis les grèves. Je ne milite plus depuis la maladie de ma
femme. Il y a trop de problèmes à la maison, mais je tiens à mon syndicat./i/p
p class=spipi class=spipUn destin/i. Rien n'y a retenu le mouvement d'une vie, dans sa
précipitation vertigineuse d'une histoire singulière - un signe pris dans le fantasme
- vers une histoire sociale opprimante./p p class=spipDans la promptitude de ce passage, qu'on dit
destinée, s'est articulée la négation de soi-même et de son existence
propre. J'y ai reconnu la folie, comme l'innommable au coeur de la raison d'une souffrance
indicible. i class=spipCelle de mon père./i/p p class=spipi class=spipJe l'ai dit : mon
père était blessé par cette accusation de meurtre, plus lourde encore
lorsqu'elle ne s'énonçait plus. Le silence enferme de tels signes. Il les
développe comme des plantes nocives - leurs ramifications se répandent et
accompagnent les mouvements d'une vie. Elles trouvent toujours à s'agripper, à se
nourrir plus loin. La réalité de la vie de mon père s'ouvrait à lui par
des chemins, dont la plus directe ligne guide vers le statut d'une classe opprimée. Enfant,
j'admirais sa fierté, ses combats... Je m'interrogeais aussi sur sa souffrance. La condition
d'homme-machine exploité arrachait du sens à cette parole qui, si tôt, exigeait
de lui l'expiation. En retour, l'injustice sociale qui l'atteignait comme ses frères de
classe prenait pour lui une signification particulière : elle répliquait la
condamnation prononcée par sa mère./p p class=spipGrâce à mon
père, j'ai toujours su comme une pré-science que la folie est en dehors des
personnes, que certains la confondent à leur parole, que d'autres en nourrissent une
souffrance qui se mêle à leur vie, même si rien d'étranger ne les
sépare des autres./p p class=spipA l'usine, il assumait cette répétition
oppressive en luttant. Il narguait son destin par l'orgueil qu'il manifestait de la perfection des
pièces qu'il ajustait, de la qualité de son travail. Il déchiffrait les
mécanismes et les ruses de l'exploitation sociale dont il était victime. Il la
dénonçait, la combattait résolument, sans trêve. Il construisait un
monde./p p class=spipHors de l'usine, je l'ai souvent connu autre, victime, de nouveau hanté
par l'angoisse de je ne sais quelle malédiction. Il m'a fallu du temps pour comprendre
combien il est difficile de parer à une telle menace, lorsqu'elle se reproduit sans cesse en
écho d'une rive à l'autre : du lieu de l'enfance à celui du travail et des
rapports sociaux. Puis en retour, d'un statut social à celui d'époux, de père,
dans cet espace où chez l'adulte se découvrent à nouveau les zones de
l'enfance, restées sensibles./p p class=spipMon père, consolidé dans son
destin par la continuité de son rôle d'opprimé d'un temps à l'autre,
était aliéné par une vie qui n'en finissait pas de signifier./i/p p
class=spipJe ne voudrais pas qu'on puisse un instant croire que dans ma conviction, il suffirait
d'un signe précoce pour que désormais tout soit dit, joué,
déterminé dans la réalité d'une société - i
class=spipqu'elle autorise ou interdise que les humains s'épanouissent ou se disposent en
des rôles inégaux/i. C'est lorsque le drame social se saisit d'un être,
né sous un mauvais signe, et qu'il lui assigne une place de proscrit ou d'opprimé,
qu'un destin naît de cette réplication./p p class=spipAntoine n'est pas fou, mais pour
lui aussi, l'espace a manqué i class=spipentre les deux scènes sur lesquelles il a
joué son rôle, celle du fantasme qui originait en lui le sujet, celle de l'Histoire
sociale qui choisissait sa place dans une symphonie créatrice./i Oui, l'espace a
manqué pour que son désir lui autorise une histoire personnelle et librement
maîtrisée. La confusion des scènes a imposé une logique
aliénante, et comme on le dirait de la folie, une destinée./p p class=spipSi la folie
est ici : au coeur de la folie, l'aliénation de classe, et complices, les altérations
du désir et l'assignation à une position opprimée, tracent une voie
inexorable./p hr class=spip / h3 class=spipextrait 2 --- (pp. 67-78)/h3 hr class=spip / p
class=spipi class=spipJ'ai connu Tosquelles. En 1958, dans le cours de ma formation, je lui demande
de faire un stage de plusieurs semaines à St-Alban. Il accepta. Il travaillait avec Gentis.
Ce fut pour moi un moment important. Saint-Alban s'ouvrait à la communauté. Il y
avait là des clubs, une vie sociale, une création par tous, des paroles renaissantes.
Pour moi, habitué à la rigoureuse clinique de mes maîtres, c'était une
nouvelle vision de mon métier. Avec d'autres expériences, insolites ou même
marginales, celle-ci a contribué à faire naître en moi une position de refus.
J'ai continué à apprendre, et j'ai su qu'à défaut d'une bataille nous
solidarisant, nous les psy., avec les grandes luttes sociales de notre temps, à
défaut de porter notre révolte jusqu'à un niveau politique et
idéologique global, nos entreprises, même les plus avancées, étaient
vouées à la récupération et à l'échec. Toute la question
est là. Saint-Alban a-t)il été récupéré ? Et si oui,
pourquoi ? Néanmoins, pour les gens de ma génération, des psychiatres comme
Tosquelles, mais aussi Bonnafé, Le Guillant, Daumezon, Balvet et d'autres encore, ont
protégé nos perspectives du désespoir. Ils ont mis un terme au système
le plus fixe et le plus répressif de l'asile : ils nous ont donné les forces pour ne
pas renoncer./i/p p class=spipQui alors rendre responsable de la présence de ces
institutions où se décomposent lentement des enfants dont je suis persuadé -
non sans raison, on le verra - qu'une majorité d'entre eux auraient pu, un jour, redevenir
comme les autres ? Le propriétaire [d'un institut médical que j'ai été
visiter en banlieue parisienne], persuadé par les médecins de l'aspect
irrémédiable de la maladie, ou le ministère de la Santé qui ne peut pas
ignorer ce qui se passe dans ces endroits ? Le prix de journée minimal d'un hôpital
psychiatrique en 1976 était d'environ 250 F par malade. Dans cet i class=spipinternat/i
médico-pédagogique, il était de 110 F ! Il est évident qu'à ce
prix-là, on ne peut faire que du gardiennage, et certainement pas engager les personnels
capables d'un véritable traitement psychologique. Tout a changé dans cet
établissement depuis notre passage. Le nouveau directeur y recrute en ce moment quatre-vingt
personnes, psychologues, psychiatres, éducateurs, moniteurs, etc. Le prix de la
journée a triplé en un an. L'un ne va pas sans l'autre... C'est bien à partir
du moment où au plus haut niveau la décision sera prise de ne plus cataloguer les
enfants dès leur plus jeune âge, de ne plus affubler le moindre comportement
différent d'une étiquette médicale qui le fixe à vie, de faire comme si
tous avaient une chance de s'en sortir et le droit qu'on leur en donne les moyens, qu'un mouvement
profond bouleversera toutes les structures de la santé mentale en France, en même(...)

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Le blog d'éconoclaste -
1 days and 20 hours ago
La crise financière n'est pas un sujet facile à traiter par les
médias : elle impose de décrire et de comprendre des phénomènes
abstraits et compliqués, des évènements rapides, dans le temps et l'espace
courts qui caractérisent le travail journalistique. Dans ces conditions, on trouve des
journalistes qui font un travail correct. Il n'en reste pas moins que de façon massive, le
traitement de la crise financière est biaisé par des tendances qui ne sont pas
seulement irritantes : elles conduisent à mal informer sur la situation et les
enjeux. Voici quelques-uns de ces biais, pas forcément dans l'ordre.
- Le premier biais est la focalisation sur les indices boursiers, comme le CAC
40. Les sites des journaux, sur leur page "spéciale crise financière" nous
infligent des tonnes d'images de courtiers s'arrachant les cheveux, et surtout, semblent guetter
minute par minute la moindre fluctuation des indices (et en ce moment, ils sont servis). La
"baisse de la bourse" semble être l'alpha et l'oméga de la crise financière,
qui ne se réduit qu'à cela. D'où vient ce biais? Selon moi, du biais de
disponibilité, car les indices boursiers sont accessibles aisément et "racontent
une histoire", permettent d'avoir un suspens (comment va réagir Tokyo demain? que va faire
New York à 15h?) et de donner l'illusion d'un phénomène qui peut être
narré.
L'autre biais, c'est qu'étant donnée leur clientèle, de nombreux journaux ou
services spécialisés dans ceux-ci se contentent, à longueur de temps, de
fournir des conseils et de l'information boursière aux investisseurs. Cela pouvant aller
jusqu'à la caricature (ha, les listes interminables de titres du CAC, sur le thème
de "Valeo monte MAIS Vallourec baisse...) avec des masses de chiffres indigestes infligés
tous les quarts d'heures sur certaines chaînes. Quand on consacre son existence à un
sujet aussi dépourvu d'intérêt, il est nécessaire de se persuader que
cela a de l'importance.
Reste enfin la possibilité d'une simple méconnaissance historique : la "crise
de 29" a commencé par un krach boursier, donc les krach boursier, c'est très grave.
C'est oublier qu'il y a eu depuis 29 de nombreuses journées de baisse très forte
des indices boursiers (en 87 par exemple) sans la moindre conséquence concrète. La
crise de 29 a été une crise du crédit, avec l'effondrement du système
bancaire américain par dominos successifs, provoquant des faillites d'entreprises en
cascade, se répandant d'état en état. Le krach boursier n'a
été grave que dans la mesure ou il a provoqué la crise bancaire et
l'effondrement du système de crédit : de nombreuses banques avaient
accordé des prêts trop importants pour que des gens achètent des titres,
"parce que la bourse ne peut que monter" - tout comme on a prétendu pendant les 10
dernières années que l'immobilier ne pouvait pas baisser.
Dans la crise actuelle, les fluctuations des indices boursiers n'ont aucune conséquence,
et ne traduisent que très médiocrement le degré de crise. Les
éléments les plus importants à suivre sont les credit default swaps - ces
produits dérivés de crédit offrant une "assurance" contre le
non-remboursement d'un crédit, représentant un volume total de 60 000 milliards de
dollars (certes beaucoup de ce volume représente des transactions comptées
plusieurs fois, mais le total réel reste de l'ordre de la dizaine de milliers de
milliards). L'augmentation très forte du prix des CDS sur certaines entreprises -
notamment les banques - est un bien meilleur signe de l'inquiétude et de la paralysie du
système financier que les cours de bourse : cela traduit tout simplement la
probabilité perçue de non-remboursement des dettes de cette entreprise. Allez voir
n'importe quel blog ou site sérieux sur la finance, vous trouverez cette information.
L'autre indice est le TED
spread, l'écart entre le taux du marché interbancaire (le LIBOR) et celui des
bons du trésor à trois mois du gouvernement américain (les T-Bills).
Pourquoi cela est-il important? Parce que les obligations publiques sont
considérées comme "sans risque"; l'écart entre le taux interbancaire et ce
taux est donc l'indicateur de la prime de risque perçue par les investisseurs. Plus cet
écart est grand, plus cette prime de risque est forte, témoignant d'une paralysie
du crédit, sauf à des taux très élevés. Le TED spread, en ce
moment, bat des records. C'est cela qui devrait faire la une de la presse
spécialisée.
Mais les indices boursiers n'ont-ils pas de conséquences sur la vie réelle, sur le
fonctionnement des entreprises? Pas tant que cela. Une action reste fondamentalement la promesse
de bénéficier tant qu'on la détiendra d'une part des bénéfices
d'une société; et un instrument de contrôle sur celle-ci. Lorsque les cours
d'une entreprise baisse, cela signifie qu'elle devient rachetable, c'est pour cela que les
dirigeants se préoccupent de celui-ci; lorsque tous les cours baissent, tout le monde est
à la même enseigne. Et les gens qui ont acheté des actions, et qui en ce
moment perdent beaucoup d'argent? C'est oublier que lorsqu'il y a un vendeur, il y a aussi
nécessairement un acheteur. La baisse des cours boursiers, de ce point de vue, est avant
tout un mécanisme redistributeur qui avantage les gens qui veulent constituer un
patrimoine (les jeunes, le plus souvent) et pénalise ceux qui en ont un et qui le
cèdent progressivement (les vieux). A l'inverse, la hausse des cours avantage les vieux et
pénalise les jeunes. On peut en dire autant des prix de l'immobilier, dont la baisse n'est
certainement pas grave (surtout après avoir lu pendant une décennie le malheur des
descendants de baby-boomers, obligés de se saigner pour acquérir un logement). Il
faudrait de ce point de vue cesser de commenter les baisses boursières à coup de
"2000 milliards de dollars sont partis en fumée la semaine dernière à Wall
Street"; une crise boursière n'est pas un bombardement stratégique
détruisant physiquement des actifs, mais un transfert de valeurs de certains individus
à d'autres.
C'est pour cela qu'on aurait bien besoin, en ce moment, de beaucoup moins de tiercé
boursier dans les médias, et de beaucoup plus d'explications claires. La baisse de la
bourse n'est pas un problème majeur : l'effondrement du crédit, lui, a des
conséquences potentiellement dramatiques sur toutes les économies, en risquant d'en
provoquer la paralysie.
- Le second biais est le biais chauvin. Que n'aura-t-on entendu que la crise
actuelle est "la crise des subprimes" (histoire de donner un mot anglais, en
général expliqué ensuite de façon approximative, pour bien rappeler
que ce genre de choses, c'est pas-de-chez-nous). Ce chauvinisme a conduit les commentateurs
à reproduire fidèlement le discours "nuage de Tchernobyl" selon lequel la crise,
c'est pour les autres, pas pour nous, que les banques françaises sont saines, etc, etc. Ou
que les ménages français n'ont pas de problème, sont moins endettés
que les autres, qu'en France, la hausse des prix immobiliers relève des "fondamentaux",
que chez nous, c'est pas comme chez les autres parce qu'on est plus intelligents. Dernier exemple
en date, les articles pleins de Schadenfreude qui décrivent la situation Islandaise - voir
Geographedumonde sur le sujet.
Il faudrait rappeler quelques vérités élémentaires : la crise
actuelle est née d'une bulle immobilière, et la bulle immobilière a
été mondiale. La hausse du prix de l'immobilier en France, et dans de nombreux pays
d'Europe continentale, a été plus forte qu'aux USA, ce qui signifie que le
rééquilibrage de cette bulle sera au moins aussi long et douloureux chez nous que
là bas. Il est vrai que cette bulle a soigneusement été entretenue par les
auteurs de numéros "spécial immobilier" qui expliquaient que promis-juré,
l'immobilier ne peut pas baisser.
L'expansion du crédit a été généralisée; si elle est
moins virulente pour les ménages français (encore que des surprises sont à
attendre du côté des crédits-relais immobiliers) l'application de prêts
exotiques a touché d'autres secteurs chez nous, notamment les collectivités locales
(avec Dexia). Récemment, un posteur sur le forum d'éconoclaste, employé
d'une collectivité territoriale, décrivait sur celui-ci un prêt aux
caractéristiques complexes, à taux révisable, et se demandait si cette offre
mirobolante cachait un piège. Je suis heureux que les contributeurs du forum l'aient
incité à la prudence, mais combien de collectivités locales sont
actuellement aux prises avec des emprunts n'ayant rien à envier aux pires pratiques des
courtiers immobiliers américains?
Le biais chauvin a ainsi conduit les commentateurs à continuer de répéter
que les banques françaises étaient "saines" sans réflechir au fait qu'elles
ont, comme les autres, conservé ou acheté des produits de titrisation de
crédit, sur lesquels elles subiront des pertes; et d'oublier de rappeler que si le
département du trésor américain n'avait pas sauvé AIG, de nombreuses
banques françaises seraient aujourd'hui dans la panade la plus noire. Il faudrait surtout
rappeler qu'une banque "à l'abri", cela n'existe pas : toutes les banques,
même si elles n'émettaient de crédit qu'à hauteur de leurs
dépôts, peuvent tomber en cas de bank run. A un autre niveau, même un currency
board n'a pas sauvé la banque centrale d'Argentine.
Le troisième biais est le biais idéologique. On ne manque pas de
commentateurs pour nous expliquer que nous sommes face "à la crise du libéralisme"
(anglo-saxon, cela va de soi : cf point ci-dessus) auquel d'autres répondent "crise
de l'étatisme, la faute aux banques centrales"; le tout sur fond de "nous vivons le plus
grand changement d'époque depuis la chute du mur de Berlin" et autres "c'est la fin des
années Thatcher-Reagan", pour conclure sur "nous allons assister au retour de l'Etat"
contre la "finance folle".
Lorsqu'un commentateur inflige un article de ce style, comprenant ce genre d'expressions
boursoufflées, et essuyant ses bottes sur la finance ou les gouvernements, inutile de le
lire ou de l'écouter : cet article vous informera beaucoup mieux sur les
préjugés et la prétention de son auteur, ainsi que sur son degré
d'ignorance historique et économique, que sur la réalité des faits. Je ne
sais pas d'où vient ce goût pour les grandes phrases creuses, pour les discussions
à base de larges concepts mal compris, totalement déconnectés de la
réalité : probablement de la sociologie du monde journalistique, dans lequel
celui qui fait un vrai travail (s'informer et informer ses lecteurs ou spectateurs sur la
réalité) est systématiquement moins bien considéré que celui
qui raconte sa vision du monde dans des éditoriaux grandiloquents. A moins que cela ne
provienne de la paresse des spectateurs : dire "finance folle" est un raccourci bien commode
pour s'épargner la difficulté à comprendre le réel et sa
complexité (à quoi bon comprendre la folie?). Se limiter à des discussions
"rôle de l'Etat" vs "marché dérégulé (et fou)" c'est
éviter de se souvenir que l'activité financière est l'une des plus
réglementées au monde, et que le problème n'est pas "plus ou moins de
réglementation" mais quelles réglementations sont appropriées, et quels
mécanismes font que les réglementations réelles s'en éloignent - des
mécanismes qui impliquent un jeu complexe d'influences et de choix en situation
d'information très limitée. Peut-être que les gens sont rationnellement
ignorants sur le sujet : si l'on en juge par les commentaires postés sur les sites
des principaux journaux, ce genre de verbiage a de nombreux adeptes.
En tous les cas, ces pseudo-raisonnements schématiques ne contribuent pas à la
compréhension de la crise. C'est ce genre de raisonnement qui a conduit à faire
croire que le plan Paulson adopté (l'intervention miraculeuse de l'Etat) allait
résoudre les problèmes, au détriment d'une analyse rigoureuse du plan et de
ses limites (pourtant amplement fournie par le biais d'internet et des pages personnelles
d'économistes) et de la nature de la crise. Il y a des journalistes qui cherchent à
échapper à ces biais, qui s'ils commettent parfois des erreurs, font un réel
effort d'explication et de compréhension; il est regrettable que leur travail passe au
second plan, derrière le tiercé cac-40, derrière le "c'est les autres c'est
pas nous", et après les discours idéologiques fétides.

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Generation Nouvelles Technologies -
1 days and 22 hours ago
Comme cela est devenu coutume, Media Create nous apporte ses chiffres de ventes de jeux
vidéo en provenance directe du Japon, pour la semaine du 29 septembre au 5 octobre dernier.
Semaine placée sous le signe des 128 bits.
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JeuxVideoPC.com - News all -
2 days ago
Cette semaine est placée sous le signe du Tokyo Game Show (TGS). Du 9 au 12 octobre, les
éditeurs profitent de ce salon pour...
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Le fil de presse du Devoir -
2 days and 1 hours ago
Les finissants du Conservatoire d'art dramatique proposent un premier exercice public: La Barbe de
Bertolt Brecht. Gilbert Turp, qui enseigne la dramaturgie au Conservatoire, signe ici la mise en
scène et le texte qui raconte l'histoire et l'oeuvre du grand dramaturge allemand. a
href=http://www.ledevoir.com/2008/10/11/210242.htmlSuite/a
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Le fil de presse du Devoir -
2 days and 1 hours ago
C'est le Picouille Théâtre qui inaugue dimanche prochain, le 19 octobre à 15h,
le programme des Grandes Sorties jeunes publics de la Maison des arts de Laval en proposant sa
version de L'Odyssée, d'après Homère; Fanny Britt signe le texte de
l'adaptation et Vincent-Guillaume Otis se charge de la mise en scène. a
href=http://www.ledevoir.com/2008/10/11/210239.htmlSuite/a
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Open"Source::critere -
2 days and 2 hours ago
Ils attendaient un signe de leur direction, c’est fait : les salariés de
l’entreprise Epure, à Brou, ont repris le travail hier. Le directeur de l’usine
a annoncé sa venue lundi prochain. Il annoncera aux salariés si oui ou non, il fera
appel de la
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