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DLFP - Journaux -
12 hours and 50 minutes ago
Dans le monde du libre, on trouve des tas de trucs. Beaucoup de logiciels, pas mal de musiques, des
livres, des BDs, des images, des films, des vidéos, des textes encyclopédiques, on
trouve même maintenant du matos libre (opengraphics ...) ....br / br / Mais qu'en est il
aujourd'hui des jeux de sociétés libres ? Bien sûr, il y a certainement de
nombreux jeux de cartes libres, j'imagine que le solitaire, le poker et autres jeux sont maintenant
(ou ont toujours été) dans le domaine publique, et au vu de l'ancienneté de
certains jeux de plateau (le monopoly date des années 30) on peut supposer qu'ils sont
passés aussi dans le domaine publique. Mais à part ces jeux qui se sont
élevés au domaine public, quels sont les jeux de société libre que
l'ont peut trouver ?br / br / Mes quelques recherches m'ont fait découvrir l'association
Pandocreon, qui est assez clair sur sa page philosophique : a
href=http://pandocreon.org/philosophie/?l=frsess=55a0da168e1238dc4625132dca12482f238dc4625132dca12482fhttp://pandocreon.org/philosophie/?l=frsess=55a0da168e1238d(...)/a
br / l'association utilise la licence art libre pour ses créations qui sont Menhir [1], un
jeu de carte rapide qui a l'air assez sympatique (note : les illustrations ne sont pas libres :(
)br / et Divinae [2], un autre jeu de carte, plus long à jouer, qui semble tout aussi
sympatique.br / (n'ayant pas joué à ces deux jeux, je vous laisse découvrir le
résumé sur le site de pandocreon)br / br / Il existe aussi le très connu
Trivialibre [3], projet visant à créer un set de questions ayant pour thème
l'informatique et le libre pour le très célèbre Trivial Pursuit.br / br / Et
vous, connaissez vous des jeux de société libres ? Existe t-il une communauté
francophone (voire anglophone) autour de ce thème ? existe t-il un annuaire de jeux de
société libres ? (si non, faudrait faire un truc sur culture-libre)br / br / br /
[1]: a
href=http://pandocreon.com/jeux/menhir/?l=frsess=51740c3881942d07351928fb7ace66fchttp://pandocreon.com/jeux/menhir/?l=frsess=51740c3881942d0(...)/abr
/ et a href=http://linuxfr.org/2005/07/19/19322.htmlhttp://linuxfr.org/2005/07/19/19322.html/abr /
[2]: a
href=http://pandocreon.com/jeux/divinae/?l=frsess=51740c3881942d07351928fb7ace66fchttp://pandocreon.com/jeux/divinae/?l=frsess=51740c3881942d(...)/abr
/ [3]: a href=http://trivialibre.humanoidz.org/http://trivialibre.humanoidz.org//a

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Shangols -
14 hours and 28 minutes ago
p style=text-align: justify;a href=http://storage.canalblog.com/77/95/110219/31159208.jpg
target=_blankimg height=189 alt=18830761_w434_h_q80
src=http://storage.canalblog.com/77/95/110219/31159208_p.jpg width=300 border=0 style=FLOAT: right;
MARGIN: 0px 0px 5px 5px; //aCest très bien, Jim Jarmusch, mais il faut bien se rendre
à lévidence : ça vieillit assez mal. Si ses très grands films
résistent bien (emDead Man, Ghost Dog, Down by law/em), les petites
récréations accusent franchement le poids des ans. Cest le cas avec ce
emstrongMystery Train/strong/em, très sympathique mais qui apparaît aujourdhui comme
un film de mode, un témoin dune époque révolue./p p style=text-align:
justify;Comme à son habitude, Jarmusch sert un film quot;coolquot;, pratiquant un humour
pince-sans-rire assez indéfinissable, fait de choses anodines et allanguies. Aucun gag
là-dedans, aucune vraie réplique fulgurante, pas même de situation vraiment
comique, et pourtant on se marre bien, sûrement à cause du vide de chaque chose. A
limage de ce garçon japonais qui ne rigole jamais, Jarmusch affiche un air de croque-mort
pour nous présenter ses personnages un brin décalés, et cest ça qui
fait ra href=http://storage.canalblog.com/93/19/110219/31159216.jpg target=_blankimg height=157
alt=Mystery_Train_Luisa_und_der_King src=http://storage.canalblog.com/93/19/110219/31159216_p.jpg
width=300 border=0 style=FLOAT: left; MARGIN: 0px 5px 5px 0px; //aire. Un couple de Japonais fan de
blues qui débarque à Memphis, une jeune veuve italienne de passage dans la ville, un
trio de loosers avinés, le tout sur fond de musique dElvis et surveillé par un duo de
gérants dhôtel amorphe, et le tour est joué : trois petites historiettes sans
véritable sens, qui nont en commun que de se situer durant la même nuit et dans la
même ville.La mise en scène est habile : le style bluesy du Jim fonctionne sur ces
petites choses sans importance qui font une vie, déployant une mélancolie
dépressive qui fait rire sans quon sache pourquoi, un peu comme Droopy et sa gueule
denterrement (You know what ? Im happy)./p p style=text-align: justify;Il y a quelque chose
quot;dhyper-tendancequot; dans cette mise en scène, et cest bien là sa limite.
Jarmusch semble manquer un peu de sincérité, et met son point dhonneur a
href=http://storage.canalblog.com/90/86/110219/31159235.jpg target=_blankimg height=210
alt=18830776_w434_h_q80 src=http://storage.canalblog.com/90/86/110219/31159235_p.jpg width=300
border=0 style=FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px; //aà vider tout cela de la moindre
signification. emMystery Train/em est creux, une pure forme, certes agréable, mais aussi
trop polissée pour être vraiment intrigante. Comme si Jarmusch reconnaissait que tout
avait été dit au cinéma, et quil ne lui restait quune poignée de
personnages et une ou deux situations à montrer, ou un peu comme un Beckett qui renoncerait
à lintelligence. Mais cest aussi finalement un cinéma assez roublard, qui se contente
daligner quelques mythes (Joe Strummer ou Tom Waits) pour faire semblant dêtre à la
pointe de la contemporanéité. Malgré limmense savoir-faire technique (les
fameux travellings longuissimes et répétitifs, cette façon inédite de
prolonger une scène jusquà lépure totale), on reste avec limpression davoir
contemplé la surface dun étang, alors quil doit se passer des tas de choses en
profondeur. Un film de mode, quoi. /p

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Pingoo.com -
16 hours ago
Les frimas de l’Automne tout juste naissant tapaient à mes carreaux comme des
prédicateurs enthousiastes venu me sermonner. Alors que je me levais tout juste,
affligé d’un manque d’entrain tout à fait typique d’un samedi
matin, je me mis donc en quête d’un substitue à la chaleur
maternelle et douce de ma couette au touché de satin (bien qu’elle fut 100%
acrylique). Devant mon placard, une vision d’horreur : pile de t-shirt
froissés, chemises brinquebalantes sur des cintres, pantalons usés, des pulls aux
couleurs ternes, et sans doute beaucoup de choses qui ne m’allaient plus... Il
y’avait quelque chose de pourri au royaume de Flashou.
J’ai eut alors une illumination : moi qui pendant des années
était totalement réfractaire à l’idée d’avoir des
vêtements pour d’autres raisons que celles utilitaires de ne pas avoir froid et de ne
pas aller cul nu chemin faisant, il m’apparût évident que je devais avoir une
garde robe.
Première étape, tel un Deus Irae, purifier ce monde par les flammes et
l’épée !
Les tas de tissu roulés en boule autour de moi et que j’appelais sans honte
«Â mes fringues » me regardèrent avec
inquiétude. Et ils avaient raison ! Une rage sans pareil m’envahi et
c’est trépignant et hurlant que je pris un énorme sac poubelle afin de bannir
les vêtements qui ne faisaient pas parti du peuple élu. Un fond de remord
m’incita quant même à leur donner une chance en leur offrant une
deuxième vie auprès d’Emmaüs.
La bataille fini, les quelques survivants remerciaient leurs dieux de figurer encore dans les
étagères. Sur le champ de bataille, les décombres encore fumant de ce qui
fut ma penderie étaient sans équivoque : seul un plan Marshall allait
pouvoir me sortir de cette situation...
C’est difficile pour un homme de se faire une garde robe digne de ce nom. En tout cas moi
j’ai du mal. C’est quelque chose qui ne fait pas parti depuis longtemps de la culture
«Â générale » des garçons (il y’a
toujours eut des mecs hautement portés sur la question, mais si on ne comptait
pas dans leurs rangs, il n’y avait pas d’intermédiaire). Même d’un
point de vue pratique et logistique, je trouve ça extrêmement complexe :
combien de pantalon il faut avoir ? Combien de t-shirt ? On renouvelle
à quel rythme ? C’est que ça ne s’improvise pas ces choses
là ! Et je ne vous parle même pas des choix de matière, couleur,
taille (sa se porte large ou bien slim ?)
J’ai donc commencé depuis peu une quête vestimentaire, et finalement
personnelle. Je considère les vêtements comme ce que je porte pour paraitre, et
aussi définir ce que je voudrais être. Le fait d’avoir une
étagère en ordre, c’est peut être avoir une vue de soi en ordre. Bien
dans ses fringues bien dans sa tête ?
Ps : je vous recommande un site bien sympathique sur la mode «Â pour
homme » Comme un camion (y’a
aussi des trucs beauté... bon là je me sens moins concerné quant
même).

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Gizmodo FR -
20 hours and 51 minutes ago
Quand vous exploitez une décharge (un gros tas de déchets), il est
difficile de se distinguer de la concurrence (un autre gros tas de déchets).
Mais un ferrailleur de la province chinoise de Zhejiang fan des Transformers a eu
l’idée d’attirer l’Å“il de sa clientèle en
construisant cet Autobot taille
réelle pour faire la promotion de son établissement.
Vous apprécierez le fait que la calandre de BMW série 7 a conservé son
agressivité naturelle dans cette posture peu orthodoxe. Évitez quand même de
la regarder avec trop d’insistance dans le blanc des phares. [China Car
Times via
Jalopnik]
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Gizmodo FR -
20 hours and 51 minutes ago
Quand vous exploitez une décharge (un gros tas de déchets), il est difficile de se
distinguer de la concurrence (un autre gros tas de déchets). Mais un ferrailleur de la
province chinoise de Zhejiang fan des Transformers a eu l#8217;idée d#8217;attirer
l#8217;Å“il de sa clientèle en construisant cet Autobot taille réelle
pour faire la promotion de [...]img width='1' height='1'
src='http://rss.feedsportal.com/c/648/f/8318/s/21a0cb7/mf.gif' border='0'/div class='mf-viral'table
border='0'trtd valign='middle'a href="http://res.feedsportal.com/viral/sendemail2_fr.html?title=Un
autobot chinois avec une tête bavaroiselink=http://www.gizmodo.fr/?p=23115"
target="_blank"img src="http://rss.feedsportal.com/images/partagez.gif" border="0" //a/tdtd
valign='middle'a href="http://res.feedsportal.com/viral/bookmark_fr.cfm?title=Un autobot chinois
avec une tête bavaroiselink=http://www.gizmodo.fr/?p=23115" target="_blank"img
src="http://rss.feedsportal.com/images/bookmark.gif" border="0" //a/td/tr/table/divbr/br/a
href="http://da.feedsportal.com/r/21291115322/f/8318/c/648/s/35261623/a2.htm"img
src="http://da.feedsportal.com/r/21291115322/f/8318/c/648/s/35261623/a2.img" border="0"//a pa
href="http://feeds.feedburner.com/~a/GizmodoFrAtom?a=sTohzz"img
src="http://feeds.feedburner.com/~a/GizmodoFrAtom?i=sTohzz" border="0"/img/a/p

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DLFP - Journaux -
1 days and 10 hours ago
Ou comment ne pas recevoir des centaines de bounces pour des mails que vous n'avez pas
envoyés...br / br / Comme beaucoup d’entre vous, je dispose d'un nom de domaine
personnel. Je l'ai paramétré de sorte à recevoir tous les mails
adressés à ce domaine (catchall). Belle aubaine pour les spammeurs qui ont
trouvé là un tas d’adresses valides à qui envoyer leurs diverses...
propositions commerciales. Les virus ont suivi. Puis j'ai trouvé une super parade : a
href=http://www2uucpssh.org.http://www2uucpssh.org./a Le filtrage des spams y est tout simplement
parfait.br / br / Mais un ou des malins spammeurs ont eu l'idée d'utiliser intensivement
quelques adresses (forcément valides) de mon domaine pour remplir le champ expéditeur
de leurs messages. Donc depuis quelques mois, je recevais pas moins de dizaines de messages de
bounce, vous savez, les messages qui vous signalent que le mail que vous avez envoyé n'a pas
pu être livré, et qui répondent à de doux noms tels que : «
Returned mail: see transcript for details », « Undelivered Mail Returned to Sender
», « Delivery Status Notification (Failure) », « Mail delivery failed:
returning message to sender »... Ces messages n’étant pas des spams, ils ne sont
pas filtrés.br / br / Plusieurs solutions. La plus simple : une règle procmail qui
redirige les messages selon le destinataire dans un dossier réservé. Mais il faut que
le spammeur ne fasse pas d'envoi avec une adresse que vous utilisez réellement. Et ce n'est
pas très satisfaisant techniquement, on continue de recevoir une grosse majorité de
messages inutiles.br / br / Une autre solution est d'utiliser SPF (Sender Policy Framework).
C’est un dispositif qui permet à un serveur de mail de savoir si un hôte a le
droit de transmettre un message en provenance d'un domaine donné.br / br / Et c’est
très efficace pour ne plus recevoir de bounces indus. En 24h, je suis passé de
dizaines de messages à parfois un par jour, en ajoutant juste un champ TXT à ma zone
DNS :br / br / codeTXT v=spf1 ptr ptr:univ-lyon1.fr ptr:free.fr ptr:proxad.net ~all/codebr / br /
codeptr/code indique que je souhaite pouvoir envoyer mes mails depuis tout serveur qui
résout en .mondomaine.net.br / br / codeptr:univ-lyon1.fr/code indique que je peux aussi
envoyer des mails depuis les machines de mon université.br / br / codeptr:free.fr/code et
codeptr:proxad.net/code que les mails qui proviennent de ces domaines doivent être
considéres comme légitimes également, puisque free est mon fournisseur (et
proxad, le nom de son réseau).br / br / code~all/code signifie que des mails dont
l’adresse d'expédition contenant mon domaine et étant envoyés par tout
autre hôte doivent être considérés comme potentiellement
illégitimes. Le tilde (~) indique un échec mou (softfail), donc le mail n'est pas
vraiment rejeté. Mais c'est suffisant pour ne pas recevoir de bounces. Si on est sûr
de son paramétrage, on peut utiliser un moins (-) à la place.br / br / Il existe
plein d'autres moyens de spécifier des hôtes autorisés à envoyer des
messages en provenance de votre domaine. On peut directement indiquer le nom d’une machine
(A), ou tous les MX d’un domaine donné (MX). Voyez les documentations pour plus
d’infos.br / br / En plus, ça permet potentiellement aux destinataires des spams de ne
plus recevoir de messages provenant apparemment de votre domaine, s’ils n’ont pas
réellement été envoyés par des machines autorisées. Par exemple,
si j’envoie un mail sur une adresse google, je peux voir dans les en-têtes :br /
codeReceived-SPF: pass (google.com: domain of thomas.bigot@mondomaine.net designates 193.48.219.100
as permitted sender) client-ip=193.48.219.100;/code donc google utilise le SPF pour trier les
spams.br / br / Le principe : a
href=http://fr.wikipedia.org/wiki/Sender_Policy_Frameworkhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Sender_Policy_Framework/abr
/ Valider ses enregistrements DNS : a
href=http://www.kitterman.com/spf/validate.htmlhttp://www.kitterman.com/spf/validate.html/abr / Une
dépêche linuxfr : a
href=http://linuxfr.org/2004/02/18/15467.htmlhttp://linuxfr.org/2004/02/18/15467.html/a

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infokiosques.net -
1 days and 10 hours ago
Download the attachment
img src=IMG/arton619.jpg alt= align=right width=300 height=175
onmouseover=this.src='IMG/artoff619.jpg'
onmouseout=this.src='http://infokiosques.net/IMG/arton619.jpg' class=spip_logos / div
class='rss_chapo'p class=spipJ'ai trouvé ce bouquin de 1977 dans une boutique Emmaüs,
pour 1 euro. J'ai mis deux jours à le lire. Je n'avais jamais entendu une parole aussi
sincère, sensible, engagée dans le domaine de la psychiatrie. Les auteurs ne se
cachent pas derrière des termes techniques, des concepts qui mettent une distance avec un
monde qui nous est si proche, bien que caché./p p class=spipKarlin et Lainé ont fait
une expérience : un film pour la télé (Antenne 2 à l'époque),
qui va se transformer en 7 heures de films sur La santé mentale des français. Ils ont
eu la chance, années 70 obligent, de pouvoir y développer un discours, de se mettre
en jeu. En parallèle, ils ont écrit ce bouquin, parce qu'il y avait trop à
dire sur toutes les personnes qu'ils ont rencontrées, pendant deux ans. Ils ont
rencontré des fous et des normaux, ils se sont aussi rencontrés eux-même dans
un jeu de va-et-vient entre normalité et folie./p p class=spipKarlin fait des films,
Lainé est psychiatre. Ils ont écrit ce livre (paru aux Editions sociales en 1977) en
utilisant le pronom personnel je, pas pour se disperser et faire un jeu rhétorique, mais
pour se complexifier, se densifier, mettre en avant le commun. C'est intéressant comme
lecture, on peut se reconnaître dans ce je, déjà la somme de deux
pensées, et ouverte à d'autres./p p class=spipCe n'est pas une position de principe,
de trouver du commun dans des vies de fous, de trouver tout fou, ou alors dire que les fous ne sont
pas fous. Cette expérience les a ébranlés, profondément. Les extraits
choisis sont émouvants, ou questionnants. Ils dénoncent et racontent
l'expérience de la rencontre. Ils sont aussi une lecture politique de la
société qui fabrique la folie./p p class=spipIl y est question d'un certain regard,
celui qui transperce les images pré-conçues, qui voit une personne et sa vie avant de
voir qu'elle est étiquetée malade mentale. Ce regard change tout, et m'a donné
envie de partager certains de ces textes, planqués dans un vieux bouquin qu'on ne trouve
plus que par hasard./p p class=spipi class=spipUn têtard dans la mare/i/p/div div
class='rss_texte'hr class=spip / h3 class=spip extrait 1 --- (pp.42-53)/h3 hr class=spip / p
class=spipUne fabrique de papier : le jour où j'y rencontre Antoine, il est un ouvrier parmi
les autres. Rien ne l'en distingue. Ils sont quelques-uns, solidaires, à constituer
l'équipe en poste qui veille auprès d'un monstre agité, soufflant une
humidité irritante, la machine à papier. Comme cela, ils semblent presque inutiles.
Soudain, une lumière vive - la sirène - la vaste feuille de papier que la machine
secrète, se brise. Tous courent, trouvent une place exacte, un rôle nécessaire.
Antoine sait comme les autres les gestes sûrs et précis qu'on attend de lui./p p
class=spipA l'heure du casse-croûte, la machine apprivoisée poursuit sans trêve
sa rotation productrice. Minuit : la fraîcheur de la nuit adoucit l'atmosphère. Pas
question de relâcher la vigilance, mais c'est un moment presque tendre./p p class=spipQui
pourrait dire qu'Antoine souffre, qu'il pleure parfois chez lui, au fond de son jardin ?... Ici
rien n'y paraît. Il est un ouvrier à l'oeuvre au sein d'une équipe. J'aurais pu
dans ce groupe être fasciné par un autre destin./p p class=spipIl est vrai aussi que
certains regards retiennent un instant, comme si l'on se gardait de prononcer une question : i
class=spipQu'y a-t-il de commun entre nous pour qu'un trouble et subtil sentiment de
déjà vu, reconnu, nous interroge au passage ?/i/p p class=spipPlus tard, j'ai revu et
entendu Antoine plusieurs fois, en reprenant les images et le son du film qui conservaient sa
présence. J'ai peu à peu trouvé la réponse./p p class=spipi
class=spipAntoine a mon âge. Son prénom est presque le mien/i. Il est ouvrier d'usine.
Depuis son adolescence, l'histoire de sa vie s'est tracée dans le rapport qu'il a
établi avec une machine, une entreprise, un système qui lui imposent un statut. Il a
tenu à n'être jamais rencontré ailleurs que sur son lieu de travail. i
class=spip Mon père, comme lui/i, a bâti son histoire dans ce même statut. Comme
lui, un destin l'a très tôt, dès les premiers temps de sa vie,
emprisonné dans un drame, une dette, puis, conduit à l'autre aliénation, celle
de l'usine et de l'exploitation./p p class=spipIl ne tient pas au hasard qu'Antoine me soit apparu
comme l'exemple de ce que le raisonnable contient de folie./p p class=spipAntoine est un homme
solide, planté. Mais son visage est grave. Il a la responsabilité de celui qui
témoigne. Victime ou accusateur ? Les phrases se suivent, peu à peu elles se
remplissent de sens, bousculent, précipitent des mots qui soudain éclairent un champ
plus large et dévoilent à travaers une plainte singulière, la
réalité des atteintes qui aliènent les hommes./p p class=spipAntoine n'a trahi
personne. Il s'est conformé aux exigences qui lui assignaient très tôt un
destin. Il est vrai qu'il y avait des risques à prendre d'autres routes que la sienne.
Maintenant, il est tard. Antoine a 46 ans. Il est marié, a deux enfants. Il est i
class=spipconducteur/i d'une énorme machine. Peu de chances existent pour le rendre à
lui-même et à tout ce qu'il i class=spipaurait pu/i devenir./p p class=spipPour
Antoine, il n'est pas facile de parler. Sa voix parfois se brise. S'il parlait, il pourrait bien
retrouver des rêves peuplés de vieux démons dont le temps, en passant, a
estompé l'image et atténué le souvenir. Le destin d'Antoine, c'est comme une
fausse sécurité. Il est fixé, mais au prix de quel sacrifice ? Son
frère aîné Pascal - i class=spipAgnus Dei.../i - a été
donné à une tante maternelle qui souffrait de ne pas avoir d'enfant. Antoine est
né dans le creux de cette absence. Avant de naître, il est l'autre./p p class=spipTout
est tracé depuis lors. L'espoir, un possible inattendu, c'est bon pour ses enfants.
Lui-même n'a plus guère à maîtriser d'images dans lesquelles se cabrerait
le désir. Il dit : i class=spipIl y a quelqu'un d'autre, j'aimerais pouvoir être
quelqu'un d'autre, devenir quelqu'un d'autre, mais devenir, comment faire ?... Il faut suivre son
destin... Comment en sortir de cette vie là ?/i Au village, on dit de lui : i
class=spipC'est un bon ouvrier/i. Il espère qu'on le pense. Il adhère le plus souvent
à la parole qui le décrit conforme au modèle de l'homme bien adapté :
bon fils, bon époux, bon père, bon travailleur. Ainsi s'accentue l'épaisseur
du masque choisi pour mieux cacher l'intensité du renoncement et du sacrifice. Antoine n'a
pas opté pour le voyage de la folie. Il a trouvé une autre place dans ce drame. Il ne
déroge en rien à ce qu'on attend de lui. Il est raisonnable. Pourtant, comme la
folie, son histoire avance en dérobant son propre sens. Son statut d'ouvrier recouvre les
déchirements de son drame personnel. Il peut ansi croire que sa tragédie se limite
à son histoire sociale : une réalité de classe prend le relais d'une
aliénation initiale comme pour la gommer. Une machine à laquelle s'adapter et une loi
à laquelle se soumettre le protègent de tout retour en arrière./p p
class=spipAntoine est né sous un signe négatif. Un vieux monde bâti sur le
sacrifice des désirs humains, lui en renvoie bientôt l'impérieux écho
qui lui affirme son renoncement comme seule possibilité vitale./p p class=spipUn signe
négatif : Tu ne seras pas toi, tu seras ton frère aîné donné
à cette autre femme./p p class=spipAntoine. On se prend à rêver. Les syllabes
se détachent, basculent, se recomposent en un autre sens. Antoine. EN - TOI - NE. Non en
toi./p p class=spipPauvre naissance ! En ce moment où s'arrachait son corps, PRÉSENCE
réelle, à l'image qu'on s'était faite de lui, n'est-ce pas une négation
qui signifiait sa personne et son désir propre ?/p p class=spipLa question, c'est bien celle
de la place et du signe. Sous quel signe cet enfant est-il né ? Quelle est sa place dans le
désir des parents ? Quelle est sa place dans la famille et dans le premier langage à
lui adressé ? Quelle est sa place dans le monde ?/p p class=spipIl n'y a pas là une i
class=spipsuccession/i de questions mais déjà l'ébauche d'une destinée.
Elle va modeler, modifier les images dans lesquelles se forme l'imaginaire, et la
représentation de soi-même dans les rapports au monde et au temps. Elle risque
même d'empêcher de trouver sa place dans le langage et dans l'Histoire, ou de la
réduire à celle d'une existence mutilée./p p class=spipLe désir propre
de l'enfant se trace à partir de ce qui le précède. Il fait de lui une
personne parlante, mais il l'inscrit i class=spipaussi/i dans la vie des hommes et des femmes de
notre temps./p p class=spipAntoine décrit sa vie comme la suite de l'histoire de sa famille
ouvrière. Son grand-père, son père, sa mère, un frère,
lui-même : deux cent vingt années données à l'usine. A 15 ans, son
père le fait entrer comme manÅ“uvre. Depuis, dans son propre temps, se
confondent celui de l'histoire familiale et celui de l'usine./p p class=spipAntoine pense qu'en lui
les moyens n'existent pas pour résister à ces lois : i class=spipIl me manquait
quelque chose, ne pas pouvoir.../i/p p class=spipIl est fasciné par une impossible
identification au frère aîné. Il l'imagine heureux, ailleurs. C'est sa raison
de vivre, sa raison aussi de rester enfermé dans ce rôle de substitut, à
combler la béance ouverte par le départ de Pascal, l'autre : i class=spipJ'aurais
voulu faire des tas de choses que je n'ai pas pu faire... ESSAYER D'ÊTRE COMME MON
FRÈRE QUOI. C'est toujours la question, revenir en arrière. Je n'ai pas pu faire.
J'aurais voulu être intelligent, je n'ai pas pu./i/p p class=spipAntoine ne se révolte
pas. Il se soumet à l'idée qui justifie les écarts de la puissance et tant de
vies gâchées, en invoquant l'intelligence comme un don qui tantôt pourvoit,
tantôt fait défaut. L'idéologie régnante vole au secours d'un autre
questionnement sur la distribution des destins et la négligence des espérances./p p
class=spipA l'école, Antoine peine pour apprendre. On l'abandonne. Il apprend seul à
lire et à écrire. Déjà, il lui semble qu'il lui manque quelque chose.
Pourtant il aime la musique tendre. Il est le préféré de sa mère. Son
père est sévère, parfois violent. A dix ans, il part garder les vaches, la vie
est dure à la maison. Il faut nourrir les parents. Nourrir, réparer, combler les
vides, c'est bien là la i class=spipvocation/i d'Antoine./p h3 class=spip*/h3 p
class=spipTrès tôt, Antoine est angoissé. Il se voit mal parti. Il dit : i
class=spipIl a fallu essayer de vivre, de s'en sortir, mais c'est dur de vivre, pour ma
génération. Les autres gars qui travaillent avec moi à l'usine, ils ont
souffert aussi./i Pour Antoine, les mutilations dont il souffre ne lui sont pas
particulières. Il sait que l'Histoire et le système social le solidarisent avec ses
frères de classe./p p class=spipLe temps du service militaire Antoine échappe
à sa destinée. Dans l'espace d'ailleurs, son identité prend un peu de jeu.
Antoine se libère pour une fois de l'angoisse qui l'étreint. Le désir entre
dans sa vie. Il rencontre une femme qui l'aime. Elle est d'un autre pays : une Autrichienne :
L'Autrichienne, comme il dit. Il est capable d'être aimé, d'aimer, l'aventure est
enfin accessible mais i class=spipailleurs/i, comme un rêve./p p class=spipElle rentre avec
lui au pays. Sa mère, sa soeur ne supportent pas. Son père le menace, couteau sur le
ventre. Affolé, rappelé à l'ordre de son destin, il éloigne la femme de
son amour dans un hôtel à la ville. Le lendemain, il veut la rejoindre, elle est
partie. i class=spipJe ne l'ai jamais revue.../i/p p class=spipParfois, ça lui revient. Les
espoirs perdus s'ajoutent au sentiment pesant de ce destin à ne pas être. Il dit aussi
: i class=spipElle était droguée, sous l'influence d'un banquier./i Peut-être
vaut-il mieux noircir le roman pour se protéger du regret. Il sait pourtant qu'elle
l'aidait, qu'elle appelait sa fuite./p p class=spipLorsqu'il parle du mariage, Antoine ne pense pas
au sien. La première image qui lui apparaît, c'est celle de son frère. Il a
réussi, il a fondé un foyer. Il est heureux. Quand plus tard, Antoine s'est
marié, il n'y avait personne. Ses parents voyaient en son épouse, comme en toute
femme, quelqu'un qui ne leur plaisait pas./p p class=spipQuelle fille pouvait, prenant Antoine,
plaire à ses parents ? Quelle femme aurait pu entrer dans sa vie sans qu'aussitôt ne
resurgisse la souffrance du départ du frère pour l'autre mère ?.../p p
class=spipA faire le bilan, Antoine retrouve l'angoisse qu'il a éprouvée à
être enchaîné à la place d'un autre. La conscience affleure. Il s'en
faudrait de peu qu'il reconnaisse l'origine de son malheur dans ce qui l'a destiné à
protéger sa famille de la violence des grandes blessures./p p class=spipHeureusement, la
machine. i class=spipIl n'y aurait plus rien, s'il n'y avait pas la machine./i L'usine, la faction,
cette humidité, le bruit précipité, heurté, assourdissant, la
poussière, la vibration, cette gigantesque menace adressée aux bras, au corps des
hommes. La machine happe la pâte à bois, puis dans un rapide et tortueux voyage quasi
intestinal, elle la transforme, la digère, la fait. Un ventre gigantesque conduit Antoine et
ses camarades. Un ventre gigantesque conduit par Antoine et ses camarades. A
l'extrémité s'enroulent des espaces blancs d'un papier vierge de toute
écriture, une peau fine sans cesse recréée./p p class=spipLa machine use,
sature. i class=spipDes fois, les jours de repos, on ne sait pas ce qu'on pourrait faire/i. La
machine domine les hommes qui la conduisent, mais elle est la preuve de l'existence d'Antoine. Elle
le sauve : i class=spipHeureusement qu'il y a la machine, autrement, il n'y aurait plus rien,
alors./i../p p class=spipAutrefois, le grammage se touchait à la main. Puis, un appareil
effectua ce contrôle. L'ingénieur vient le matin et consulte d'abord l'écran
électronique. i class=spipIl va le voir à lui, d'abord./i Il n'y a rien à
redire. La machine donne à Antoine la possibilité d'accomplir lui-même son
destin aliéné, d'y être actif comme s'il l'avait choisi./p p class=spipAinsi il
aime son métier, il s'est i class=spipintégré dans la machine./i Il a pris
part à sa mise en place, il s'y est fait autant qu'il l'a faite, ils se sont construits
ensemble. Mais, pour Antoine, hors de la machine, le risque est grand. i class=spipAu dehors...
rien, le vide, le néant./i/p p class=spipAntoine a deux enfants, Blandine et Marie. Elles
sont son espérance. Il donne à ses filles ce qu'il n'a pu avoir. Cela suffira-t-il ?
Il voudrait... i class=spipqu'elles soient heureuses, qu'elles puissent s'amuser/i. Elles font de
la musique et il en est fier. Il respecte leurs désirs profonds. Elles font de la musique et
il en est heureux : il attend d'elles la preuve que son propre destin n'est pas une fatalité
avec laquelle on ne puisse rompre./p p class=spipAntoine a renoncé à terminer les
tests qui lui auraient permis de devenir contremaître. Il a pensé que l'accès
à ces fonctions de maîtrise pourrait le conduire à faire un rapport sur un
accident corporel : du coup il a cessé d'écrire. Alors, il ne regrette pas./p h3
class=spip*/h3 p class=spipEtre l'autre, n'exister que pour réparer son absence, c'est vivre
dans le risque de la mort, être figé, fasciné par le miroir qui fait de lui le
symétrique négatif du frère. C'est aussi être contraint à
consacrer toutes ses forces à nier, demeurer ignorant que c'est l'autre qui le fonde en tant
que sujet aliéné. Le savoir serait détruire le frère, la mère,
lui-même. Antoine, mon frère, i class=spipl'autre/i, n'es-tu pas le plus atteint
puisque le statut d'un tel déni te condamne à un destin linéaire, inexorable
?/p p class=spipC'est une erreur de croire que la folie se repère en termes de scandale. Le
pire scandale est celui qui enferme dans un destin, trop accepté et trop conforme, où
tout s'organise pour éteindre le désir et nier la soumission à une telle
loi./p p class=spipL'aliénation d'Antoine se joue et se réplique sur deux
scènes conniventes. La scène d'une famille blessée où il naît,
attendu, imaginé pour réparer. Les regards se portent sur l'autre, parti, ailleurs,
imaginé pour réparer. Sa place, sa fonction sont désormais assignées
dans cette famille. Il doit devenir l'autre, en se confondant avec lui tout en le niant./p p
class=spipL'autre scène est celle de l'Histoire. Antoine est ouvrier, de nouveau lié
à la machine. En s'attachant à la machine, il prolonge son rôle de constructeur
des parents, de la machine, de lui-même, homme-machine. Il brouille ainsi plus amplement les
cartes de façon à ce qu'on perde la trace de son sacrifice dans la mutilation
sociale. Il peut transporter dans ce rapport-ci ce qui l'a signifié dans son premier statut,
puisqu'il y rencontre une loi aussi dure. Une loi communément partagée./p p
class=spipDans cette double contrainte, le cri d'un homme pourrait n'être pas entendu. La
voix d'Antoine s'éteint parfois. J'ai peine à l'entendre. C'est que l'action
surdéterminée de deux lois oppressives n'est pas facile à vaincre et sait
museler les plus grandes révoltes./p p class=spipi class=spipAntoine doit réparer,
mon père devait expier. Il était par sa mère rendu responsable de la mort
accidentelle d'un jeune frère, alors qu'il avait la tâche de le conduire à
l'école et de veiller sur lui. Je sais mieux maintenant pourquoi j'ai choisi Antoine. Le
destin de mon père est si proche du sien ! J'y retrouve la concordance entre une soumission
au désir d'expiation construit dans son rapport à une mère blessée, et
les nécessités de la classe à laquelle il appartenait. J'y retrouve la
connivence des deux scènes./p p class=spipUne question me vient en évoquant ce qui
dans un destin prend sens de sacrifice : ai-je bien mesuré ce que je dois au sacrifice de
mon père pour avoir pris le droit de transgresser la loi qui fixe des destins
d'exploités aux enfants d'ouvriers ? Et Pascal, saura-t-il jamais ce qu'il doit à
Antoine ?/p p class=spipMon père disait son aliénation. Le combat était pour
lui le moyen d'en maîtriser le sens./i/p p class=spipAntoine pourrait mieux comprendre son
aliénation, s'il participait activement à la vie syndicale qui anime l'usine. Qui
sait ? Ne risquerait-il pas ainsi de dévoiler à ses propres yeux ce qu'il a tant
besoin d'ignorer ? i class=spipJe suis les grèves. Je ne milite plus depuis la maladie de ma
femme. Il y a trop de problèmes à la maison, mais je tiens à mon syndicat./i/p
p class=spipi class=spipUn destin/i. Rien n'y a retenu le mouvement d'une vie, dans sa
précipitation vertigineuse d'une histoire singulière - un signe pris dans le fantasme
- vers une histoire sociale opprimante./p p class=spipDans la promptitude de ce passage, qu'on dit
destinée, s'est articulée la négation de soi-même et de son existence
propre. J'y ai reconnu la folie, comme l'innommable au coeur de la raison d'une souffrance
indicible. i class=spipCelle de mon père./i/p p class=spipi class=spipJe l'ai dit : mon
père était blessé par cette accusation de meurtre, plus lourde encore
lorsqu'elle ne s'énonçait plus. Le silence enferme de tels signes. Il les
développe comme des plantes nocives - leurs ramifications se répandent et
accompagnent les mouvements d'une vie. Elles trouvent toujours à s'agripper, à se
nourrir plus loin. La réalité de la vie de mon père s'ouvrait à lui par
des chemins, dont la plus directe ligne guide vers le statut d'une classe opprimée. Enfant,
j'admirais sa fierté, ses combats... Je m'interrogeais aussi sur sa souffrance. La condition
d'homme-machine exploité arrachait du sens à cette parole qui, si tôt, exigeait
de lui l'expiation. En retour, l'injustice sociale qui l'atteignait comme ses frères de
classe prenait pour lui une signification particulière : elle répliquait la
condamnation prononcée par sa mère./p p class=spipGrâce à mon
père, j'ai toujours su comme une pré-science que la folie est en dehors des
personnes, que certains la confondent à leur parole, que d'autres en nourrissent une
souffrance qui se mêle à leur vie, même si rien d'étranger ne les
sépare des autres./p p class=spipA l'usine, il assumait cette répétition
oppressive en luttant. Il narguait son destin par l'orgueil qu'il manifestait de la perfection des
pièces qu'il ajustait, de la qualité de son travail. Il déchiffrait les
mécanismes et les ruses de l'exploitation sociale dont il était victime. Il la
dénonçait, la combattait résolument, sans trêve. Il construisait un
monde./p p class=spipHors de l'usine, je l'ai souvent connu autre, victime, de nouveau hanté
par l'angoisse de je ne sais quelle malédiction. Il m'a fallu du temps pour comprendre
combien il est difficile de parer à une telle menace, lorsqu'elle se reproduit sans cesse en
écho d'une rive à l'autre : du lieu de l'enfance à celui du travail et des
rapports sociaux. Puis en retour, d'un statut social à celui d'époux, de père,
dans cet espace où chez l'adulte se découvrent à nouveau les zones de
l'enfance, restées sensibles./p p class=spipMon père, consolidé dans son
destin par la continuité de son rôle d'opprimé d'un temps à l'autre,
était aliéné par une vie qui n'en finissait pas de signifier./i/p p
class=spipJe ne voudrais pas qu'on puisse un instant croire que dans ma conviction, il suffirait
d'un signe précoce pour que désormais tout soit dit, joué,
déterminé dans la réalité d'une société - i
class=spipqu'elle autorise ou interdise que les humains s'épanouissent ou se disposent en
des rôles inégaux/i. C'est lorsque le drame social se saisit d'un être,
né sous un mauvais signe, et qu'il lui assigne une place de proscrit ou d'opprimé,
qu'un destin naît de cette réplication./p p class=spipAntoine n'est pas fou, mais pour
lui aussi, l'espace a manqué i class=spipentre les deux scènes sur lesquelles il a
joué son rôle, celle du fantasme qui originait en lui le sujet, celle de l'Histoire
sociale qui choisissait sa place dans une symphonie créatrice./i Oui, l'espace a
manqué pour que son désir lui autorise une histoire personnelle et librement
maîtrisée. La confusion des scènes a imposé une logique
aliénante, et comme on le dirait de la folie, une destinée./p p class=spipSi la folie
est ici : au coeur de la folie, l'aliénation de classe, et complices, les altérations
du désir et l'assignation à une position opprimée, tracent une voie
inexorable./p hr class=spip / h3 class=spipextrait 2 --- (pp. 67-78)/h3 hr class=spip / p
class=spipi class=spipJ'ai connu Tosquelles. En 1958, dans le cours de ma formation, je lui demande
de faire un stage de plusieurs semaines à St-Alban. Il accepta. Il travaillait avec Gentis.
Ce fut pour moi un moment important. Saint-Alban s'ouvrait à la communauté. Il y
avait là des clubs, une vie sociale, une création par tous, des paroles renaissantes.
Pour moi, habitué à la rigoureuse clinique de mes maîtres, c'était une
nouvelle vision de mon métier. Avec d'autres expériences, insolites ou même
marginales, celle-ci a contribué à faire naître en moi une position de refus.
J'ai continué à apprendre, et j'ai su qu'à défaut d'une bataille nous
solidarisant, nous les psy., avec les grandes luttes sociales de notre temps, à
défaut de porter notre révolte jusqu'à un niveau politique et
idéologique global, nos entreprises, même les plus avancées, étaient
vouées à la récupération et à l'échec. Toute la question
est là. Saint-Alban a-t)il été récupéré ? Et si oui,
pourquoi ? Néanmoins, pour les gens de ma génération, des psychiatres comme
Tosquelles, mais aussi Bonnafé, Le Guillant, Daumezon, Balvet et d'autres encore, ont
protégé nos perspectives du désespoir. Ils ont mis un terme au système
le plus fixe et le plus répressif de l'asile : ils nous ont donné les forces pour ne
pas renoncer./i/p p class=spipQui alors rendre responsable de la présence de ces
institutions où se décomposent lentement des enfants dont je suis persuadé -
non sans raison, on le verra - qu'une majorité d'entre eux auraient pu, un jour, redevenir
comme les autres ? Le propriétaire [d'un institut médical que j'ai été
visiter en banlieue parisienne], persuadé par les médecins de l'aspect
irrémédiable de la maladie, ou le ministère de la Santé qui ne peut pas
ignorer ce qui se passe dans ces endroits ? Le prix de journée minimal d'un hôpital
psychiatrique en 1976 était d'environ 250 F par malade. Dans cet i class=spipinternat/i
médico-pédagogique, il était de 110 F ! Il est évident qu'à ce
prix-là, on ne peut faire que du gardiennage, et certainement pas engager les personnels
capables d'un véritable traitement psychologique. Tout a changé dans cet
établissement depuis notre passage. Le nouveau directeur y recrute en ce moment quatre-vingt
personnes, psychologues, psychiatres, éducateurs, moniteurs, etc. Le prix de la
journée a triplé en un an. L'un ne va pas sans l'autre... C'est bien à partir
du moment où au plus haut niveau la décision sera prise de ne plus cataloguer les
enfants dès leur plus jeune âge, de ne plus affubler le moindre comportement
différent d'une étiquette médicale qui le fixe à vie, de faire comme si
tous avaient une chance de s'en sortir et le droit qu'on leur en donne les moyens, qu'un mouvement
profond bouleversera toutes les structures de la santé mentale en France, en même(...)

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Shangols -
1 days and 12 hours ago
p style=text-align: center;a href=http://storage.canalblog.com/69/85/110219/31128355.jpg
target=_blankimg height=191 alt=untitled
src=http://storage.canalblog.com/69/85/110219/31128355_p.jpg width=450 border=0 //a/p p
style=text-align: justify;Cest bien un peu dommage que Romero lisse carrément son style dans
ce film, mais le peu dintérêt de la mise en scène est largement compensé
par un scénario vraiment bon. Un écrivain en manque de fric se met à
écrire sous pseudo des romans de gare un peu gore ; quand, honteux de cette
sous-littérature, il décide de laisser tomber cette quot;mauvaise moitiéquot;
de sa production, celle-ci sincarne en chair et en os sous les traits dun serial-killer qui va tout
faire pour rester en vie. /p p style=text-align: justify;Je confirme : ça rappelle le
génial emIn the Mouth of Madness/em de Carpenter, et il ne fait aucun doute que ce a
href=http://storage.canalblog.com/48/68/110219/31128371.jpg target=_blankimg height=176 alt=1
src=http://storage.canalblog.com/48/68/110219/31128371_p.jpg width=300 border=0 style=FLOAT: left;
MARGIN: 0px 5px 5px 0px; //adernier va beaucoup plus loin que Romero. Il nempêche que cette
brillante idée, au départ abstraite mais que Romero arrive à rendre
très nette par son scénario, déploie tranquillement, 2 heures durant, des tas
de ramifications intelligentes : pouvoir de lécrivain, théorie brillante sur
linspiration artistique, puissance de la pression populaire pour rendre concrets les fantasmes dun
artiste, réflexion sur lintimité de lécrivain, auto-portrait touchant de
Romero lui-même qui réfléchit sur sa place dans le cinéma de genre...
Tout ça atteint une profondeur inattendue, et il arrive à sapproprier magnifiquement
cette sorte de mea culpa de Stephen King (auteur du roman). Tout en conservant à son film un
aspect populaire, avec son lot de suspense, de scènes-climax et deffets spéciaux
obligatoires, Romero dévie discrètement vers le journal intime, et livre une belle
réflexion sur lui-même. /p p style=text-align: justify;Au passage, il perd beaucoup de
son style : peu de moments vraiment spectaculaires, une photo un peu passe-partout et
déjà vue dans tous les films fantastiques des années 80-90 (lécole
Spielberg), beaucoup a href=http://storage.canalblog.com/70/13/110219/31128384.jpg target=_blankimg
height=209 alt=DARK_HALF src=http://storage.canalblog.com/70/13/110219/31128384_p.jpg width=300
border=0 style=FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 5px 5px; //ade longueurs (une introduction totalement
inutile, notamment, et qui éloigne du sujet), quelques effets poétiques à la
con là où on attendait du cradingue et de luppercut (des passereaux sensés
conduire lâme des morts dans lau-delà blabla). On aura peut-être du mal à
reconnaître le cinéaste quasi-punk des débuts. Mais strongemThe Dark
Half/em/strong reste franchement touchant par beaucoup dautres aspects, notamment par cette
volonté de se rattacher à toute une école du quot;cinéma de genre
intelloquot; (Hitchcock bien sûr, mais aussi Tourneur). Le film est une ode à
limagination, aussi malsaine soit-elle, et donc un hommage au film dhorreur en ce quil met à
jour les fantasmes inavoués de leurs auteurs et des spectateurs. Romero nous suggère
de laisser parler cette part des ténèbres enfouie en nous ; il le fait avec un peu
trop de frilosité formelle, mais avec une belle intelligence décriture. Il faudra
attendre le Carpenter, 2 ans plus tard, pour avoir le vrai film sur le pouvoir des masses, mais
emThe Dark Half/em en est une jolie antichambre./p

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Korben's Blog -
1 days and 13 hours ago
Tiens, tiens… Wikipedia possède plus de 400 serveurs et ils sont
tous configurés avec Red Hat et Fedora… Ce mix est un peu complexe
à maintenir pour la petite équipe de 5 personnes qui s’occupe de tout
ça.
Bon, bien sûr ils ont tout un tas de scripts pour gérer ça mais ils doivent
quand même payer Red Hat pour le support… Du coup, ils vont pas s’emmerder et
passer leurs 400 serveurs sous Ubuntu pour plus de cohérence et pour
réduire un peu les coûts ! Pas mal comme news non ?
Pour rappel, Wikipedia possède plus de 10 millions d’articles en 250 langues et
c’est l’un des 10 sites les plus visité au monde.
[Source]

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Korben's Blog -
1 days and 13 hours ago
Tiens, tiens… Wikipedia possède plus de 400 serveurs et ils sont
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à maintenir pour la petite équipe de 5 personnes qui s’occupe de tout
ça.
Bon, bien sûr ils ont tout un tas de scripts pour gérer ça mais ils doivent
quand même payer Red Hat pour le support… Du coup, ils vont pas s’emmerder et
passer leurs 400 serveurs sous Ubuntu pour plus de cohérence et pour
réduire un peu les coûts ! Pas mal comme news non ?
Pour rappel, Wikipedia possède plus de 10 millions d’articles en 250 langues et
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[Source]
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MetaFilter -
1 days and 18 hours ago
You can't tase me bro, a href="http://technology.newscientist.com/article/mg19626296.400"no/a, a
href="http://blog.wired.com/defense/2007/11/introducing-tas.html"seriously/a, a
href="http://www.vloggingtheapocalypse.com/viewVideo.php?video_id=423title=THE_THOR_SHIELD___TASER_PROOF_CLOTHINGvpkey="you
can't./a The a href="http://www.thorshield.com/"Thor Shield/a is a
href="http://gizmodo.com/gadgets/safety/taser+proof-gear-is-great-for-students-political-activists-criminals-318169.php"handy/a
for a href="http://www.technovelgy.com/ct/Science-Fiction-News.asp?NewsNum=615"all/a your a
href="http://news.cnet.com/Polyester-fabric-neutralizes-stun-gun-jolt/2100-1008_3-6057801.html"not
getting electrocuted /aneeds. /a br /
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