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Peu de gens de mon entourage le savent, mais je suis un grand fan de
montres… Même si je porte depuis quelques années sur mon poignet une
très simple Lotus, mes yeux s’arrêtent souvent devant les bijouteries ou sur les
sites spécialisés pour y convoiter la future accompagnatrice de mon poignet gauche.
Durant un surf nocturne, j’ai enfin trouvé celle qui m’accompagnera, un jour, au
quotidien, la Chanel J12 Rétrograde Mystérieuse !
Lancée il y a maintenant 10 ans, en 2000, la Chanel J12 est devenu un des modèles
phare, spécialement pour la gente féminine. Cette Chanel J12 RM,
annoncée aujourd’hui au Baselworld (Le Salon Mondial de l’Horlogerie et de
la Bijouterie qui se déroule à Bâle en Suisse), possède une
particularité qui n’existe chez aucune autre montre, celle d’être ronde,
toute ronde, sans couronne qui dépasse. En effet, celle-ci a été placée DANS
le cadran…
Pour le 10e anniversaire de la Chanel J12 les équipes de Giulio Papi, de chez APRP
(Audemars Piguet Renaud Papi) un des plus grands manufacturiers de haute horlogerie, on
dû relever un défi jamais imaginé, celui de mettre la couronne dans le
cadran !
Cependant, il reste un problème à régler, une fois arrivé à 10,
l’aiguille des minutes ne peut plus avancer puisque la couronne est dans le cadran…
Qu’importe, les équipes de Giulio Papi ont donc inventé un mouvement
tourbillon avec pont supérieur en saphir dont l’aiguilles des minutes effectue un
mouvement rétrograde pour éviter la couronne entre la minute 10 et la minute 20 de
chaque heure, explications :
Lorsqu’elle arrive à minute 10 (ou 2h) l’aiguille des minutes effectue un
mouvement rétrograde, repart en arrière, recule de 50min pour se positionner sur le 20
(4h). Elle met 10 minutes pour effectuer ce mouvement rétrograde. Cependant comment
donner l’heure entre la 10ème et la 20ème minute du coup ? Et bien un
affichage digital visible à travers une loupe entre 5 et 6h prend le relai de
l’aiguille lors de la phase rétrograde, facile…
Visiblement disponible en Or blanc 18 carats – Céramique noire | Or jaune 18 carats
– Céramique noire | Or blanc 18 carats – Céramique blanche (on en saura
plus une fois présentée au Baselworld) cette Chanel J12 Rétrograde
Mystérieuse risque de me couter deux reins, mais bon, quand on aime, on ne compte
pas…
Née en mars 2003, Sound Of Sand est une association lilloise qui a pour principal objectif
de promouvoir la musique électronique à travers l'organisation
d'évènements.
Sound Of Sand célébrera son 7ème anniversaire vendredi 02 avril 2010 et vous
accueillera [...]
En ce premier jour de printemps, des bénévoles passent leur week-end à
nettoyer 800 plages à travers toute l'Europe. A la fin de l'hiver, les déchets sont
nombreux, comme dans le sud Finistère à la Torche en Bretagne. C'est l'un des hauts
lieux de la glisse pour les surfeurs qui participent à cette opération de nettoyage.
Reportage.
Alors que le chaos se répand à travers le globe, Kratos a décidé de
faire un break et de prendre la route.À l'instar d'Heavy Rain, God of War III a en effet
choisi de faire de...
Il est souvent difficile de mesurer concrètement la vitesse de transformation de notre vie
quotidienne à travers les usages des technologies de l'information. Toute innovation,
dès lors qu'elle est plébiscitée par le public - et c'est bien le seul
critère qui permet de déterminer qu'il s'agit d'une
innovation - s'intègre naturellement dans le corps social et ne devient
plus sujet ni d'émerveillement ni d'interrogation.
La loi de Moore nous a conduit ainsi au cours des quarante dernières années
à absorber dans notre environnement familier des objets dont la baisse de prix et
la facilité d'usage ont totalement dissipé les barrières d'adoption par le
plus grand nombre.
Deux puissants vecteurs ont ainsi récemment façonné la transformation
numérique de la société : la téléphonie mobile et le web.
Ils ont encore pendant la décennie 2000 opéré séparément. Ils
se confondent désormais rendant la transformation encore plus profonde et plus rapide. Ce
qui frappe dans cette phase de mutation numérique de notre société n'est
plus tant la vitesse d'intégration et de baisse de prix que le caractère cumulatif,
additif, des innovations qui transforment les objets par une sophistication croissante des
fonctionnalités mais surtout refaçonnent en continu les usages. Ce n'est plus la
sphère professionnelle qui est le cadre naturel de cette évolution comme aux
débuts de l'informatisation, mais la sphère privée où se
développent les innovations qui ensuite vont se propager dans le monde professionnel.
Teppaz Ballad, fin des
années soixante
La transformation s’accélère
Pour les sceptiques, dont nombre d'informaticiens, qui pouvaient juger ces évolutions
marginales car elles semblaient se cantonner au monde de la consommation, il faut se
replonger dans l’histoire de la dernière décennie pour mesurer à quel
point notre environnement quotidien a été transformé de façon
continue par ces objets.
La plupart des outils et services que nous utilisons maintenant ont moins de dix
ans. Notre perception du monde et notre capacité d’interaction ont
été transformés par l’omniprésence de ces outils. Or la
décennie 2010 sera encore plus féconde en bouleversements sur les marchés et
les comportements.
La téléphonie mobile n’existe que depuis le milieu des années
quatre vingt-dix. En 1991 le ratio du nombre de lignes téléphoniques fixes
par rapport aux abonnements mobiles était de 34 pour 1. C’est en 2003 que le
nombre d’abonnements mobiles a dépassé celui des lignes fixes. En 2009, le
ratio est de 3 pour un. Il y a actuellement 4,6 milliards d’utilisateurs de
téléphones mobiles dans le monde. Ce qui était un objet
réservé à une minorité de privilégiés à la fin
des années quatre vingt est devenu l’objet industriel le plus banal de la
planète faisant ainsi de la mobilité le moteur de la transformation de la
société.
Photo : Jeune Afrique 550 millions de téléphones mobiles en Afrique en
2013
Divers smartphones ont été proposés au marché sans grand
succès à partir de 2002 mais c’est l’iPhone introduit le 29 juin 2007
qui a déclenché le développement du marché et
accéléré le rythme d’innovations de l’industrie. En 2009,
l’iPhone est à l’origine de 55% de l’ensemble du trafic mobile sur
internet aux Etats-Unis. Les lecteurs MP3 existent depuis 1998; l’iPod a été
introduit en Octobre 2001 et 220 millions ont été vendus, soit 70% du
marché. 54% des téléphones des européens sont connectés au
réseau 3G. On estime que près de 250 millions de smartphones seront vendus dans le
monde en 2010 pour un chiffre d’affaires égal en valeur aux 800 millions de
téléphones mobiles classiques.
Le DVD est apparu en 1997 rapidement relayé en 2002 par la haute
définition sous deux formats concurrents ( HD-DVD et Blu-ray),
l‘industrie choisissant Blu-ray en 2008 et ouvrant la voie à
l’essor mondial de ce standard.
Le premier téléviseur à écran plat a été lancé
aux USA par Philips en 1997 pour 15000 $ pour 42 pouces. Le prix actuel est de 1000
$. A partir de 2004, les prix ont été divisés par deux chaque
année supprimant totalement du marché les écrans cathodiques. mais plus
encore dédier un grand écran de salon à la seule télévision
n'apparaît plus suffisant comme motivation d'achat. L'écran de salon devient "hub"
d'images numériques en se connectant directement au web.
Le système de GPS (Global Positionning Satellite) date de trente ans, mais c’est
à partir de 2004 que les PND (personal navigation device) ont commencé à se
démocratiser après que le gouvernement fédéral américain ait
décidé de ramener la précision de localisation à 15 mètres en
2000, puis à 3 mètres grâce à une innovation
technique (WAAS).
Même le plus ancien et le plus abouti des objets de savoir, le livre, est après
beaucoup de tentatives infructueuses gagné par la numérisation. Le premier eBook
doté d’encre électronique ( e-ink) est apparu en 2004 (Sony
Librié) mais c’est le Kindle d’Amazon grâce à sa
bibliothèque qui a fait réellement naître le marché fin 2007. Il
est vraisembable que l’iPad d’Apple amplifiera le phénomène et
déjà Amazon a ouvert sa bibliothèque numérique à l'iPad.
Et déjà, au cours de cette décennie, un cycle complet d'émergence de
nouveaux produits et d'érosion rapide de part de marché s'est engagé pour
les outils de géo-localisation. Cette fonctionnalité s'est facilement
intégrée dans les smartphones, Nokia, maintenant propriétaire de Navtek en
faisant un élément majeur de son offre OVI, et disposer d'un outil
dédié n'apparaît plus, dans la majorité des usages, justifié.
Bien entendu Google, fort de son avance, en fait également un point fort d'Android...
Aussi les fabricants de systèmes dédiés à la seule
géo-localisation (Garmin, Tom-Tom...), qui ont connu une croissance exceptionnelle entre
2005 et 2008, font face à la chute des prix et des volumes et doivent innover rapidement
pour apporter un avantage concurrentiel majeur.
Que réservent les prochaines années ?
Il est clair que l'innovation va continuer à se
déchaîner parce que les prix des composants vont continuer à baisser et que
l'appétit des consommateurs de la planète pour des outils simples, efficaces,
ludiques n'est pas prêt de se ralentir. Un des moteurs majeurs de transformation viendra
des progrès des logiciels, dans la brèche ouverte par les Apps d'Apple,
modèle maintenant imité par tous.
Nous aurons à notre portée et pour un faible coût plus d'outils pratiques
(et moins d'objets différents) pour gérer efficacement tous les
éléments de la vie quotidienne. C'est probablement dans les systèmes de
paiement que se développeront de nouvelles applications à l'instar du Japon et de
la Corée, mais aussi de l'Afrique, où le téléphone est devenu le
porte-monnaie courant. Bien entendu c'est le couplage des applications et des potentiels
techniques qui fera naître de nouveaux usages. Ainsi le couplage "géolocalisation +
réalité augmentée + reconnaissance d'images + paiement en ligne +
identification forte" offre un potentiel d'usages tout à fait ouvert.
En bricolant ces derniers jours sur mon serveur à domicile, j'ai pris conscience que
ce que j'appelle la vieillesse de debian lenny présente au moins un intérêt
colossal : la pérennité de la documentation pendant au moins deux ans.
On réalise en effet que maintenir le wiki Ubuntu par exemple c'est un peu le travail de Sisyphe, vous savez ce grand gars
costaud qui faisait remonter un rocher de façon éternelle au sommet de la montagne,
ici c'est un peu pareil. Sans considérer que tous les six mois, la documentation
intégrale parte à la poubelle et qu'il faille tout recommencer, même si la
trame de fond reste la même, une quantité de modifications infinitésimales
tout le long du document en fait un travail de titan qui découragerait plus d'un
personnage de la mythologie grecque.
Avec debian une documentation de
qualité est posée pour deux ans, et finalement tout le monde y trouve son
compte. Celui qui écrit, celui qui lit et qui l'applique, si bien sûr on
s'affranchit de la soif de nouveauté logicielle. On peut donc sans surprise comprendre
pourquoi une grosse partie des serveurs tournent sur debian. Peut on envisager pour autant une
utilisation de debian en tant que client ? Si à un moment donné je me
suis interrogé sur une migration de ma salle informatique sur des Ubuntu en LXDE, je
réalise aujourd'hui que s'il fallait faire des mises à jour tous les six mois, je
n'y arriverai pas. Les outils présents sous debian Lenny permettent à mes
élèves de réaliser l'intégralité de leurs travaux
informatiques, de valider les acquis du b2i, de rédiger leurs rapports de stage et moi
ça me permet de respirer, de consolider et d'affiner.
A domicile, après avoir longtemps cru en
Fedora et son aspect pseudo rolling release qui m'apparaissait séduisante, je
réalise qu'Ubuntu est vraiment la distribution du bon compromis si on ferme les yeux sur
les chemins glissants qu'emprunte Mark Shuttleworth. Fedora et la configuration pénible de
SELinux, Fedora et ma carte Radeon, Fedora et l'installation d'une imprimante samba où il
faut déclarer le user et modifier le pare-feu, j'en passe. Je pourrai parler de Frugalware
aussi, je vois d'ailleurs que Frédéric lutte avec des bugs dans son dernier billet, d'autres
distributions plus ou moins complexes ou aussi faciles qu'Ubuntu, mais l'envie n'est plus
là, perdue dans le temps qui file. Comme dans l'intitulé référence
aux aventures d'un AL Bundy qui passerait moins de temps devant la télé, je peine
déjà à trouver le temps pour utiliser les logiciels, alors vous comprenez
bien que batailler pour configurer le système d'exploitation, je passe largement mon tour.
Ubuntu ça vaut ce que ça vaut, ça a le mérite de marcher,
d'être assez riche en paquets, de pouvoir démolir sa distribution avec de nombreux
ppa, etc ...
En conclusion. Que choisit l'homme marié, actif, pressé, "paternisé" de 35
ans qui administre plusieurs dizaines de machines dont au moins 25 Linux dans un petit
Lycée agricole du Cantal.
pour le pédagogique, debian sans conteste, car comme le disait Jack
Lang ou Félix Gray et Didier Barbelivien vous rayerez la mention inutile, il faut laisser
le temps au temps. Debian c'est bien pour les solutions durables, c'est bien parce que ça
laisse le temps de planifier les choses, c'est bien parce que c'est fiable, et c'est aussi bien
parce que c'est Linux et que même si j'ai des soucis parfois avec les imprimantes, et bien
le souvenir de la salle informatique à mon arrivée sous Windows 98 me confirme que
j'ai pris la bonne décision.
pour le pédagogique si j'avais de très vieilles machines, sans conteste
toutoulinux l'adaptation française de puppy linux. De plus en plus beau,
toujours aussi léger, toujours aussi riche. L'idée serait bien évidemment
d'équiper les écoles souvent mal fournies, même si ça change, mais on
se rend compte que pas mal d'instits sont accrocs à leurs vieux logiciels
pédagogiques Windows.
pour le pédagogique côté pare-feu / proxy :
Ipfire. Même si effectivement c'est mal de mélanger le pare-feu et
le proxy, si je devais poser dans un établissement scolaire une solution radicale pour
éradiquer la plaie facebook des heures de cours, c'est réalisé de
façon très complète en trente minutes. Les différentes solutions
proposées sont certainement intéressantes, mais je me suis tellement habitué
à Ipcop et donc son descendant Ipfire avec les années et ça marche tellement
bien, que je n'ai pas encore trouvé la nécessité d'aller voir
A domicile, Ubuntu version stable. Fini le temps de la rigolade avec les
versions alpha. Alors certes, je me coupe de l'utilisation par exemple de la dernière
version de 2ManDVD qui utilise les librairies qt supérieures à Karmic que je
trouverai dans Lucid au mois d'avril, mais ça me laisse le temps d'écrire autre
chose et quand viendra le moment, je refondrai l'intégralité de la documentation.
En nomade Ubuntu Netbook Remix, du Ubuntu avec une interface vraiment
efficace, l'une des plus belles réussites de Canonical.
Pour mon serveur de test, debian lenny, pour les raisons exposées
plus haut.
Gens du planet-libre, je réalise à travers les différents échanges,
qu'à mon âge, je commence à entrer dans la catégorie des dinosaures.
La moyenne d'âge dans les salons jabber du planet-libre ou même de frugalware est
atrocement basse et je peux comprendre que le message ne touchera pas nécessairement tout
le monde. Gardez toutefois dans un coin de l'esprit la parole Bornienne. Un jour vous regretterez
peut être le temps où vous aviez autant d'heures libres que de boutons dans la
figure, vous penserez peut être à celui qui sera encore en train d'écrire
à la retraite au pied d'un châtaigner, quand vous serez écartelé entre
le travail, les gamins qui vomissent, votre vie sociale et le reste, quand vous verrez votre
temps libre se réduire à une peau de chagrin, alors viendra aussi pour vous le
temps des choix et des compromis.
Au début du mois de
mars, Apple ouvrait un nouveau front en Asie
en s'attaquant au célèbre fabricant taïwanais HTC. L'entreprise
américaine reprochait à son concurrent asiatique de violer la
propriété intellectuelle d'une vingtaine de brevets relatifs à l'iPhone.
Dans une plainte richement documentée, Apple visait principalement les téléphones
mobiles à écran tactile conçus par HTC : citons ainsi le HTC Nexus One,
le Touch Pro, le Touch Diamond, le Touch Pro2, le Tilt II, le Pure, le Imagio, le Dream / G1, le
myTouch 3G, le Hero, le HD2 ou encore le Droid Eris.
Après quelques jours de flottement, HTC a finalement réagi officiellement à
travers un communiqué de
presse publié avant-hier. Dans celui-ci, le PDG de l'entreprise, Peter Chou, a
rejeté complètement les accusations d'Apple. "HTC conteste les actions d'Apple
et se défendra complètement. La société soutient fortement la
protection de la propriété intellectuelle et continuera de respecter les autres
innovateurs et leurs technologies comme nous l'avons toujours fait, mais nous allons continuer
à être compétitif à travers notre propre innovation comme une
façon saine pour les consommateurs d'obtenir la meilleure expérience mobile
possible".
D'ailleurs, la firme a tenu à rappeler que si Apple a rencontré un très vif
succès avec ses téléphones tactiles, cela ne veut pour autant pas dire que
la société est à l'origine du concept. Ainsi, HTC affirme avoir construit
les premiers appareils du genre cinq ans avant l'arrivée de la firme dans le petite monde
des smartphones... en d'autres termes, les produits tactiles HTC sont antérieurs à
la gamme iPhone. "En 1999, nous avons commencé à développer le XDA
et le T-Mobile Pocket PC Phone Edition, nos premiers smartphones à écran
tactile" a poursuivi Peter Chou. Ils ont "tous les deux été livrés
en 2002 aux côtés de cinquante autres modèles de smartphones HTC depuis cette
époque".
Cependant, Apple ne visait pas uniquement le système de l'écran tactile. Comme nous
l'écrivions à l'époque, la liste des brevets concernés touche
également des techniques liées à l'interface utilisateur et au
système d'exploitation, en passant par des technologies industrielles directement en
rapport avec le produit, comme par exemple la réduction de la consommation
électrique, véritable graal de l'autonomie.
Sur le fond, HTC a de toute façon de quoi se défendre. L'entreprise avait
prévenu assez tôt disposer de brevets déposés il y a quelques
années. "Nous respectons et nous estimons la valeur des droits sur les brevets, mais
nous sommes déterminés à défendre nos propres innovations" avait
déclaré à l'époque la société. "Nous avons
continuellement innové et breveté notre technologie depuis 13 ans". Un combat
qui s'annonce également difficile, alors qu'Apple
est déjà englué dans un conflit avec Nokia.
Fier de ses "trouvailles", Sony Computer vante allègrement les mérites de ses jeunes
talents à travers quelques vidéos "promo". En voici une, qui concerne Jenova Chen, le
co-fondateur de…
Aujourd'hui dans la Trauma Team, c'est le docteur Gabriel Cunningham, spécialiste dans le
diagnostic de ses patients qui se montre à travers une nouvelle vidéo.
Il y a environ cinq ans, j'avais fait un reportage
détaillé sur comment on pouvait avoir le choix entre GNU/Linux et d'autres
systèmes d'exploitation en Argentine, ce qu'on a toujours le plus grand mal à
trouver chez nous, malgré les efforts remarquables faits par le groupe de travail Detaxe et Racketiciel: il était même possible, à cette
époque, de comparer sur le site internet de grandes chaînes de distributions
(Fravega, Garbarino, l'équivalent de Darty ou Boulanger chez nous) le prix de la
même machine avec l'autre système d'exploitation ou avec une mouture Argentine de
GNU/Linux, basée sur Debian, développée par une PME de la bas, Pixart
(à ne pas confondre avec le studio Pixar!).
On peut bien se demander pourquoi: cela n'est pas sans nous rappeler la situation ici en France,
ou après la mise sur le marché des Netbooks tous équipés avec
GNU/Linux par SFR il y a environ deux ans, on ne trouve plus un seul netbook sans Windows (oui,
là, je lache le nom, parce-que je suis particulièrement énervé: je
voulais en acheter un pour usage personnel ce Noel, mais malgrès mes efforts, je n'ai pas
trouvé un seul modèle avec un GNU/Linux préinstallé).
Les quelques supporteurs restant des monopoles informatiques aiment dire que tout cela prouve que
l'autre système d'exploitation est supérieur à GNU/Linux.
Eh bien, le hasard veut que je me trouve entre les mains en ce moment une copie du recours
deposé contre Microsoft par la petite PME argentine Pixart, qui permet de comprendre ce
qui s'est vraiement passé là bas... et très probablement, ce qui se passe
ici aussi.
Le Windows des pauvres
Microsoft n'a pas l'habitude de rester les bras croisés quand il perd des parts de
marché, et j'avais bien noté à l'époque que les grands vendeurs de
Redmond avaient mis en place une stratégie pour contrer la diffusion de GNU/Linux dans les
pays émergents. En Argentine, déjà en 2005 ils avaient réussi
à convaincre le gouvernement à financer avec l'argent du contribuable une
opération, nom de code 'Mi PC', qui à travers un microcrédit dont les
intérêts étaient payés par l'Etat, incitait le public à acheter
des machines qui sont vendues avec Windows SE (starter edition, qu'ils disent), mieux connu
aujourd'hui comme Windows PLP (Pour Les Pauvres): cette édition ne prenait en compte que
256 Mb de RAM (avec XP, c'est un peu dur), 80 Go de disque (idem), des résolutions
d'écrant limitées à 800x600, pas de réseau local, et ou l'on ne peut
pas ouvrir plus de 3 fenêtres d'applications à la fois (eh bien, les pauvres, s'ils
ont quelques chose qui ne leur manque pas, c'est le temps, donc ils feront leur travail 3
tâches à la fois, pas plus).
Cette version était vendue moins chère que le Windows standard, avec le but de
concurrencer les machines GNU/Linux, mais à l'époque cela me faisait bien rigoler
parce-que les machines avec Windows PLP coûtaient quand même au moins 500 pesos de
plus que la machine GNU/Linux équivalente: il fallait vraiment être des pauvres
d'esprit pour les acheter!
Les marges arrière (ou Market Development Agreements)
Ce que je ne savais pas en 2006, c'est que le Windows Pour Les Pauvres était juste une
première étape de la stratégie: la deuxième étape consistait
à faire baisser artificiellement le prix final des ordinateurs équipés de
Windows, en étranglant ainsi financièrement Pixart, qui n'aurait pu facturer la
moindre prestation pour la préinstallation personnalisée des GNU/Linux sur les
machines fabriquées en Argentine.
En lisant le recours deposé par Pixart, on apprend que Microsoft aurait reversé
à partir de 2008 des sommes considérables à toute la chaîne de
distribution pour la convaincre à acheter exclusivement du Windows, et ces sommes auraient
été déguisés sous des formes diverses.
J'ai par exemple entendu dire que Microsoft serait arrivé à verser des centaines de
milliers de dollars par an à certains distributeurs, officiellement pour que le logo
Microsoft apparaîsse sur le depliant publicitaire de la chaîne; ce genre
d'opération prend le nom de 'marge arrière' chez nous, et correspond en
général à une abus de position dominante des distributeurs qui facturent aux
petits fournisseurs des frais de publicités abusifs qui cachent des ristournes
forcées. Mais dans le cas en objet, j'ai du mal a penser que une petite chaîne de
distribution dans un pays d'Amérique Latine soit en position dominante face à une
multinationale qui engrange des benefices par milliards de dollars.
Mais pourquoi, me direz vous, Microsoft se complique la vie ainsi? Il n'était pas plus
facile de simplement baisser le coût de la licence Windows à, disons, 5 dollars,
plutot que continuer à la facturer 100 dollars d'abord, pour reverser 95 dollars aux
distributeurs tout de suite après?
Eh ben, non! Parce-que si on baisse officiellement le cout de la licence PLP à 5 dollars,
alors il faut la vendre à 5 dollars partout, et on ne peut plus pretendre de facturer 200
dollars aux gros clients (comme les ministères en Argentine) la version complète.
Il est bien plus interessant de pretendre que le cout est 50 ou 100 dollars, et s'arranger entre
amis après pour reverser 45 ou 95 dollars au distributeur: d'un coté on maintient
l'illusion que le prix est constant et haut, de l'autre, on étrangle la concurrence en
baissant le prix uniquement sur le segment concurrentiel (la ristourne est conditionné,
bien évidemment, à l'arrêt de la commercialisation du produit concurrent).
Le droit de la concurrence
Cette belle invention monopolistique a cependant un petit defaut: elle viole brutalement les
règles de la concurrence, qui sont codifiée, tant bien que mal, dans presque tous
les pays, Argentine comprise. Pour fonctionner, elle doit être mise en oeuvre dans le plus
grand secret, et rester à l'abris des regards indiscrets.
Mais il se peut que la discretion ne soit plus de mise pour longtemps: en faisant appel aux lois
sur la concurrence en Argentine, Pixart a déposé recours, en décrivant ce
qu'elle pense être la stratégie suivie par Microsoft, et en demandant au juge
d'obliger Microsoft, et les distributeurs, à lui fournir toutes les pièces
justificatives des achats, des subventions, des ristournes, bref, de tout mouvement financier et
contable, même par société tierce interposée, entre Microsoft et les
distributeurs.
Pixart suggère aussi qu'on vérifie si Microsoft paye bien les droits de douane pour
l'importation de ces licences: comme il est bien connu que Microsoft fait l'impossible
pour ne pas payer d'impots, ils sont bien fondés à penser que cela se soit
produit en Argentine aussi. En effet, un autre petit defaut de la stratégie des marges
arrières est que si on garde le prix officiel à 100 dollars, on doit payer les
impots sur 100 dollars, peu importe si après on donne 95 dollars de ristourne.
Fiat Lux
Comme pour le procès antitrust Microsoft de 1998, le plus intéressant pour nous
n'est pas tellement de voir le résultat du procès (l'amérique latine
étant tristement connue pour être soumise aux pressions du gouvernemet
américain, Microsoft réussira probablement à faire enterrer la
procédure), mais de faire sortir à la lumière les documents prouvant la
discrimination des prix, les marges arrières, les élusions ou évasion
fiscales, bref le cynisme et le manque de scrupules de cette multinationale dont l'ex-PDG se vend
maintenant comme un grand filantrope.
Cela aidera peut-être nous propres gouvernants à comprendre les méchanismes
qui mantiennent encore en France le monopôle d'un éditeur de logiciel non
européen, alors que nous disposons des meilleurs atouts pour faire profiter pleinement nos
concitoyens des avantages du Logiciel Libre (qui se retrouve déjà dans toutes les
machin-box qu'on utilise pour nous connecter à Internet).
L'Intérêt de l'Argentine
J'avoue que je suis quand même curieux de voir comment cette procédure va
évoluer.
Mais cette fois, il y a une différence de taille: si Microsoft est condamnée en
Argentine, mes contacts legaux de la bas me disent qu'elle risque une amende d'environ
300.000.000 de pesos, ce qui fait, au change d'aujourd'hui, plus de 55 millions
d'euros.
La corruption étant monnaie courante, un fonctionnaire, un avocat ou un temoin
pourraît être tempté d'empocher une petite somme rondelette pour perdre une
pièce à conviction, laisser passer un délai légal, changer le juge,
ou toute autre action qui contribue à faire enterrer le dossier avant que les
pièces intéressantes ne soient exposées au grand jour.
Mais j'ose esperer qu'on ne trouve pas, cette fois, des personnes de pouvoir en Argentine que
pour gagner quelques sous soient prêtes à faire perdre 55 millions d'euros à
l'Argentine, denier la justice à une petite entreprise Argentine qui se bat pour maintenir
localement une capacité industrielle dans le Logiciel Libre, et remettre à nouveau
tout le pays les mains et les poings liés derrière les barreaux des fenêtres
Windows.
Toujours aussi riche, l'actualité du jeu vidéo nous a permis aujourd'hui de
découvrir, voire de redécouvrir, un certain nombre de titres au travers de tests, de
captures, de vidéos (bandes-annonces, vidéos [...]
Lors du MIX à Las Vegas, Microsoft a présenté un clip publicitaire pour
présenter les futurs Windows Phone 7 Series. A travers ce spot, Microsoft cible les parents
et enfan...
Lors du MIX à Las Vegas, Microsoft a présenté un clip publicitaire pour
présenter les futurs Windows Phone 7 Series. A travers ce spot, Microsoft cible les parents
et enfan...
Warner Bros Interactive Entertainment nous présente leur prochain Action RPG multijoueurs
tiré de la licence du Seigneur des Anneaux à travers ce teaser. The Lord of the
Rings: War in the North est prévu pour 2011 sur PC, PS3 et Xbox 360.
Excellente série s'il en est, le jeu de plates-formes d'Ubisoft ne tardera plus à
sortir puisqu'il est attendu pour le mois de mai en Europe. Prince of Persia : Les Sables
Oubliés se dévoile un peu plus à travers ce trailer présentant en
détail une mouture Wii qui s'annonce travaillée. Plus que des mots, voici le jeu en
action :
CDBurnerXP Pro est un logiciel de gravure gratuit qui propose suffisamment de
fonctionnalités pour la majorité des utilisations. Vous pourrez ainsi graver vos CD,
DVD, Blu-Ray et HD-DVD en quelques clics au travers d'une interface conviviale. Le programme permet
également de graver des fichiers ISO, de créer des CD de données ou dcdes CD
audio.
Naruto Shippûden : Kizuna Drive revient sur le devant de la scène vidéoludique
en prenant la pose à travers des images transmises par Bandai Namco Games.
Après les Shades en artworks hier, Square Enix illustre à nouveau Nier au travers de
ces pas moins de 31 images tirées de la version japonaise. Nier débarquera le 23
avril prochain....
Nintendo a surpris tout le monde il y a quelques jours en annonçant à travers un
communiqué de presse que le firme allait éditer le jeu de Koei Samurai Warriors 3. On
vous propose aujourd'hui de nouvelle images de ce titre.
J’ai été invité par les étudiants de Paris 11 pour donner une
conférence sur les réseaux sociaux et la politique. Je me suis dit que
j’allais reprendre du début (et commencer par citer quelques passages du Peuple
des connecteurs). D’abord, donner à ruminer une citation de Nietzsche,
paragraphe 4 du Gai savoir.
Le nouveau cependant est dans tous les cas le Mal en tant que ce qui veut conquérir,
fouler aux pieds les anciennes bornes des frontières et les anciennes piétés
; et seul l’ancien constitue le Bien ! Les hommes bons de chaque époque sont ceux
qui labourent à fond les anciennes pensées, et qui les font fructifier ; ce sont
les cultivateurs de l’esprit. Mais à la fin tel champ ne rapporte plus et sans cesse
il faut que le soc de la charrue du Mal vienne le remuer de nouveau.
Les six degrés de séparation
En 1929, l’écrivain hongrois Frigyes Karinthy pressentit l’avènement
d’un nouvel ordre social. Il imagina que nous étions tous connectés les uns
aux autres par l’intermédiaire des amis de nos amis. Plutôt que de recevoir
des informations venant d’en haut (gouvernement, journaux, patron...), nous étions,
selon lui, capables de communiquer transversalement les uns avec les autres.
Cette idée resta d’ordre poétique jusqu’à ce que le sociologue
Stanley Milgram se demande combien d’intermédiaires séparaient effectivement
deux personnes choisies au hasard. En 1967, Milgram proposa à des habitants du Nebraska et
du Kansas d’envoyer une lettre à un Bostonien dont ils n’avaient jamais
entendu parler.
– Quand je demandai à un ami intelligent par combien d’intermédiaires
devraient passer les lettres, il estima qu’il en faudrait au moins une centaine, expliqua
Milgram.
À sa grande surprise, les lettres parvinrent à leur destinataire en passant par six
intermédiaires en moyenne. La légende des six degrés de séparation
était née : nous ne sommes pas socialement très éloignés les
uns des autres. L’humanité forme un petit monde où nous nous connaissons
indirectement presque tous.
L’idée de cartographier la société était née. Il fallut
attendre la fin des années 1990 pour que les premières cartes apparaissent, et
surtout les années 2000 et l’apparition des réseaux sociaux pour obtenir des
cartes détaillées.
Les trois familles de réseau
À quoi pouvaient bien ressembler ces cartes ? Le 8 janvier 1959, à la suite de Che
Guevara, Fidel Castro entra dans La Havane et chassa le dictateur Fulgencio Batista y Zaldivar.
Cette prise de pouvoir entraîna le durcissement de la guerre froide. L’URSS apporta
son soutien économique à Cuba puis installa sur l’île des missiles
balistiques. La peur de l’embrasement nucléaire était à son comble.
En Californie, dans les bureaux de RAND Corporation, Paul Baran reçut pour mission de
dessiner un système de communication permettant de résister à une attaque
atomique. Cet ingénieur de 38 ans, qui venait de quitter une société
pionnière dans la fabrication d’ordinateurs – domaine qu’il
jugeait de peu d’avenir –, fut malgré lui ramené à
l’informatique. Il analysa les réseaux de communication existant au début des
années 1960 et découvrit qu’ils étaient de deux sortes.
Dans un réseau en étoile, toutes les stations communiquent avec une station
centrale, le nÅ“ud du réseau. Il suffit qu’elle soit détruite ou
victime d’une panne pour que le réseau s’effondre. Cette architecture
hautement centralisée ne possède aucune robustesse (entreprise pyramidale,
dictature avec dictateur au sommet…).
Le plus souvent, les réseaux en étoile s’interconnectent entre eux par
l’intermédiaire de leur nÅ“ud et forment une architecture
décentralisée. Si les nÅ“uds sont faiblement interconnectés, le
réseau reste vulnérable (liaisons aériennes avec des aéroports qui
jouent le rôle de hub).
– La question devint de trouver comment construire une structure fiable à partir de
composants vulnérables, expliqua Paul Baran.
En 1964, il proposa un nouveau type d’architecture : le réseau distribué.
Dans un tel réseau, qui forme un filet au maillage étroit, aucun des
nÅ“uds ne joue un rôle prédominant. Tous les nÅ“uds
s’interconnectent à d’autres nÅ“uds : si l’un d’eux
est détruit, les communications restent néanmoins possibles. Cette architecture,
bien plus résistante que l’architecture centralisée du réseau en
étoile, apparaît aussi plus résistante que l’architecture
décentralisée. Le réseau distribué est, en fait, un réseau
hautement décentralisé (réseau routier).
Les militaires, habitués à vivre dans un monde dominé par la
hiérarchie, apprécièrent peu la suggestion de Paul Baran. De son
côté, l’opérateur téléphonique AT&T déclara la
solution techniquement irréalisable. Pourtant, Internet n’allait pas tarder à
voir le jour, suivant cette topologie imaginée par Paul Baran mais sans s’appuyer
sur ses travaux, plusieurs personnes et institutions pensant chacune des bouts d’Internet
sans encore le savoir.
Internet a poussé sans que personne ne le décide, le planifie, le commandite.
Aujourd’hui, il interconnecte 2 milliards d’hommes et de femmes. C’est la
démonstration que en l’absence de chef et de coordination top-down nous pouvons
construire de grandes choses..
J’en reviens aux réseaux sociaux naturels (ceux observés par les
sociologues), comme à ceux que nous créons sur Facebook ou Twitter.
Spontanément, ils adoptent cette topologie distribuée et hautement
décentralisée imaginée par Paul Baran. Il y existe des étoiles, des
gens plus connectés que d’autres, mais les branches aussi s’interconnectent.
Centralisé ou décentralisé
On dit toujours que Facebook avec ses 400 millions d’utilisateurs est le plus grand
réseau social. Faux. Le Web est déjà un réseau social. Pensez aux
blogs, aux forums, aux sites communautaires comme 4chan...
Tous ces sites ne se contentent pas de lier entre elles des informations, mais surtout, avant
tout, les gens qui les produisent et qui les discutent (je les appelle les
propulseurs). Pourquoi Facebook est-il devenu si populaire ? Parce qu’il
facilite l’interaction. Mais cette facilité a un prix faramineux.
Le Web est un environnement décentralisé pour créer un réseau social
décentralisé. Facebook est un environnement centralisé pour créer un
réseau décentralisé. Le résultat est en apparence identique, mais
j’insiste sur les dessous, décentralisation dans un cas, centralisation dans un
autre.
C’est un peu comme si je vous parlais de deux voitures allant à la même
vitesse, possédant les mêmes caractéristiques, l’une avec un moteur
essence, l’autre un moteur diésel. Si vous n’êtes pas un fan de
mécanique, vous vous fichez certainement du moteur tant que la voiture vous aide à
vous déplacer. De même, tant que vous utilisez les réseaux sociaux pour
badiner, le moteur ne pose guère de problème. Il en va tout autrement si vous
êtes engagés politiquement.
La révolution iranienne de 2009
Facebook et Tweeter ont bien sûr aidé les Iraniens à se coordonner et
à communiquer avec le reste du monde mais, parce que ces réseaux reposent sur des
environnements centralisés, ils ont été tout de suite pris en main par le
gouvernement iranien.
Rien de plus facile que de repérer les leaders, de faire circuler leurs photos, de les
traquer, de les emprisonner... Il suffisait d’aller sur Facebook ou sur Twitter, deux lieux
centralisés. C’est un peu comme si les résistants durant la Seconde Guerre
mondiale donnaient l’adresse de leurs réunions aux nazis.
Si un gouvernement, même totalitaire, ne peut de but en blanc couper Internet, dont
dépend aujourd’hui l’économie, il peut en revanche bloquer certains
sites, les ralentir, les espionner à loisir.
Quand on se trouve dans un pays politiquement agité, il est donc important de faire
attention aux environnements qui sous-tendent les réseaux sociaux. Si on veut faire la
révolution contre le totalitarisme, qui se traduit souvent par un excès de
centralisation, il faut utiliser des outils antinomiques, c’est-à-dire se glisser
partout sur le web, de préférence à travers des services P2P qui
garantissent l’anonymat, freenet par
exemple.
Mais en démocratie
Vous allez me dire qu’en Occident nous ne trouvons pas dans la même situation que les
Iraniens. Vous avez raison. Si vous entendez vous engager dans un parti officiel et jouer le jeu
démocratique traditionnel, celui admis dans votre pays, utilisez des outils clé en
main comme Facebook.
Comme ils sont centralisés, vos opposants comme le gouvernement pourront vous surveiller
avec facilité, mais, comme vous êtes dans la légalité, ils exerceront
sur vous peu de pression.
En revanche, si avec ces outils centralisés vous sortez de la légalité, vous
aurez vite des problèmes. Est-ce si difficile de sortir de la
légalité ? Ne suffit-il pas de télécharger des films et de
les partager ? Ne suffit-il pas ainsi de militer pour une société de
l’abondance face à une société de la rareté ?
J’en reviens à la citation de Nietzsche. Les méchants d’une
époque deviennent souvent les bons d’une autre. Un réformateur commence par
être un méchant. En tant qu’opposant de la loi Hadopi, je suis dans le camp
des méchants, un jour si le gouvernement durcit sa position je devrais comme les Iraniens
obligatoirement passer par des outils sociaux décentralisés... pour échapper
à la chasse aux sorcières.
Ainsi pas besoin d’être un terroriste d’Al Qaïda pour attirer la suspicion
même en démocratie. Un autre exemple : vous militez pour la légalisation des
monnaies alternatives et le droit pour chacun de créer de la monnaie, pire vous mettez en
application vos idées. Vous êtes hors la loi dans les démocraties modernes
(ce qui montre bien que nous n’avons pas fini d’inventer la démocratie).
Vous le voyez, on a vite fait de se mettre en position tangentielle. Alors si vous êtes
tentés par des idées nouvelles, n’utilisez surtout pas les réseaux
sociaux centralisés. Ne commettez pas la même erreur que les Iraniens. Vous devez
construire vos réseaux sur le Web lui-même, suivant des structures
décentralisées, plus difficiles à surveiller, à verrouiller, à
infiltrer, à prévoir...
Pour résumer, Facebook et Twitter sont bons pour la politique à papa. Le Web reste
le seul réseau social qui nous permet de repenser la politique, et de repenser la
démocratie elle-même. En tout cas, si vous estimez qu’elle doit être
encore perfectionnée.
Bottom-up vs top-down
Pour terminer, il me parait important de rappeler la différence entre le top-down et le
bottom-up.
Le top-down, vous connaissez. C’est « Fait ça et tais-toi. » C’est
le système qui prévaut dans les organisations pyramidales et dans de nombreux
partis politiques. Les cadres définissent les mots d’ordre et organisent le travail
des militants. Dans ces conditions, les réseaux sociaux deviennent des outils de
communication, sortes de TV améliorées, pratiques pour récupérer des
adresses et compter ses rangs.
Pour moi, en France, les partis en sont encore à ce stade. Il n’est d’ailleurs
pas étonnant qu’ils déploient tous leurs réseaux sociaux maison. Ils
ont bien compris que Facebook était facile à espionner et que les patrons de
Facebook disposaient d’une richesse inestimable, la carte sociale. Ils veulent alors
s’approprier cette richesse, tout en maximisant leur contrôle sur leurs membres.
Voilà pourquoi ils déploient des outils centralisés. S’ils
étaient progressistes, ces partis feraient un pas vers le réseau social
décentralisé.
Le bottom-up maintenant. Les Iraniens se sont organisés de manière
spontanée, en plusieurs points du pays, pour créer un mouvement d’ensemble
qui a grossi. Nous avons assisté au même phénomène en 2005 en France
avec les partisans du non lors des élections européennes. Comme pour Internet,
personne ne s’est décrété a priori le chef de ces mouvements. Ils sont
nés d’eux-mêmes, par une espèce de pression sociale tout azimut. Dans
le premier cas, je le rappelle, grâce à des outils centralisés. Dans le
second, à travers le Web d’une manière totalement
décentralisée.
Le bottom-up, boosté par les réseaux sociaux, ne garantit pas
l’indépendance. Lui aussi être une arme entre les mains des politiciens.
Obama, lors de sa près-campagne et de sa campagne 2007-2008, nous en a fait la
démonstration. Dans une moindre mesure, Ségolène Royal en 2006 lors des
primaires au PS. Le bottom-up peut-être organisé de manière top-down.
C’est une façon de profiter de l’intelligence collective, de la mettre au
service d’une structure de pouvoir traditionnelle. Cela est facilité lorsque le
bottom-up se fédère sur des outils centralisés.
A priori, en théorie, aucune méthode d’organisation n’est meilleure que
les autres. Tout dépend des combats, des situations. Il est en tout cas important de
prendre conscience du cadre dans lequel on agit.
Top-down et obéissance.
Bottom-up contrôlé top-down.
Bottom-up spontané avec des outils centralisés.
Bottom-up spontané avec des outils décentralisés, c’est ce que
j’appelle le cinquième pouvoir. Il nous a donné Internet, le Web, Wikipedia
dans une certaine mesure… et j’espère qu’il nous donnera une meilleure
démocratie dans un monde plus humain.
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